Théodore Jean Gerhards, connu sous le nom de Théo Gerhards, est né à Saverne (Bas‑Rhin) et est mort exécuté le 29 octobre 1943 à Halle-sur-Saale (Allemagne)
Théo Gerhards grandit dans une famille nombreuse de treize enfants, fils de Gérard Gerhards, ancien militaire allemand devenu sous‑chef de gare à Saverne, et d’Élisabeth Leyenberger. Il reçoit une éducation catholique, notamment à Saint‑Remy‑Signeulx (Belgique), Saint‑Hippolyte et Fribourg (Suisse).
Au début de la Seconde Guerre mondiale, après un passage comme réserviste dans une usine d’armement à Auxerre, il rentre en Alsace.
Il prend la tête du secteur de Saverne, organisant des filières d’évasion et aidant prisonniers évadés ou réfractaires à passer en zone libre. Il récolte également des informations industrielles (munitions, usines Junkers, ateliers de réparation d’avions), avec l’aide de Marcel Kopp, qui produit un plan du site, et Marguerite Fuhrmann, courroie de transmission
Théodore est actif au sein du Réseau Uranus‑Kléber, réseau de renseignement section “SR”.
Il fait passer une quarantaine de prisonniers et réfractaires, collecte des renseignements industriels, cartographie des camps (Stalags, Oflags), collabore avec divers intermédiaires (sa sœur, Pierre Trappler, Eugène Meyer, Marcel Kopp, Marguerite Fuhrmann) pour obtenir des documents classifiés ou des plans relevant du Sichersheitsdienst
Arrestation / évasion / déportation
Arrêté le 6 juillet 1942 à la ferme du Kreutzfeld près de Saverne, il est emprisonné à Strasbourg, interrogé par un agent Brunner puis transféré à Kehl. Le 28 novembre 1942, il est transféré avec Fuhrmann et Kopp à la prison Alt‑Moabit à Berlin.
Le 3 mai 1943, il est jugé par le 3ᵉ Sénat du Reichskriegsgericht et condamné à mort pour espionnage. Le 21 mai, son jugement est confirmé par l’amiral Bastian.
Le 27 octobre 1943, il est transféré à la prison Roter Ochse de Halle‑sur‑Saale et exécuté le 28 octobre 1943, probablement guillotiné par Ernst Reindel
Camarades de combat
Parmi ses collègues de réseau figurent Marguerite Fuhrmann (agent de liaison) et Marcel Kopp (dessinateur industriel), eux aussi arrêtés et jugés ensemble
Décorations
Théo Gerhards a reçu à titre posthume plusieurs distinctions françaises :
- Médaille de la Résistance française avec rosette : remise à sa famille lors d’une cérémonie en présence du général Leclerc, à Saverne, le 22 novembre 1946 fr.wikipedia.org+6fr.wikipedia.org+6fusilles-40-44.maitron.fr+6dna.frmuseedelaresistanceenligne.org+1.
- Légion d’honneur : décernée à titre posthume, honorant son engagement dans la Résistance alsacienne fr.wikipedia.org.
- Croix de guerre 1939‑1945 avec palme : remise également à sa veuve au printemps 1947 à Strasbourg fr.wikipedia.org+5fr.wikipedia.org+5museedelaresistanceenligne.org+5.
- Mention administrative « mort pour la France » et « mort en déportation » : portées sur son acte de décès transcrit à Saverne fr.wikipedia.org+1.
Lieux de mémoire
Une rue Théo‑Gerhards existe à Saverne.
Sa lettre adressée à sa famille avant son exécution est conservée au Mémorial de l’Alsace‑Moselle à Schirmeck.
Son nom est gravé sur le Mémorial national des anciens des services spéciaux de la Défense à Ramatuelle
Références bibliographiques
- Jean‑Pierre Kintz, « Gerhards Théodore (Théo) », dans Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 45, … (année). Ce texte propose une entrée biographique détaillée sur Théo Gerhards, soulignant son action dans la Résistance alsacienne.
- DVD pédagogique sur la Résistance en Alsace (titre exact à préciser selon référence disponible). Il restitue visuellement le parcours de Théo Gerhards et contextualise la résistance dans la région.
Références internet
- Maitron Résistance — notice biographique sur Théodore Jean Gerhards, avec détails de ses actions dans la Résistance.
- Musée de la Résistance en ligne — description de son arrestation, condamnation, exécution, et des circonstances entourant ces événements.
Wikipédia — Théo Gerhards — résumé de sa vie, gage de complément documentaire, à croiser avec sources officielles.