Oskar GROSSMANN, alias Lucien et Alexander Schönau, né le 6 février 1903 à Teplitz-Schönau, mort en 1944 à Lyon dans des circonstances non entièrement établies, autrichien.
Oskar GROSSMANN naît le 6 février 1903 à Teplitz-Schönau, alors en Autriche-Hongrie. Employé des postes puis journaliste et permanent communiste, il milite dans les Jeunesses communistes autrichiennes puis au Parti communiste d’Autriche (KPÖ). Il devient membre du comité central du KPÖ et collabore notamment à la Rote Fahne ainsi qu’à plusieurs publications communistes. Sous le pseudonyme Alexander Schönau, il écrit également sur les événements de février 1934 en Autriche.
Engagement dans la Résistance
Après l’écrasement du mouvement ouvrier autrichien et la montée des persécutions, Grossmann vit en exil, d’abord en Tchécoslovaquie puis en France. À Paris, il travaille dans la presse de l’exil autrichien. Après 1940, il poursuit clandestinement son activité antifasciste et devient l’un des responsables autrichiens du Travail allemand dans la zone sud.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Il appartient au dispositif du Travail allemand (TA), lié à la résistance communiste immigrée et destiné à mener une propagande antifasciste auprès des forces d’occupation. À Lyon, il participe à la direction de la zone sud avec Paul Kessler. Les travaux de Hans Schafranek le situent au cœur de la direction lyonnaise du TA.
Missions et actions
Grossmann, sous le nom clandestin « Lucien », assure un rôle central dans la rédaction de Soldat am Mittelmeer, journal clandestin destiné aux soldats de la Wehrmacht. Le rapport d’après-guerre de Paul Kessler, exploité par Hans Schafranek, indique que Grossmann rédigeait lui-même le journal, recevant des informations et matériaux de militants allemands. Les matrices étaient notamment préparées par Selma Steinmetz et Tony Lederer. Le journal était tiré à plusieurs milliers d’exemplaires à Lyon puis diffusé dans différentes villes du sud de la France.
Arrestation / évasion / déportation
Le 27 mai 1944, Grossmann est très grièvement blessé lors d’une explosion à proximité d’une action de Résistance dans la région lyonnaise ; il perd la vue et, selon une source récente du Wien Museum, une jambe. Hospitalisé, il est identifié puis enlevé par la Gestapo malgré les tentatives de ses camarades pour le sauver. Sa trace se perd ensuite dans l’appareil répressif lyonnais. Le DÖW considère qu’il ne survécut pas aux sévices ; la date exacte et les circonstances finales de sa mort restent incertaines.
Camarades de combat
Son parcours est directement lié à Selma Steinmetz, sa compagne et collaboratrice clandestine, à Paul Kessler dans la direction du TA de zone sud, ainsi qu’aux militants chargés de la fabrication, des liaisons et de la diffusion de Soldat am Mittelmeer.
Retour à la vie civile
Oskar Grossmann ne survit pas à la répression de 1944 et ne connaît donc pas de retour à la vie civile.
Décorations
Aucune décoration retrouvée lors des présentes recherches dans les bases consultées ; cela ne signifie pas cependant que la personnalité n’ait reçu aucune distinction, mais seulement qu’aucune n’a pu être confirmée par les sources consultées.
Lieux de mémoire
À Vienne, le Grossmannhof porte son nom depuis 1949. Son nom figure également sur une plaque commémorative dédiée à des membres du comité central du KPÖ victimes du nazisme. Une rue de Steyr porte aussi son nom. Le DÖW et le Wien Museum entretiennent sa mémoire par des notices, expositions et publications.
Sources consultées
Hans Schafranek, « Österreicher und Österreicherinnen im französischen Widerstand gegen die deutsche Besatzung: Der “Travail Allemand” (TA) ». Étude de référence sur le Travail allemand, sa direction en zone sud, la fabrication de Soldat am Mittelmeer et le rapport de Paul Kessler.
