Émile Marie Pierre Irénée COULAUDON, alias Charlin, Rocher, Colt, colonel Gaspard, né le 29 décembre 1907 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), mort le 1er juin 1977 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), Français, cadre commercial, résistant, responsable du mouvement Combat, chef départemental des Mouvements unis de la Résistance, chef régional de l’Armée secrète, colonel des Forces françaises de l’intérieur, commandant des maquis d’Auvergne et du Mont Mouchet, Compagnon de la Libération.
Origines familiales et formation
Émile Coulaudon naît le 29 décembre 1907 à Clermont-Ferrand.
Il appartient à une famille auvergnate engagée dans la vie économique et politique locale.
Son père possède une agence de représentation de fabricants de matériel électrique.
Son frère aîné, Aimé Coulaudon, né en 1906, appartient au Parti socialiste SFIO. Il est élu député du Puy-de-Dôme en 1936 et participera lui aussi à la Résistance.
Émile Coulaudon poursuit ses études secondaires à Clermont-Ferrand et obtient le baccalauréat.
Il effectue son service militaire de 1928 à 1930 dans une section d’infirmiers militaires.
Après son retour à la vie civile, il entre dans l’entreprise familiale, où il exerce des fonctions de direction commerciale.
Il devient ensuite directeur régional de la société Philips à Clermont-Ferrand.
Cette activité professionnelle lui donne une bonne connaissance des entreprises, des moyens de transport et des réseaux économiques de la région.
Ces compétences lui seront utiles pendant la Résistance, notamment pour l’organisation des groupes clandestins et la recherche de moyens matériels.
Mobilisation de septembre 1939
Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, Émile Coulaudon est mobilisé comme sergent-chef.
Il sert dans une formation sanitaire.
Sa formation militaire et son expérience du commandement de petits détachements lui permettent d’exercer des responsabilités d’encadrement.
Après l’offensive allemande de mai 1940, son unité est entraînée dans la retraite générale de l’armée française.
Les forces allemandes progressent rapidement vers les Vosges et l’Alsace.
Le 22 juin 1940, Émile Coulaudon est fait prisonnier à Gérardmer, dans les Vosges.
Cette capture intervient le jour même de la signature de l’armistice franco-allemand.
Évasion — 8 juillet 1940
Émile Coulaudon refuse de demeurer prisonnier.
Transféré dans la région de Colmar, il cherche rapidement un moyen de s’évader.
Le 8 juillet 1940, il parvient à échapper à la surveillance allemande.
Il regagne Clermont-Ferrand.
Cette évasion constitue le premier acte personnel de son refus de la défaite.
À son retour, il reprend ses fonctions professionnelles au sein de la société Philips.
Toutefois, il considère que la guerre doit être poursuivie et que l’occupation allemande ne peut être acceptée.
Clermont-Ferrand, située en zone non occupée jusqu’en novembre 1942, devient alors un lieu de rencontre et d’organisation pour plusieurs groupes opposés au gouvernement de Vichy.
Premiers engagements clandestins — 1940-1942
De retour en Auvergne, Émile Coulaudon établit des contacts avec des hommes décidés à poursuivre la lutte.
Il participe à la constitution de groupes clandestins et rejoint le mouvement Combat, fondé par Henri Frenay.
Ce mouvement s’implante progressivement dans le Massif central.
Ses activités comprennent la diffusion de journaux clandestins, le renseignement, l’aide aux personnes recherchées et la préparation d’actions contre les moyens de l’occupant.
Émile Coulaudon utilise ses relations professionnelles pour faciliter les contacts entre résistants.
Il contribue à l’organisation de groupes capables d’intervenir dans plusieurs secteurs du Puy-de-Dôme.
Son action se développe à une époque où les moyens de la Résistance demeurent limités.
Les groupes disposent de peu d’armes, de moyens financiers insuffisants et de communications précaires.
La clandestinité impose des précautions constantes.
Les risques d’arrestation sont particulièrement élevés en raison de la surveillance des services de police de Vichy.
