Albin CHALANDON est né le 11 juin 1920 à Reyrieux (Ain) et est décédé le 29 juillet 2020 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), à l’âge de 100 ans.
Fils de Pierre Chalandon, industriel et maire de Reyrieux, et de Claire Cambon, Albin CHALANDON est le petit-fils de l’ingénieur et journaliste Victor Cambon. Il effectue ses études au lycée Condorcet à Paris, puis obtient une licence en lettres et un diplôme d’études supérieures en philosophie à la Sorbonne.
Engagement dans la Résistance
Au printemps 1943, par l’intermédiaire d’une voisine et d’un ami d’études, il est recruté par le lieutenant Henri de Montagon dans le réseau de l’Organisation de résistance de l’Armée (ORA).
Il est chargé de repérer de jeunes recrues dans les classes préparatoires parisiennes.
En juin 1944, à la suite d’un coup de filet de l’Abwehr, il se retrouve à la tête de l’ensemble du réseau parisien.
Missions et actions
Réfugié en forêt d’Orléans grâce à un ami de la famille, il y fonde le maquis de Lorris, qui regroupe bientôt jusqu’à 500 hommes. Sous les ordres du lieutenant-colonel Marc O’Neill et du capitaine Benjamin Passet, il se distingue lors des combats du Pont des Bordes (22 juillet 1944) et de Chicamour (12 août 1944).
Après la libération d’Orléans, début août, il participe à la libération de Paris, notamment au Palais Bourbon et au Quai d’Orsay, obtenant la reddition de près de 400 Allemands.
Il est grièvement blessé lors d’un accident de voiture le 17 août 1944. Il est soigné et reprend rapidement le combat.
Camarades de combat
Parmi ses camarades de combat figurent le lieutenant-colonel Marc O’Neill, chef du maquis de Lorris, et le capitaine Benjamin Passet, alias “Albert”, qui commande les trois compagnies du maquis après leur fusion.
Retour à la vie civile
Après la guerre, Albin CHALANDON intègre l’Inspection générale des finances en avril 1945. Il devient membre du cabinet de Léon Blum, puis fonde en 1952 la Banque commerciale de Paris avec Marcel Dassault.
Il entame ensuite une carrière politique, adhérant au Rassemblement du peuple français (RPF) en 1948.
Il est député des Hauts-de-Seine, ministre de l’Industrie en 1968, ministre de l’Équipement de 1969 à 1972, président d’Elf-Aquitaine de 1977 à 1983, et ministre de la Justice de 1986 à 1988.
Décorations
- Légion d’honneur à titre militaire
- Croix de guerre 1939-1945
- Élevé à la dignité de grand-croix de la Légion d’honneur le 14 juillet 2009
Références bibliographiques
Le maquis de Lorris, préfacé par le commandant d’Aboville, Imprimerie Les Impressions Modernes, Briare. Cet ouvrage, destiné aux anciens du maquis, retrace les événements marquants de leur engagement dans la Résistance.
Le Gâtinais en Résistance – À l’est du Loiret au temps des maquis, par Liliane Brulez, préface de Georges O’Neill, Éditions Corsaire, Orléans, 2024. Ce livre offre une perspective détaillée sur les actions des maquis dans le Gâtinais, mettant en lumière les événements du 14 août 1944.
Les Sangliers sortent du bois, par le Club Résistance du collège Geneviève de Gaulle-Anthonioz des Bordes, Éditions Corsaire. Un roman illustré basé sur des témoignages de maquisards, réalisé par des élèves pour transmettre la mémoire de la Résistance.
Références internet
Le maquis de Lorris : https://maquisdelorris.fr/resistance Site dédié à l’histoire du maquis, avec des témoignages, des documents d’archives et des informations sur les lieux de mémoire.
Maitron des Fusillés : https://fusilles-40-44.maitron.fr/spip.php?article203036 Article détaillé sur l’attaque du 14 août 1944, avec des informations sur les victimes et les circonstances des événements.
Musée de Lorris : https://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/musee-departemental-de-la-resistance-et-de-la-deportation-de-lorris Présentation du musée, de ses expositions et des événements commémoratifs organisés en hommage aux résistants.
