Raymond Germain GUYOT, né le 17 novembre 1903 à Auxerre (Yonne), mort le 17 avril 1986 à Paris selon les sources parlementaires, français.
Issu d’un milieu populaire, Raymond Guyot devient très jeune militant communiste. Son activité se confond rapidement avec l’organisation de la jeunesse communiste française et internationale. La Bibliothèque nationale de France l’identifie comme secrétaire général de l’Internationale communiste des jeunes et donne ses prénoms complets, Raymond Germain.
Dans l’entre-deux-guerres, il acquiert une position majeure dans les organisations communistes de jeunesse. Il est secrétaire de la Fédération des Jeunesses communistes à partir de 1928, entre la même année au comité exécutif de l’Internationale communiste des jeunes et devient secrétaire de cette dernière en 1935.
Son importance est également attestée par les publications dont la Bibliothèque nationale de France conserve la trace : il présente notamment au VIIIe congrès de la Fédération des Jeunesses communistes, à Marseille en 1936, le rapport La Jeunesse à l’assaut du vieux monde, puis au IXe congrès de 1937 Avec le Front populaire, allons au-devant de la vie !
Engagement dans la Résistance
Député communiste de la Seine depuis 1937, Raymond Guyot est déchu de son mandat en 1940. Mobilisé à l’hôpital militaire de Tarascon, il est déclaré déserteur en mars 1940 et rejoint Moscou. Il y demeure jusqu’à la fin de 1941.
Son retour en France constitue un épisode exceptionnel de son parcours. Avec Daniel Georges et une opératrice radio communiste, il quitte l’Union soviétique, gagne la Grande-Bretagne après un long itinéraire maritime puis reçoit une préparation au parachutage. Il revient clandestinement en France au début de 1942. Les sources secondaires divergent légèrement sur la date exacte du parachutage ; l’Assemblée nationale retient janvier 1942.
Installé en zone Sud, notamment à Lyon, il devient l’un des principaux responsables communistes de la Résistance dans cette zone.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Raymond Guyot appartient au Parti communiste français et à son appareil clandestin. Son parcours résistant doit être distingué de celui de son homonyme Raymond Guyot (1908-1945), militant socialiste marnais, responsable de Libération-Nord, déporté et mort à Mauthausen. La confusion entre les deux hommes constitue un risque documentaire majeur.
Raymond Germain Guyot demeure parallèlement une figure essentielle des organisations communistes de jeunesse. Cette continuité explique son rôle dans leur réorganisation au moment de la Libération.
Missions et actions
Après son retour clandestin en France, Raymond Guyot exerce des responsabilités politiques et organisationnelles de premier plan dans la zone Sud. L’Assemblée nationale le qualifie expressément de l’un des « principaux responsables de la Résistance » dans cette zone.
Son rôle porte sur la reconstitution et la direction des structures clandestines communistes, la liaison politique et la préparation de leur développement dans le contexte de l’Occupation.
À la Libération, il retrouve immédiatement une place publique importante dans le Parti communiste. Sa présence lors des cérémonies organisées après la mort du colonel Fabien en décembre 1944 est attestée : il prononce un hommage au nom du Parti et des Jeunesses communistes.
Arrestation / évasion / déportation
Aucune arrestation ni déportation de Raymond Germain Guyot pendant son activité clandestine en France n’a été retrouvée dans les sources institutionnelles consultées.
Son passage de l’Union soviétique à la Grande-Bretagne puis son retour clandestin en France constituent en revanche une opération particulièrement périlleuse. Après une formation en Grande-Bretagne, il est parachuté en zone Sud au début de 1942.
Camarades de combat
Son activité politique le place ensuite dans l’appareil dirigeant communiste clandestin puis, à la Libération, aux côtés des principaux responsables du Parti communiste français et des Jeunesses communistes.
Retour à la vie civile
La Libération marque moins pour Raymond Guyot un « retour » à la vie civile qu’un retour à l’activité politique légale.
Il devient membre de l’Assemblée consultative provisoire en novembre 1944 et siège notamment à la Commission de la jeunesse et des sports ainsi qu’à la Commission des prisonniers et déportés et des pensions.
Au congrès des Jeunesses communistes réuni du 30 mars au 2 avril 1945, il demeure le principal dirigeant de l’organisation et accompagne sa transformation en Union de la jeunesse républicaine de France (UJRF). La Bibliothèque nationale de France date officiellement la naissance de l’UJRF du 4 avril 1945 et indique que Raymond Guyot en est président cette année-là.
Cette responsabilité est également attestée par le film militant Servir, réalisé en 1946, dans lequel Raymond Guyot intervient explicitement comme président de l’UJRF.
Il mène parallèlement une longue carrière parlementaire. Député constituant en 1945-1946, puis député de la Seine jusqu’en 1958, il devient sénateur en 1959 et conserve un mandat sénatorial jusqu’en 1977.
Décorations
Les sources institutionnelles consultées pour la présente notice n’ont pas permis d’établir une liste suffisamment sûre et exhaustive des décorations de Raymond Germain Guyot. Aucune décoration n’est donc attribuée ici sans contrôle supplémentaire dans les dossiers individuels et les publications officielles.
