France au Combat est un mouvement de Résistance intérieure, à forte coloration socialiste, créé en 1943 autour d’André Boyer, dit Brutus, dans le prolongement du réseau Brutus et des groupes Vény.
L’Ordre de la Libération indique qu’André Boyer crée France au Combat à son retour en France, le 17 octobre 1943, après une mission à Londres effectuée avec Gaston Defferre.
Le Musée de la Résistance en ligne confirme cette création par André Boyer après son retour par opération aérienne du 20 septembre 1943.
Organisation interne
France au Combat ne semble pas constituer un réseau de renseignement autonome séparé de Brutus, mais plutôt une structure politique et résistante associée à l’ensemble Brutus-groupes Vény.
L’étude universitaire consacrée à Pierre Sudreau précise que les responsables socialistes tentent, à l’automne 1943, de faire reconnaître sous l’étiquette « La France au Combat » l’ensemble Brutus et groupes Vény comme une sorte de quatrième pilier des MUR de zone sud.
Actions menées pendant la Résistance
Les actions documentées relèvent principalement des structures auxquelles France au Combat est associée : renseignement par Brutus, action paramilitaire par les groupes Vény, liaisons, transmission d’ordres, diffusion de presse clandestine et participation à l’organisation socialiste clandestine.
Augustin Laurent, après avoir pris la tête de France au Combat, assure des allers-retours entre le Nord et le Lyonnais, transmet ordres et renseignements, et participe à la rédaction, au tirage et à la diffusion de journaux clandestins.
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
France au Combat est liée au réseau Brutus, aux groupes Vény, à l’Armée secrète, au Comité d’action socialiste, à Libération-Sud et aux Mouvements unis de Résistance. André Boyer intègre en novembre 1943 le comité directeur des MUR.
Chefs et figures marquantes
André BOYER, alias Brutus puis Brémond, chef national du réseau Brutus, créateur de France au Combat en 1943. Arrêté le 8 décembre 1943, torturé, déporté à Buchenwald puis Dora, il meurt lors du bombardement de Nordhausen dans la nuit du 3 au 4 avril 1945.
Augustin LAURENT, responsable de France au Combat après son passage à Lyon en 1942 selon l’Assemblée nationale ; il assure liaisons, transmissions d’ordres, renseignements et diffusion clandestine, puis dirige le Comité départemental de Libération du Nord en 1944.
Eugène THOMAS, socialiste résistant, cité par les sources secondaires comme fondateur ou responsable initial avec Augustin Laurent ; son rôle exact dans France au Combat doit être recoupé par une notice détaillée indépendante.
Gaston DEFFERRE, lié à André Boyer lors du retour de Londres en septembre 1943 et aux discussions politiques autour de Brutus, Vény et France au Combat.
Victimes et morts
André Boyer est la figure la plus documentée parmi les morts liés à cette structure. Il est arrêté le 8 décembre 1943, déporté, puis tué à Nordhausen en avril 1945. Les sources MVR citent aussi des résistants affiliés à Brutus et à France au Combat, comme Georges et Lucien Barthélémy, fusillés à Signes le 18 juillet 1944, mais leur rattachement précis relève de leurs notices individuelles.
Survivants identifiés
Augustin Laurent survit à la guerre, prend possession de la préfecture de Lille à la Libération au nom de la République, puis devient ministre des PTT du Gouvernement provisoire.
Fin du réseau
La trajectoire autonome de France au Combat semble interrompue par l’arrestation d’André Boyer en décembre 1943 et par l’intégration progressive des forces résistantes dans les MUR, les comités de libération et les structures FFI. Les sources consultées ne permettent pas d’établir une date formelle de dissolution.
Conséquences et mémoire
France au Combat apparaît comme une tentative de structuration politique et militaire de la résistance socialiste autour de Brutus et des groupes Vény. Son importance tient moins à une organisation séparée qu’à l’effort d’inscrire l’ensemble Brutus-Vény dans la Résistance unifiée et dans l’équilibre politique des MUR.
Références bibliographiques
Pierre Sudreau, La résistance 1940-1943. Étude publiée aux Presses universitaires de Rennes, utile pour comprendre le lien entre Brutus, les groupes Vény et la tentative de reconnaissance de La France au Combat dans les MUR.
Références internet
Ordre de la Libération. Notice André Boyer, qui établit la création de France au Combat par André Boyer en 1943 et son intégration au comité directeur des MUR. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/andre-boyer
Musée de la Résistance en ligne. Notice André Boyer confirmant la création du mouvement France au Combat et le rôle de Boyer dans Brutus et Vény. https://museedelaresistanceenligne.org/media6016-Andr-Boyer
Assemblée nationale. Notice Augustin Laurent, qui documente son rôle à la tête de France au Combat, ses liaisons clandestines et son action dans le Nord. https://www2.assemblee-nationale.fr/sycomore/fiche/7502
Service historique de la Défense. Notice d’instrument de recherche signalant un dossier « FRANCE AU COMBAT » dans les mouvements de la Résistance intérieure française, cote GR 18 P. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/ark/1012867
Fiabilité
Fiabilité B. L’existence de France au Combat est confirmée par plusieurs sources institutionnelles et universitaires, mais la documentation accessible reste dispersée dans les notices individuelles et les fonds d’archives ; aucune notice synthétique détaillée autonome n’a été retrouvée.
Sources consultées le 3 mai 2026
Mémoire Vive de la Résistance : aucune fiche autonome exacte « France au Combat » trouvée ; mentions dans des fiches individuelles. https://mvr.asso.fr
Ordre de la Libération : notice André Boyer, création de France au Combat et intégration aux MUR. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/andre-boyer
Musée de la Résistance en ligne : notice André Boyer, rôle dans Brutus, Vény et création de France au Combat. https://museedelaresistanceenligne.org/media6016-Andr-Boyer
Assemblée nationale : notice Augustin Laurent, responsabilité dans France au Combat et activités clandestines. https://www2.assemblee-nationale.fr/sycomore/fiche/7502
Service historique de la Défense : dossier France au Combat signalé dans les fonds GR 18 P. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/ark/1012867