La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

BROWN Magda

Magda BROWN, née 11 juin 1927 à Miskolc (Hongrie), décédée 7 juillet 2020 (Chicago, États-Unis).

Magda Perlstein grandit dans une famille juive aimante à Miskolc, Hongrie. Élève modèle, elle passa son diplôme de fin de cycle début 1940.

Déportée à Auschwitz-Birkenau le 11 juin 1944, jour de ses 17 ans, Magda y perdit sa famille lors de la sélection initiale.

La sélection initiale dans un camp comme Auschwitz-Birkenau désignait le processus par lequel les SS, dès l’arrivée d’un convoi, décidaient du sort immédiat de chaque déporté.

À l’arrivée, les déportés étaient forcés de descendre des wagons de marchandises, souvent après plusieurs jours de voyage dans des conditions inhumaines. Sur la rampe, ils passaient devant un officier SS (parfois accompagné de médecins SS) qui, d’un geste ou d’un mot, les orientait vers deux directions :

  1. Affectation au travail forcé

Les personnes jugées « apt(e)s » — généralement jeunes, robustes ou ayant une profession utile (ouvrier, artisan qualifié, etc.) — étaient envoyées dans le camp pour être exploitées comme main-d’œuvre. Leur survie restait précaire, mais elles échappaient à la mort immédiate.

  • Exécution immédiate

Les personnes jugées « inaptes » — enfants, personnes âgées, malades, femmes enceintes, ou jugées trop faibles — étaient envoyées directement vers les chambres à gaz. Ce processus pouvait durer seulement quelques minutes après l’arrivée au camp.

Dans le cas de Magda Brown, lors de son arrivée à Auschwitz le 11 juin 1944, elle a été séparée de ses parents et d’une grande partie de sa famille lors de cette sélection : ses parents furent envoyés vers les chambres à gaz, tandis qu’elle-même fut affectée au travail forcé, ce qui lui permit de survivre.

En août 1944, elle est transférée au sous-camp de Münchmühle (Allendorf, Hesse), où elle travaille d’arrache-pied dans la fabrication de munitions dans des conditions toxiques, provoquant de graves lésions physiques à de nombreuses femmes.

Évasion et libération

Fin mars 1945, lors de l’évacuation du camp vers Buchenwald, Magda s’évade avec plusieurs détenues. Elles rampèrent sur le sol gelé pour gagner une grange voisine, où elles restèrent cachées dans la paille pendant un jour et demi, conscientes qu’elles risquaient la mort si elles étaient découvertes.

Au bout de cette période, deux soldats de la 6ᵉ division blindée américaine les découvrirent et les libérèrent.

Magda a exprimé sa reconnaissance pour ces “deux beaux GIs” dans l’une de ses interviews, soulignant la sensation de délivrance qu’ils ont incarnée.

Retour à la vie civile

Après la guerre, elle séjourne six mois dans un camp pour personnes déplacées en Allemagne, puis émigre aux États-Unis en septembre 1946, grâce à l’aide de membres de sa famille installés à Chicago.

Carrière et témoignage

À Chicago, Magda travaille comme assistante médicale. Elle devient une oratrice engagée, partageant son histoire dans des écoles, universités et organisations pour promouvoir la tolérance et la mémoire de l’Holocauste.

Références Bibliographiques

Aucun ouvrage n’a été identifié parmi les sources consultées.

Références Internet

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