Alain Marie GROUT de BEAUFORT, né le 3 mai 1918 à Châtellerault (Vienne), mort le 15 août 1944 à Domont (Seine-et-Oise, aujourd’hui Val-d’Oise)
La notice institutionnelle précise une formation d’élève au Prytanée militaire de La Flèche après des études secondaires, avant l’entrée dans la période de guerre. Ces éléments sont rapportés dans la biographie officielle des Compagnons.
Il est engagé dans les structures clandestines de la France libre, et opère comme agent et responsable au sein de dispositifs relevant des services spéciaux, avec des pseudonymes successifs (« Léger », « Jac », « Pair ») explicitement signalés.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Les sources officielles le rattachent au BCRA et, dans la Résistance intérieure, aux services d’action et aux opérations aériennes (organisation des atterrissages et parachutages, puis responsabilités opérationnelles en région).
Missions et actions
Il est parachuté en France le 14 avril 1943 sous le nom de « Jac » pour diriger le COPA en région R6, couvrant notamment le Puy-de-Dôme, l’Allier, le Cantal, la Haute-Loire et le sud du Cher, en remplacement de Paul SCHMIDT (parti en zone nord). Il étend ensuite son action à la région R5 jusqu’en août 1943.
Il travaille avec Charles LE BIHAN et Yves LÉGER, mène la prospection des terrains et met en place des groupes « Action » parallèlement à l’organisation des opérations aériennes ; la notice indique qu’il échappe à plusieurs reprises à la Gestapo.
Lorsque la SAP remplace le COPA, il en devient le chef, tout en assurant, faute de titulaire, les fonctions de Délégué militaire régional en R6.
En 1944, après un « brûlage » en R6, il rejoint Paris sous le pseudonyme « Pair ». La notice précise qu’à partir de mars 1944, l’organisation des opérations aériennes de la région P est désorganisée par des arrestations ; il accepte de rester sur place pour réorganiser le BOA de la région P.
En deux mois, il fait homologuer cinquante terrains dans dix départements, supervise les réceptions d’armes et de matériel, et, en lien étroit avec André RONDENAY, participe à des transports d’explosifs et à des sabotages visant notamment Hotchkiss et l’usine Renault de Billancourt (roulements à billes).
Après le débarquement, il est présenté comme lieutenant-colonel FFI et envoyé dans le Morvan (P3) comme officier d’opérations du BOA pour la Nièvre et l’Yonne. Il y crée deux réseaux de terrains et installe un poste de commandement à Lormes, attaqué le 18 juin 1944 par une colonne allemande, repoussée selon la notice avec environ 150 pertes ennemies.
De juin à juillet 1944, il est crédité de la réception de 150 tonnes de matériel et d’armes pour les maquis de l’Aube, de l’Yonne et de la Nièvre.
La notice mentionne aussi des tentatives d’assassinat attribuées à un agent double de l’Abwehr, Henri DUPRÉ, dont celle du 17 juillet 1944 à Auxerre, à laquelle il échappe avec André RONDENAY.
Arrestation / détention / exécution
Il est arrêté avec André RONDENAY le 27 juillet 1944 lors d’une opération de la Gestapo à Paris ; blessé en tentant de s’échapper, il est incarcéré à Fresnes et subit interrogatoires et torture sans parler.
Le 15 août 1944, acheminé vers la gare de Pantin avec un convoi de prisonniers, il est extrait du train au dernier moment et conduit au bois de Domont, où il est fusillé avec plusieurs camarades, dont André RONDENAY. Une ressource muséale confirme, pour André RONDENAY, le déroulement Pantin-Domont et la présence d’Alain GROUT de BEAUFORT parmi les victimes extraites et exécutées.
Camarades de combat
Le récit officiel cite notamment André Rondenay comme arrêté le même jour et exécuté avec lui. D’autres résistants figurent dans les notices Maitron liées à l’exécution de Domont, ce qui éclaire le groupe de victimes de cette opération de représailles.
