La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

GUERCHON-BAILLY Henri

Henri GUERCHON-BAILLY, couramment Henri BAILLY, né le 31 mai 1920 à Paris (Seine), mort le 15 février 1993, lieu de décès non retrouvé lors des présentes recherches, français.

Henri Guerchon-Bailly naît à Paris dans une famille modeste. Son père est chauffeur de taxi. Après le certificat d’études, il ne peut poursuivre que deux années d’école primaire supérieure et commence à travailler dès l’âge de quatorze ans pour la compagnie d’assurances parisienne La Paternelle. Il y occupe successivement plusieurs emplois, d’archiviste à guichetier, et acquiert une première expérience administrative et organisationnelle.

Engagement dans la Résistance

Henri Bailly s’engage dès le début de l’Occupation. En 1941, il est arrêté une première fois par la police de Vichy et emprisonné pendant six mois. Après sa libération, il quitte la région parisienne et gagne Lyon à l’automne 1942, où il travaille à la délégation d’une compagnie d’assurances tout en reprenant son activité clandestine.

À Lyon, il rejoint le mouvement Combat, alors en pleine expansion. Il devient l’adjoint de Vincent Planque, responsable des jeunes de Combat, puis assiste Paul Girin dans le secteur Recrutement-Organisation-Propagande. Sa capacité d’organisation le conduit rapidement à des responsabilités régionales puis nationales.

Appartenance à un réseau ou mouvement

Henri Bailly appartient au mouvement Combat et aux Forces unies de la jeunesse (FUJ). Dès la constitution des FUJ, à l’automne 1942, il siège au comité directeur de cette nouvelle organisation destinée à regrouper et coordonner les jeunes des principaux mouvements de Résistance de zone Sud.

Après l’arrestation de Vincent Planque par Klaus Barbie en avril 1943, Bailly devient, avec Louis Rigal, l’un des responsables nationaux des FUJ. Cette responsabilité est attestée indépendamment par la Fondation de la Résistance et par la documentation MVR.

Missions et actions

Les fonctions de Bailly sont essentiellement organisationnelles. À Combat, il participe au recrutement, à l’encadrement et à la propagande. Au sein des FUJ, il contribue à structurer à l’échelle nationale l’action clandestine de la jeunesse résistante.

Les sources consultées ne permettent pas, en revanche, de lui attribuer avec certitude la responsabilité éditoriale d’un journal précis des FUJ. Son rôle documenté est celui d’un responsable politique et organisationnel, et non celui d’un directeur de publication identifié.

Arrestation / évasion / déportation

Après son emprisonnement de 1941, Henri Bailly est arrêté une deuxième fois en juillet 1943 à Crémieu (Isère). Il est relâché et gagne ensuite la zone Nord.

Le 3 juin 1944, il est arrêté à Paris par la Gestapo. Emprisonné, notamment à Fresnes, il est ensuite déporté au camp de Buchenwald (Allemagne). Il survit à la déportation. Pendant la même période, son père, sa mère et son frère sont déportés et assassinés à Auschwitz.

Camarades de combat

Son parcours clandestin est directement associé à Vincent Planque, dont il est l’adjoint chez les jeunes de Combat, à Paul Girin, qu’il assiste dans le Recrutement-Organisation-Propagande, et à Louis Rigal, avec lequel il assume la responsabilité nationale des Forces unies de la jeunesse après avril 1943.

Retour à la vie civile

À son retour de déportation, malgré un état physique affaibli, Henri Bailly poursuit une activité au service des victimes de guerre et des personnes déplacées. En 1946, il participe volontairement à des missions de rapatriement en Allemagne. Il travaille ensuite auprès de la direction chargée des personnes déplacées, puis est attaché, en 1947-1948, au cabinet du ministre des Anciens Combattants et Victimes de guerre.

En 1948, il devient fonctionnaire de l’Organisation internationale pour les réfugiés et exerce des fonctions administratives en Rhénanie-Palatinat. De 1958 à 1981, il travaille auprès de plusieurs ministres des Anciens Combattants, notamment Edmond Michelet.

Son activité mémorielle est considérable. Aux côtés du général Jean Ginas, il anime puis dirige comme secrétaire général la Confédération nationale des combattants volontaires de la Résistance (CNCVR). Il contribue de manière décisive à la création des « Prix de la Résistance », dont le développement conduit à l’institutionnalisation en 1961 du Concours national de la Résistance et de la Déportation.

Il poursuit cette action jusqu’à son décès, le 15 février 1993.

