André Eugène Ernest BERGERET, né le 15 avril 1904 à Paris, mort le 26 décembre 1966 à Paris, Français, officier de la marine marchande puis des Forces navales françaises libres, commandant de la corvette Roselys et de la frégate Croix de Lorraine, capitaine de frégate pendant la guerre puis capitaine de vaisseau de réserve, Compagnon de la Libération par décret du 12 juin 1945. La forme complète de son identité est également donnée par la base des Français libres.
Jeunesse et formation
Fils d’un ingénieur, André Bergeret s’oriente très tôt vers la marine. Il suit les cours de la Marine marchande puis embarque, en octobre 1923, sur le navire-école Jacques Cartier. Il effectue son service militaire dans la Marine nationale de novembre 1924 à juin 1926. À l’issue de celui-ci, il entre aux Messageries maritimes comme lieutenant stagiaire.
Il obtient le brevet de capitaine au long cours en 1930. Au moment de l’armistice de juin 1940, il est lieutenant de 1re classe à bord du paquebot Président Doumer, des Messageries maritimes, alors en Extrême-Orient.
Engagement dans la Résistance
En juillet 1940, le Président Doumer est réquisitionné à Port-Saïd, en Égypte, par les Britanniques. Bergeret choisit de demeurer à bord et signe son engagement dans les Forces françaises libres. Sa fiche nominative des Français libres situe également son engagement en Égypte en juillet 1940 et son affectation principale aux FNFL.
Son parcours relève donc de la Résistance extérieure et, plus précisément, des Forces navales françaises libres. Il ne s’agit pas d’une activité clandestine au sein d’un réseau métropolitain, mais d’un engagement militaire continu au service de la France libre.
Appartenance à un réseau ou mouvement
L’Ordre de la Libération associe André Bergeret à trois formations ou affectations : la corvette Roselys, l’état-major et la frégate Croix de Lorraine.
Après une première période de navigation en Méditerranée avec un équipage franco-britannique, il reçoit en octobre 1941, avec le grade de lieutenant de vaisseau, le commandement de la corvette Roselys. Cette unité des FNFL est affectée aux difficiles missions d’escorte des convois de l’Atlantique Nord. La Fondation de la France Libre précise que la Roselys, admise au service actif le 19 septembre 1941 sous son commandement, est rattachée après entraînement aux forces d’escorte de la Clyde.
Le 1er juin 1942, Bergeret devient capitaine de corvette à titre temporaire et prend simultanément le commandement de la 1re Division de corvettes FNFL, basée à Greenock, tout en conservant le commandement opérationnel de la Roselys.
Missions et actions
D’octobre 1941 au début de 1942, Bergeret commande la Roselys dans les missions d’escorte entre le Royaume-Uni et l’Islande. Le 26 janvier 1942, au cours d’une attaque sous-marine, la corvette éperonne un U-Boot apparu en surface et l’endommage sérieusement avant que celui-ci ne replonge. L’abordage arrache le dôme Asdic de la corvette, qui doit être réparée au début de février.
La Roselys participe ensuite aux convois arctiques. Du 16 au 30 mai 1942, elle escorte le convoi PQ 16, composé de dizaines de bâtiments faisant route vers l’Union soviétique et Mourmansk.
L’action la plus marquante de Bergeret se déroule au retour de Russie, dans la nuit du 4 au 5 juillet 1942, lors du convoi QP 13. Une partie du convoi pénètre accidentellement dans un champ de mines. Plusieurs bâtiments sont détruits ou gravement endommagés. Bergeret engage la Roselys dans la zone dangereuse pour recueillir les naufragés.
Les sources divergent légèrement sur le nombre exact de rescapés : la biographie actuelle de l’Ordre de la Libération indique 176 naufragés, tandis que l’histoire de la Roselys publiée par la Fondation de la France Libre et plusieurs récits dérivés indiquent 179 survivants. L’existence et l’importance du sauvetage ne sont en revanche pas contestées.
Son comportement pendant les opérations de l’Atlantique et de l’Arctique lui vaut notamment la Distinguished Service Cross britannique. Il devient également le premier officier étranger à recevoir la croix d’officier de la Legion of Merit américaine selon la notice institutionnelle de l’Ordre.
Promu capitaine de corvette à titre définitif en avril 1943, il quitte la Roselys au début de 1944 pour devenir sous-chef d’état-major des FNFL. En septembre 1944, il reprend un commandement à la mer à bord de la frégate Croix de Lorraine, avec laquelle il effectue des patrouilles dans la Manche.
