La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

CALLOUD René

René CALLOUD, né le 1er juillet 1907 à Chambéry (Savoie), mort le 11 janvier 1979 à Paris (14e arrondissement)

Issu de Chambéry, René Calloud suit une formation d’ingénieur des Travaux publics de l’État. Officier de réserve ayant servi dans l’arme blindée, il est démobilisé en 1940. Son profil d’ingénieur TPE et de cadre technique conditionne par la suite son rôle d’organisateur et de planificateur militaire dans la Résistance ardéchoise.

À l’été 1940, il rencontre le général d’aviation Gabriel Cochet, qui prône la constitution de groupes de renseignement et de défense. Le 13 octobre 1940, à Bourg-Saint-Andéol (Ardèche), Calloud impulse une réunion préparatoire à la mise sur pied d’une première formation de Résistance.

Début 1941, il coopère avec le Belge Louis Govers, réfugié à Privas et animateur du réseau « Sabot ». Lors de l’arrestation des époux Govers le 29 septembre 1943, Calloud, malade, passe temporairement le relais à Pierre Lavéry.

Rétabli, il reprend l’animation des services de renseignement du secteur de Privas (Armée secrète). Prévenu le 12 mars 1944 d’une arrestation imminente par la Gestapo et la Milice, il échappe de peu au coup de filet et bascule dans la clandestinité totale.

René Calloud appartient d’abord au groupe initié autour du général Cochet (réseau de renseignement local) puis à l’Armée secrète (AS) dans l’Ardèche, avant de prendre, à partir de juillet 1944, la tête de l’état-major unifié des FFI du département (Région R1). Il coopère avec les FTPF par l’intermédiaire d’un état-major commun. Homologué FFI après-guerre ; dossier GR 16 P 101792 (index Mémoire des hommes).

Le 10 juillet 1944, les formations armées de la Résistance en Ardèche font appel à Calloud pour diriger l’état-major FFI unifié (installation à Antraigues).

Sous son autorité, les ordres écrits et la centralisation opérationnelle se mettent en place, améliorant l’articulation AS-FTPF.

S’inspirant des conseils de l’ingénieur-résistant Pierre Fournier, il opte pour une stratégie de harcèlement pour contraindre la garnison allemande à abandonner la préfecture.

La libération de Privas intervient le 12 août 1944 : l’une des premières préfectures libérées par la Résistance intérieure. Les unités ardéchoises poursuivent ensuite vers le nord de la vallée du Rhône et participent aux opérations de couverture de Lyon.

Après la libération, Calloud est appelé au 3e Bureau (opérations) à l’échelon régional FFI sous l’autorité du colonel Descour.

Arrestation / évasion / déportation

René Calloud n’est pas arrêté ; il déjoue, le 12 mars 1944, une tentative conjointe de la Gestapo et de la Milice, ce qui entraîne son passage en clandestinité renforcée jusqu’à l’été 1944.

Camarades de combat

Parmi ses principaux interlocuteurs et collaborateurs figurent

  • Louis GOVERS (réseau « Sabot »),
  • Pierre FOURNIER (ingénieur TPE, conseiller opérationnel),
  • Augustin OLLIER dit « Ravel » (chef FTPF, chef d’état-major adjoint FFI Ardèche), le DMD « Vanel » (Jean-Paul VAUCHERET, BCRA, mission « Pectoral »), ainsi que
  • le colonel Marcel DESC0UR (R1).

Ces noms apparaissent dans les récits de constitution de l’AS en Ardèche, les fonds d’archives départementaux et les synthèses de la Fondation de la Résistance.

Retour à la vie civile

Après la Libération, Calloud est intégré à l’armée régulière : promu chef de bataillon (été 1944), il est ensuite affecté à des fonctions techniques (génie/27e DIA mentionnée par la littérature mémorielle), puis revient à sa carrière d’ingénieur de l’État.

Il exerce des responsabilités de direction dans l’administration des Travaux publics/Équipement (notamment à Marseille au niveau régional, puis directeur départemental de la Construction de l’Oise au début des années 1960), avant de se retirer en région parisienne où il décède en 1979.

Ces éléments sont repris par la notice de la Fondation de la Résistance et des dossiers de contexte (archives et presse locale).

Décorations

  • Médaille de la Résistance par décret du 31 Mars 1947
  • Légion d’honneur promotion au grade d’officier

À la date de vérification, aucune référence nominative au Journal officiel/Légifrance ni dossier numérisé dans la Base Léonore n’a été retrouvée ; statut à confirmer dans les fonds de la Grande Chancellerie ou par consultation du dossier individuel. Aucune mention officielle repérée pour une Médaille de la Résistance ou une Croix de guerre au nom de René Calloud dans les bases publiques consultées.

Lieux de mémoire

Un jalon mémoriel majeur est la plaque de Bourg-Saint-Andéol rappelant la réunion du 13 octobre 1940 liée à l’impulsion de René Calloud et au démarrage de l’organisation ardéchoise. Le Musée départemental de la Résistance en Ardèche (Le Teil) conserve et valorise des documents d’époque rappelant son rôle de chef de l’état-major FFI de l’Ardèche et la libération de Privas.

Références bibliographiques

  • L’Ardèche dans la guerre 1939-1945, Pierre Bonnaud, De Borée, 2017. Synthèse nourrie d’archives publiques et privées sur l’Occupation, les réseaux et maquis ardéchois, la libération de Privas et la structuration FFI en 1944. L’ouvrage offre un cadre chronologique et prosopographique utile pour situer l’action de René Calloud dans l’appareil FFI départemental.
  • Résistance et Libération en Ardèche. Actes du colloque de Privas, 18 juin 1994, Mémoire d’Ardèche et Temps Présent (dir.), 1994. Recueil de communications scientifiques et de témoignages portant sur les étapes de la Résistance ardéchoise, la bataille du Cheylard, l’organisation de l’état-major FFI et la libération de Privas ; plusieurs contributions documentent le rôle de Calloud.
  • La Résistance en Ardèche (CD-ROM), AERI/Fondation de la Résistance, 2004. Base documentaire conçue par Michel Rigaud, avec notices biographiques (dont celle de René Calloud), cartes, documents et iconographie ; instrument de travail pour vérifier les itinéraires militants et l’armature FFI (R1) au niveau départemental.

Références internet

Attention : divergence relevée sur l’état civil. Le Musée de la Résistance en ligne indique le 1er octobre 1907, tandis que Mémoire des hommes (cote GR 16 P 101792, index) et les fichiers INSEE reprennent le 1er juillet 1907 ; nous retenons cette dernière date, recoupée par la notice « Français Libres ». Une divergence existe aussi sur l’année de décès (1974/1979) ; les données INSEE et « Français Libres » confirment 1979.

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