Responsable des groupes francs de Combat — Novembre 1942
En novembre 1942, Émile Coulaudon devient responsable des groupes francs de Combat pour la région de Clermont-Ferrand.
Il assume également la direction départementale du mouvement dans le Puy-de-Dôme.
Cette période correspond à l’occupation de la zone sud par les forces allemandes, à partir du 11 novembre 1942.
La présence directe des troupes allemandes transforme les conditions de la lutte clandestine.
Les groupes de Résistance doivent désormais affronter les services de répression allemands tout en continuant à échapper à la police de Vichy.
Coulaudon entreprend de renforcer les moyens d’action du mouvement.
Il participe à l’organisation du 1er Corps franc d’Auvergne, destiné à effectuer des opérations ponctuelles contre les installations et les moyens de l’ennemi.
Ces groupes utilisent des méthodes fondées sur la surprise, la rapidité et la dispersion.
Leur efficacité repose sur la qualité des renseignements recueillis et sur la capacité de leurs membres à échapper aux recherches après les opérations.
Création et développement du 1er Corps franc d’Auvergne
Le 1er Corps franc d’Auvergne devient progressivement l’un des instruments les plus actifs de la Résistance régionale.
Émile Coulaudon organise des équipes spécialisées dans les actions de sabotage.
Les objectifs visés sont principalement les installations industrielles, les communications, les transports et les infrastructures utilisées par l’occupant.
Les opérations conduites sous son autorité comprennent notamment des sabotages contre les aciéries des Ancizes.
Ces installations présentent un intérêt stratégique en raison de leur contribution à la production industrielle.
Les résistants interviennent également contre un poste émetteur allemand situé à Royat.
D’autres actions concernent des installations industrielles de Massiac et de Pont-du-Château.
Les groupes attaquent des transports ferroviaires allemands, notamment dans le secteur des Martres.
Ils participent aussi à la destruction de pylônes et de lignes électriques.
La biographie officielle de l’Ordre de la Libération attribue aux équipes placées sous l’autorité de Coulaudon la destruction de 150 pylônes de haute tension au cours d’une même journée.
Ce chiffre provient du récit institutionnel et devrait être rapproché des rapports d’opérations pour une évaluation détaillée.
L’ensemble de ces actions contribue à perturber les activités économiques et militaires de l’occupant en Auvergne.
Récupération de matériel et ravitaillement des groupes clandestins
L’organisation de la Résistance ne repose pas uniquement sur les sabotages.
Il faut également constituer des réserves de carburant, d’habillement, de véhicules, de vivres et d’armes.
Émile Coulaudon mène une activité importante dans ce domaine.
Ses groupes récupèrent du matériel dans plusieurs dépôts.
Les opérations concernent notamment les installations de Châtel-Guyon et de Vertaizon.
Selon l’Ordre de la Libération, les équipes placées sous sa responsabilité récupèrent plus de 200 000 litres d’essence, environ 100 tonnes d’habillement et plus de 150 véhicules.
Elles s’emparent également de plusieurs milliers d’armes, notamment dans les dépôts de Massiac et de Coudes.
Ces chiffres donnent une idée de l’ampleur des moyens mobilisés par la Résistance auvergnate.
Ils concernent des opérations collectives conduites sous la responsabilité de Coulaudon et ne doivent pas être interprétés comme des actions qu’il aurait exécutées personnellement.
Le matériel récupéré permet de développer les groupes clandestins et de préparer l’armement des futurs maquis.
Responsable des Mouvements unis de la Résistance — Février 1943
Au début de 1943, les principaux mouvements de Résistance de la zone sud entreprennent leur unification.
Combat, Libération-Sud et Franc-Tireur constituent les Mouvements unis de la Résistance, généralement désignés par les initiales MUR.
En février 1943, Émile Coulaudon devient chef départemental des MUR pour le Puy-de-Dôme.
Cette responsabilité dépasse désormais les seules structures du mouvement Combat.
Il doit coordonner plusieurs organisations issues de traditions politiques et sociales différentes.
L’unification impose de résoudre des difficultés importantes : répartition des responsabilités, organisation des transmissions, financement, sécurité et préparation de l’action militaire.