En avril 1945, après cinquante mois de navigation en opérations selon l’Ordre de la Libération, Bergeret est promu capitaine de frégate. Le général de Gaulle lui remet personnellement la Croix de la Libération à Paris le 18 juin 1945.
Arrestation / évasion / déportation
André Bergeret n’a été ni arrêté, ni interné, ni déporté au cours de la Seconde Guerre mondiale dans les sources consultées.
Son engagement dans la Résistance prend la forme d’un ralliement aux Forces françaises libres dès juillet 1940, puis d’un service opérationnel presque continu dans les FNFL, principalement dans la bataille de l’Atlantique et les convois arctiques.
Camarades de combat
Le parcours de Bergeret est indissociable des équipages de la Roselys. La documentation relative à la corvette mentionne notamment les enseignes de vaisseau Petrochilo et Philippon ainsi que plusieurs marins distingués pour leur comportement. Le futur amiral François Flohic sert également à bord de la Roselys sous les ordres de Bergeret et participe avec elle à la bataille de l’Atlantique et au convoi PQ 16.
Il convient néanmoins de ne pas transformer l’appartenance au même équipage en relation personnelle lorsque celle-ci n’est pas documentée. La communauté de combat à bord de la Roselys est, elle, directement établie.
Retour à la vie civile
Après la guerre, Bergeret demeure quelque temps au service de la Marine : il sert au 2e Bureau de l’état-major général de la Marine, puis au cabinet du ministre des Travaux publics Jules Moch. Il retourne ensuite aux Messageries maritimes comme capitaine de 1re classe.
Après un séjour en Indochine de 1948 à 1950, il commande différents bâtiments des Messageries maritimes. En 1959, il est nommé inspecteur de la navigation de la compagnie. Il atteint par ailleurs le grade de capitaine de vaisseau de réserve.
André Bergeret meurt à Paris le 26 décembre 1966, à soixante-deux ans. Il est inhumé à Neuilly-sur-Seine.
Décorations
Commandeur de la Légion d’honneur. Source : Ordre de la Libération. Le grade de commandeur est expressément attesté par la notice institutionnelle. La date du décret n’a pas été établie avec suffisamment de certitude dans les sources numériques directement vérifiées.
Compagnon de la Libération. Source : Ordre de la Libération. Attribution par décret du 12 juin 1945. Le fonds 1 A 80 conserve le mémoire de proposition de 1945 et l’ampliation datée du 14 juin 1945 du décret du 12 juin.
Croix de guerre 1939-1945 avec quatre citations. Source : Ordre de la Libération. La décoration et le nombre de quatre citations sont expressément attestés. Le fonds 1 A 80 conserve plusieurs copies de citations de 1942.
Officier du Mérite maritime. Source : Ordre de la Libération. Le grade d’officier est expressément attesté par la notice institutionnelle.
Officier du Mérite touristique. Source : Ordre de la Libération. Le grade d’officier est expressément attesté par la notice institutionnelle.
Médaille de Sauvetage. Source : Ordre de la Libération. La distinction figure explicitement parmi les décorations de Bergeret. Sa classe et sa date d’attribution n’ont pas été établies avec suffisamment de certitude.
Distinguished Service Cross (Royaume-Uni). Source : Ordre de la Libération. La décoration britannique est expressément attestée ; la documentation relative à la Roselys l’associe aux opérations conduites par Bergeret avec cette corvette.
Officer of the Legion of Merit (États-Unis). Source : Ordre de la Libération. Le grade d’officier est expressément attesté. La notice institutionnelle précise que Bergeret fut le premier étranger à recevoir cette distinction, à la suite de son action lors du sauvetage du convoi arctique de juillet 1942.
Lieux de mémoire
Port-Saïd constitue le lieu décisif de son ralliement : c’est là qu’en juillet 1940 Bergeret choisit de demeurer à bord du Président Doumer réquisitionné par les Britanniques et de s’engager dans les Forces françaises libres.
Greenock, en Écosse, est étroitement associé à son commandement naval : la 1re Division de corvettes FNFL dont il prend la tête le 1er juin 1942 y est basée. L’Atlantique Nord, l’Islande et la route maritime de Mourmansk constituent ensuite les principaux espaces de ses opérations avec la Roselys.
Paris est à la fois sa ville natale, le lieu où de Gaulle lui remet la Croix de la Libération le 18 juin 1945 et celui de son décès en 1966. Il est inhumé au cimetière ancien de Neuilly-sur-Seine.
