La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

GOURLIN Raymond

Raymond GOURLIN est né le 24 janvier 1925 à Chaumont (Haute-Marne) et est décédé le 17 août 2017 à Reims (Marne).

Issu d’une famille modeste, Raymond GOURLIN grandit à Chaumont. Il devient typographe et travaille avec son frère Daniel dans une imprimerie à Troyes.

En 1942, à l’âge de 17 ans, il commence à s’engager dans des actions de Résistance, notamment en fabriquant de faux papiers et des tickets de rationnement.

En mars 1943, requis pour le Service du travail obligatoire (STO), il refuse de s’y soumettre et entre dans la clandestinité.

Avec l’aide de son frère, il intègre les services de police en tant qu’agent spécial auxiliaire, ce qui lui permet de supprimer des avis de recherche et d’informer les requis du STO de leurs convocations à venir.

Il est alors en contact avec plusieurs mouvements de Résistance, dont Ceux de la Résistance, le Front national de lutte pour l’indépendance de la France et Libération-Nord.

En mars 1944, après l’exécution de dix patriotes haut-marnais par les nazis, Raymond et Daniel GOURLIN réagissent en installant un grand “V” en tissu noir portant l’inscription “Ils seront vengés” sur le monument aux morts de Chaumont.

En mai 1944, ils participent aux secours après les bombardements de la ville.

Le 6 juin 1944, jour du Débarquement en Normandie, ils rejoignent le maquis FFI en forêt de Leffonds, emportant avec eux des armes et des munitions extraites de l’armurerie du commissariat.

Le 16 juin 1944, lors d’un engagement avec des soldats allemands, un camarade de Raymond est blessé. Parti chercher de l’aide, Raymond revient au maquis où les nazis l’attendent.

Afin de ne pas se faire capturer armé, il dissimule son arme et assiste impuissant à l’exécution de son camarade blessé.

Il est alors arrêté et conduit à la Gestapo de Chaumont, où il est battu et torturé, perdant plusieurs dents.

Malgré les interrogatoires, il ne divulgue aucune information sur son réseau.

Arrestation et déportation

Après son arrestation, Raymond GOURLIN est incarcéré à la prison de Langres sans jamais être jugé.

Le 27 août 1944, il est déporté en wagon à bestiaux vers le camp de concentration de Neuengamme, situé dans le nord de l’Allemagne. Il y arrive le 1er septembre et reçoit le matricule 43 948.

Le 3 septembre, il est transféré au Kommando de Wilhelmshaven, un camp satellite de Neuengamme, où il travaille pendant sept mois à la fabrication de sous-marins de poche pour la Kriegsmarine. Les conditions de vie y sont extrêmement dures : journées de travail de 12 heures, violences, exécutions, humiliations.

En avril 1945, face à l’avance des Alliés, le camp est évacué. Raymond entame une “marche de la mort” vers Flensbourg, passant par le camp de Sandbostel, où il est témoin de scènes d’horreur.

 Le 24 avril, il embarque sur l’Olga-Siemers, un charbonnier rempli de cadavres. Le 30 avril, le bateau arrive à Flensbourg, où Raymond parvient à s’évader avec un camarade.

Il est recueilli par un groupe de prisonniers français et polonais, puis hospitalisé pour typhus. Le 19 juin 1945, il est rapatrié en France.

Camarades de combat

Raymond GOURLIN a combattu aux côtés de son frère Daniel GOURLIN, tué le 30 juin 1944 lors de l’attaque du maquis de Voisines. Il a également été en relation avec Hubert AUBRY, chef du maquis, Claude PÉNÈGRE, tué le 16 juin 1944, et Japhet LANZ, fusillé le 30 juin 1944.

Retour à la vie civile

Après la guerre, Raymond GOURLIN devient inspecteur principal de police au SRPJ de Reims, puis directeur du service des signalétiques de la police judiciaire.

Le retour à la vie normale est difficile, et il lui faudra plusieurs décennies avant de pouvoir parler librement de son vécu.

À partir des années 1980, il s’engage activement dans le devoir de mémoire, organisant des pèlerinages annuels en Allemagne, à Neuengamme, Wilhelmshaven et Sandbostel, et témoignant dans des conférences, expositions, collèges et lycées.

Il préside pendant plus de vingt ans la Veillée annuelle de la Déportation à Reims.

 Il est également président de la section locale de l’Union nationale des associations de déportés, internés et familles de disparus (UNADIF) et membre du conseil d’administration de l’Amicale de Neuengamme.

Décorations

Raymond GOURLIN a reçu de nombreuses distinctions :

  • Chevalier (1972) puis Officier (2016) de l’Ordre national de la Légion d’honneur
  • Médaille militaire
  • Croix de guerre 1939-1945 avec palme
  • Croix du combattant volontaire de la Résistance
  • Médaille de la déportation et de l’internement pour faits de Résistance
  • Médaille du réfractaire au STO
  • Médaille de la Reconnaissance française
  • Médaille d’Or de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre
  • Médaille de la ville de Reims
  • Médaille de la ville de Caen
  • Médaille d’argent de la police nationale
  • Médaille du centenaire des Brigades du Tigre

Rues ou lieux de mémoire

Le nom de Raymond GOURLIN ne semble pas avoir été attribué à une rue ou un lieu public. Cependant, son frère Daniel GOURLIN, tué à l’ennemi et mort pour la France, a son nom inscrit sur la plaque commémorative du commissariat de Chaumont, sur celle de la mairie et sur le monument aux morts de Chaumont, ainsi que sur la plaque commémorative de la guerre 1939-1945 de Voisines et sur le monument du maquis de Voisines.  

Références bibliographiques

Voisines, Juin 44 : Chronique d’un massacre annoncé, par Josette et André Grossetête, Éditions Dominique Guéniot. Cet ouvrage retrace en détail la formation et la tragique fin du maquis de Voisines, mettant en lumière le rôle central de Raymond GOURLIN et de ses compagnons dans la Résistance haut-marnaise.

Références internet

Académie de Reims : https://pedagogie.ac-reims.fr/memoire/enseigner/memoire_deportation/temoins51/gourlin.htm Témoignage de Raymond GOURLIN sur son engagement dans la Résistance, son arrestation, sa déportation et son retour à la vie civile.

Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Raymond_Gourlin Biographie détaillée de Raymond GOURLIN, couvrant sa jeunesse, son engagement dans la Résistance, sa déportation, son retour à la vie civile et ses nombreuses distinctions.

Musée de la Résistance en ligne : https://museedelaresistanceenligne.org/media10629-Le-maquis-de-Voisines-Haute-Marne Présentation du maquis de Voisines, avec des informations sur sa création, ses membres et son anéantissement le 30 juin 1944, incluant des détails sur Raymond GOURLIN.

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