Georges Charles Jean Baptiste Joseph BAVIÈRE, né le 31 mars 1902 à Norrent-Fontes (Pas-de-Calais), mort le 5 décembre 1971 à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), Français, officier des troupes coloniales, Français libre, chef de bataillon puis lieutenant-colonel et colonel, Compagnon de la Libération par décret du 23 juin 1941. Le Service historique de la Défense confirme ses prénoms complets, sa date et son lieu de naissance sous la cote GR 16 P 39977.
Jeunesse et formation
Bachelier, Georges Bavière entre à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr en 1921. Il appartient à la promotion « de Metz et Strasbourg » et sort de l’École en 1924. Nommé sous-lieutenant en octobre de cette année, il est affecté en Algérie au 13e Régiment de tirailleurs sénégalais.
Promu lieutenant, il revient en métropole en août 1927, puis part pour Madagascar en février 1928. Rentré en France en août 1930, il sert au 12e Régiment de tirailleurs sénégalais. Devenu capitaine, il est affecté en juillet 1933 en Chine au 17e Régiment mixte d’infanterie coloniale. Rapatrié en juillet 1936, il rejoint l’Afrique-Équatoriale française l’année suivante.
En février 1939, il est affecté au Régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad. C’est avec cette formation qu’il se trouve en Afrique au moment de la défaite française de 1940.
Engagement dans la Résistance
À la fin d’août 1940, Georges Bavière rallie avec le Régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad les Forces françaises libres. Son engagement appartient donc à la Résistance extérieure et à la France libre.
Son dossier individuel du Service historique de la Défense, GR 16 P 39977, est enregistré comme homologué dans le répertoire de la sous-série consacrée aux dossiers de Résistance. Cette cote est également attestée par les copies conservées dans le fonds personnel de l’Ordre de la Libération.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Georges Bavière n’appartient pas à un réseau clandestin de Résistance intérieure. Son parcours relève des Forces françaises libres. L’Ordre de la Libération rattache son itinéraire au Bataillon de marche n° 3, au Bataillon de marche n° 11 et aux états-majors de la France libre.
Le BM 3 est commandé par Pierre Garbay pendant la campagne d’Érythrée. En 1942, Bavière reçoit provisoirement le commandement du BM 11, intégré avec le BM 3 et un bataillon de Légion étrangère à la 2e Brigade française libre. Il devient ensuite chef d’état-major de cette brigade.
Missions et actions
En février 1941, avec le BM 3 et la Brigade d’Orient, Georges Bavière participe à la campagne d’Érythrée. Son action la plus marquante intervient lors de l’attaque du fort de Kub Kub, les 21 et 22 février. Il commande le principal détachement d’attaque du bataillon. Grièvement blessé par balle, il continue néanmoins à diriger l’opération jusqu’à la prise de la position. Les Français font de nombreux prisonniers italiens et capturent quatre pièces d’artillerie. Cette action lui vaut une citation à l’ordre de l’Armée.
Sorti de l’hôpital le 31 mars 1941, il est promu chef de bataillon et participe en juin à la campagne de Syrie. Le 23 juin 1941, il est nommé Compagnon de la Libération. Les archives de l’Ordre conservent l’extrait du décret et deux courriers de juin 1941 relatifs à cette attribution.
En juillet 1941, Bavière devient chef d’état-major du territoire du Sud-Syrie. À partir du 26 mars 1942, il reçoit provisoirement le commandement du BM 11. Le bataillon est envoyé vers l’Égypte puis chargé, en mai 1942, de tenir le poste avancé de Djeraboub, en Libye, à une centaine de kilomètres au sud de Bir Hakeim.
En juillet 1942, il devient chef d’état-major de la 2e Brigade française libre. Il participe à la bataille d’El Alamein en octobre 1942 puis, au sein de la 1re Division française libre, à la campagne de Tunisie de 1943. Promu lieutenant-colonel, il joue par la préparation des opérations et la vigilance de son état-major un rôle important lors des combats de Takrouna. Une nouvelle citation à l’ordre de l’Armée lui est attribuée.
Il participe ensuite à la campagne d’Italie d’avril à juin 1944, puis débarque en Provence en août avec les forces françaises engagées dans la libération du territoire.
En octobre 1944, le colonel Bavière remplace temporairement le colonel Gardet à la tête de la 2e Brigade française libre, celui-ci ayant été appelé à Paris par le ministre de la Défense. Bavière exerce ce commandement jusqu’au retour de Gardet en janvier 1945.
