Eugène Pierre CLAUDIUS-PETIT, né Eugène PETIT, alias « Claudius », né le 22 mai 1907 à Angers (Maine-et-Loire), mort le 24 octobre 1989 à Paris, français.
Eugène Petit est le fils d’un cheminot et d’une épicière. Après son certificat d’études, obtenu en 1919, il devient apprenti puis ouvrier ébéniste et suit parallèlement des cours de dessin. Syndiqué à la Confédération générale du travail, il est également proche du mouvement catholique progressiste Jeune République de Marc Sangnier.
Il accomplit son service militaire de 1927 à 1929 dans une compagnie d’ouvriers d’aviation à Versailles. Il suit ensuite les cours du soir de l’École Boulle puis de l’École nationale supérieure des Arts décoratifs. Reçu au certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement du second degré de dessin en 1934, il est nommé professeur au lycée Ampère de Lyon.
Mobilisé en 1939 au parc d’aviation de Bron, il sert comme sergent-chef de réserve.
Engagement dans la Résistance
Refusant la défaite de 1940, Eugène Petit entre très tôt dans la Résistance. Il prend contact avec France Liberté, organisation qui devient ensuite Franc-Tireur, autour de son ami Antoine Avinin. Il fabrique des faux papiers et des photographies, distribue des tracts et journaux clandestins et assure notamment la diffusion de Franc-Tireur dans les milieux universitaires.
En mai 1942, après l’arrestation d’Antoine Avinin, il adopte le pseudonyme de « Claudius » et entre au comité directeur de Franc-Tireur. Il assure des transports d’armes et de renseignements et développe les relations de son mouvement avec Combat, Libération, Lorraine et Résistance.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Les appartenances institutionnellement attestées d’Eugène Claudius-Petit sont Franc-Tireur, les Mouvements unis de la Résistance (MUR), le Conseil national de la Résistance (CNR) et le réseau Gallia.
Il joue également un rôle dans la création des Forces unies de la jeunesse (FUJ). L’Ordre de la Libération indique explicitement qu’il est chargé des jeunes et travaille à leur constitution. Cette action explique sa place dans les sources relatives aux structures de jeunesse des MUR.
Missions et actions
En 1943, Claudius-Petit crée un laboratoire clandestin de photographie destiné à aider Henri Gorce-Franklin, chef du réseau Gallia, à transmettre à Londres les renseignements collectés par les MUR.
Membre du comité directeur des MUR, il représente Franc-Tireur lors de la première réunion du Conseil national de la Résistance, le 27 mai 1943 à Paris, sous la présidence de Jean Moulin. Il assure également la liaison avec les mouvements de résistance des prisonniers de guerre.
Son activité auprès des jeunes comprend un travail de coordination qui participe à la création des Forces unies de la jeunesse. Il ne doit cependant pas être présenté comme l’unique fondateur de cette organisation, celle-ci résultant d’un processus collectif de regroupement des mouvements de jeunesse.
Arrestation / évasion / déportation
Les sources institutionnelles consultées ne mentionnent ni arrestation ni déportation.
Dans la nuit du 16 au 17 octobre 1943, Eugène Claudius-Petit quitte clandestinement la France depuis un terrain proche de Mâcon à bord d’un Lockheed Hudson, en compagnie notamment de Jean de Lattre de Tassigny et Jean Rosenthal. Il gagne Londres, puis Alger.
À Alger, il siège à l’Assemblée consultative provisoire comme représentant de Franc-Tireur et préside le groupe des représentants de la Résistance.
Camarades de combat
Son parcours clandestin le met directement en relation avec Antoine Avinin, qu’il remplace au comité directeur de Franc-Tireur, Henri Gorce-Franklin, pour lequel il organise le laboratoire photographique du réseau Gallia, ainsi qu’avec Jean Moulin et les représentants des mouvements réunis au CNR.
Retour à la vie civile
En 1945, Eugène Claudius-Petit devient président du Mouvement de Libération nationale (MLN) et est élu à l’Assemblée constituante. Il participe ensuite à la création de l’Union démocratique et socialiste de la Résistance (UDSR).
Il est député de la Loire de 1946 à 1955, ministre de la Reconstruction et de l’Urbanisme de septembre 1948 à janvier 1953 et ministre du Travail en 1954. Il devient maire de Firminy de 1953 à 1971 et conseiller général. Il retrouve ensuite à plusieurs reprises un mandat parlementaire et exerce des fonctions de vice-président de l’Assemblée nationale.
Il préside également la Société nationale de construction de logements pour les travailleurs immigrés de 1956 à 1977, l’Union centrale des Arts décoratifs de 1961 à 1972 et SOS Amitié de 1972 à 1983.
Il meurt à Paris le 24 octobre 1989 et est inhumé à Firminy (Loire).
Décorations
- Commandeur de la Légion d’honneur — distinction confirmée par l’Ordre de la Libération ; référence précise du décret non isolée lors des présentes recherches.
- Compagnon de la Libération — décret du 19 octobre 1945. Le dossier conservé par l’Ordre de la Libération contient notamment le mémoire de proposition et le décret.
- Croix de guerre 1939-1945 avec deux citations — confirmée par l’Ordre de la Libération.
- Médaille de la Résistance française avec rosette — décret du 24 avril 1946 — Journal officiel du 17 mai 1946 — dossier 1O13815.
- Commandeur du Mérite social — confirmée par l’Ordre de la Libération.
- Commandeur de l’Ordre de la Rose blanche de Finlande — distinction étrangère confirmée par l’Ordre de la Libération.