L’Ordre de la Libération conserve en outre son dossier de Compagnon sous la cote 1 A 80, comprenant notamment le mémoire de proposition à la Croix de la Libération, l’ampliation du décret, des fiches de renseignements, des correspondances et plusieurs copies de pièces militaires.
Références bibliographiques
Les Cargos massacrés : convois vers l’URSS, Georges Blond, Paris, Arthème Fayard, 1950. Ouvrage consacré aux convois arctiques vers l’Union soviétique. Il permet de replacer la Roselys et les opérations de Bergeret dans l’histoire particulièrement meurtrière des convois de Mourmansk.
1061 Compagnons : histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe Notin, Paris, Perrin, 2000, 822 p. Ouvrage général permettant de replacer André Bergeret dans l’ensemble des parcours des Compagnons de la Libération.
Les Compagnons de l’Aube, Guillaume Piketty, Paris, Textuel, 2014, 442 p. Étude générale utile pour replacer son ralliement de juillet 1940 dans l’histoire des premiers engagements de la France libre.
Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir Trouplin, Paris, Éditions Elytis, 2023. Référence biographique récente permettant de confronter le parcours individuel aux fonds conservés par l’Ordre de la Libération.
Références internet
Ordre de la Libération — Notice institutionnelle d’André Bergeret, source principale pour sa formation maritime, son ralliement, ses commandements dans les FNFL, les convois arctiques, son parcours après 1945 et ses décorations. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/andre-bergeret
Ordre de la Libération — Archives des Compagnons, lettre B — Répertoire archivistique décrivant le dossier 1 A 80 d’André Bergeret et les copies de documents militaires qui y sont conservées. https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_B_20250923_0.pdf
Fondation de la France Libre — Étude consacrée aux corvettes françaises libres dans l’Atlantique Nord, particulièrement utile pour préciser les opérations de la Roselys, l’attaque de janvier 1942 et les convois vers l’Union soviétique. https://www.france-libre.net/corvettes-ffl-atlantique-nord/
Françaislibres.net — Fiche nominative d’André Eugène Ernest Bergeret, utilisée comme source complémentaire pour son identité complète, son engagement en Égypte et l’identification du dossier administratif GR 16 P 49851. https://www.francaislibres.net/liste/fiche.php?index=54883
Wikipédia — Notice développée consultée conformément au protocole et confrontée aux sources institutionnelles. https://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Bergeret
Dossier d’homologation consulté
Service historique de la Défense — GR 16 P 49851, BERGERET André Eugène Ernest. Cette cote est donnée par la fiche nominative des Français libres.
Le fonds de l’Ordre de la Libération fournit un second ancrage archivistique particulièrement solide. Le dossier 1 A 80 — BERGERET André contient notamment le mémoire de proposition à la Croix de la Libération, l’ampliation du décret du 12 juin 1945, deux fiches de renseignements, huit pièces de correspondance et des copies de documents du SHD : citations de 1942, avis de promotion à la tête de la 1re Division de corvettes, avis de promotion au grade de capitaine de corvette de réserve et ordre particulier de 1943.
Le dossier original GR 16 P 49851 n’a pas été matériellement dépouillé pièce par pièce pour la présente notice. Sa cote a été identifiée dans la documentation nominative disponible ; les copies de pièces militaires décrites dans le fonds 1 A 80 apportent un contrôle archivistique supplémentaire, sans autoriser à présenter le dossier physique du SHD comme directement consulté.
Observations
Une divergence d’état civil apparaît sur le jour de naissance. Le cartouche actuel de l’Ordre de la Libération affiche 14 avril 1904, tandis que le texte même de la biographie donne 15 avril 1904. La fiche nominative des Français libres donne également le 15 avril 1904, à Paris 11e. Cette dernière date est donc retenue, avec maintien explicite de la divergence.
Une seconde divergence concerne le nombre de naufragés recueillis lors du drame du convoi QP 13 : 176 dans la biographie actuelle de l’Ordre de la Libération, 179 dans la documentation historique consacrée à la Roselys. Il n’est pas possible, sans retour au rapport de mer original, de trancher définitivement entre ces deux chiffres.