Lieux de mémoire
Les principales traces publiques de Raymond Guyot relèvent de l’histoire politique et parlementaire française ainsi que des archives du mouvement communiste.
La Bibliothèque nationale de France conserve de nombreux imprimés et enregistrements associés à son activité. Ses archives constituent également une source importante pour l’histoire des organisations communistes de jeunesse et de l’UJRF.
Références bibliographiques
Raymond GUYOT, La vie clandestine des jeunes communistes, Éditions sociales, Paris, 1970. Témoignage de Raymond Guyot consacré à l’activité clandestine des Jeunesses communistes pendant l’Occupation ; l’ouvrage est notamment recensé parmi les références relatives à L’Avant-Garde.
Guillaume QUASHIE-VAUCLIN, L’Union de la jeunesse républicaine de France, 1945-1956. Entre organisation de masse de jeunesse et mouvement d’avant-garde communiste, ouvrage issu d’un travail universitaire consacré à l’UJRF. Il constitue une référence essentielle pour comprendre la transformation des Jeunesses communistes en UJRF et la place de Raymond Guyot puis d’André Leroy dans sa direction.
Références internet
Assemblée nationale. La fiche biographique de Raymond Guyot fournit l’état civil, les mandats parlementaires et surtout une synthèse institutionnelle de son itinéraire entre Moscou, son parachutage en France, ses responsabilités dans la Résistance de zone Sud et son activité à l’Assemblée consultative provisoire.
Assemblée nationale — Raymond Guyot
Bibliothèque nationale de France. La notice d’autorité établit ses prénoms complets, ses dates de naissance et de décès et sa fonction de secrétaire général de l’Internationale communiste des jeunes.
BnF — Raymond Guyot
Bibliothèque nationale de France — UJRF. La notice de collectivité date la naissance de l’Union de la jeunesse républicaine de France du 4 avril 1945 et identifie Raymond Guyot comme son président en 1945.
Sénat. La notice biographique retrace sa carrière de sénateur de la Seine puis de Paris de 1959 à 1977. Sénat — Raymond Guyot
Dossier d’homologation consulté
Aucune cote SHD GR 16 P attribuable avec certitude à Raymond Germain Guyot n’a été identifiée lors des présentes recherches.
L’existence d’un homonyme résistant, Raymond Guyot (1908-1945), impose de ne retenir aucune cote archivistique nominative sans concordance complète de l’état civil.
Observations
Une homonymie importante doit être signalée. Raymond Germain GUYOT (1903-1986), dirigeant communiste étudié ici, ne doit pas être confondu avec Raymond GUYOT (1908-1945), militant socialiste de la Marne, membre de Libération-Nord, arrêté en janvier 1944 et mort à Mauthausen le 30 avril 1945.
Une divergence concerne également le lieu de décès : les notices parlementaires indiquent Paris, tandis qu’une base secondaire d’état civil donne Fleury-Mérogis (Essonne). La donnée institutionnelle parlementaire est retenue dans l’identification, mais la divergence appelle un contrôle de l’acte de décès.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A — L’identité et les principaux éléments du parcours sont établis par plusieurs sources institutionnelles concordantes, notamment l’Assemblée nationale, le Sénat et la Bibliothèque nationale de France. L’homonymie a été isolée.
Chronologie
| Date | Événement |
| 17 novembre 1903 | Naissance à Auxerre (Yonne) |
| 1928 | Secrétaire de la Fédération des Jeunesses communistes ; entrée au comité exécutif de l’Internationale communiste des jeunes |
| 1935 | Secrétaire de l’Internationale communiste des jeunes |
| 1937 | Élu député de la Seine |
| 1940 | Déché de son mandat ; rejoint Moscou |
| fin 1941-début 1942 | Quitte l’URSS, gagne la Grande-Bretagne puis revient clandestinement en France |
| 1942 | Devient l’un des principaux responsables communistes de la Résistance en zone Sud |
| novembre 1944 | Assemblée consultative provisoire |
| 4 avril 1945 | Naissance de l’UJRF, dont il est président |
| octobre 1945 | Élu à l’Assemblée constituante |
| 1959 | Entre au Sénat |
| 1977 | Fin de son mandat sénatorial |
| 17 avril 1986 | Décès |
Sources consultées
Assemblée nationale. La fiche « Raymond Guyot » a fourni l’état civil institutionnel, les mandats, le séjour à Moscou, le retour clandestin en France, le parachutage, les responsabilités résistantes en zone Sud et l’activité à l’Assemblée consultative provisoire. Fiche Raymond Guyot
Bibliothèque nationale de France. La notice d’autorité « Guyot, Raymond (1903-1986) » a confirmé l’état civil, les prénoms complets et les responsabilités dans l’Internationale communiste des jeunes. Notice BnF
Bibliothèque nationale de France. La notice de collectivité « Union de la jeunesse républicaine de France » a établi la date de naissance institutionnelle de l’UJRF, le 4 avril 1945, et la présidence de Raymond Guyot en 1945.
Sénat. La notice de Raymond Guyot a confirmé son état civil et sa carrière sénatoriale de 1959 à 1977. Notice du Sénat
Ciné-Archives. La notice du film Servir a confirmé la qualité de président de l’UJRF de Raymond Guyot et documenté le discours de mobilisation de la jeunesse porté par l’organisation après la Libération.