- Grand officier du Ouissam alaouite — distinction marocaine confirmée par l’Ordre de la Libération.
Lieux de mémoire
Eugène Claudius-Petit est inhumé à Firminy (Loire), ville dont il fut maire et dont la transformation urbaine demeure fortement attachée à son nom.
La documentation de l’Ordre de la Libération mentionne également les hommages liés à une place Eugène-Claudius-Petit à Paris. Son fonds institutionnel comprend des documents relatifs à cette commémoration.
Références bibliographiques
Benoît POUVREAU, Un politique en architecture : Eugène Claudius-Petit (1907-1989), Le Moniteur, collection « Architextes », 2004. Biographie consacrée à son parcours politique, à sa conception de la Reconstruction et à son action en matière d’urbanisme, particulièrement à Firminy.
François MARCOT (dir.), Dictionnaire historique de la Résistance, Robert Laffont, 2006. Ouvrage de référence pour contextualiser Franc-Tireur, les Mouvements unis de la Résistance, le réseau Gallia, le Conseil national de la Résistance et les Forces unies de la jeunesse.
Références internet
Ordre de la Libération. La notice « Eugène CLAUDIUS-PETIT » fournit l’état civil, la formation, l’entrée dans France Liberté et Franc-Tireur, les activités clandestines, le laboratoire Gallia, la participation au CNR, le rôle auprès des FUJ, le passage à Londres et Alger, la carrière publique et les décorations. Ordre de la Libération — Eugène Claudius-Petit
Musée de la Résistance en ligne. La ressource consacrée à Eugène Claudius-Petit confirme son rôle dans Franc-Tireur, Gallia, le CNR et la création des FUJ, ainsi que son départ clandestin en octobre 1943. Musée de la Résistance en ligne — Eugène Claudius-Petit
Assemblée nationale. Les tables nominatives permettent de contrôler plusieurs fonctions parlementaires postérieures à la guerre, notamment ses mandats et ses fonctions de vice-président de l’Assemblée nationale.
Dossier d’homologation consulté
L’Ordre de la Libération conserve sous la cote 1 A 221 un dossier consacré à Eugène Claudius-Petit comprenant notamment le mémoire de proposition pour la Croix de la Libération, le décret du 19 octobre 1945, des fiches de renseignements, des correspondances, des documents biographiques et des éléments relatifs aux hommages et à sa sépulture.
La cote 1O13815 correspond au dossier de sa Médaille de la Résistance française avec rosette.
Aucune cote SHD GR 16 P certaine n’a été identifiée au cours des présentes recherches.
Observations
Les sources le désignent à la naissance comme Eugène Petit. Le nom composé Claudius-Petit, construit à partir de son pseudonyme de Résistance « Claudius », devient ensuite sa forme publique et usuelle.
Son rôle dans les Forces unies de la jeunesse est attesté : il « travaille à la création » des FUJ dans le cadre de ses responsabilités aux MUR. Il serait toutefois excessif de lui attribuer seul la fondation de l’organisation, issue d’un processus collectif.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A —L’état civil, le parcours résistant, le rôle au CNR, la participation à la création des FUJ, le départ de France, la carrière publique et les distinctions sont établis par l’Ordre de la Libération et corroborés par plusieurs sources institutionnelles.
Chronologie
| Date | Événement |
| 22 mai 1907 | Naissance à Angers |
| 1919 | Certificat d’études et apprentissage |
| 1927-1929 | Service militaire |
| 1934 | CAPES de dessin ; professeur à Lyon |
| 1939 | Mobilisation à Bron |
| 1940 | Entre dans France Liberté / Franc-Tireur |
| mai 1942 | Comité directeur de Franc-Tireur sous le pseudonyme « Claudius » |
| 1943 | Laboratoire clandestin du réseau Gallia |
| 1943 | Participe à la création des FUJ |
| 27 mai 1943 | Première réunion du CNR |
| 16-17 octobre 1943 | Départ clandestin pour Londres |
| 1943-1944 | Assemblée consultative d’Alger |
| 1945 | Président du MLN et député constituant |
| 19 octobre 1945 | Compagnon de la Libération |
| 1948-1953 | Ministre de la Reconstruction et de l’Urbanisme |
| 1953-1971 | Maire de Firminy |
| 24 octobre 1989 | Décès à Paris |
Sources consultées
Ordre de la Libération. La notice « Eugène CLAUDIUS-PETIT » a fourni l’état civil, l’enfance, la formation professionnelle et artistique, l’engagement syndical, l’entrée dans Franc-Tireur, les missions clandestines, le réseau Gallia, le CNR, les FUJ, le passage à Londres et Alger, la carrière d’après-guerre et les distinctions. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/eugene-claudius-petit
Ordre de la Libération — inventaire des archives des Compagnons. L’inventaire a fourni la cote 1 A 221 et le contenu du dossier relatif à la Croix de la Libération, aux renseignements biographiques, aux correspondances et aux commémorations.
Musée de la Résistance en ligne. La ressource « Eugène Claudius-Petit » a confirmé son activité de liaison, le laboratoire du réseau Gallia, la participation au CNR, le travail relatif aux Forces unies de la jeunesse et le départ clandestin d’octobre 1943. https://museedelaresistanceenligne.org/media2720-Eugne-Claudius-Petit
Assemblée nationale. Les tables nominatives ont permis de contrôler les fonctions parlementaires exercées après la Résistance, en particulier les mandats et vice-présidences de l’Assemblée nationale.
Une photographie d’Eugène Claudius-Petit est reproduite dans sa notice officielle de l’Ordre de la Libération.