La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

GAESSLER Alfred alias Georges Marty

Alfred Gaessler né le 21 novembre 1919 à Schiltigheim (Bas-Rhin), disparu en 1945 en Autriche

Il est identifié de façon concordante comme l’opérateur radio du réseau « Nemrod » recruté par Honoré d’Estienne d’Orves sous l’alias « Georges Marty », et comme l’agent double qui provoque la chute du réseau début 1941.

Originaire d’Alsace, il s’engage dans la Marine nationale avant-guerre, où il sert dans les sous-marins.

À l’automne 1940, Honoré d’Estienne d’Orves, organisateur du réseau « Nemrod », recrute Gaessler comme opérateur radio en raison notamment de sa maîtrise de l’allemand.

Tous deux débarquent clandestinement à Pors-Loubous (Plogoff, Finistère) le 21–22 décembre 1940, puis s’installent à Nantes (Chantenay) où, le 25 décembre 1940, ils établissent la première liaison radiotélégraphique entre la France occupée et Londres depuis le domicile des époux Clément.

Il appartient au réseau de renseignement gaulliste « Nemrod » fondé et coordonné par d’Estienne d’Orves, avec Maurice Barlier et Jan Doornik. Cette appartenance est attestée par le Musée de la Résistance en ligne (Fondation de la Résistance) et par les ressources officielles de « Chemins de mémoire ».

Comme radio du réseau, Gaessler émet vers Londres depuis la région nantaise fin décembre 1940 – début janvier 1941.

Le 19–22 janvier 1941, il se présente au contre-espionnage allemand et livre l’organisation ; les arrestations s’enchaînent à Nantes et à Paris.

Dans les jours qui suivent, il continue d’émettre de faux messages à destination de Londres au profit de l’Abwehr.

Les opérations de police conduisent au procès des membres de « Nemrod » et à l’exécution d’Honoré d’Estienne d’Orves, de Maurice Barlier et de Jan Doornik au mont Valérien le 29 août 1941.

Arrestation / évasion / déportation

Gaessler n’est pas inquiété par l’occupant qu’il a servi ; évacué vers l’Autriche en 1945, il profite de la débâcle pour disparaître.

Camarades de combat

Sont directement liés à son action au sein de « Nemrod » : Honoré d’Estienne d’Orves (chef de réseau), Maurice Barlier et Jan Doornik (adjoints), ainsi que les époux Clément, hôtes nantais qui abritent le poste radio fin 1940. Ces noms apparaissent dans les ressources du Musée de la Résistance en ligne et des portails officiels.

Retour à la vie civile

Aucun retour avéré à la vie civile : disparition signalée en 1945 ; aucune trace d’état civil postérieure ou de procédure pénale française accessible en ligne n’a été localisée.

Décorations

Aucune décoration française ou étrangère n’est connue pour l’intéressé.

Références bibliographiques

  • La Traque des résistants, Fabrice Grenard, Tallandier / Ministère des Armées, 2019 (rééd. 2021). Ouvrage de référence sur les infiltrations, retournements et méthodes de l’Abwehr et de la Sipo-SD ; un passage substantiel est consacré à la trahison de l’opérateur radio de « Nemrod », permettant de reconstituer la chronologie janvier–mai 1941 et ses ressorts.
  • Le service secret du général de Gaulle. Le BCRA 1940-1944, Sébastien Albertelli, Perrin, 2013. Étude fouillée du BCRA et de ses premiers réseaux, incluant la genèse de « Nemrod », ses liaisons maritimes et radio, et les vulnérabilités ayant mené aux démantèlements précoces.
  • The French Resistance, Olivier Wieviorka (trad. Jane M. Todd), Belknap Press – Harvard University Press, 2016. Synthèse académique majeure sur la Résistance ; replace « Nemrod » dans les débuts de la Résistance gaulliste, et analyse les effets politiques et mémoriels des premières exécutions, dont celles du 29 août 1941.
  • Honoré d’Estienne d’Orves. Pionnier de la Résistance, Rose et Philippe d’Estienne d’Orves, France-Empire, 1985. Récit biographique appuyé sur archives familiales, détaillant la mission de décembre 1940 – janvier 1941, les liaisons radio à Nantes et l’arrestation consécutive à la trahison du radio.

Références internet

Avertissements sur les sources, homonymies et points incertains

Les éléments d’état civil (date et lieu de naissance, « disparition » en 1945) apparaissent dans des travaux et notices secondaires, mais n’ont pas été retrouvés dans les bases officielles consultées en ligne ; ils sont donc signalés comme non confirmés.

Le patronyme « Gaessler » est courant en Alsace ; attention à ne pas confondre l’intéressé avec des homonymes présents dans Mémoire des Hommes (militaires Morts pour la France) ou dans les fichiers INSEE. L’alias « Georges Marty », utilisé dans le réseau « Nemrod », constitue l’identifiant opérationnel le plus sûr pour le relier aux faits établis.

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