André Silvain Devigny, 25 mai 1916, à Habère‑Lullin (Haute‑Savoie) –12 février 1999, à Hauteville‑sur‑Fier (Haute‑Savoie) Pupille de la Nation, puis officiers formé à l’École normale d’instituteurs puis à l’École militaire de Saint‑Maixent ; sous‑lieutenant dans l’armée Française au 5ᵉ Régiment de tirailleurs marocains (5ᵉ RTM)
Après avoir été blessé en mai 1940, il tente de rejoindre la Grande‑Bretagne mais échoue. En décembre 1940 il est mis en contact avec le consulat britannique à Genève, puis participe à des réseaux britanniques au Maroc.
En zone sud libérée, il rejoint le colonel Groussard pour fonder le réseau Gilbert à partir de novembre 1942 et créer un service de passage clandestin vers la Suisse. Il mène sabotage et élimination ciblée dès 1943
Créateur et dirigeant du réseau de renseignements militaires « Gilbert » (avec le colonel Groussard, commandant Nomy, Pierre et Dominique Ponchardier) ; membre de la Brigade de choc, du réseau Sosies, service Action de la DGER/SDECE
Sous‑lieutenant puis capitaine (à partir de 1944), chef du réseau Gilbert, organisateur de passages clandestins France‑Suisse, sabotage (poudrerie de Toulouse), élimination du chef du contre‑espionnage italien à Nice ; commandant dans la Brigade de choc durant débarquement de Provence et campagne d’Alsace
Arrestation, déportation, exécution éventuelle
Arrestation le 17 avril 1943 à Annemasse par la Gestapo infiltrée, interné à la prison Montluc (Lyon), torturé par Klaus Barbie, condamné à mort le 20 août 1943.
Évasion spectaculaire le 25 août 1943 : il démonte sa porte de cellule à la cuillère, fabrique des cordes avec couvertures et fil de fer, étrangle une sentinelle, franchit deux murs, saute dans le Rhône, caché dans la vase pendant cinq heures, gagne la Suisse puis l’Espagne, puis l’Afrique du Nord où il reprend le combat
Décorations
- Compagnon de la Libération (par décret du 27 décembre 1945,)
- Grand officier de la Légion d’honneur (promu par décret du 23 juin 1994,)
- Médaille de la Résistance française (par décret du 24 avril 1946),
- Croix de guerre 1939‑1945 (8 citations), Croix de la Valeur militaire (4 citations)
- Médaille des Évadés,
- Military Cross (UK),
- Croix de Guerre belge,
- Officier de la Couronne belge,
- Commandeur du Mérite Sportif
Jeunesse et formation André Devigny est issu d’une famille d’agriculteurs et de militaires. Pupille de la Nation, il fait ses études dans sa Haute‑Savoie natale avant d’intégrer l’École normale puis l’École militaire de Saint‑Maixent. Il devient officier à la veille de la guerre, affecté au 5ᵉ RTM
Appartenance à un réseau ou mouvement Réseau de renseignement « Gilbert », Brigade de choc, réseau Sosies, Service Action du SDECE/DGER
Missions et actions Organisation du réseau Gilbert dans la zone sud; service passages clandestins France–Suisse; sabotage de la poudrerie de Toulouse; élimination du chef du contre‑espionnage italien à Nice; participation active aux combats après l’évasion dans la Brigade de choc (Provence, Alsace)
Arrestation/évasion Arrêté le 17 avril 1943 à Annemasse ; interné à Montluc, torturé par Klaus Barbie ; condamné à mort le 20 août 1943 ; spectaculaire évasion le 25 août : démontage de porte, corde artisanale, assassinat d’une sentinelle, fuite, dissimulation dans le Rhône, passage en Suisse puis Espagne puis Afrique du Nord
Camarades de combat Collègues dans le réseau Gilbert confirmés : le colonel Groussard, commandant Nomy, Pierre et Dominique Ponchardier ; Charles Bury (détenu l’ayant aidé à écrire des lettres)
Retour à la vie civile
Après la guerre, il reste dans l’armée et les services secrets. Promu chef de bataillon en 1946, puis lieutenant-colonel en 1957, général de brigade en 1971. Il dirige le Service Action du SDECE de 1965 à 1971. Il prend sa retraite à Haute‑Savoie, restaure un château, prononce des conférences pour transmettre le souvenir
Rues ou lieux de mémoire
La place de la mairie d’Hauteville‑sur‑Fier porte son nom et il est inhumé dans le petit cimetière communal. Aucun autre lycée, jardin ou rue nationalement identifié à son nom
Références bibliographiques
- Un condamné à mort s’est échappé, André Devigny, Gallimard, Paris, 1956. Récit autobiographique de sa captivité et de son évasion spectaculaire du Fort Montluc.
- Je fus ce condamné, André Devigny, Presses de la Cité, Paris, 1978. Suite et approfondissement de son témoignage personnel sur son parcours de résistant et de soldat.
Références internet
- Ordre de la Libération : fiche André DEVIGNY — biographie complète, décorations, réseaux, grades, dates de naissance/décès ; sources officielles — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/andre-devigny
- Musée de l’Armée / Héroïnes et Héros de notre histoire : biographie illustrée, premier récit de son évasion, objets conservés au musée — https://www.musee-armee.fr/collections/ressources/heroines-et-heros-histoire/andre-devigny.html
- Musée de la Résistance en ligne (Fondation de la Résistance) : article sur les instruments de son évasion, description des cordes fabriquées, contexte de son évasion — https://museedelaresistanceenligne.org/media8469-Un-bricolage-hors-norme-les-instruments-de-lvasion-dAndr-Devigny