La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

Le bataillon Charles HILDEVERT était intégré au réseau Armand-Spiritualist, relevant de la section F du Special Operations Executive britannique (SOE).

Le réseau, dirigé par René DUMONT-GUILLEMET dit « Armand », s’était fortement développé en région parisienne après le débarquement allié de juin 1944 grâce à plusieurs parachutages d’armes.

Au cours de l’été 1944, l’organisation fut progressivement structurée en unité paramilitaire sous l’appellation de « 1er Régiment franc de Paris ». Dans le contexte de la Libération de Paris et de la retraite allemande, les responsables du réseau reçurent pour mission de rejoindre le secteur d’Oissery et de l’étang de Rougemont, en Seine-et-Marne, afin de participer à une importante opération aéroportée alliée comportant probablement la réception d’armes, de matériels et possiblement de personnels parachutés.

Les objectifs exacts de l’opération demeurent partiellement discutés selon les sources, mais plusieurs travaux convergent vers une volonté alliée de contrôler les axes autour de Meaux et du franchissement de la Marne.

Déroulement de l’opération

Le 26 août 1944, alors que Paris célébrait sa libération, plusieurs compagnies du réseau Armand convergèrent vers Oissery et Saint-Pathus. Les hommes du bataillon HILDEVERT, recrutés principalement dans l’est parisien et en Seine-Saint-Denis, rejoignirent l’étang de Rougemont où devait avoir lieu l’opération.

Une première fusillade éclata au carrefour de Vinantes avec des soldats allemands. Les résistants poursuivirent néanmoins leur progression vers Oissery. Les unités allemandes présentes dans le secteur, appartenant notamment à la 49e SS Panzerbrigade selon plusieurs sources mémorielles, contre-attaquèrent rapidement avec blindés et automitrailleuses.

Les résistants, insuffisamment armés et peu préparés à un affrontement frontal de grande ampleur, furent encerclés dans les secteurs de l’étang de Rougemont, de la râperie de betteraves d’Oissery et des communes voisines.

Plusieurs blessés furent exécutés puis brûlés dans la râperie transformée en infirmerie improvisée. Les combats et les exécutions se poursuivirent également à Forfry, Saint-Mesmes, Vinantes, Monthyon et Saint-Soupplets. Les estimations varient selon les sources : certaines évoquent plus de cent morts, d’autres environ cent vingt victimes et plusieurs dizaines de prisonniers ou disparus.

Figures marquantes

Charles HILDEVERT, ancien combattant de la Première Guerre mondiale et chef du bataillon ANY du réseau Armand, dirigeait le groupe engagé à Oissery. Il fut tué avec ses deux fils, Georges HILDEVERT et Roger HILDEVERT, lors des combats près de l’étang de Rougemont.

René DUMONT-GUILLEMET, alias « Armand », responsable du réseau Spiritualist du SOE, était présent dans le secteur lors de l’opération.

Adrien CHAIGNEAU, agent parachuté des Forces françaises libres lié au réseau, participa également à l’organisation de l’opération et fut tué.

Les infirmières Micheline VASSEUR et Jeannine LEFEBVRE furent capturées par les Allemands mais survécurent. Jean BLEUZEN, résistant breton intégré au bataillon HILDEVERT, mourut dans l’incendie de la râperie d’Oissery.

Victimes

Parmi les victimes identifiées figurent Charles HILDEVERT, Georges HILDEVERT, Roger HILDEVERT, Adrien CHAIGNEAU, Jean BLEUZEN, Eugène CORNET, Marie-Louise CORNET née FILLOUX, Bruno CORNELLI, André COURBARD, Gaston FONTAINE, Louis GOLLION, José MICHON et de nombreux autres membres du réseau Armand.

Plusieurs résistants furent tués dans les combats directs, d’autres exécutés après leur capture. Certaines victimes demeurèrent non identifiées dans les ruines incendiées de la râperie d’Oissery.

Survivants

Plusieurs résistants du groupe HILDEVERT survécurent aux combats, aux arrestations ou à la déportation.

René DUMONT-GUILLEMET poursuivit ensuite une carrière militaire et politique après la guerre.

Les infirmières Micheline VASSEUR et Jeannine LEFEBVRE survécurent à leur captivité grâce à l’avance américaine en Lorraine. Certains survivants participèrent ensuite aux cérémonies commémoratives et aux témoignages mémoriels sur les événements d’Oissery.

Conséquences

La destruction du bataillon HILDEVERT constitue l’un des épisodes les plus meurtriers de la Libération de l’Île-de-France. L’opération révéla les difficultés du passage entre la clandestinité résistante et des opérations militaires de type conventionnel face à des unités allemandes lourdement armées.

Les pertes humaines furent particulièrement lourdes pour les communes de l’est parisien impliquées dans le réseau Armand. Plusieurs résistants capturés furent déportés, certains ne revinrent jamais.

Après-guerre, Charles HILDEVERT fut homologué capitaine FFI à titre posthume. La tragédie d’Oissery demeura durablement inscrite dans la mémoire résistante francilienne.

