La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

FARGE Yves Louis Auguste ALIAS : Grégoire – Bonaventure – Bessonneau – Dumaine – Petrequin – Lévy

Yves FARGE, alias « Grégoire », « Bonaventure », « Bessonneau », « Dumaine », « Petrequin » et « Lévy », né le 19 août 1899 à Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône), mort le 31 mars 1953 à Tbilissi (URSS, aujourd’hui Géorgie), français. La date du 19 août est retenue sous réserve de la divergence relevée dans la documentation de l’Ordre de la Libération.

Issu d’une famille d’universitaires, Yves Farge quitte assez tôt le système scolaire et exerce notamment le métier de dessinateur. Il s’engage dans les Jeunesses socialistes. Exempté du service militaire pour raisons de santé, il sert comme aide-infirmier pendant la Première Guerre mondiale. Il s’oriente ensuite vers le journalisme et travaille notamment au Maroc avant de revenir en France.

À la veille de la Seconde Guerre mondiale, il appartient au monde de la presse et travaille notamment au Progrès de Lyon.

Engagement dans la Résistance

Hostile à l’Occupation et à la censure imposée à la presse, Yves Farge entre précocement dans la Résistance. Il est associé au mouvement Franc-Tireur et participe à la presse clandestine. Ses fonctions l’amènent progressivement à occuper une position de coordination dépassant le cadre lyonnais.

Ses relations avec Jean Moulin sont particulièrement importantes. Un témoignage de Farge recueilli par l’historien Édouard Perroy le 17 mai 1946 et conservé dans le fonds 72 AJ des Archives nationales documente directement la création et le fonctionnement du Comité d’action contre la Déportation.

Appartenance à un réseau ou mouvement

Farge appartient à l’environnement de Franc-Tireur et des structures issues de l’unification progressive de la Résistance intérieure. Son rôle le plus directement pertinent pour la présente recherche est celui qu’il exerce au sein du Comité d’action contre la Déportation (CAD), organisme consacré à la lutte contre les réquisitions de main-d’œuvre et le Service du travail obligatoire.

La documentation disponible établit une direction exercée par Yves Farge dans la zone Sud, tandis que Michel Cailliau dirige le dispositif parisien avec l’assistance de Léo Hamon.

Missions et actions

La mission du CAD consiste à transformer le refus du départ pour l’Allemagne en une action organisée : aide financière aux réfractaires, fabrication massive de faux documents, soutien aux maquis et désorganisation administrative du STO.

Le témoignage de Farge du 17 mai 1946 attribue à Jean Moulin un rôle déterminant dans la conception de cette action. Farge indique que le Conseil national de la Résistance accepte le projet à la fin de juin 1943 et situe une réunion constitutive du CAD le 14 juillet 1943, au domicile lyonnais du docteur Descomps.

Il décrit notamment une organisation capable de distribuer des fonds importants et de fabriquer massivement faux papiers, tampons et cartes d’alimentation. Ces activités font du CAD l’un des instruments de la lutte administrative et clandestine contre le STO.

Il convient cependant de distinguer cette responsabilité nationale de la conduite des opérations locales. Ainsi, pour l’incendie du fichier parisien du 25 février 1944, les sources consultées établissent la direction opérationnelle de Léo Hamon, non une participation personnelle de Farge.

Arrestation / évasion / déportation

Les sources institutionnelles consultées pour cette recherche n’établissent pas de déportation d’Yves Farge. Sa clandestinité l’expose cependant à la répression et l’oblige à utiliser plusieurs pseudonymes.

Camarades de combat

Son parcours le met notamment en relation avec Jean Moulin, Jean-Pierre Lévy, Pierre Kaan et les responsables des structures nationales et régionales de lutte contre le STO. Dans le fonctionnement du CAD, Michel Cailliau et Léo Hamon exercent des responsabilités complémentaires dans la zone Nord.

Retour à la vie civile

À la Libération, Yves Farge devient commissaire de la République pour la région de Lyon et participe au rétablissement de l’autorité républicaine. Il poursuit ensuite une activité politique et journalistique et devient ministre du Ravitaillement.

