La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

DEISS Raymond

Raymond DEISS, né le 20 juin 1893 à Paris (Xe arrondissement), mort le 25 août 1943 à Cologne (Allemagne)

Raymond Deiss est identifié comme éditeur de musique à Paris dès avant la Première Guerre mondiale, puis comme maître imprimeur après avoir acquis son propre matériel d’impression à la veille de l’Occupation.

Son parcours professionnel est documenté par une notice biographique de référence qui précise notamment son implantation (raison sociale Deiss & Crépin, rue Meslay) et son activité d’éditeur (SACEM, répertoire de jeunes compositeurs), avant son passage à l’imprimerie.

Dès octobre 1940, Raymond Deiss rédige et tire sur ses presses une feuille clandestine d’information baptisée « Pantagruel », décrite comme l’un des tout premiers journaux clandestins imprimés de la zone occupée. L’entreprise s’inscrit dans une logique de diffusion de nouvelles captées à la radio, destinée à contourner la censure et à maintenir une liberté d’esprit face à la propagande.

Après les premiers numéros réalisés de manière très resserrée, Raymond Deiss est mis en relation avec le mouvement de résistance « Armée des Volontaires », ce qui inscrit « Pantagruel » dans un environnement militant plus organisé, tout en conservant sa spécificité de presse clandestine d’information.

Missions et actions

Raymond Deiss assure la conception et la rédaction, et met en œuvre la fabrication matérielle du journal clandestin. La production atteint un niveau notable de diffusion, la notice précisant un tirage qui monte jusqu’à 10 000 exemplaires en 1941. L’analyse institutionnelle rappelle également l’orientation revendiquée par Deiss, qui présente « Pantagruel » comme une feuille d’information visant d’abord la transmission des nouvelles et la défense du droit de penser librement.

Arrestation / évasion / déportation

Raymond Deiss est arrêté le 7 avril 1942 et interné à Fresnes. Le 9 octobre 1942, il est déporté à Trèves avec des militants de l’Armée des Volontaires, en application du décret « Nacht und Nebel ».

Le 27 mai 1943, il est condamné à mort par le Volksgerichtshof, transféré à Rheinbach, puis exécuté par décapitation à la prison de Cologne le 25 août 1943.

Camarades de combat

Dans le périmètre de l’Armée des Volontaires et de l’équipe liée à « Pantagruel », la notice mentionne notamment René et Robert Blanc (linotypistes), Roger Lescaret (imprimeur), ainsi que des résistants condamnés et exécutés le même jour que Deiss à Cologne, dont Charles Domergue, André Lalanne-Picard, Philippe Bonny, Marcel Lepape, Raymond Cousin et Maxime Belleville.

Décorations

Aucune décoration nominative (Médaille de la Résistance, Légion d’honneur, Croix de guerre, etc.) n’a été retrouvée pour Raymond Deiss dans les bases officielles consultées au cours de cette recherche groupée.

Cette absence, en l’état, reflète les résultats de consultation et ne constitue pas une conclusion définitive en l’absence d’un dossier nominatif d’homologation identifié et vérifié sur pièce.

Lieux de mémoire

Une plaque commémorative est signalée au 5 rue Rouget-de-L’Isle à Paris (1er arrondissement), adresse associée à son domicile et à la fondation de « Pantagruel ».

Références bibliographiques

Paris résistant, Henri Michel, Albin Michel, 1992. L’ouvrage propose une synthèse solide sur les débuts de la Résistance dans la capitale, en insistant sur les initiatives pionnières, dont la presse clandestine. Le lecteur y trouvera des repères chronologiques et un panorama des groupes parisiens entre 1940 et 1942. Il est utile pour replacer « Pantagruel » dans l’écosystème des journaux clandestins et des premiers réseaux.

Histoire de la Résistance en France, Henri Noguères, Robert Laffont, 1967-1981. Cette vaste fresque, fondée sur des archives et de nombreux témoignages, aide à comprendre la progression de la répression et le rôle structurant de la presse clandestine. Le lecteur peut y suivre l’évolution des mouvements et des filières, et mesurer la place des “pionniers” de 1940. Elle sert de cadre pour interpréter les risques encourus par les fondateurs de journaux clandestins.

Jean Moulin, l’inconnu du Panthéon. Tome 3 : De Gaulle, capitale de la Résistance, novembre 1940-décembre 1941, Daniel Cordier, JC Lattès, 1993.
Même si le livre est centré sur Jean Moulin et l’organisation gaulliste, il éclaire le climat de l’Occupation et la structuration progressive des résistances. Le lecteur y trouvera une compréhension fine des logiques de réseaux, des circulations d’informations et des tensions entre initiatives isolées et organisations. Il est précieux pour contextualiser la presse clandestine de la zone nord au moment où « Pantagruel » apparaît.

