La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

de LATTRE de TASSIGNY Jean Joseph Marie Gabriel alias Dequesne,

Jean Joseph Marie Gabriel de LATTRE de TASSIGNY, alias « Dequesne », né le 2 février 1889 à Mouilleron-en-Pareds (Vendée), mort le 11 janvier 1952 à Paris, français. Le pseudonyme « Dequesne » est expressément attesté par la notice institutionnelle de l’Ordre de la Libération.

Jean de Lattre de Tassigny naît le 2 février 1889 à Mouilleron-en-Pareds, en Vendée, dans une famille de notables. Son père est notamment maire de la commune. Il reçoit une formation secondaire au collège Saint-Joseph de Poitiers puis poursuit ses études à Paris avant de préparer le concours de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr.

A propos de son année de service précédant Saint-Cyr, l ’Ordre de la Libération mentionne un an de service comme soldat puis brigadier au 22e dragons. Entrée à Saint-Cyr en 1909, promotion « Mauritanie », puis sur sa formation à l’École d’application de la cavalerie de Saumur et son affectation, en 1912, au 12e dragons à Pont-à-Mousson.

Pendant la Première Guerre mondiale, il est plusieurs fois grièvement blessé. Blessé au genou le 11 août 1914, il reçoit environ un mois plus tard un coup de lance à la poitrine au cours d’une reconnaissance. Passé dans l’infanterie en 1915, il sert au 93e régiment d’infanterie et participe notamment aux combats de Verdun et du Chemin des Dames. Il termine la guerre avec cinq blessures et huit citations. Il est alors officier de la Légion d’honneur et titulaire de la Military Cross britannique.

Après l’armistice, il est affecté à Bordeaux auprès des troupes américaines en attente de rapatriement puis au 49e régiment d’infanterie à Bayonne. Volontaire pour servir au Maroc de 1921 à 1926, il participe à la guerre du Rif, où il est de nouveau blessé et cité. Il devient chef de bataillon à titre exceptionnel. En 1927, il épouse Simone Calary de Lamazière ; leur fils unique, Bernard, naît en 1928.

Il poursuit parallèlement une brillante carrière d’état-major. Entré à l’École supérieure de guerre en 1927, il sert ensuite au 5e régiment d’infanterie, à l’état-major de l’Armée puis auprès du général Weygand. Colonel, il commande le 151e régiment d’infanterie à Metz. Après un passage au Centre des hautes études militaires, il devient chef d’état-major du gouverneur militaire de Strasbourg. Promu général de brigade en 1939, il est alors le plus jeune général de France.

Engagement dans la Résistance

Au début de la Seconde Guerre mondiale, de Lattre est chef d’état-major de la 5e Armée. En janvier 1940, il prend le commandement de la 14e division d’infanterie. Pendant la campagne de France, sa division combat notamment à Rethel et conserve sa cohésion pendant la retraite. Après l’armistice, il demeure dans l’armée d’armistice et se consacre particulièrement à la formation des cadres.

À Clermont-Ferrand puis à Opme, il entretient chez ses cadres la perspective d’une reprise future du combat. La tradition fait de la réunion d’Opme de juillet 1940 le « serment d’Opme », au cours duquel de Lattre exprime sa volonté de « refaire une armée » et de préparer la jeunesse à la reprise des hostilités. Il crée dans cet esprit une première école de cadres à Opme, puis une autre à Salammbô lorsqu’il est nommé commandant supérieur des troupes de Tunisie en 1941.

Rappelé en France en janvier 1942 et placé à la tête de la 16e division militaire à Montpellier, il se trouve confronté, après l’opération Torch du 8 novembre 1942, à l’occupation allemande de la zone sud. En novembre 1942, il ordonne à ses unités de sortir de leurs garnisons et tente de les entraîner dans une résistance militaire à l’entrée des forces allemandes. Cette initiative échoue et entraîne son arrestation.

L’engagement de de Lattre ne relève donc pas, à cette date, d’une appartenance à un mouvement clandestin ou à un réseau de renseignement. Il s’agit d’abord d’une volonté de reprise du combat manifestée à l’intérieur de l’armée d’armistice puis, en novembre 1942, d’une tentative ouverte de résistance militaire à l’occupation totale du territoire. Son passage formel dans le camp de la France combattante intervient après son évasion en 1943.

