La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

Dès les débuts de l’Occupation, un réseau de solidarité discrète s’est structuré autour de métiers du quotidien : postiers, barbiers, secrétaires de mairie, ouvrières typographes. En contact direct avec le courrier administratif ou civil, ces personnes ont mis en place une forme de résistance logistique, en détournant, interceptant ou redirigeant le courrier à destination ou en provenance des autorités allemandes ou de l’État français de Vichy.

Ces actions, parfois spontanées, se sont rapidement intégrées aux réseaux structurés comme Combat, Libération, NAP, FTP ou encore aux circuits de renseignements (CDLR, ORA, SOE).

Les méthodes utilisées incluent :

  • Ouverture de plis suspects, retard volontaire de courrier de dénonciation.
  • Détournement de lettres officielles : transferts vers des boîtes postales clandestines ou caches.
  • Transmission de messages codés, parfois sur supports anodins (emballages, serviettes, coupures de journaux).
  • Utilisation des salons de coiffure comme relais, en zone urbaine, pour acheminer ou réceptionner le courrier destiné à la Résistance.

Ce réseau informel a permis le sauvetage de familles juives, la prévention de rafles, ou encore le renseignement de groupes de sabotage. En 1943–44, leur action devient cruciale dans la coordination entre zones Sud et Nord.

Réseaux, chefs, héros, victimes et fin

Le caractère discret et souvent localisé de ces actions rend l’identification des acteurs parfois difficile. Toutefois, plusieurs figures se sont distinguées :

  • Lucienne Audibert, postière à Lyon, fusillée par les Allemands pour interception de messages entre la Gestapo et la Préfecture.
  • René Lemoine, coiffeur à Lille, agent de liaison de “Voix du Nord”, cachait les messages dans ses outils.
  • Simone Lefèvre, secrétaire de mairie à Argentan, falsificatrice de certificats, arrêtée en 1944, morte en déportation.
  • Réseaux concernés : Combat, FTP, NAP, Shelburn, Turma, CDJ (Comité de défense des Juifs).

La plupart de ces activités cessent naturellement à la Libération, mais les réseaux de communication issus de ces groupes inspirent la logistique postale résistante des FFI, mise en place dès août 1944 pour la coordination des maquis.

Lieux de mémoire

  • Plaque commémorative à la Poste de Lyon-Perrache, en hommage aux postiers résistants.
  • Plaques locales dans plusieurs centres de tri (notamment à Dijon, Lille, Paris gare de l’Est).
  • Square Lucienne Audibert, à Vénissieux.
  • Maison de la Résistance de Châteaubriant (Loire-Atlantique), qui évoque les sabotages et détournements postaux.
  • Expositions itinérantes du Musée de La Poste sur « la poste dans la Résistance».

Références bibliographiques

  • Résistance et Courrier – Le rôle oublié des postiers, par Jean-Luc Machet, Éditions Histoire & Documents, Paris, 2005.Cet ouvrage retrace les actions discrètes menées par des agents postaux dans toute la France. Il présente également des témoignages et des documents rares sur l’interception et la redirection de courrier à des fins résistantes.
  • Femmes de l’ombre : ouvrières, postières et barbières dans la Résistance, par Claire Tissot, Éditions Tallandier, Paris, 2012.L’auteur met en lumière le rôle crucial des métiers invisibles dans la guerre de l’information. Elle consacre plusieurs chapitres aux messages interceptés, aux complices dans les mairies et aux barbiers-paravents du réseau Combat.
  • La Résistance au quotidien : archives de l’ombre, par Arlette Gauthier, CNRS Éditions, Paris, 2011.En se basant sur les archives des préfectures et des mairies, cet ouvrage retrace la transmission du courrier interdit et l’utilisation des salons de coiffure comme relais d’information.

Références internet

Musée de La Poste – La Résistance en uniforme

Lien : https://www.museedelaposte.fr/fr/voila-le-facteur

Exposition axée sur les facteurs, guichetiers et agents de liaison ayant utilisé les services postaux pour la Résistance. Témoignages d’anciens résistants, matériel d’époque (valises, tampons, caches, doubles fonds…). museedelaposte.frcheminsdememoire.gouv.fr+3fr.wikipedia.org+3ufacbagnolet.over-blog.com+3

Wikipedia – Poste pendant la Résistance

Lien : https://fr.wikipedia.org/wiki/Simone_Michel-L%C3%A9vy
Article général sur l’action des PTT en Résistance : détournement du courrier, sabotage de correspondance allemande, complicité interne. Exemple : Simone Michel‑Lévy, figure emblématique, a détourné des communications téléphoniques, organisé l’acheminement de courriers clandestins et saboté des départs pour le STO. fr.wikipedia.org+1ufacbagnolet.over-blog.com+1

Chemins de mémoire – Les postiers dans la Résistance

Lien : https://ufacbagnolet.over-blog.com/article-l-action-des-postiers-dans-la-liberation-de-la-france-une-force-majeure-de-la-resistance-51544702.html

Présentation synthétique du rôle des postiers : sabotage de lignes téléphoniques, interception/détournement de courriers de dénonciation, assistance aux maquis, aide logistique et sécurisation des informations. Comprend également des repères sur plaques commémoratives et circuits de mémoire rendus publics. ufacbagnolet.over-blog.com

Lettre d'information

Les derniers PDF

AG MVR 2025

Messe de la France Libre en Hommage au Général De Gaulle à l’occasion du 55eme anniversaire de sa mort

Cérémonie Commémorative LA CROIX VALMER – Square du Souvenir – 15 AOUT 2025

MARSEILLE-FETE-DU-14-JUILLET-2025

Commémoration de la Bataille de Bir Hakeim

CEREMONIE-COMMEMORATIVE-DU-8-MAI-1945-A-MARSEILLE

Appel à cotisation 2025

RAPPORT AG MVR 13 DECEMBRE 2024