Références internet

Musée de la Résistance en ligne (AERI / Fondation de la Résistance)
Notice biographique de Raymond Deiss donnant un déroulé circonstancié : activité d’éditeur-imprimeur, création de « Pantagruel », aide des linotypistes, mise en relation avec l’Armée des Volontaires, arrestation, déportation « Nacht und Nebel », condamnation et exécution à Cologne. La page fournit également des éléments de contextualisation et des références de sources.
https://museedelaresistanceenligne.org/media10439-Raymond-Deiss

Musée de la Résistance en ligne (AERI / Fondation de la Résistance)
Notice « Pantagruel » présentant la nature de la publication, son objectif revendiqué (diffusion des nouvelles et défense du droit de penser), ainsi que des éléments sur la fabrication et la diffusion. Elle est particulièrement utile pour décrire la ligne éditoriale telle qu’elle est formulée dans le journal.
https://museedelaresistanceenligne.org/media10367-iPantagruel-i

Gallica (Bibliothèque nationale de France) Mise à disposition de fascicules numérisés de « Pantagruel : feuille d’informations », permettant de consulter la matérialité du journal clandestin (mise en page, ton, contenu). Source essentielle pour vérifier l’existence documentaire de la publication.
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k8776953

Paris Musées – Collections (Musée de la Libération de Paris – musée du Général Leclerc – musée Jean Moulin)
Fiches d’objets patrimoniaux liés à « Pantagruel » attribués à Raymond Deiss (une du journal, pages, datations de production), utiles comme documents d’époque conservés par une institution muséale parisienne.
https://www.parismuseescollections.paris.fr/fr/musee-jean-moulin/oeuvres/journal-pantagruel-de-juin-1941

Dossier d’homologation consulté : non – cote SHD

Observations orthographiques sur le nom du résistant, sur les divergences de chiffrages, sur les conditions de sa mort, sur les recherches sur l’absence de décorations

Le nom apparaît de façon stable sous la forme « Raymond Deiss ». Les bases consultées concordent sur la naissance à Paris et l’exécution à Cologne, et la chronologie arrestation-déportation-condamnation est donnée de manière continue par la notice institutionnelle. Le chiffrage du tirage (jusqu’à 10 000 exemplaires en 1941) est mentionné comme un repère de diffusion, sans série statistique exhaustive. Concernant les décorations, aucune mention nominative n’a été retrouvée dans les bases officielles consultées ; faute d’identification d’un dossier SHD (GR 16 P) vérifié sur pièce, l’absence ne doit pas être transformée en conclusion définitive.

Aucune photo retrouvée dans les bases officielles consultées. Un document d’époque lié (une/page de « Pantagruel ») est en revanche conservé et décrit dans une base muséale officielle.

  • Maitron Résistance / Le Maitron : consultation par requêtes nominatives et notices accessibles ; notices utilisées pour René Blanc et Robert Blanc ; consultation indirecte via le Maitron « fusillés-40-44 » pour le contexte Deiss/Armée des Volontaires.
  • Fondation de la Résistance / Musée de la Résistance en ligne (AERI) : base principale pour Raymond Deiss, « Pantagruel », et la genèse de l’Armée des Volontaires (rôle de René Lhopital, réunion fondatrice, extension).
  • Musée de la Résistance en ligne (rubrique presse clandestine) : rappel de l’existence de « Pantagruel » parmi les premiers journaux clandestins, utile pour contextualiser la publication.
  • Mémoire des Hommes (site officiel) : consultation par requêtes nominatives « Raymond Deiss », « René Blanc », « Robert Blanc », « René Lhopital » ; absence confirmée dans les résultats accessibles au cours de cette recherche.
  • Musée de la Résistance nationale (Champigny-sur-Marne) : consultation de ressources pédagogiques et documents PDF publiés par le musée mentionnant « Pantagruel » et Raymond Deiss dans le cadre de la presse clandestine ; pas de notice individuelle complète supplémentaire pour les linotypistes dans ces documents.
  • Ordre de la Libération : consultation contextuelle (mention de « Pantagruel » comme publication clandestine parisienne) ; pas de notice nominative de Compagnon exploitée pour ces quatre personnes.
  • Base Léonore – Légion d’honneur : consultation nominative ; dossier identifié pour René Lhopital (notice et cotes), sans exploitation des pièces de décret lors de cette recherche.
  • Gallica (BnF) : consultation et repérage de fascicules numérisés de « Pantagruel : feuille d’informations », utile pour attester l’existence documentaire et la matérialité du journal.
  • Paris Musées – Collections (Musée de la Libération de Paris – musée du Général Leclerc – musée Jean Moulin) : consultation d’objets patrimoniaux liés à « Pantagruel » attribués à Raymond Deiss (documents d’époque).
  • BnF Data (données d’autorité) : consultation d’une notice d’autorité pour René Lhopital (1885-1960), utile pour sécuriser l’identification.
  • SHD (Service historique de la Défense) : consultation des ressources décrivant la sous-série GR 16 P (cadre général des dossiers d’homologation) ; aucune cote nominative vérifiée sur pièce n’a été retrouvée dans les bases consultées pour Deiss et les frères Blanc dans ce lot.
  • Légifrance : consultation par requêtes sur décrets nominaux ; aucun décret nominatif exploitable trouvé dans le cadre de cette recherche groupée pour ces personnes.

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