La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

CARTAN Louis François

Louis François CARTAN, né le 19 décembre 1909 à Paris (15e arr.), mort le 3 décembre 1943 à la prison de Wolfenbüttel (Allemagne), Français

Fils du mathématicien Élie Cartan et frère d’Henri et Jean Cartan, Louis Cartan se forme à la physique. Docteur en 1937 (spectrographie de masse), chargé de recherches en 1938, il devient maître de conférences à la Faculté des sciences de Poitiers en 1939. Il travaille parallèlement dans le laboratoire de physique théorique de Louis de Broglie.

Après l’armistice de juin 1940, il choisit l’action clandestine sur le sol occupé. Installé avec sa famille à Poitiers, il entre dans le réseau Renard. Scientifique reconnu, il met ses compétences au service de la sécurité documentaire du groupe et de la dissimulation d’informations sensibles.

Les dossiers de contexte institutionnels et les synthèses (FranceArchives, Maitron) confirment son appartenance et son rôle de premier plan.

Louis Renard lui confie de camoufler une liste d’une centaine de personnalités gaullistes et modérées, destinée à structurer l’action en cas de débarquement. Cartan « chiffre » et masque cette liste au moyen de formules chimiques parmi ses instruments de laboratoire.

Arrestation / évasion / déportation

Arrêté le 30 août 1942 dans la vague qui suit le décryptage de la « liste », il est détenu à Poitiers puis à Fresnes. Déporté « NN » à Hinzert en février 1943, transféré à la prison de Wolfenbüttel en avril, il est jugé en octobre 1943 par une chambre du Volksgerichtshof spécialement déplacée.

Condamné à mort avec neuf camarades (Théodore Lefebvre, Louis Renard, Louis Toussaint, Pierre Pestureau, Aimé Lambert, Jacques Moreau, Jacques Levrault, Clément Péruchon, Paul Préaux), il est guillotiné le 3 décembre 1943.

Camarades de combat

Au cœur du « procès de Wolfenbüttel » : Louis Renard, Théodore Lefebvre, Louis Toussaint, Pierre Pestureau, Aimé Lambert, Jacques Moreau, Jacques Levrault, Clément Péruchon, Paul Préaux. Leur exécution commune le 3 décembre 1943 est abondamment documentée par les synthèses et la mémoire locale.

Décorations

  • Croix de guerre 1939-1945 avec palme : mentionnée par le Maitron (à confirmer par JO/Gallica ou archives SHD). Fusillés 40-44

Lieux de mémoire

Plaques du cimetière de Chilvert à Poitiers (monument au réseau Renard, stèle « Louis Cartan » aux côtés de Renard, Toussaint, Pestureau, etc.). Mention sur des pages de référence locales explicitant l’iconographie du monument.

Références bibliographiques

  • La Chute du réseau Renard, Poitiers 1942, Jean-Henri Calmon, Geste éditions, 2013. Enquête archivistique et prosopographique de référence ; détaille la structuration du réseau, les arrestations de 1942, les transferts Hinzert/Wolfenbüttel et le procès d’octobre 1943.
  • À la mémoire de quinze savants français lauréats de l’Institut assassinés par les Allemands, Maurice de Broglie, André Léauté, Jean Thibaud, Académie des sciences, 1945-1946. Hommages et notices sur des savants exécutés, dont Louis Cartan ; éclaire le retentissement de sa mort dans le milieu scientifique.
  • L’« authentique héros » de Poitiers (dans Universités : la liberté pour tradition, Éditions de la Sorbonne)_, 2020.* Chapitre analysant la place de Louis Cartan dans les mémoires universitaires de guerre ; recontextualise son parcours au croisement des réseaux scientifiques et résistants.

Références internet

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