Pendant les combats d’Alsace, dans des conditions hivernales et techniques particulièrement difficiles, il contribue aux opérations menées dans le secteur de Sélestat et sur l’Ill au moment de la contre-offensive allemande visant Strasbourg. Cette action lui vaut sa troisième citation à l’ordre de l’Armée. Les archives de l’Ordre conservent précisément trois pièces de citations provenant de son dossier SHD : un ordre général de 1941, un ordre de 1943 et un décret de 1945.
Arrestation / évasion / déportation
Aucune arrestation, évasion, captivité ou déportation de Georges Bavière n’est documentée dans les sources institutionnelles consultées.
Son parcours de guerre se déroule au sein des Forces françaises libres et des grandes unités combattantes de la France libre, de l’Afrique orientale jusqu’à l’Alsace.
Camarades de combat
Pierre Garbay est directement associé au parcours de Bavière : il commande le BM 3 pendant la campagne d’Érythrée et l’attaque de Kub Kub.
Les archives de l’Ordre montrent également que Georges Bavière appartient au groupe de Compagnons décorés à Qastina en 1941. Parmi eux figurent notamment Roger Allouès, Roger Barberot, Valentin Béhélo, Georges Catroux, Alfred Cazaud, François Garbit, Pierre Iehlé, Pierre Messmer, André Salvat et Jean Simon. Cette présence commune à la cérémonie est documentée, mais ne suffit pas à établir une relation personnelle étroite avec chacun d’eux.
Son commandement temporaire de la 2e Brigade française libre en 1944-1945 le place par ailleurs directement dans la chaîne de commandement de la 1re DFL. Le colonel Gardet est son prédécesseur et son successeur immédiat à la tête de la brigade.
Retour à la vie civile
Promu colonel, Georges Bavière quitte l’armée après la guerre. Il entre ensuite au ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme. De 1948 à 1956, il exerce les fonctions de commissaire à la reconstruction.
Les sources institutionnelles numériques consultées donnent peu d’informations sur sa carrière entre 1956 et sa mort. Il décède le 5 décembre 1971 à Boulogne-sur-Mer, à l’âge de soixante-neuf ans, et y est inhumé.
Décorations
Officier de la Légion d’honneur. Source : Ordre de la Libération. Le grade d’officier est expressément attesté par la notice institutionnelle. La date exacte de promotion n’a pas été établie avec suffisamment de certitude dans les sources institutionnelles numériques consultées.
Compagnon de la Libération. Source : Ordre de la Libération. Georges Bavière est nommé Compagnon par décret du 23 juin 1941. Le fonds 1 A 58 conserve un extrait du décret, deux courriers de juin 1941 et le reçu du diplôme établi en 1965.
Croix de guerre 1939-1945 avec trois citations. Source : Ordre de la Libération. Trois citations sont attestées. Le fonds 1 A 58 conserve notamment la copie d’un ordre général de 1941 portant citation à l’ordre de l’Armée, d’un ordre général de 1943 portant citation à l’ordre du Corps d’armée et d’un décret de 1945 portant citation à l’ordre de l’Armée.
Médaille de la Résistance française. Source : Ordre de la Libération. La décoration est expressément attestée. La date du décret d’attribution n’a pas été établie avec suffisamment de certitude dans les sources institutionnelles numériques consultées et n’est donc pas avancée ici.
Médaille coloniale avec agrafes « AFL », « Érythrée », « Libye », « Tunisie » et « Libération ». Source : Ordre de la Libération. La médaille et ces cinq agrafes sont expressément indiquées dans la notice institutionnelle.
Distinguished Service Order (Royaume-Uni). Source : Ordre de la Libération. Cette décoration britannique est expressément attestée. La date de son attribution n’a pas été établie avec suffisamment de certitude dans les sources numériques consultées.
Mention in Despatches (Royaume-Uni). Source : Ordre de la Libération. La distinction britannique est expressément attestée. La date et le texte précis de la mention restent à contrôler dans les archives britanniques.
Lieux de mémoire
Norrent-Fontes, dans le Pas-de-Calais, est le lieu de naissance de Georges Bavière. L’École spéciale militaire de Saint-Cyr est liée à sa formation d’officier entre 1921 et 1924.