Coulaudon participe à la mise en place de ces structures.
Son rôle devient progressivement central dans la Résistance auvergnate.
Entrée dans la clandestinité complète — Avril 1943
Le 25 avril 1943, Émile Coulaudon entre dans une clandestinité complète.
Il doit abandonner son activité professionnelle officielle et multiplier les précautions de sécurité.
La police de Vichy et les services allemands recherchent de plus en plus activement les responsables des organisations clandestines.
Il utilise plusieurs pseudonymes, notamment Charlin, Rocher et Colt.
Il devient surtout connu sous celui de colonel Gaspard.
Ce nom restera durablement associé aux maquis d’Auvergne.
Son activité clandestine comprend désormais la coordination des groupes armés, la préparation des parachutages, les contacts entre mouvements et l’organisation des futurs rassemblements de combattants.
La répression allemande en Auvergne — Décembre 1943
En décembre 1943, les services allemands de répression entreprennent une importante opération contre les responsables de la Résistance régionale.
Hugo Geissler, responsable du service de sécurité allemand à Vichy, participe à cette action.
Les Allemands parviennent à saisir des documents importants.
Plusieurs responsables clandestins sont arrêtés.
Certains sont torturés puis exécutés.
Émile Coulaudon échappe à cette opération avec plusieurs de ses collaborateurs, notamment Robert Huguet, Antoine Lorca-Laurent, Max Menut et Camille Leclanché.
Les arrestations désorganisent néanmoins une partie des structures régionales.
Les documents saisis mettent en danger les liaisons et les groupes clandestins.
Coulaudon doit reconstituer certaines organisations tout en maintenant les actions contre l’occupant.
Cette période constitue l’une des phases les plus dangereuses de son engagement.
Chef régional de l’Armée secrète — 1944
Au début de 1944, Émile Coulaudon devient chef régional de l’Armée secrète.
Cette organisation militaire clandestine regroupe les formations issues des principaux mouvements de Résistance.
Elle doit préparer les opérations qui accompagneront le futur débarquement allié.
Coulaudon reçoit ensuite la responsabilité des Forces françaises de l’intérieur de la région R6.
Cette région comprend notamment l’Allier, le Cantal, la Haute-Loire et le Puy-de-Dôme.
Sa mission consiste à coordonner les unités résistantes et à préparer leur intervention militaire.
Les groupes clandestins doivent être progressivement transformés en formations capables de mener des opérations plus importantes.
Cette transformation soulève de nombreuses difficultés.
Les maquisards disposent d’un armement très inégal.
Leurs niveaux d’instruction militaire sont différents.
Les communications entre unités restent précaires.
Le ravitaillement de plusieurs milliers d’hommes nécessite une organisation particulièrement complexe.
Relations avec les services britanniques — Avril 1944
En avril 1944, Émile Coulaudon rencontre Maurice Southgate, agent britannique du Special Operations Executive, le SOE.
Southgate dirige un réseau chargé de soutenir les organisations clandestines françaises.
La rencontre permet d’envisager la constitution de zones de rassemblement importantes dans le Massif central.
Ces zones doivent accueillir les résistants susceptibles de participer à une mobilisation générale.
Les responsables espèrent obtenir des parachutages alliés d’armes, de munitions et de matériel.
Le projet s’inscrit dans une réflexion stratégique plus large sur l’utilisation des maquis au moment du débarquement.
Les résistants doivent perturber les déplacements allemands et contribuer à immobiliser des forces qui pourraient autrement être envoyées vers les plages du débarquement.
Toutefois, les projets de rassemblement massif comportent des risques considérables.
Les maquisards peuvent se trouver confrontés à des unités allemandes disposant d’une puissance de feu et de moyens de transport supérieurs.
Ces difficultés apparaîtront particulièrement pendant les combats de juin 1944.
Préparation des réduits d’Auvergne — Avril-mai 1944
Au printemps 1944, les responsables de la Résistance régionale étudient la création de plusieurs zones de concentration de maquisards.