Mémoire et lieux commémoratifs

Le monument en hommage aux morts du bataillon HILDEVERT est situé place de l’église à Oissery, en Seine-et-Marne.

Une plaque commémorative rappelle également les résistants brûlés dans l’ancienne râperie d’Oissery.

La rue Charles HILDEVERT à Oissery commémore le chef du bataillon.

Une stèle de l’étang de Rougemont rappelle les combats du 26 août 1944.

D’autres plaques et monuments existent à Forfry, Saint-Pathus et dans plusieurs communes de Seine-Saint-Denis ayant fourni des volontaires au bataillon. À Vanves, la rue Jean-Bleuzen honore le résistant Jean BLEUZEN, mort à Oissery.

Références bibliographiques

Les volontaires de Neuilly-sur-Marne du groupe Hildevert, Jacques Cumont, éditions Amatteis, 1991. Cet ouvrage constitue l’une des principales études consacrées au groupe Hildevert et aux résistants originaires de Neuilly-sur-Marne engagés dans les combats d’Oissery. Il présente des témoignages, des listes nominatives et des éléments précis sur l’organisation du réseau et les pertes humaines.

1944 : Guerre en Île-de-France, volume 3 : La défense du Grand Paris, Bruno Renoult et James West, éditions Heimdal, 2008. L’ouvrage replace les combats d’Oissery dans le contexte militaire de la Libération de la région parisienne. Il apporte des éléments sur les mouvements allemands, les unités engagées et les affrontements de la fin août 1944.

La Résistance en Île-de-France, AERI – Association pour des Études sur la Résistance Intérieure, DVD-ROM documentaire, 2004. Cette publication mémorielle contient plusieurs notices consacrées au réseau Armand-Spiritualist et au massacre d’Oissery. Elle rassemble archives, photographies et analyses historiques détaillées.

Chronology of SOE Operations with the Resistance in France during World War II, lieutenant-colonel E. G. Boxshall, document dactylographié, 1960. Ce travail de synthèse sur les opérations du SOE en France mentionne les activités du réseau Spiritualist et permet de replacer le groupe Hildevert dans l’organisation britannique des réseaux Buckmaster.

Histoire de la Résistance en Seine-et-Marne, ouvrage collectif, Conseil général de Seine-et-Marne et associations mémorielles locales. Cette étude élargit l’analyse aux réseaux résistants du département et comprend plusieurs passages sur les combats d’Oissery et de Forfry ainsi que sur les lieux de mémoire associés.

Références internet

Musée de la Résistance en ligne présente plusieurs notices détaillées consacrées au bataillon HILDEVERT, aux combats d’Oissery et aux monuments commémoratifs. Le site apporte des analyses historiques, des photographies de plaques et monuments ainsi qu’un contexte précis sur le réseau Armand-Spiritualist. Adresse : https://museedelaresistanceenligne.org/media131-Oissery-retour-sur-les-lieux-du-massacre

Ville d’Oissery met en ligne une documentation mémorielle locale sur les combats du 26 août 1944, comprenant des listes nominatives de victimes, des informations sur les cérémonies commémoratives et des éléments sur les lieux d’exécution et de déportation. Adresse : https://www.oissery.fr/groupe-hildevert/

Mémoriaux de Seine-et-Marne recense les plaques, stèles et monuments liés au groupe HILDEVERT à Oissery et Forfry. Le site fournit des photographies des mémoriaux ainsi que les inscriptions commémoratives visibles sur les monuments. Adresse : https://monuments77.jimdofree.com/m%C3%A9moriaux-%C3%A9v%C3%A8nementiels/groupe-hildevert/m%C3%A9moriaux-oissery/

Wikipédia propose des notices complémentaires sur Charles HILDEVERT, Jean BLEUZEN et René DUMONT-GUILLEMET. Ces informations doivent être croisées avec des sources mémorielles et archivistiques mais permettent d’identifier plusieurs acteurs et éléments biographiques. Adresse : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9_Dumont-Guillemet

Fiabilité A : Musée de la Résistance en ligne ; archives mémorielles AERI ; documentation municipale d’Oissery ; travaux de Jacques Cumont.

Sources consultées – Date de vérification : 17 mai 2026
Musée de la Résistance en ligne : https://museedelaresistanceenligne.org/media131-Oissery-retour-sur-les-lieux-du-massacre
Musée de la Résistance en ligne : https://museedelaresistanceenligne.org/media5937-Monument-en-hommage-aux-morts-du-bataillon-Hildevert
Musée de la Résistance en ligne : https://museedelaresistanceenligne.org/media5934-Rue-Charles-Hildevert-Oissery-77
Ville d’Oissery : https://www.oissery.fr/groupe-hildevert/
Mémoriaux de Seine-et-Marne : https://monuments77.jimdofree.com/m%C3%A9moriaux-%C3%A9v%C3%A8nementiels/groupe-hildevert/m%C3%A9moriaux-oissery/
Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9_Dumont-Guillemet
Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Bleuzen
Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Oissery

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