Kub Kub, en Érythrée, constitue le lieu majeur de son parcours combattant : grièvement blessé les 21-22 février 1941, il poursuit l’attaque jusqu’à la prise du fort. Djeraboub, El Alamein, Takrouna, l’Italie, la Provence et enfin Sélestat et l’Ill jalonnent ensuite son parcours de guerre.
Le musée de l’Ordre de la Libération conserve notamment une photographie du « colonel Georges Bavière », référencée 000360.
L’Ordre conserve surtout son fonds individuel 1 A 58, couvrant la période 1941-2009. Il rassemble les pièces relatives à la Croix de la Libération, des fiches de renseignements, vingt et une correspondances échangées avec l’Ordre, des copies provenant du dossier SHD GR 16 P 39977, des notices biographiques et la documentation relative à sa sépulture.
Boulogne-sur-Mer est son lieu de décès et d’inhumation.
Références bibliographiques
1061 Compagnons : histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe Notin, Paris, Perrin, 2000, 822 p. Ouvrage général de référence permettant de replacer Georges Bavière parmi les premiers Compagnons et dans l’histoire collective de la France libre. La référence bibliographique est confirmée par l’instrument de recherche de l’Ordre.
Les Compagnons de l’Aube, Guillaume Piketty, Paris, Textuel, 2014, 442 p. Étude consacrée à l’expérience et aux itinéraires des Compagnons de la Libération ; elle fournit le cadre collectif dans lequel replacer le ralliement précoce de Bavière.
Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir Trouplin, Paris, Éditions Elytis, 2023. Dictionnaire biographique de référence pour confronter et compléter les notices individuelles des Compagnons.
Références internet
Ordre de la Libération — Notice institutionnelle de Georges Bavière, source principale pour sa formation, ses affectations, son ralliement, Kub Kub, le BM 11, El Alamein, Takrouna, l’Italie, la Provence, l’Alsace, sa carrière civile et ses décorations. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/georges-baviere
Ordre de la Libération — Archives des Compagnons, lettre B — Instrument de recherche du fonds Georges Bavière 1 A 58 et des copies du dossier SHD GR 16 P 39977. https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_B_20250923.pdf
Service historique de la Défense / Musée de la Résistance en ligne — Répertoire nominatif de la sous-série GR 16 P, donnant l’identité complète Georges Charles Jean Baptiste Joseph Bavière, sa naissance le 31 mars 1902 à Norrent-Fontes et la cote GR 16 P 39977. https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/SHDGR_16P_BA-BJ.pdf
Ordre de la Libération — Archives des unités militaires — Instrument permettant de replacer Georges Bavière parmi les Compagnons ayant servi dans les unités de la France libre. https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_unites_militaires_20260319.pdf
Ordre de la Libération — Collections — Fiche de la photographie « Colonel Georges Bavière », référence 000360, conservée au musée de l’Ordre de la Libération. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/collection/630f0e4118d4961067e3a56e
Dossier d’homologation consulté
Service historique de la Défense, Vincennes — GR 16 P 39977, BAVIÈRE Georges Charles Jean Baptiste Joseph.
Le répertoire nominatif du SHD identifie sans ambiguïté Georges Bavière sous cette cote et indique que le dossier est homologué.
La cote est en outre corroborée par le fonds 1 A 58 de l’Ordre de la Libération, qui conserve plusieurs copies provenant de GR 16 P 39977 : état des services, courrier de la British Mission to the French National Committee de 1942, ordre général n° 4 portant citation à l’ordre de l’Armée en 1941, ordre général n° 13 portant citation à l’ordre du Corps d’armée en 1943 et décret portant citation à l’ordre de l’Armée en 1945.
Le dossier original GR 16 P 39977 n’a cependant pas été matériellement dépouillé pièce par pièce pour la présente notice. Sa cote, son homologation et plusieurs éléments de son contenu sont vérifiés dans les instruments institutionnels et par les copies de l’Ordre ; il ne serait pas exact de présenter l’original comme directement consulté.
Observations
Le répertoire GR 16 P complète utilement la forme usuelle « Georges Bavière » en donnant ses prénoms complets : Georges Charles Jean Baptiste Joseph. La date et le lieu de naissance concordent avec la notice de l’Ordre.