Le Mont Mouchet, dans la Margeride, est choisi comme l’un des principaux centres de rassemblement.
Un autre secteur est prévu autour de La Truyère et de Chaudes-Aigues.
Le relief montagneux et les massifs forestiers semblent offrir des conditions favorables à l’installation des résistants.
Le terrain permet également de surveiller plusieurs axes de communication importants.
Ces zones sont cependant relativement éloignées des centres principaux de ravitaillement.
Leur défense nécessite des armes collectives, des munitions et des moyens de transmission.
Le projet reçoit l’approbation des principaux responsables de la Résistance auvergnate.
Henry Ingrand, chef régional des MUR, joue un rôle essentiel dans cette décision.
Les sources institutionnelles présentent une légère divergence sur la date exacte de la réunion décisive du Comité régional de Libération.
L’Ordre de la Libération mentionne le 29 avril 1944.
Une publication de Saint-Flour Communauté retient une réunion du 2 mai, puis évoque une nouvelle décision collective le 15 mai.
Ces indications peuvent correspondre à plusieurs étapes du processus de décision.
Appel à la mobilisation générale — Mai 1944
À partir de la mi-mai 1944, Émile Coulaudon entreprend de rassembler les groupes de Résistance dans les zones préparées.
Le 20 mai 1944, il signe un ordre appelant les résistants de la région R6 à rejoindre les formations combattantes constituées dans les montagnes d’Auvergne.
Ce document est présenté par Saint-Flour Communauté dans son parcours historique consacré aux maquisards du Mont Mouchet.
Les hommes quittent leurs lieux de résidence et gagnent les secteurs de rassemblement.
Ils proviennent de plusieurs départements.
Certains appartiennent depuis longtemps à des organisations clandestines.
D’autres ont rejoint plus récemment les maquis pour échapper au Service du travail obligatoire ou pour participer aux combats de la Libération.
Il faut organiser leur accueil, leur ravitaillement et leur répartition en compagnies.
Le poste de commandement de Coulaudon est établi à la maison forestière du Mont Mouchet.
Son état-major comprend plusieurs résistants expérimentés.
Au début de juin, les effectifs atteignent plusieurs milliers d’hommes.
Organisation militaire du Mont Mouchet
Le Mont Mouchet constitue l’un des plus importants rassemblements de résistants réalisés en France avant la Libération.
Le relief de la Margeride permet d’organiser des positions défensives autour de plusieurs routes et passages.
Toutefois, les unités disposent essentiellement d’armes individuelles et d’un nombre limité d’armes automatiques.
Les armes lourdes sont insuffisantes.
Les munitions demeurent également limitées.
Ces faiblesses réduisent considérablement la capacité des maquisards à résister longtemps à une attaque allemande importante.
Au 2 juin 1944, environ 2 700 résistants sont rassemblés au Mont Mouchet, selon la biographie officielle de l’Ordre de la Libération.
D’autres groupes se trouvent dans le secteur de La Truyère.
L’objectif n’est pas seulement de défendre une position.
Les responsables souhaitent également constituer une force capable d’intervenir contre les communications allemandes au moment du débarquement allié.
Premier engagement allemand — 2 juin 1944
Le 2 juin 1944, une formation allemande attaque les positions françaises par le sud.
Selon l’Ordre de la Libération, les effectifs ennemis engagés sont d’environ 800 hommes.
Les résistants parviennent à repousser cette attaque.
Les Allemands doivent se replier vers Paulhac.
Ce succès contribue à renforcer la confiance des combattants du Mont Mouchet.
Il ne doit cependant pas masquer la supériorité matérielle dont disposent les forces allemandes.
Celles-ci peuvent engager des unités plus nombreuses, mieux équipées et soutenues par des armes lourdes.
Débarquement de Normandie — 6 juin 1944
Le 6 juin 1944, les forces alliées débarquent en Normandie.
La nouvelle est immédiatement connue des organisations de Résistance.
Les responsables militaires clandestins intensifient les actions destinées à perturber les communications allemandes.
Les maquis d’Auvergne jouent un rôle important dans cette stratégie.
