Jean-Louis AIMON, alias Leperon, Europe, Riblet, Amédée, né le 7 septembre 1905 à Mussidan (Dordogne), mort le 24 juin 1968 à Orléans (Loiret), français. Agent des Forces françaises libres puis du Bureau central de renseignements et d’action, il est homologué FFL et FFC ; son dossier de résistant est conservé sous la cote SHD GR 16 P 5215.
Jeunesse et formation
Jean-Louis Aimon est fils d’un tailleur de pierre et d’une lingère. De 1922 à 1928, il sert pendant six ans dans la Marine. Il travaille ensuite dans les usines Thomson à Paris. Mobilisé le 1er octobre 1939 au 21e régiment de zouaves à Meknès (Maroc), il est réformé le 14 décembre suivant. Il s’installe alors à Tanger où il exerce comme mécanicien.
Après l’armistice, propriétaire de deux bateaux, il travaille avec les services secrets britanniques et participe à l’évasion de volontaires. Hospitalisé pour paludisme au cours d’une opération, il se trouve empêché de retourner au Maroc.
Engagement dans la Résistance
Aimon rallie les Forces navales françaises libres à Gibraltar le 13 août 1941 avec le grade de quartier-maître. Il arrive à Liverpool le 13 octobre 1941 et est ensuite affecté au BCRA, se portant volontaire pour une mission clandestine en France.
L’inventaire institutionnel de la sous-série GR 16 P confirme son identité, sa naissance à Mussidan le 7 septembre 1905, sa cote GR 16 P 5215 ainsi que ses homologations.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Son parcours relève successivement des Forces navales françaises libres et du BCRA. La documentation de la France libre le rattache au réseau Occident. La liste des réseaux de la Résistance intérieure identifie également Occident comme réseau de renseignement relevant du BCRA et associe Jean-Louis Aimon à celui-ci.
Missions et actions
Dans la nuit du 1er au 2 avril 1942, Aimon est parachuté avec d’autres agents près du Mas de Lanau, à une dizaine de kilomètres d’Arles (Bouches-du-Rhône), dans le cadre de la « Mission Amour ». L’objectif qui lui est attribué est l’établissement d’un réseau dans les Alpes-Maritimes. Il est cependant grièvement blessé à la tête et aux jambes lors du parachutage, ce qui compromet l’exécution de cette première mission.
Après son retour en Grande-Bretagne, il repart en France le 10 janvier 1944 lors de l’opération aérienne « Serbie ». Transporté par Lysander, il doit cette fois agir dans le Sud-Ouest dans le cadre de la « Mission Europe ». L’atterrissage prévu au lieu-dit La Chaussée, près de Bussy (Cher), tourne au drame : l’avion se retourne, le pilote australien, le lieutenant McDonald, est tué et Aimon est de nouveau blessé. La source biographique de la France libre indique qu’il semble avoir ensuite fait intégrer son frère Félix au réseau Occident ; cette dernière information doit être conservée avec la prudence attachée à la formulation de la source.
Les activités exactes d’Aimon durant les derniers mois de l’Occupation demeurent mal documentées.
Arrestation / évasion / déportation
Après l’échec de sa première mission, Aimon quitte la France en franchissant la frontière espagnole le 9 juillet 1943. Les autorités espagnoles l’internent sous une identité ou qualité canadienne. Il parvient finalement à regagner Londres en novembre 1943.
Aucune déportation dans un camp de concentration n’est documentée pour lui dans les sources consultées.
Camarades de combat
Son infiltration d’avril 1942 le met notamment en présence d’Étienne Jourdain et de Czeslaw Janik, dont les dossiers SHD respectifs sont associés à la même opération dans la documentation consacrée aux infiltrations.
Son frère Félix Victor Aimon possède lui aussi un dossier individuel au SHD, coté GR 16 P 5214.
Retour à la vie civile
En 1948, Jean-Louis Aimon réside à Paris. En 1956, il s’est de nouveau établi à Tanger. En 1968, il exerce comme artisan et réside au 25 rue du Faubourg-Saint-Jean à Orléans. Il meurt dans cette ville le 24 juin 1968.
Décorations
Croix de guerre 1939-1945 — distinction mentionnée par la documentation biographique de la France libre. Le décret ou la citation correspondant à cette attribution n’a pas été retrouvé dans les sources institutionnelles consultées au cours de la présente recherche.