Une particularité archivistique doit être signalée : contrairement à de nombreux Compagnons de la lettre B, Georges Bavière n’apparaît pas dans la liste synthétique des dossiers GR 16 P placée au début de l’instrument de l’Ordre. En revanche, la description détaillée de son fonds 1 A 58 mentionne explicitement SHD, GR 16 P 39977 et décrit plusieurs pièces copiées de ce dossier. Le répertoire général du SHD confirme indépendamment cette cote ; elle peut donc être retenue avec un haut degré de certitude.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A : La notice repose sur plusieurs sources institutionnelles concordantes et complémentaires, principalement l’Ordre de la Libération et le Service historique de la Défense. Le dossier GR 16 P 39977 et le fonds personnel 1 A 58 sont précisément identifiés ; ce dernier conserve des copies de trois citations militaires et de l’état des services. L’état civil, les principales affectations, le ralliement aux Forces françaises libres et les campagnes de 1941 à 1945 sont concordants. Les principales limites documentaires concernent la date précise d’attribution de certaines décorations et le détail de la carrière civile postérieure à 1956.
Chronologie
| Date | Événement |
|---|---|
| 31 mars 1902 | Naissance à Norrent-Fontes. |
| 1921 | Entre à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr. |
| Octobre 1924 | Sort sous-lieutenant ; affecté au 13e RTS en Algérie. |
| Août 1927 | Lieutenant ; retour en métropole. |
| Février 1928 | Affectation à Madagascar. |
| Août 1930 | Retour en métropole ; sert au 12e RTS. |
| Juillet 1933 | Capitaine ; rejoint en Chine le 17e Régiment mixte d’infanterie coloniale. |
| Juillet 1936 | Rapatrié en France. |
| 1937 | Affecté en Afrique-Équatoriale française. |
| Février 1939 | Rejoint le Régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad. |
| Fin août 1940 | Ralliement aux Forces françaises libres. |
| 21-22 février 1941 | Commande le principal détachement d’attaque du BM 3 à Kub Kub ; grièvement blessé mais poursuit l’opération jusqu’à la prise du fort. |
| 31 mars 1941 | Sort de l’hôpital ; promu chef de bataillon. |
| Juin 1941 | Participe à la campagne de Syrie. |
| 23 juin 1941 | Nommé Compagnon de la Libération. |
| Juillet 1941 | Chef d’état-major du territoire du Sud-Syrie. |
| 26 mars 1942 | Prend provisoirement le commandement du BM 11. |
| Mai 1942 | BM 11 envoyé tenir le poste de Djeraboub en Libye. |
| Juillet 1942 | Chef d’état-major de la 2e Brigade française libre. |
| Octobre 1942 | Participe aux combats d’El Alamein. |
| Mai-juin 1943 | Campagne de Tunisie ; rôle dans les opérations de Takrouna. |
| 1943 | Promu lieutenant-colonel. |
| Avril-juin 1944 | Campagne d’Italie. |
| Août 1944 | Débarque en Provence et participe à la libération de la France. |
| Octobre 1944-janvier 1945 | Commande temporairement la 2e Brigade française libre. |
| Hiver 1944-1945 | Combats de Sélestat et de l’Ill ; troisième citation. |
| Après 1945 | Quitte l’armée avec le grade de colonel. |
| 1948-1956 | Commissaire à la reconstruction. |
| 5 décembre 1971 | Décès à Boulogne-sur-Mer, où il est inhumé. |
Sources consultées
Ordre de la Libération — Notice de Georges Bavière, consultée pour son parcours militaire, ses campagnes, ses grades, sa carrière après-guerre et ses décorations. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/georges-baviere
Ordre de la Libération — Archives des Compagnons — Répertoire consulté pour le fonds 1 A 58, les pièces de la Croix de la Libération et les copies provenant du dossier SHD GR 16 P 39977. https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_B_20250923.pdf
Service historique de la Défense / Musée de la Résistance en ligne — Répertoire consulté pour vérifier les prénoms complets, l’état civil, la cote GR 16 P 39977 et l’homologation du dossier. https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/SHDGR_16P_BA-BJ.pdf
Ordre de la Libération — Archives des unités militaires — Instrument consulté pour contrôler les appartenances militaires et replacer Georges Bavière dans les unités combattantes de la France libre. https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_unites_militaires_20260319.pdf
Ordre de la Libération — Collections du musée — Fiche de la photographie du colonel Georges Bavière, référence 000360. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/collection/630f0e4118d4961067e3a56e