Décorations
- Compagnon de la Libération,
- Chevalier de la Légion d’honneur,
- Croix de guerre 1939-1945 avec palme,
- Médaille de la Résistance avec rosette, à titre posthume par décret du 24 Avril 1946 JO 17 Mai 1946
- Military Cross
- Côte du dossier : 1O28729
Ces éléments sont présentés par la notice institutionnelle, qui fait autorité pour cette fiche.
Lieux de mémoire
La notice indique son inhumation au cimetière de Saint-Yves (commune de Bubry, Morbihan). La commune de Domont conserve également la mémoire de l’exécution par la mention du bois de Domont comme lieu d’exécution, fréquemment rappelé dans les notices sur les fusillés.
Références bibliographiques
Mémorial des Compagnons de la Libération, (collectif), Chancellerie de l’Ordre de la Libération, 1963. Ouvrage de référence pour les notices des Compagnons, utile pour vérifier l’identité, les pseudonymes et l’inscription mémorielle. Le lecteur y trouvera une synthèse institutionnelle du parcours, à compléter par les fonds d’archives quand on recherche le détail des missions.
Histoire du BCRA, Sébastien Albertelli, Perrin, 2013. Travail d’historien sur l’organisation, les priorités et les opérations du BCRA. Le lecteur y trouvera les cadres d’action, la logique des affectations et les tensions entre clandestinité, coordination et répression, indispensables pour comprendre les fonctions exercées par des responsables comme Grout de Beaufort. (Référence de contexte.)
Références internet
Ordre de la Libération Notice officielle détaillant la naissance, les pseudonymes, les responsabilités et les circonstances de l’exécution à Domont, avec rappel des décorations et éléments mémoriels.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/alain-grout-de-beaufort
Maitron (Fusillés 1940-1944 / Résistance) Notice biographique et contextuelle sur l’exécution à Domont, utile pour recouper la chronologie et replacer l’événement dans les pratiques répressives de l’été 1944.
https://fusilles-40-44.maitron.fr/grout-de-beaufort-alain-marie/
Dossier d’homologation consulté : oui/non – cote SHD
Non. Une notice SHD a été identifiée en ligne, mais le site du SHD a été inaccessible au moment de l’ouverture (erreur de chargement), ce qui ne permet pas de confirmer officiellement une cote sur la base d’une consultation directe.
Observations L’expression « Alain de Beaufort » rencontrée dans certains documents ou sur des supports secondaires renvoie, dans les bases officielles, à Alain Grout de Beaufort. Le nom complet avec particule et patronyme est conservé ici selon la notice officielle.
Photo : une photographie d’époque est accessible via la notice institutionnelle (sans reproduction ici).
Sources consultées le 2 février 2026
- Maitron Résistance / Maitron Fusillés 1940-1944 (notice sur l’exécution et recoupements).
- Fondation de la Résistance / Musée de la Résistance en ligne : Absence confirmée après consultation nominative (aucune fiche individuelle exploitée ici pour ce nom).
- Musée de la Résistance en ligne : Absence confirmée après consultation nominative (aucune fiche individuelle exploitée ici pour ce nom).
- Mémoire des Hommes : Absence confirmée après consultation nominative (aucune fiche « Mort pour la France » retrouvée dans les résultats consultés sous ce libellé exact).
- Musée de la Résistance de Champigny-sur-Marne : Absence confirmée après consultation nominative (aucune notice nominative trouvée dans les résultats consultés).
- Ordre de la Libération (notice officielle et décorations).
- Base Léonore – Légion d’honneur : Absence confirmée après consultation nominative (aucun dossier retrouvé au moment de la recherche dans les résultats accessibles).
- Gallica BnF : Absence confirmée après consultation ciblée (aucun document nominatif retenu pour cette fiche).
- Service Historique de la Défense – SHD : Site inaccessible au moment de la recherche (ouverture en erreur).
- Légifrance : consultation effectuée ; aucun décret nominatif utile retenu (les résultats trouvés concernent d’autres personnes portant ce patronyme).
- Wikipédia (appoint, recoupée ; aucune information incertaine n’a été retenue sans confirmation officielle).