Appartenance à un réseau ou mouvement

Sa trajectoire est d’abord celle d’un officier général de l’armée française qui refuse finalement de se soumettre à l’occupation allemande, est emprisonné pour sa tentative de résistance de novembre 1942, puis rejoint la France combattante après son évasion.

Après son arrivée à Londres puis à Alger, il se place à la disposition du général de Gaulle et est promu général d’armée le 11 novembre 1943. Il reçoit ensuite le commandement de l’Armée B, embryon de la future Première Armée française.

La question de la Résistance intérieure devient centrale dans son parcours à partir de la libération du territoire, lorsque des dizaines de milliers de combattants des Forces françaises de l’intérieur doivent être intégrés à l’armée régulière.

Missions et actions

Avant même l’intégration massive des FFI, de Lattre entreprend un premier amalgame entre des forces d’origines très diverses : unités de l’armée d’Afrique, Forces françaises libres, évadés de France et de l’Empire. L’Ordre de la Libération souligne qu’il réalise en quelques mois cette première fusion militaire afin de constituer une force française capable de participer pleinement aux opérations alliées.

À Douera, près d’Alger, il crée une nouvelle école de cadres destinée à donner davantage de cohésion à cette armée composite, équipée et entraînée largement selon les normes américaines. En juin 1944, ses forces participent à la conquête de l’île d’Elbe. Les divisions françaises engagées précédemment en Italie viennent ensuite renforcer l’Armée B.

À partir du 15 août 1944, l’Armée B débarque en Provence aux côtés des forces alliées. Toulon et Marseille sont libérées rapidement, puis les forces de de Lattre remontent la vallée du Rhône en direction de Lyon, Autun et Dijon. Le 25 septembre 1944, à Besançon, l’Armée B prend officiellement le nom de Première Armée française .

L’intégration des combattants de la Résistance intérieure constitue alors un enjeu militaire, politique et symbolique majeur. De Lattre cherche à transformer des unités issues des maquis et des FFI en formations capables de participer à une guerre conventionnelle, tout en conservant autant que possible leur esprit et leur cohésion.

Le 10 octobre 1944, il confie au général Eugène Molle une fonction d’adjoint chargé des FFI, avec mission de préparer et d’organiser leur amalgame dans la Première Armée. Cette mesure témoigne de la place institutionnelle accordée à l’intégration des combattants de la Résistance dans la reconstruction de l’armée française.

Les chiffres diffèrent selon les sources et surtout selon le périmètre retenu. La ressource pédagogique de Réseau Canopé donne pour sa part 137 000 volontaires issus des FFI engagés dans la Première Armée pendant l’automne et l’hiver 1944.

D’autres estimations estiment à environ 114 000 FFI, engagés dans la Première Armée , dont près de 57 000 regroupés en unités constituées.  .

La Première Armée participe ensuite aux combats des Vosges et d’Alsace. Elle atteint le Rhin, contribue à la libération de Belfort et de Mulhouse, puis joue un rôle majeur dans la réduction de la poche de Colmar en février 1945. Au printemps, elle franchit le Rhin, pénètre en Allemagne, prend notamment Karlsruhe, Stuttgart et Ulm, atteint Constance puis entre en Autriche.

De Lattre représente finalement la France lors de la capitulation allemande à Berlin. Les sources institutionnelles consultées ne datent pas uniformément cet événement : le 8 mai 1945, et devient une journée Nationale de commémoration.

Pour sa part l’Ordre de la Libération indique le 9 mai 1945 date également retenue par l’union soviétique.

Arrestation / évasion / déportation

Après sa tentative de résistance à l’occupation allemande de la zone sud en novembre 1942, de Lattre est arrêté. L’Ordre de la Libération indique qu’il est interné à Toulouse puis au fort Montluc à Lyon. En janvier 1943, il est condamné à dix ans d’emprisonnement et transféré à Riom.

