Extrait du “Guide” Pratique des ACVG – Tome III
Réalisé par Union Nationale des Combattants – Éditeur : Lavazelle
(Décret 59.282 du 7 février 1959)
CONDITIONS GÉNÉRALES D’ATTRIBUTION de la Médaille des évadés
Elle ne peut être accordée que si l’intéressé :
1° Ou bien est en mesure de prouver qu’il a réussi une évasion :
- d’un camp de prisonniers de guerre régulièrement organisé et militairement gardé, où il était détenu.
- ou d’un endroit quelconque où il était arrêté et détenu en raison de son action dans la Résistance contre l’envahisseur et l’autorité de Vichy : arrestation par gendarmerie française ; remis aux forces d’occupation sur ordre des autorités françaises et allemandes.
- ou d’un territoire ennemi, occupé ou contrôlé par l’ennemi, l’évasion comportant le franchissement clandestin et périlleux d’un front de guerre terrestre ou maritime ou d’une ligne douanière, étant entendu que les lignes de démarcation tracées en France ne sont pas considérées comme lignes douanières.
2° Ou bien justifie :
- de deux tentatives d’évasion consistant en sorties effectives et périlleuses d’une enceinte ou établissement militaire gardé et situé en dehors des limites territoriales métropolitaines imposées en fait par l’ennemi, si elles ont été suivies de peines disciplinaires.
- ou exceptionnellement, d’une seule tentative d’évasion réalisée dans les conditions prévues ci-dessus et ayant entraîné le transfert dans un camp de représailles connu ou dans un camp de déportation et, de ce fait, l’attribution de la qualité de combattant volontaire de la Résistance.
Néanmoins, les prisonniers de guerre évadés de camps ou établissements situés en France métropolitaine devront, en outre, après leur évasion :
- s’ils sont restés en France, avoir milité dans une organisation de Résistance ;
- s’ils ont quitté le territoire métropolitain, avoir servi dans une formation de l’Armée de la Libération.
MODALITÉS D’ATTRIBUTION
La médaille des Évadés est attribuée par arrêté du ministre de la Défense publié au Journal officiel (Bulletin Officiel des décorations, médailles et récompenses).
Il est délivré un diplôme constatant le droit de porter la médaille qui précise, le cas échéant, si l’intéressé est cité à l’occasion de son évasion.
Les demandes sont à adresser aux organismes détenteurs des pièces matriculaires des intéressés.
PRISONNIER ÉVADÉ D’UN « ENDROIT QUELCONQUE » EN FRANCE
Médaille des Évadés
L’évadé, après la guerre, doit prouver qu’il remplit deux conditions pour obtenir la médaille (ou le titre) d’évadé.
Il doit prouver :
1°) qu’il a été arrêté et détenu pour fait de résistance contre l’envahisseur et l’autorité de Vichy (ce qui exclut le cas des « droits communs »).
2°) qu’il a milité, après son évasion, dans une organisation de Résistance ou, s’il a quitté le territoire métropolitain, qu’il a servi dans une formation de l’Armée de la Libération.
Dans ce cas, la mention d’évadé ne figure pas dans ses pièces matriculaires et l’administration de la Défense (ou des Anciens Combattants) ne met pas beaucoup d’empressement à régulariser cette situation malgré la masse des documents et témoignages fournis.
Beaucoup d’évadés s’étonnent que ceux qui ont réussi leur évasion soient moins bien traités que ceux qui ont échoué. Il n’est pas facile de comprendre cette logique qui fait la part belle aux prisonniers politiques et aux déportés.