La forme principale retenue est « Action ouvrière ». Les sources utilisent aussi « Action ouvrière de Combat » et l’abréviation « AO ». Après l’unification des mouvements de zone Sud, l’Action ouvrière est présentée comme un service repris par les MUR puis intégré dans les dispositifs d’action du MLN.
Les sources permettent de classer l’Action ouvrière comme un service clandestin spécialisé dans le sabotage industriel et l’action dans les entreprises travaillant pour l’occupant, d’abord au sein de Combat, puis des MUR.
Les sources mémorielles attribuent la création de l’Action ouvrière à Marcel Degliame, à la demande d’Henri Frenay, à partir de l’été 1942, dans le cadre du mouvement Combat.
Son objectif initial est d’organiser, dans un strict cloisonnement, des opérations de sabotage dans les usines travaillant pour les Allemands. Les sources insistent aussi sur une fonction de lutte contre la relève puis contre la production au service de l’occupant.
Organisation interne
Les sources décrivent une structure cloisonnée, spécialisée, articulée avec Combat puis avec les MUR. Le Musée de la Résistance en ligne indique que l’Action ouvrière fait partie des services de Combat repris lors de la naissance des MUR. Le témoignage du Maitron sur Gérald Suberville confirme l’existence de branches régionales d’Action ouvrière, notamment en région R3, ce qui atteste d’une implantation au-delà du seul niveau central.
Actions menées pendant la Résistance
Les actions attestées sont le recrutement de saboteurs dans le monde ouvrier, l’organisation du sabotage dans les usines travaillant pour l’occupant, puis, dans certains cas, l’articulation avec d’autres formes d’action immédiate.
La Fondation de la Résistance souligne le risque particulier pris par ce service dans le milieu industriel. Certaines notices du Maitron montrent aussi que des militants AO participent à des sabotages d’installations électriques, de ponts ou d’équipements industriels dans le cadre régional des MUR.
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
L’Action ouvrière naît dans Combat, puis est reprise dans l’appareil des MUR lors de l’unification de 1943. Les sources la situent ensuite dans la commission de l’Action immédiate, aux côtés des Groupes francs et de Résistance-Fer, avant son insertion dans les structures plus larges du MLN et, à l’approche de la Libération, des Corps francs de la Libération puis des FFI.
Chefs et figures marquantes
Marcel DEGLIAME : fondateur de l’Action ouvrière à la demande d’Henri Frenay ; arrêté à Draguignan durant l’été 1942, il s’évade et poursuit son action clandestine ; il survit à la guerre.
Henri FRENAY : chef de Combat, à l’origine de la mise en place de l’Action ouvrière selon les sources qui présentent Degliame comme agissant à sa demande ; il survit à la guerre.
Gérald SUBERVILLE : le Maitron le présente comme dirigeant de l’Action ouvrière des MUR dans la région R3 ; il survit à la guerre selon la trajectoire biographique connue, mais ce point n’a pas été détaillé ici par une notice indépendante supplémentaire.
Maurice KRIEGEL-VALRIMONT : il apparaît dans les sources secondaires liées à Degliame comme reprenant ensuite l’Action ouvrière dans le cadre élargi des MUR-MLN ; ce point est mentionné dans les pages de Mémoire Vive consacrées à Degliame, mais il n’a pas été ici recoupé par une notice institutionnelle distincte sur l’objet lui-même ; il convient donc de le signaler avec prudence.
Victimes et morts
Les sources consultées ne permettent pas d’établir ici une liste nationale exhaustive des membres de l’Action ouvrière morts au combat, fusillés ou morts en déportation, notamment parce que les militants concernés apparaissent souvent dans des notices locales ou personnelles et parce que l’Action ouvrière fonctionne comme service intégré à des ensembles plus larges. Cette limite documentaire doit être signalée.
Survivants identifiés
Le survivant clairement identifié dans les sources consultées est Marcel Degliame. Gérald Suberville est également identifiable comme survivant par sa trajectoire d’après-guerre connue dans le Maitron, mais la source consultée sur l’Action ouvrière n’explicite pas ce point de manière détaillée dans l’extrait disponible.
Fin du réseau
Les sources montrent moins une disparition brutale qu’une absorption fonctionnelle. L’Action ouvrière, créée dans Combat, est reprise par les MUR puis intégrée dans des structures d’action plus larges du MLN. Le Musée de la Résistance en ligne indique qu’en avril-mai 1944 les branches Action des MUR-MLN, dont l’Action ouvrière, fusionnent dans les Corps francs de la Libération, avant l’unification dans les FFI.
Conséquences et mémoire
L’Action ouvrière occupe une place spécifique dans l’histoire du sabotage industriel en Résistance, en cherchant à intervenir au cœur des entreprises travaillant pour l’occupant. Sa mémoire est aujourd’hui surtout conservée à travers les biographies de Marcel Degliame et des responsables régionaux, ainsi que dans les expositions et dossiers consacrés aux MUR, au sabotage et à l’action immédiate.
Références bibliographiques
Histoire de la Résistance en France, Henri Noguères, Marcel Degliame et Jean-Louis Vigier, Paris, Robert Laffont. Ouvrage de contexte important pour les structures de Combat, des MUR et de l’action clandestine.
Le sabotage dans la Résistance, dossier publié par la Fondation de la Résistance dans La Lettre de la Fondation de la Résistance. Référence de contexte utile sur le sabotage et sur la place de l’Action ouvrière dans les MUR.
Mémoires rebelles, entretiens et témoignages publiés sous direction historienne, ouvrage utile pour le contexte de l’action ouvrière clandestine, à employer avec le recul critique propre aux témoignages.
Références internet
Ordre de la Libération. Notice « Marcel Degliame » ; source officielle sur la fondation de l’Action ouvrière de Combat et sa finalité de sabotage industriel. URL : https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/marcel-degliame
Musée de la Résistance en ligne. Page « Marcel Degliame » ; confirme la création de l’Action ouvrière à la demande d’Henri Frenay. URL : https://museedelaresistanceenligne.org/media2733-Marcel-Degliame
Musée de la Résistance en ligne. Dossier « Les Mouvements Unis de Résistance (MUR) » ; précise que l’Action ouvrière est reprise dans l’organisation des MUR. URL : https://www.museedelaresistanceenligne.org/expo.php?expo=75&sstheme=663&theme=132
Fondation de la Résistance. Dossier « Le sabotage dans la Résistance » ; présente l’Action ouvrière comme service recrutant des saboteurs dans le monde ouvrier. URL : https://www.fondationresistance.org/wp-content/uploads/2025/05/LettreResistance087.pdf
Maitron. Notice « Gérald Suberville » ; atteste l’existence d’une Action ouvrière régionale des MUR. URL : https://maitron.fr/suberville-gerald-francois-jean-pseudonymes-dans-la-clandestinite-granier-lebel-janvier/
Sources consultées Mémoire Vive de la Résistance, vérification le 7 mars 2026 ; Maitron, vérification le 7 mars 2026 ; Fondation de la Résistance / Musée de la Résistance en ligne, vérification le 7 mars 2026 ; Mémoire des Hommes, consultation de contrôle sans résultat directement exploité pour une fiche autonome le 7 mars 2026 ; Ordre de la Libération, vérification le 7 mars 2026 ; Gallica, consultation de contrôle non retenue dans la factualité finale le 7 mars 2026 ; Service historique de la Défense / FranceArchives, consultation de contrôle non exploitée directement dans le texte final le 7 mars 2026 ; sites associatifs locaux, non retenus dans la factualité finale ; Wikipédia, seulement utilisée comme contrôle secondaire, non retenue dans la factualité finale.