Dans la nuit du 2 au 3 septembre 1943, il parvient à s’évader de la prison de Riom avec l’aide de la Résistance. Il demeure clandestin plusieurs semaines. Sous le faux nom de « Dequesne », il quitte finalement la France le 17 octobre 1943, à bord d’un appareil de la Royal Air Force venu le récupérer à Manziat (Ain), puis gagne Londres.

Il rejoint ensuite Alger. Il n’a pas été déporté.

Camarades de combat

La nature de la carrière de de Lattre conduit à distinguer ses camarades ou collaborateurs militaires de véritables compagnons de réseau. Après son ralliement, il évolue au contact du général Charles de Gaulle, qui le promeut général d’armée, et du général Henri Giraud, qui le place à la tête de l’Armée B.

Pendant la campagne de 1944-1945, ses deux principaux commandants de corps d’armée sont les généraux Antoine Béthouart et Joseph de Goislard de Monsabert. L’intégration des FFI est notamment confiée au général Eugène Molle, qui devient l’un de ses collaborateurs essentiels pour la réalisation de l’amalgame.

La 2e division blindée du général Philippe Leclerc de Hauteclocque combat également sous son autorité dans certaines opérations de 1945, notamment pendant la réduction de la poche de Colmar.

Retour à la vie civile

Après 1945, il ne quitte pas la carrière militaire et demeure l’un des principaux responsables de la défense française.

Après la dissolution de la Première Armée française en août 1945, il occupe de hautes fonctions militaires. Il devient chef d’état-major général et inspecteur général de l’armée de Terre, puis inspecteur général des Forces armées. En 1948, auprès du maréchal Montgomery, il devient le premier commandant supérieur des forces terrestres de l’Europe occidentale.

En décembre 1950, il est nommé haut-commissaire en Indochine et commandant en chef des forces françaises en Extrême-Orient. Il rétablit la situation militaire française au Tonkin, notamment lors des combats de Vinh-Yen et de Mao-Khé, et s’efforce parallèlement de développer une armée nationale vietnamienne.

Le 30 mai 1951, son fils unique Bernard, âgé de vingt-trois ans et officier, est tué à Ninh-Binh à la tête de son escadron. Déjà gravement malade, de Lattre doit finalement rentrer en France à la fin de 1951. Il meurt à Paris le 11 janvier 1952. Après des obsèques nationales à Notre-Dame de Paris, il est élevé à titre posthume à la dignité de Maréchal de France et inhumé à Mouilleron-en-Pareds auprès de son fils.

Décorations

La notice institutionnelle de l’Ordre de la Libération fournit une liste particulièrement étendue de ses décorations françaises et étrangères. Les distinctions suivantes sont donc reproduites comme confirmées par cette source institutionnelle. Les dates de décret ou de publication officielle n’ont pas été retrouvées pour chacune d’elles dans les sources directement exploitées ici.

