Brigade Marseillaise (F.T.P.F., Rhône)
La Brigade Marseillaise des Francs-tireurs et partisans français est attestée dans le département du Rhône au sein de l’organisation FTPF de la région lyonnaise (R1).
Sa constitution relève d’une montée en puissance des unités FTP issues notamment du « bataillon 14 Juillet » actif dans le Beaujolais et l’ouest lyonnais ; des réorganisations de l’été 1944 font apparaître des composantes explicitement intitulées « Brigade Marseillaise » dans les inventaires d’archives (compagnies, bataillons et service de santé).
Ce déploiement s’inscrit dans le contexte de l’unification FFI de juin-juillet 1944 et de la préparation de la Libération de Lyon et de sa banlieue entre fin août et début septembre 1944.
Organisation interne
L’existence structurée de la Brigade Marseillaise dans le Rhône est confirmée par les inventaires de la sous-série GR 19 P consacrée aux unités FFI-FTPF : y figurent la « Brigade Marseillaise, 4e Compagnie » et la « Brigade Marseillaise, 5e Compagnie », un « 2e bataillon » (ex-3e compagnie du bataillon 14 Juillet), un « Bataillon Marseillaise 89 » (3e bataillon) ainsi qu’un « Service de santé de la brigade Marseillaise ».
Le « 4e bataillon – bataillon Vauxrenard » apparaît en voisinage immédiat, montrant l’articulation territoriale de l’ensemble FTP dans le département.
Cette nomenclature atteste un état-major, des bataillons et compagnies, et une logistique sanitaire propres.
Les dossiers sont décrits sous les cotes GR/19/P/69-25 à 31, 28 à 30 et 41, permettant d’identifier l’ancrage départemental et la filiation avec le bataillon 14 Juillet.
Actions menées pendant la Résistance
Les archives et fonds lyonnais décrivent, pour la fin d’août 1944, des opérations coordonnées des FFI et des formations FTP de l’ouest lyonnais et de la banlieue sud, notamment les combats d’Oullins le 29 août 1944, au cours desquels des unités FTP venues de l’Azergues et de la région beaujolaise dressent des barricades et s’opposent aux troupes allemandes en repli avant l’entrée à Lyon des éléments alliés et FFI.
Si les inventaires nominaux n’assignent pas, au niveau de la fiche, telle compagnie précise de la Brigade Marseillaise à chaque accrochage, la présence et l’engagement des bataillons et compagnies FTP du Rhône dans ces combats de fin août-début septembre sont bien documentés par les Archives du Rhône et par la littérature locale.
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
La Brigade Marseillaise du Rhône appartient organiquement aux FTPF et, à l’été 1944, est intégrée au dispositif FFI régional (R1) sous l’autorité militaire FFI.
Les sources montrent la coexistence et la coordination, au moment de la Libération, avec l’Armée secrète et d’autres formations (ORA, corps francs, FUJP, UJRE, etc.), dans le cadre des FFI et des comités départementaux de libération.
Les fonds du CHRD et les actes de colloque de l’Ordre de la Libération sur Lyon en 1944 éclairent la chaîne de commandement FFI (notamment autour d’Alban Vistel et de Raymond Basset dit « Mary ») au sein de laquelle s’insèrent les formations FTP du département.
Chefs et figures marquantes
Cette notice confirme l’emploi exact de l’intitulé de l’unité et l’appartenance géographique.
D’autres biographies locales et départementales mettent en évidence des cadres FTP du Beaujolais et de la banlieue lyonnaise, sans toujours préciser l’échelon (compagnie/bataillon) de la Brigade pour chaque intéressé.
Victimes / morts
Les combats de la fin d’août 1944 dans la banlieue lyonnaise, et notamment à Oullins, coûtent des pertes aux formations FTP engagées contre les colonnes allemandes en repli ; les sources locales et les Archives du Rhône en conservent les récits et la mémoire.
L’attribution nominative de chaque tué à telle compagnie de la Brigade Marseillaise n’apparaît pas systématiquement dans les inventaires consultés .
Survivants identifiés
Des combattants de la Brigade Marseillaise, dont Igino CICUTO, voient leurs services homologués après la Libération, comme en atteste le Maitron.
Les parcours de survivants, souvent mêlés ensuite à l’amalgame FFI puis à l’armée régulière ou au retour à la vie civile, sont à rechercher dans les dossiers nominaux des archives départementales et nationales mentionnés ci-dessous.
À l’automne 1944, l’ensemble FTP-FFI du Rhône est intégré dans les cadres réguliers au terme de l’amalgame, les unités territoriales étant dissoutes ou transformées en régiments de marche.