L’homonymie a été contrôlée. Les prénoms complets André Eugène Ernest, la naissance à Paris en avril 1904, l’engagement dans les FNFL en Égypte et les affectations Président Doumer, Roselys et Croix de Lorraine permettent d’identifier sans ambiguïté le Compagnon de la Libération.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A : La notice repose sur plusieurs sources concordantes, dont la biographie institutionnelle de l’Ordre de la Libération, le répertoire archivistique du fonds 1 A 80, la documentation historique de la Fondation de la France Libre et une fiche nominative permettant d’identifier le dossier GR 16 P 49851. Les principales étapes du parcours — carrière dans la marine marchande, ralliement à Port-Saïd, commandement de la Roselys, bataille de l’Atlantique, convois arctiques, sauvetage de juillet 1942, commandement de la 1re Division de corvettes, passage à l’état-major des FNFL et commandement de la Croix de Lorraine — sont solidement établies. Deux divergences mineures sont maintenues : le 14 ou le 15 avril pour la naissance, et 176 ou 179 pour le nombre de rescapés du convoi QP 13.
Chronologie
| Date | Événement |
|---|---|
| 15 avril 1904 | Naissance à Paris ; le cartouche actuel de l’Ordre affiche toutefois le 14 avril. |
| Octobre 1923 | Embarque sur le navire-école Jacques Cartier. |
| Novembre 1924-juin 1926 | Service militaire dans la Marine nationale. |
| 1926 | Entre aux Messageries maritimes comme lieutenant stagiaire. |
| 1930 | Devient capitaine au long cours. |
| Juin 1940 | Sert sur le Président Doumer. |
| Juillet 1940 | À Port-Saïd, choisit la France libre et s’engage dans les FFL/FNFL. |
| Octobre 1941 | Prend le commandement de la corvette Roselys. |
| 26 janvier 1942 | La Roselys éperonne et endommage un U-Boot. |
| 16-30 mai 1942 | Escorte le convoi PQ 16 vers l’Union soviétique. |
| 1er juin 1942 | Capitaine de corvette à titre temporaire ; prend le commandement de la 1re Division de corvettes FNFL. |
| 5 juillet 1942 | Sauvetage des naufragés du convoi QP 13 dans un champ de mines. |
| Avril 1943 | Capitaine de corvette à titre définitif. |
| Début 1944 | Quitte la Roselys et devient sous-chef d’état-major des FNFL. |
| Septembre 1944 | Prend le commandement de la frégate Croix de Lorraine. |
| Avril 1945 | Promu capitaine de frégate. |
| 12 juin 1945 | Nommé Compagnon de la Libération. |
| 18 juin 1945 | Reçoit la Croix de la Libération des mains du général de Gaulle à Paris. |
| 1948-1950 | Sert en Indochine. |
| 1959 | Nommé inspecteur de la navigation aux Messageries maritimes. |
| 26 décembre 1966 | Décès à Paris. |
Tableau des divergences entre sources
| Élément | Source | Donnée | Appréciation |
|---|---|---|---|
| Date de naissance | Cartouche Ordre de la Libération | 14 avril 1904 | Divergence interne de la page institutionnelle. |
| Date de naissance | Corps de la biographie de l’Ordre | 15 avril 1904 | Concorde avec la fiche des Français libres ; date retenue. |
| Date de naissance | Françaislibres.net | 15 avril 1904 | Concordance en faveur du 15 avril. |
| Sauvetage du QP 13 | Ordre de la Libération | 176 naufragés | Chiffre institutionnel actuel. |
| Sauvetage du QP 13 | Fondation de la France Libre et documentation Roselys | 179 survivants | Divergence non résolue sans consultation du rapport de mer original. |
Sources consultées
Ordre de la Libération — Notice institutionnelle d’André Bergeret, utilisée pour l’état civil, la carrière maritime, le ralliement aux FFL, les commandements de la Roselys et de la Croix de Lorraine, les promotions, l’après-guerre et les décorations.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/andre-bergeret
Ordre de la Libération — Dossiers des Compagnons, lettre B — Instrument archivistique utilisé pour contrôler le dossier 1 A 80, le mémoire de proposition, l’ampliation du décret et les copies de pièces militaires.
https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_B_20250923_0.pdf
Fondation de la France Libre — Historique des corvettes françaises libres dans l’Atlantique Nord, utilisé pour préciser les opérations de la Roselys, l’éperonnage de janvier 1942 et les convois arctiques.
https://www.france-libre.net/corvettes-ffl-atlantique-nord/
Françaislibres.net — Fiche nominative d’André Eugène Ernest Bergeret, utilisée pour contrôler les prénoms complets, le 15 avril 1904, l’engagement en Égypte et la cote GR 16 P 49851.
https://www.francaislibres.net/liste/fiche.php?index=54883
Wikipédia — Notice développée consultée conformément au protocole et confrontée aux sources institutionnelles.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Bergeret