La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

L’offensive Dragoon entre dans sa deuxième semaine : Toulon n’est plus qu’un vaste champ de ruines hérissé de quelques forts isolés, Marseille se bat quartier par quartier, tandis que le VIᵉ Corps US tente toujours de refermer la « bouteille » de Montélimar pour couper la retraite de la 19ᵉ Armée allemande.

Toulon : les derniers forts sous pression

  • À l’aube, la 3ᵉ DIA contrôle l’arsenal de Malbousquet ; la 9ᵉ DIC pousse jusqu’au quartier du Mourillon, et la 1ʳᵉ DFL réduit les blockhaus côtiers entre le Golf-Hôtel et le mont Redon.
  • Les forts Lamalgue, Artigues et Saint-Antoine sont investis les uns après les autres ; seuls quelques ouvrages côtiers tiennent encore grâce à leurs canons de 88 mm.
  • Dans la rade, les derniers navires allemands sabordés gênent les tirs directs d’appui-feu marine.


Difficultés : progression urbaine extrêmement lente (mines, pièges, cellules souterraines), manque chronique d’obus perforants et nécessité d’employer l’artillerie en tir tendu contre chaque casemate.  

Marseille : l’assaut des hauteurs

  • Les tirailleurs de la 3ᵉ DIA consolidés par les tabors marocains occupent la Canebière et l’Hôtel-de-Ville ; la résistance allemande se concentre maintenant sur Notre-Dame-de-la-Garde et le fort Saint-Nicolas.
  • Dans l’après-midi, le blindé « Jeanne-d’Arc » (1ʳᵉ DB) gravit la colline de Notre-Dame, déclenchant vingt-quatre heures de combats rapprochés autour de la basilique.
  • La garnison coupe les grues et fait couler d’autres cargos pour obstruer les bassins du Vieux-Port.


Difficultés : tirs plongeants depuis les forts, ruelles encombrées de barricades FFI, risque de tirs fratricides entre résistants mal armés et colonnes blindées françaises.  

Vallée du Rhône : la journée de fer à Montélimar

  • À l’aube, le général Dahlquist a réorganisé la 36ᵉ DI US ; seule action offensive prévue : détacher un bataillon pour couper la N-7 à La Coucourde.
  • Mais, muni d’un plan américain saisi la veille, le général von Wietersheim lance six groupements de la 11ᵉ Panzer et de la 198ᵉ DI :
    • Groupe Thieme chasse la cavalerie US de Grâne et d’Allex à partir de 11 h 30.
    • Contre-attaques américaines improvisées rétablissent la ligne avant la tombée du jour, mais la N-7 reste ouverte.
  • En fin d’après-midi, les avant-gardes de la 3ᵉ DI US atteignent Avignon, puis Orange, mais sans carburant suffisant pour exploiter vers le nord.
  • Difficultés : dispersion des bataillons faute de camions, munitions d’artillerie limitées à 20 coups/pièce, documents opérationnels perdus donnant à l’ennemi un avantage tactique, et fatigue des troupes après dix jours de marche-combat.

Autres secteurs

  • Flanc est : la 36ᵉ DI US termine le nettoyage de la corniche de l’Estérel et détache des patrouilles motorisées jusqu’aux faubourgs de Cannes pour sécuriser la Route Napoléon.
  • Haute-Provence : des éléments du 15ᵉ Infantry (3ᵉ DI) franchissent la Durance à Cavaillon mais butent sur des ponts détruits et une sévère pénurie d’essence.  

Freins logistiques et tactiques de la journée

  • Carburant : les besoins dépassent toujours 100 000 gallons/24 h ; les stocks côtiers ne couvrent qu’un seul jour de consommation.
  • Transport : pénurie de camions obligeant à des « navettes » d’infanterie à pied et retardant l’arrivée des 142ᵉ et 143ᵉ RI dans le carré de Montélimar.
  • Obus perforants & HE : rationnement strict pour l’artillerie française à Toulon et pour les 155 mm US dans la vallée du Rhône.
  • Fortifications portuaires : blockhaus en béton, réseaux de barbelés et ports intentionnellement encombrés ralentissent la prise des deux villes, tout en retardant la mise en service d’un grand port logistique indispensable à la campagne.

Bilan au soir du 25 août

AxeSituationObservations clés
ToulonTous les quartiers centraux pris ; reste une poignée de forts et de batteries côtièresCapitulation générale attendue sous 48 h
MarseilleCœur urbain contrôlé par la 3ᵉ DIA et les FFIND-de-la-Garde & St-Nicolas tiennent encore, port saboté
MontélimarCrête Hill 300 toujours contestée ; N-7 pas coupée11ᵉ Panzer attaque en force ; US manquent d’effectifs et d’essence

Lieu de mémoire

Sur l’esplanade de Notre-Dame-de-la-Garde (Marseille 7ᵉ), le char « Jeanne-d’Arc » conservé in situ commémore l’assaut du 25 août 1944 ; des panneaux détaillent la progression des tirailleurs algériens et des tabors marocains dans les ruelles adjacentes et la reddition du fort le lendemain.  

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