Alexandre Louis Marie Joseph FOURNY, né le 16 février 1889 à Isse, 44 – Loire-Atlantique Nantes fusillé comme otage le 22 octobre 1941 à Châteaubriant (Loire-Inférieure), est avocat, conseiller général et chef de réseau d’évasion de prisonniers durant l’Occupation.
Originaire d’une famille nantaise, Alexandre Fourny suit des études de droit et devient avocat au barreau de Nantes. Impliqué dans la vie publique, il est élu conseiller général de la Loire-Inférieure, mandat qui l’amène à entretenir des liens avec les milieux associatifs et anciens combattants.
Dès juin 1940, face à l’arrivée de prisonniers français dans les camps de Châteaubriant, Savenay et Château-Bougon, il mobilise ses réseaux personnels et associatifs pour leur porter assistance et organiser des évasions.
Il prend la direction régionale du réseau « Georges France 31 », en lien avec des associations d’anciens combattants et avec l’Intelligence Service britannique.
Ce réseau rassemble civils, anciens militaires et cheminots autour de filières d’évasion depuis les camps de Loire-Inférieure vers la zone libre.
Entre juin 1940 et janvier 1941, le réseau met en place des opérations quasi quotidiennes : fourniture de faux papiers, de vêtements civils, organisation d’hébergements temporaires, convoyage par train grâce à la complicité de cheminots, notamment Marin Poirier.
Les archives évoquent 2 248 évasions réussies en sept mois, ce qui en fait l’une des plus importantes opérations de ce type en France occupée.
Arrestation / déportation / exécution
Dénoncé au début de 1941, Alexandre Fourny est arrêté, jugé et condamné le 15 juillet 1941 à trois ans de forteresse. Le 22 octobre 1941, il fait partie des 27 otages fusillés par les Allemands au camp de Châteaubriant, en représailles à l’exécution d’un officier allemand à Nantes. Il est inhumé au cimetière Miséricorde à Nantes.
Camarades de combat
Léon Jost, président des anciens combattants, participe à l’organisation des évasions. Marin Poirier, cheminot, organise les transferts et sera fusillé le 30 août 1941. De nombreux bénévoles civils assurent le soutien matériel et logistique.
Décorations
- Médaille de la Résistance française à titre posthume par décret du 25 Février 1958
- https://www.ordredelaliberation.fr/fr/medailles?fulltext=Alexandre+FOURNY&items_per_page=10#resultats-medailles
- Croix de guerre 1914-1918 en lien avec ses citations pendant la Grande Guerre. Non retrouvée à ce stade dans un extrait nominatif du Journal officiel en ligne. Wikipédia
- Légion d’honneur : mentionnée par le Maitron (notice “Fusillés 1940-1944”) ; dossier non localisé dans la base Léonore lors de la consultation
Lieux de mémoire
Son nom figure sur le monument et les listes commémoratives liés aux « otages » à Nantes. Une rue « Alexandre-Fourny » a été attribuée à Nantes en 1945.
Le lieu d’exécution, le champ de tir du Bêle, est aujourd’hui un site mémoriel où a été inauguré en 1991 le groupe statuaire Les Otages de Jules Paressant.
Sa tombe est au cimetière Miséricorde de Nantes.
Références bibliographiques
- En vie, en joue, enjeux. Les 50 otages : Châteaubriant, Nantes, Mont-Valérien, Didier Guyvarc’h, Loïc Le Gac, Centre d’histoire du travail, 2021. Ouvrage de synthèse récent sur l’événement des « 48/50 otages », ses acteurs et la mémoire locale et nationale ; il propose des notices, des documents et une chronologie précise centrée sur octobre 1941. Librairie Mollat Bordeaux+1
- Avocats en Résistance : actes de résistance dans les professions juridiques, Lucile Damiani (dir.), Histoire de la justice, 2012. Études de cas sur des avocats résistants ; la notice consacrée à Fourny éclaire sa prise de responsabilités dans « Georges-France 31 », ses arrestations de 1941 et son exécution. Cairn
- Les 50 otages. En vie, en joue, enjeux (compte rendu), Louis Poulhès, Cahiers d’histoire. Revue d’histoire critique, 2022. Recension analytique qui situe l’ouvrage du CHT dans l’historiographie, avec rappel circonstancié des faits de Nantes et du champ de tir du Bêle. OpenEdition Journals
Références internet
- Les Fusillés 1940-1944 (notice « FOURNY Alexandre, Louis, Marie, Joseph ») Notice biographique sourcée confirmant l’identité, les engagements, la chronologie des arrestations et la date et le lieu d’exécution (Nantes, champ de tir du Bêle, 22 octobre 1941). https://fusilles-40-44.maitron.fr/fourny-alexandre-louis-marie-joseph/ Fusillés 40-44
- Nantes Patrimonia – Fiche biographique et dossier « Champ de tir du Bêle »
Fiches synthétiques issues des services patrimoniaux de la ville (PDF) précisant les étapes de l’arrestation, le lien avec « Georges-France 31 », et documentant le site mémoriel du Bêle et son monument (1991).
https://patrimonia.nantes.fr/files/live/sites/patrimonia/files/actu/fiche_fourny.pdf ; https://patrimonia.nantes.fr/files/live/sites/patrimonia/files/actu/fiche_HM_champ_tir.pdf - Fondation de la Résistance – Dossiers pédagogiques Pays de la Loire
Dossier régional rappelant l’action des anciens combattants nantais (Jost, Fourny, Poirier), les arrestations et l’exécution de 1941 ; utile pour contextualiser réseaux et procédures allemandes.
https://www.fondationresistance.org/wp-content/uploads/2025/05/Doc00127.pdf Fondation de la Résistance - Wikipédia – Alexandre Fourny
Notice encyclopédique donnant les repères biographiques principaux, la liste de certains hommages et mentions de décorations. À croiser et vérifier systématiquement avec les bases spécialisées.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_Fourny Wikipédia
Date d’exécution : toutes les sources spécialisées (Maitron, Patrimonia, sites mémoriels) confirment 22 octobre 1941 à Nantes – champ de tir du Bêle. La mention « 15 septembre 1941 » est erronée. Fusillés 40-44+1
Réseau : l’appartenance et le rôle de chef régional de « Georges-France 31 » sont corroborés par travaux et sites mémoriels. Cairn+1