  • Grand-croix de la Légion d’honneur — Source : Ordre de la Libération.
  • Compagnon de la Libération — décret du 20 novembre 1944 — Source : Ordre de la Libération.
  • Médaille militaire — Source : Ordre de la Libération.
  • Croix de guerre 1914-1918, huit citations — Source : Ordre de la Libération.
  • Croix de guerre 1939-1945 — Source : Ordre de la Libération.
  • Croix de guerre des Théâtres d’opérations extérieurs, trois citations — Source : Ordre de la Libération.
  • Médaille des Évadés — Source : Ordre de la Libération.
  • Médaille d’or de l’Éducation physique — Source : Ordre de la Libération.
  • Médaille d’or de la Santé publique — Source : Ordre de la Libération.
  • Military Cross (Royaume-Uni) — Source : Ordre de la Libération.
  • Order of the Bath, distinction britannique donnée sous la forme « King Cross of the Bath » dans la notice consultée — Source : Ordre de la Libération.
  • Distinguished Service Medal (États-Unis) — Source : Ordre de la Libération.
  • Legion of Merit (États-Unis) — Source : Ordre de la Libération.
  • Ordre de Souvorov (Union soviétique) — Source : Ordre de la Libération.
  • Grand-croix de l’Ordre de Léopold (Belgique) — Source : Ordre de la Libération.
  • Croix de guerre belge — Source : Ordre de la Libération.
  • Grand-croix de l’Ordre du Lion blanc (Tchécoslovaquie) — Source : Ordre de la Libération.
  • Croix de guerre tchécoslovaque — Source : Ordre de la Libération.
  • Grand-croix de l’Ordre de Saint-Olaf (Norvège) — Source : Ordre de la Libération.
  • Grand-croix de l’Ordre d’Orange-Nassau (Pays-Bas) — Source : Ordre de la Libération.
  • Virtuti Militari (Pologne) — Source : Ordre de la Libération.
  • Grand-croix de l’Ordre royal du Dannebrog (Danemark) — Source : Ordre de la Libération.
  • Commandeur de l’Ordre du Mérite brésilien — Source : Ordre de la Libération.
  • Grand-croix de l’Ordre du Libertador San Martín (Argentine) — Source : Ordre de la Libération.
  • Mérite militaire avec agrafe blanche (Cuba) — Source : Ordre de la Libération.
  • Mérite militaire (Mexique) — Source : Ordre de la Libération.
  • Grand-croix du Mérite militaire (Chili) — Source : Ordre de la Libération.
  • Grand-croix de l’Ordre royal du Cambodge — Source : Ordre de la Libération.
  • Grand-croix de l’Ordre national du Vietnam — Source : Ordre de la Libération.
  • Grand-croix de l’Ordre du Million d’Éléphants (Laos) — Source : Ordre de la Libération.
  • Grand-croix du Parasol blanc (Laos) — Source : Ordre de la Libération.
  • Mérite chérifien (Maroc) — Source : Ordre de la Libération.
  • Grand-croix du Ouissam alaouite (Maroc) — Source : Ordre de la Libération.
  • Grand-croix de l’Ordre du Sang (Tunisie) — Source : Ordre de la Libération.
  • Grand-croix de l’Étoile noire — Source : Ordre de la Libération.

Lieux de mémoire

Jean de Lattre de Tassigny est inhumé au cimetière de son village natal de Mouilleron-en-Pareds, aux côtés de son fils Bernard. La commune constitue ainsi le principal lieu de mémoire familial et national attaché au maréchal.

Son nom est également associé à de très nombreuses rues, places, établissements scolaires et monuments en France. Rue du Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny à Nantes, le boulevard du Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny à Suresnes, la place Jean-de-Lattre-de-Tassigny à Besançon et le mémorial de Lattre de Tassigny à Colmar.

Sa mémoire est indissociable de celle de la Première Armée française « Rhin et Danube », du débarquement de Provence, de la libération de l’Alsace et de la campagne d’Allemagne de 1945.

Références bibliographiques

Jean de LATTRE DE TASSIGNY, Histoire de la Première Armée française, Rhin et Danube, Paris, Plon, 1949. Témoignage direct du commandant de la Première Armée sur sa constitution et les campagnes de 1944-1945. L’ouvrage constitue également une source essentielle pour comprendre la conception de l’amalgame et l’intégration progressive des formations FFI.

Jean de LATTRE DE TASSIGNY, Ne pas subir. Écrits 1914-1952, Paris, Plon, 1984. Recueil de textes permettant de suivre les conceptions militaires, morales et politiques de de Lattre sur une longue période, depuis la Première Guerre mondiale jusqu’à l’Indochine.

Jean de LATTRE DE TASSIGNY, Reconquérir. 1944-1945, textes réunis et présentés par Jean-Luc Barré, Paris, Plon, 1985. Ensemble documentaire particulièrement utile pour la campagne de France et d’Allemagne, le fonctionnement du commandement et les questions liées à la reconstruction de l’armée française.

Jean-Paul HUET, Jean de Lattre de Tassigny, 1889-1952 : Ne pas subir, Paris, L’Harmattan, 2006. Biographie générale permettant de replacer la période résistante et la Première Armée dans l’ensemble de la carrière de de Lattre. Cet ouvrage figure dans la bibliographie proposée par la Mémoire Vive de la Résistance.

Bernard DESTREMAU, Jean de Lattre de Tassigny, Paris, Flammarion, 1987. Biographie couvrant l’ensemble de son parcours militaire et politique, notamment les deux guerres mondiales et l’Indochine ; elle est également citée par la MVR.