Il s’engage également dans le mouvement pacifiste de l’après-guerre. Il meurt le 31 mars 1953 à Tbilissi, lors d’un accident automobile.

Décorations

  • Compagnon de la Libération, par décret du 17 novembre 1945.

La qualité de Compagnon et la date du décret sont confirmées par la documentation institutionnelle de l’Ordre de la Libération, également reprise par les sources consacrées à son parcours.

Lieux de mémoire

Plusieurs voies publiques portent le nom d’Yves Farge, notamment à Lyon. Les recherches conduites ici ont surtout porté sur son activité résistante et n’ont pas permis d’établir exhaustivement la liste des lieux de mémoire qui lui sont consacrés.

Références bibliographiques

Yves Farge, Rebelles, soldats et citoyens. Carnet d’un commissaire de la République, Grasset, 1946. Témoignage de première main permettant notamment d’éclairer l’exercice de ses responsabilités lors de la Libération et le rétablissement de l’administration républicaine.

François Marcot (dir.), Dictionnaire historique de la Résistance, Robert Laffont, 2006. Ouvrage collectif de référence permettant de replacer Farge, Franc-Tireur, le Conseil national de la Résistance et le CAD dans l’histoire générale des organisations résistantes.

Références internet

Musée de la Résistance en ligne. La page consacrée au témoignage d’Yves Farge du 17 mai 1946 reproduit et analyse un document des Archives nationales, cote 72 AJ/45/V. Elle apporte des renseignements de première importance sur la genèse, l’organisation et les missions du CAD. Témoignage d’Yves Farge sur le CAD https://www.museedelaresistanceenligne.org/media3377-Tmoignage-dYves-Farge-sur-le-CAD-17-mai-1946?utm_source=chatgpt.com

Mémoire Vive de la Résistance — Comité d’action contre la Déportation. Cette synthèse permet de replacer l’action de Farge dans l’organisation générale du CAD et de distinguer la direction de la zone Sud du dispositif parisien confié à Michel Cailliau avec Léo Hamon. Comité d’action contre la Déportation  https://mvr.asso.fr/comite-daction-contre-la-deportation-cad/?utm_source=chatgpt.com

Dossier d’homologation consulté

Aucune cote individuelle SHD GR 16 P suffisamment établie n’a été retrouvée dans les sources ouvertes consultées pour être reproduite ici avec certitude.

Observations

Une divergence documentaire concerne la date de naissance : des documents relatifs à l’Ordre de la Libération ont présenté le 18 août 1899, tandis que d’autres sources donnent le 19 août 1899. Cette dernière date, largement reprise, est retenue ici sous réserve de vérification directe de l’acte d’état civil.

La documentation permet en revanche de distinguer clairement la responsabilité de Farge dans la lutte nationale contre le STO de la direction opérationnelle du commando de Fontenoy, attribuée à Léo Hamon.

Indice de fiabilité de la notice

Niveau A — Fiabilité excellente. L’identité, le parcours résistant et la responsabilité d’Yves Farge dans la lutte contre le STO sont établis par plusieurs sources concordantes, dont un témoignage de l’intéressé conservé aux Archives nationales et diffusé par une institution spécialisée.

Chronologie

DateÉvénement
19 août 1899Naissance à Salon-de-Provence
1941Engagement dans la Résistance et activité liée à Franc-Tireur
1942-1943Relations avec Jean Moulin et responsabilités croissantes
14 juillet 1943Réunion constitutive du CAD selon son témoignage de 1946
1943-1944Direction de la lutte organisée contre la déportation et le STO
1944Commissaire de la République dans la région lyonnaise
17 novembre 1945Compagnon de la Libération
1946Ministre du Ravitaillement
31 mars 1953Mort à Tbilissi

Sources consultées

Mémoire Vive de la Résistance. « Comité d’action contre la Déportation (CAD) ». Cette ressource a été utilisée pour contrôler l’organisation territoriale du CAD et les responsabilités respectives d’Yves Farge, Michel Cailliau et Léo Hamon. https://mvr.asso.fr/comite-daction-contre-la-deportation-cad/?utm_source=chatgpt.com

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