Willi Weinert, Ich möchte, daß sie Euch alle immer nahe bleiben…. Recueil biographique consacré aux résistants communistes autrichiens, utile pour le parcours politique et mémoriel de Grossmann.
Références internet
Dokumentationsarchiv des österreichischen Widerstandes (DÖW). Pages consacrées à Selma Steinmetz et Oskar Grossmann ; elles confirment leur activité résistante commune, leur arrestation et le décès de Grossmann après les sévices de la Gestapo. https://www.doew.at/neues/archiv-2016-2023/selma-steinmetz-und-ihr-partner-oskar-grossmann
Wien Museum Magazin. Article historique récent consacré à Oskar Grossmann et au Grossmannhof, apportant des précisions sur sa blessure, son enlèvement par la Gestapo et sa mémoire viennoise. https://magazin.wienmuseum.at/oskar-grossmann-und-100-jahre-grossmannhof
Persée. Rectificatif historiographique confirmant que Grossmann fut réellement rédacteur en chef de Soldat am Mittelmeer et qu’il fut victime de la Gestapo en 1944. https://www.persee.fr/doc/austr_0396-4590_1985_num_20_1_4753
Wikipédia germanophone. Notice biographique développée consultée comme source secondaire de contrôle pour l’état civil, le parcours politique et les lieux de mémoire. https://de.wikipedia.org/wiki/Oskar_Grossmann
Dossier d’homologation consulté
Aucun dossier individuel SHD directement consulté lors des présentes recherches.
Observations
Les sources concordent sur la responsabilité éditoriale majeure de Grossmann dans Soldat am Mittelmeer. Les circonstances précises de sa mort demeurent moins assurées : il disparaît après sa prise en charge par la Gestapo à Lyon et est généralement considéré comme mort sous les sévices ou assassiné.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A — identité, engagement, responsabilités dans le Travail allemand et rôle éditorial établis par des travaux historiques et des institutions mémorielles concordantes ; seule la fin exacte de son parcours reste incertaine.
Chronologie
| Date | Événement |
| 6 février 1903 | Naissance à Teplitz-Schönau. |
| Années 1930 | Cadre du KPÖ et journaliste communiste. |
| 1934 | Exil après la répression en Autriche. |
| 1939-1940 | Activité dans l’exil autrichien en France. |
| À partir de fin 1942 | Direction du Travail allemand en zone sud et rédaction de Soldat am Mittelmeer à Lyon. |
| 27 mai 1944 | Grièvement blessé près de Lyon. |
| Juin 1944 | Enlevé de l’hôpital par la Gestapo ; disparition et mort probable sous les sévices. |
Tableau des divergences entre sources
| Point | Sources | Appréciation |
| Mort | Certaines sources parlent d’assassinat en juin 1944 ; d’autres d’une disparition après transfert par la Gestapo. | Retenir prudemment une mort à Lyon en 1944 après arrestation et sévices, sans fixer un jour ni un mécanisme non établi. |
Sources consultées
DÖW. Biographies et exposition sur Grossmann et Steinmetz ; arrestation, torture, mémoire. https://www.doew.at/neues/archiv-2016-2023/selma-steinmetz-und-ihr-partner-oskar-grossmann
Wien Museum Magazin. Biographie et histoire du Grossmannhof ; précisions sur les événements de mai-juin 1944. https://magazin.wienmuseum.at/oskar-grossmann-und-100-jahre-grossmannhof
Hans Schafranek / DÖW. Étude sur le Travail allemand ; direction lyonnaise et production de Soldat am Mittelmeer. https://de.readkong.com/page/hans-schafranek-sterreicher-und-sterreicherinnen-im-5133178
Persée. Rectificatif confirmant le rôle de rédacteur en chef. https://www.persee.fr/doc/austr_0396-4590_1985_num_20_1_4753