Les mentions de « régiment » ou « demi-brigade La Marseillaise » sont attestées dans les dossiers de la sous-série 13 P (Études générales Résistance), témoignant de l’évolution des appellations au moment de l’amalgame et de la structuration post-libération.
Conséquences et mémoire
Sur le plan local, la participation des FTP du Rhône, dont les bataillons de la Brigade Marseillaise, aux combats de fin août-début septembre 1944 a contribué à la libération de l’agglomération.
La mémoire de ces engagements est entretenue par les institutions lyonnaises et départementales, notamment le CHRD qui conserve de nombreux fonds sur la presse clandestine (« La Marseillaise », juin-août 1944), les ordres de mouvement et comptes rendus d’opérations FFI-FTPF, ainsi que par les Archives du Rhône qui publient guides et notices sur la période et sur les combats d’Oullins.
Références bibliographiques
- La nuit sans ombre. Histoire des Mouvements unis de Résistance. Leur rôle dans la libération du Sud-Est, Alban Vistel, Presses universitaires de Rennes (rééd. et études critiques en ligne), 2016 (éd. orig. 1970). Ouvrage de référence sur l’organisation de la Résistance dans la région lyonnaise et sur les opérations de la Libération ; utile pour situer la place des FTP dans le dispositif FFI (R1) et l’articulation avec l’autorité FFI.
- La Résistance à Lyon (1940-1944), sous la dir. de Bruno Benoit et al., Presses universitaires de Rennes, 2014. Synthèse scientifique sur les acteurs et structures lyonnaises, incluant les FTPF et l’amalgame FFI à l’été 1944 ; permet de contextualiser les combats de fin août-début septembre 1944.
- Le combat d’Oullins, 29 août 1944, René Laplace, Éditions L’Hermès, 1977. Récit circonstancié des combats d’Oullins et de la participation des unités FTP de la région lyonnaise ; éclaire le rôle des formations issues du Beaujolais et de la banlieue sud dans la manœuvre de Libération.
Références internet
- Musée de la Résistance en ligne – Sous-série GR 19 P, répertoire des maquis. Inventaire national des unités FFI/FTPF département par département ; pour le Rhône, atteste l’existence de la « Brigade Marseillaise » (compagnies, 2e bataillon, Bataillon « Marseillaise 89 », service de santé) et les liens avec le bataillon 14 Juillet. https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/192.pdf
- Service historique de la Défense – Résistance : répertoire des maquis (GR 19 P, Rhône). Pages de l’inventaire en ligne confirmant les cotes et intitulés « Brigade Marseillaise, 2e bataillon », « Bataillon Marseillaise 89, 3e bataillon », « Service de santé de la brigade Marseillaise ». https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/ark/1446458
- Maitron – Dictionnaire biographique, Le Maitron (Fusillés et exécutés 1940-1944) : CICUTO Igino, Luigi, dit Eugène. Notice attestant l’appartenance au « 2e bataillon de la Brigade “Marseillaise” de F.T.P.F. du Rhône » et l’homologation des services ; confirme l’intitulé exact et l’ancrage départemental.: https://fusilles-40-44.maitron.fr/cicuto-igino-luigi-dit-eugene/
- CHRD – Portail des collections (fonds Louis Challéat). Dossiers et imprimés clandestins lyonnais, notamment numéros de « La Marseillaise » de juin et août 1944, ordres de mouvement FTPF et comptes rendus d’opérations dans le secteur III (Tarare), utiles pour contextualiser l’action des unités FTP du Rhône.
- https://collections.chrd.lyon.fr/Detail/objects/12896
- Archives du Rhône – Le combat d’Oullins, 29 août 1944. Notice d’archives (fonds Laplace) documentant les combats de la banlieue sud ; renvoie à la bibliographie locale. https://archives.rhone.fr/ark%3A/28729/g20hw8bzlm6k
- Avertissements méthodologiques et homonymies Attention à ne pas confondre la Brigade Marseillaise FTP du Rhône avec des unités homonymes ou avec des intitulés postérieurs au moment de l’amalgame (dénomination en « demi-brigade » ou « régiment La Marseillaise » relevée dans la sous-série 13 P).
- Les sources locales emploient également « bataillon 14 Juillet » et « Vauxrenard » ; les inventaires GR 19 P permettent d’établir la filiation interne.
- Les attributions d’actions à l’échelle de la compagnie ou du bataillon de la Brigade nécessitent, au-delà des inventaires, la consultation des dossiers détaillés des cotes GR 19 P/69-25 à 31, 28 à 30 et 41, et des archives opérationnelles FFI du secteur.