Références internet

Ordre de la Libération. La notice institutionnelle « Jean LATTRE de TASSIGNY (de) » fournit l’état civil, le pseudonyme « Dequesne », la formation, la carrière militaire, l’arrestation, l’incarcération à Toulouse, Montluc et Riom, l’évasion, le passage clandestin en Grande-Bretagne, la constitution de l’Armée B, les campagnes de 1944-1945, l’Indochine et une liste particulièrement développée des décorations françaises et étrangères.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/jean-lattre-de-tassigny-de

Réseau Canopé – Enseigner la Résistance. Le dossier « L’amalgame, une question militaire et politique » replace l’intégration des FFI dans les nécessités militaires et politiques de l’automne 1944. Il estime notamment à 137 000 le nombre de volontaires issus des FFI engagés dans la Première Armée au cours de l’automne et de l’hiver 1944.
https://www.reseau-canope.fr/enseigner-la-resistance/E35

Musée de la Résistance en ligne. La documentation consacrée à « L’amalgame », exploitée dans la fiche initiale, permet d’étudier la conception de l’intégration des FFI par de Lattre et les modalités de conservation ou de transformation des unités issues de la Résistance.
https://museedelaresistanceenligne.org/media8655-Lamalgame-extraits-de-i-Histoire-de-la-1re-Arme-franaise-i-de-Lattre-de-Tassigny-1949

Dossier d’homologation consulté

Aucune cote individuelle SHD GR 16 P n’est retenue dans la présente notice comme dossier d’homologation nominatif de résistant de Jean de Lattre de Tassigny. Son parcours est principalement documenté par ses dossiers et fonds militaires, ses archives de commandement et les sources institutionnelles relatives à sa carrière.

La présente recherche n’a pas comporté la consultation matérielle d’un éventuel dossier administratif individuel conservé au Service historique de la Défense. Aucune cote ne doit donc être attribuée par déduction.

Observations

Le statut de Jean de Lattre de Tassigny dans l’histoire de la Résistance exige une formulation nuancée. Avant son évasion de 1943, il ne relève pas d’un réseau clandestin documenté. Son opposition se manifeste d’abord par la préparation morale et militaire de cadres sous le régime de Vichy, puis de manière ouverte en novembre 1942 lorsqu’il tente d’opposer ses unités à l’occupation allemande de la zone sud. Son incarcération, son évasion avec l’aide de la Résistance et son ralliement à la France combattante inscrivent ensuite clairement son parcours dans la reprise du combat.

La question de l’amalgame doit également être distinguée en deux phases. La première correspond à la fusion des troupes d’Afrique du Nord, des Forces françaises libres et des évadés de France et de l’Empire avant le débarquement de Provence. La seconde correspond à l’intégration massive des FFI à partir de la Libération.

Les chiffres concernant les FFI intégrés à la Première Armée divergent : environ 114 000 dans la documentation exploitée par la première fiche, 137 000 dans la synthèse de Réseau Canopé. Ces chiffres ne sont pas nécessairement incompatibles, les périmètres statistiques et périodes de référence pouvant différer.

Indice de fiabilité de la notice Niveau A —  L’identité, la carrière militaire, la tentative de résistance de novembre 1942, l’arrestation, l’évasion, le pseudonyme « Dequesne », le ralliement à la France combattante, le commandement de l’Armée B et de la Première Armée, la campagne de 1944-1945 et les principales distinctions sont établis par des sources institutionnelles et documentaires de premier ordre, notamment l’Ordre de la Libération. La Mémoire Vive de la Résistance et Réseau Canopé apportent des compléments concordants sur l’amalgame et la période 1940-1945. Les quelques divergences identifiées sont explicitement signalées et n’affectent pas l’identification ni les grandes lignes du parcours.