Décorations

  • Commandeur de la Légion d’honneur — distinction attestée par la Fondation de la Résistance ; décret non retrouvé lors des présentes recherches.
  • Grand officier de l’Ordre national du Mérite — distinction attestée par la Fondation de la Résistance ; référence réglementaire non retrouvée lors des présentes recherches.
  • Croix de guerre 1939-1945 avec palmes — attestée par la Fondation de la Résistance ; détail des citations non retrouvé lors des présentes recherches.
  • Médaille de la Résistance française avec rosette — attestée par la Fondation de la Résistance ; décret précis non isolé dans la base institutionnelle lors des présentes recherches.
  • Médaille des Évadés — attestée par la Fondation de la Résistance.

Lieux de mémoire

La mémoire d’Henri Bailly est étroitement associée au Concours national de la Résistance et de la Déportation. La Fondation de la Résistance lui a consacré une notice biographique et plusieurs publications rappelant son rôle dans la transmission de la mémoire résistante auprès de la jeunesse.

Références bibliographiques

Frantz MALASSIS, « Henri Bailly », La Lettre de la Fondation de la Résistance, n° 49, juin 2007. Cette étude biographique constitue l’une des principales synthèses consacrées à son parcours, de Combat et des FUJ à la déportation puis à la création du Concours national de la Résistance et de la Déportation.

Écho de la Résistance, n° 379, 1993, « Hommage à Henri Bailly ». Numéro de la revue de la CNCVR publié à l’occasion de son décès et contenant notamment l’hommage d’André Jarrot cité par la Fondation de la Résistance.

Références internet

Fondation de la Résistance. La notice « Henri BAILLY » constitue la source biographique principale : date de naissance, milieu familial, parcours professionnel, Combat, FUJ, arrestations, déportation, carrière après-guerre, CNCVR, Concours national de la Résistance et de la Déportation, décès et décorations. Fondation de la Résistance — Henri Bailly

Mémoire Vive de la Résistance. La notice « BAILLY Henri » confirme son engagement dans Combat, son rôle au comité directeur des FUJ, sa direction nationale avec Louis Rigal, ses arrestations et sa déportation à Buchenwald. MVR — Henri Bailly

Dossier d’homologation consulté

Aucune cote SHD GR 16 P attribuable avec certitude à Henri Guerchon-Bailly n’a été identifiée lors des présentes recherches. Le risque d’homonymie lié au patronyme Bailly impose de ne retenir aucune cote sans concordance complète de l’état civil.

Observations

Les sources utilisent alternativement les formes Henri Bailly et Henri Guerchon-Bailly. La Fondation de la Résistance donne clairement la seconde forme dans son développement biographique.

La notice MVR indique seulement « né à Paris en 1920 » ; la Fondation de la Résistance précise la date du 31 mai 1920. Cette date est retenue.

Indice de fiabilité de la notice Niveau A —Le parcours est établi par plusieurs publications concordantes de la Fondation de la Résistance, fondées notamment sur les archives du Centre historique des Archives nationales et de la CNCVR, et par la notice MVR.

Chronologie

DateÉvénement
31 mai 1920Naissance à Paris
1941Première arrestation et six mois d’emprisonnement
automne 1942Installation à Lyon et engagement dans Combat
automne 1942Membre du comité directeur des FUJ
avril 1943Devient, avec Louis Rigal, responsable national des FUJ
juillet 1943Deuxième arrestation à Crémieu
3 juin 1944Arrestation à Paris par la Gestapo
1944-1945Déportation à Buchenwald
1946Missions de rapatriement en Allemagne
1947-1948Cabinet du ministre des Anciens Combattants
1948Organisation internationale pour les réfugiés
à partir de 1954Responsabilités à la CNCVR
1961Institutionnalisation du Concours national de la Résistance et de la Déportation
15 février 1993Décès

Sources consultées

Fondation de la Résistance. La notice « Henri BAILLY » a fourni l’état civil précis, le milieu familial, le parcours professionnel, les responsabilités dans Combat et les Forces unies de la jeunesse, les trois arrestations, la déportation à Buchenwald, la carrière après-guerre, le rôle dans la CNCVR et le Concours national de la Résistance et de la Déportation, le décès et les principales distinctions. https://www.fondationresistance.org/recherche-et-documentation/ressources/portrait/henri-bailly/

Mémoire Vive de la Résistance. La notice « BAILLY Henri » a confirmé l’engagement dans Combat, les responsabilités au sein des FUJ, les arrestations et la déportation. https://mvr.asso.fr/bailly/

Fondation de la Résistance, La Lettre n° 49. Cette publication a fourni des compléments sur la déportation, la carrière administrative après-guerre et le rôle de Bailly dans le développement du Prix de la Résistance et du Concours national.

Aucune photographie supplémentaire n’a été recherchée hors des bases officielles ; la Fondation de la Résistance reproduit une photographie d’Henri Bailly dans sa notice.

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