Anne‑Marie Elisabeth BAUER est née le 9 juin 1914 au 10, rue Pierre Curie dans le 5ᵉ arrondissement de Paris, décédée le 21 septembre 1996 à Paris.
Elle grandit dans une famille cultivée ; son père, Henry Edmond Georges Bauër, professeur à l’École de Physique et de Chimie, est blessé lors de la Première Guerre mondiale, contraignant la famille à vivre en Suisse avant Strasbourg puis Paris. Anne‑Marie pratique le violon et la haute montagne, et obtient une licence d’anglais, préparant même l’agrégation. Elle conduit également un camion et des ambulances grâce à son permis poids lourd
Engagement dans la Résistance
Au printemps 1942, poussée par son frère Étienne, elle rejoint Libération‑Sud en zone Sud, motivée par les injustices subies par sa famille, notamment son père visé par la législation antisémite de Vichy
- Accueil et assistance aux réfugiés à Clermont‑Ferrand ; transport de journaux et messages à vélo ou en train
- Organisation de terrains d’atterrissage clandestins pour parachutages d’armes et d’agents
- Tâches de codage/décodage, courrier et logistique .
- Planification et exécution de plusieurs opérations d’évasion, notamment celle de “Kim W.” par décision de Jean Moulin
Arrestation / déportation
Arrêtée le 24 juillet 1943 à Lyon, emprisonnée à Montluc puis transférée à la Gestapo où elle est torturée par Klaus Barbie, sans jamais parler. Elle est ensuite déportée à Ravensbrück ; elle y est libérée au printemps 1945 et prend part à des convois humanitaires pour revenir en France .
Camarades de combat
Parmi les résistants avec lesquels elle a travaillé :
- Étienne Bauer, son frère, qui l’introduit dans la Résistance
- Raymond Fassin et Paul Rivière, responsables SAP, ont collaboré à la logistique des évasions
- Agents comme « Morel », « Bonnafous », « Gédéon », qu’elle a aidés ou protégés
Retour à la vie civile
Après la guerre, elle devient poétesse et femme de lettres, témoigne auprès de l’Association des Déportées et Internées de la Résistance (ADIR), et publie régulièrement dans le bulletin Voix et Visages
Décorations
- Médaille de la Résistance Française avec rosette par décret du 31 Mars 1947 JO 26 juillet 1947 source Ordre de la libération
- Côte du dossier : 1O3562
- Officier de la Légion d’honneur
- Croix de guerre 1939–1945 avec palme
Rues ou lieux de mémoire
La cité Bauer dans le 14ᵉ arrondissement de Paris porte son nom depuis 2023, en hommage à son engagement
Références bibliographiques
- Les oubliés et les ignorés : Claudine dans la Résistance, Anne‑Marie Bauer, préface de Geneviève Anthonioz‑de Gaulle, Paris, 1993. Récit autobiographique retraçant ses actions, sa torture, sa déportation et rend hommage aux résistantes anonymes.
- Résister et témoigner : le combat des déportées de France, 1940‑1945, collectif, ENS éditions, 2018. Contient un chapitre sur Anne‑Marie, décrivant ses souffrances à Montluc et Ravensbrück, ainsi que sa force de témoignage
Références internet
- Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Anne-Marie_Bauer
Biographie détaillée : engagements, arrestation, déportation, décorations. - Si/si, les femmes existent : https://www.sisilesfemmes.fr/…
Récit de sa torture à Montluc et hommage à son témoignage dans Les oubliés et les ignorés. sisilesfemmes.fr - Mémoires et Espoirs de la Résistance : https://www.memoresist.org/resistant/bauer/
Informations sur sa famille, son permis poids lourd et ses débuts de résistance. poetesresistants.canalblog.com+2memoresist.org+2fr.wikipedia.org+2 - Radio France Culture : https://www.radiofrance.fr/…
Podcast de son témoignage sur Jean Moulin et les évasions dans Libération‑Sud › Réseau Action. fr.wikipedia.org+6radiofrance.fr+6paris.fr+6
Note sur les homonymes
Le nom Anne‑Marie Bauer est spécifique : dates, arrestation, réseaux confirment qu’il s’agit bien de la résistante de Libération‑Sud, sans confusion probable.