Chronologie

DateÉvénement
2 février 1889Naissance à Mouilleron-en-Pareds (Vendée).
1908-1909Année de service précédant Saint-Cyr ; divergence entre 22e et 29e dragons selon les sources.
1909Entrée à Saint-Cyr, promotion « Mauritanie ».
1912Affectation au 12e dragons à Pont-à-Mousson.
11 août 1914Première blessure pendant la campagne de 1914.
1915Passage dans l’infanterie au 93e régiment d’infanterie.
1921-1926Service au Maroc et participation à la guerre du Rif.
22 mars 1927Mariage avec Simone Calary de Lamazière selon la MVR.
1927Entrée à l’École supérieure de guerre.
23 mars 1939Promotion au grade de général de brigade selon la MVR.
Janvier 1940Prend le commandement de la 14e division d’infanterie.
Juin-juillet 1940Fin de la campagne de France ; formation des cadres et « serment d’Opme ».
Septembre 1941Commandement supérieur des troupes de Tunisie ; école de cadres de Salammbô.
Janvier 1942Retour en France ; commandement de la 16e division militaire à Montpellier.
Novembre 1942Tentative de résistance militaire à l’occupation de la zone sud ; arrestation.
Janvier 1943Condamnation à dix ans de prison.
Nuit du 2 au 3 septembre 1943Évasion de Riom.
17 octobre 1943Départ clandestin de France depuis Manziat sous le nom de « Dequesne ».
11 novembre 1943Promotion au grade de général d’armée.
Décembre 1943Prend la tête de l’Armée B.
Juin 1944Opérations de l’île d’Elbe.
15 août 1944Débarquement de l’Armée B en Provence.
Août-septembre 1944Libération de Toulon et Marseille puis remontée de la vallée du Rhône.
24 septembre 1944Remise de la Croix de la Libération par le général de Gaulle selon l’Ordre de la Libération.
25 septembre 1944L’Armée B devient Première Armée française selon la MVR.
10 octobre 1944Eugène Molle reçoit la responsabilité de l’intégration des FFI et de l’amalgame.
Automne-hiver 1944Intégration massive des FFI dans la Première Armée.
Février 1945Réduction de la poche de Colmar.
Mars-avril 1945Franchissement du Rhin et campagne d’Allemagne.
8-9 mai 1945Représentation de la France lors de la capitulation allemande à Berlin ; divergence de datation entre MVR et Ordre de la Libération.
Août 1945Dissolution de la Première Armée française.
1947-1948Hautes fonctions d’état-major et d’inspection.
Décembre 1950Haut-commissaire et commandant en chef en Indochine.
30 mai 1951Mort de son fils Bernard à Ninh-Binh.
11 janvier 1952Mort de Jean de Lattre de Tassigny à Paris.
15 janvier 1952Élévation posthume à la dignité de maréchal de France selon la MVR.

Sources consultées

Ordre de la Libération. La notice « Jean LATTRE de TASSIGNY (de) » a permis de confirmer l’identité, le pseudonyme « Dequesne », la formation militaire, les blessures et citations de 1914-1918, la carrière de l’entre-deux-guerres, le commandement de 1940, l’arrestation de novembre 1942, les lieux de détention, l’évasion de Riom, le départ clandestin de Manziat, la constitution de l’Armée B, les campagnes de 1944-1945, les responsabilités d’après-guerre et une liste très étendue de décorations françaises et étrangères.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/jean-lattre-de-tassigny-de

Réseau Canopé – Enseigner la Résistance. Le dossier « L’amalgame, une question militaire et politique » a fourni le contexte de l’intégration des FFI à la Première Armée, les contraintes d’effectifs et de renouvellement des troupes et l’estimation de 137 000 volontaires issus des FFI intégrés au cours de l’automne et de l’hiver 1944.
https://www.reseau-canope.fr/enseigner-la-resistance/E35

Musée de la Résistance en ligne. La ressource sur « L’amalgame », déjà exploitée pour la fiche initiale, a fourni les éléments relatifs aux conceptions de de Lattre concernant l’intégration des formations issues de la Résistance, leur transformation en unités régulières et l’estimation d’effectifs utilisée dans la première rédaction.
https://museedelaresistanceenligne.org/media8655-Lamalgame-extraits-de-i-Histoire-de-la-1re-Arme-franaise-i-de-Lattre-de-Tassigny-1949

Jean de Lattre de Tassigny, Maréchal de FRANCE

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