Lieux de mémoire
Aucun lieu de mémoire nominativement consacré à Jean-Louis Aimon n’a été établi avec certitude au cours des présentes recherches.
Références bibliographiques
Les Réseaux de résistance de la France combattante, Service historique de la Défense, Economica. L’ouvrage est cité parmi les sources de la fiche biographique consacrée à Jean-Louis Aimon et constitue une référence pour son appartenance aux structures clandestines de la France combattante.
Sébastien Albertelli, Les Services secrets de la France libre. Le BCRA, 1940-1944, Perrin, Paris. Cette étude fournit le cadre historiographique général permettant de replacer les missions clandestines d’Aimon dans l’histoire institutionnelle et opérationnelle du BCRA.
Références internet
France Libre. La fiche « Jean-Louis AIMON » fournit l’état civil, les pseudonymes, le parcours dans les FNFL et le BCRA, les deux missions clandestines, le passage par l’Espagne, les éléments concernant l’après-guerre et la Croix de guerre.
https://francelibre.net/site/wp-content/uploads/2025/04/AIMON-Jean-Louis.pdf
Musée de la Résistance en ligne / Service historique de la Défense. L’inventaire GR 16 P confirme l’identité de Jean-Louis Aimon, sa naissance le 7 septembre 1905 à Mussidan, sa cote GR 16 P 5215 et ses homologations.
https://museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/SHDGR_16P_A.pdf
Résistance Brest — Historique des infiltrations en France. Cette ressource recoupe le parachutage d’avril 1942, les blessures d’Aimon, son passage de la frontière espagnole le 9 juillet 1943 et son retour à Londres en novembre. La compilation identifie également Jean Aimon, alias Amédée, dans la mission « Amour/Occident » du 1er avril 1942.
https://www.resistance-brest.net/IMG/pdf/infiltrations_en_francedec2024.pdf
Dossier d’homologation consulté
Service historique de la Défense, GR 16 P 5215, Jean-Louis AIMON. L’inventaire nominatif a été consulté et confirme l’existence du dossier et les homologations ; le contenu intégral du dossier physique n’a pas été consulté.
Observations
La documentation retrouvée est particulièrement cohérente pour l’état civil et la période 1941-1944. Une prudence demeure nécessaire sur certains détails de la seconde mission et sur les activités d’Aimon durant les derniers mois de l’Occupation, que la source biographique elle-même indique mal connaître.
Indice de fiabilité de la notice
Niveau A — L’identité et la qualité de résistant sont confirmées par l’inventaire institutionnel du SHD ; le parcours est documenté par une fiche spécialisée de la France libre et recoupé pour plusieurs événements opérationnels par une documentation indépendante sur les infiltrations clandestines.
Chronologie
| Date | Événement |
| 7 septembre 1905 | Naissance à Mussidan (Dordogne). |
| 1922-1928 | Service dans la Marine. |
| 1er octobre 1939 | Mobilisation au 21e régiment de zouaves à Meknès. |
| 14 décembre 1939 | Réformé. |
| 13 août 1941 | Ralliement aux FNFL à Gibraltar. |
| 13 octobre 1941 | Arrivée à Liverpool. |
| Nuit du 1er au 2 avril 1942 | Parachutage près d’Arles ; blessé à la tête et aux jambes. |
| 9 juillet 1943 | Passage en Espagne. |
| Novembre 1943 | Retour à Londres. |
| 10 janvier 1944 | Nouvelle infiltration en France par Lysander ; nouvel accident et blessure. |
| 1948 | Réside à Paris. |
| 1956 | Réside de nouveau à Tanger. |
| 24 juin 1968 | Mort à Orléans. |
Sources consultées
France Libre, fiche « Jean-Louis AIMON ». Cette source a fourni l’essentiel du parcours biographique, de l’état civil, des pseudonymes, des affectations, des missions de 1942 et 1944 et de l’après-guerre. https://francelibre.net/site/wp-content/uploads/2025/04/AIMON-Jean-Louis.pdf
Service historique de la Défense, inventaire GR 16 P diffusé par le Musée de la Résistance en ligne. Cette source a confirmé la cote GR 16 P 5215, la naissance et les homologations de Jean-Louis Aimon. https://museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/SHDGR_16P_A.pdf
Résistance Brest, historique des infiltrations clandestines. Cette source a permis de recouper le parachutage d’avril 1942 et plusieurs éléments du retour vers Londres. https://www.resistance-brest.net/IMG/pdf/infiltrations_en_francedec2024.pdf