Les groupes résistants sabotent des voies ferrées, détruisent des ponts et attaquent des convois.
Les forces allemandes doivent désormais combattre les maquisards tout en cherchant à maintenir leurs communications vers le nord.
Le Mont Mouchet devient un objectif prioritaire pour les autorités militaires allemandes.
Attaque générale contre le Mont Mouchet — 10 juin 1944
Le 10 juin 1944, les forces allemandes déclenchent une attaque importante contre le Mont Mouchet.
Les unités ennemies progressent selon plusieurs axes.
Les principaux mouvements sont dirigés depuis Saint-Flour, Langeac et Le Puy-en-Velay.
Les combats sont particulièrement violents.
Les maquisards opposent une résistance déterminée.
Les positions françaises parviennent à contenir plusieurs attaques.
Les Allemands disposent cependant d’une puissance de feu considérable.
Leurs unités sont mieux équipées et bénéficient de moyens de transport plus importants.
La bataille se poursuit jusqu’à la nuit.
Deuxième journée de combats — 11 juin 1944
Le 11 juin 1944, les attaques allemandes reprennent.
Les maquisards continuent de défendre leurs positions.
Les combats provoquent des pertes importantes.
La consommation des munitions devient préoccupante.
Plusieurs compagnies risquent de ne plus disposer des moyens nécessaires pour poursuivre longtemps leur résistance.
Émile Coulaudon doit alors prendre une décision particulièrement difficile.
Avec son chef d’état-major et les autres responsables militaires, il examine les possibilités de poursuivre les combats.
La conservation du Mont Mouchet présenterait un risque croissant d’encerclement.
La destruction des unités résistantes compromettrait également les opérations futures.
Décision de décrochage — Nuit du 11 au 12 juin 1944
Émile Coulaudon décide d’ordonner le repli des unités du Mont Mouchet.
La décision est prise en liaison avec son état-major et les responsables régionaux de la Résistance.
Le décrochage commence pendant la nuit.
Les unités doivent abandonner leurs positions et rejoindre de nouveaux secteurs de rassemblement.
L’opération est difficile.
Les combattants doivent se déplacer sur des itinéraires parfois surveillés par les Allemands.
Les blessés posent un problème particulièrement grave.
Le transport des hommes incapables de marcher ralentit les déplacements.
Malgré ces difficultés, une partie importante des unités parvient à se replier.
Les groupes se regroupent progressivement dans le secteur de La Truyère-Chaudes-Aigues.
Le Mont Mouchet est abandonné.
Cette décision permet de préserver une partie importante des effectifs résistants.
Pertes et répression au Mont Mouchet
Les combats du Mont Mouchet provoquent de lourdes pertes parmi les maquisards.
Les sources institutionnelles n’emploient pas toutes les mêmes méthodes de comptage.
Le site Chemins de mémoire retient notamment 125 victimes parmi les maquisards, en incluant les combattants tués, les fusillés et les blessés achevés.
Il mentionne également plus de cinquante victimes civiles.
Ces chiffres doivent être distingués des seules pertes enregistrées au cours des engagements militaires.
Les représailles allemandes contre les populations locales constituent une dimension essentielle de cette période.
Les villages et les habitants soupçonnés d’avoir soutenu les résistants subissent des violences particulièrement graves.
La bataille du Mont Mouchet ne peut donc être étudiée uniquement comme un affrontement entre unités armées.
Elle doit aussi être replacée dans l’histoire de la répression allemande contre les maquis et les populations civiles.
Regroupement dans le secteur de La Truyère
Après le décrochage du Mont Mouchet, les unités résistantes se regroupent autour de La Truyère.
Ce secteur offre de nouvelles possibilités de défense.
Les compagnies sont réorganisées.
Des hommes ayant échappé aux combats rejoignent les formations.
D’autres résistants arrivent également dans la région.
Selon l’Ordre de la Libération, les effectifs atteignent alors environ 4 000 hommes.
Ces chiffres correspondent à une concentration régionale et doivent être utilisés avec prudence.
La situation militaire demeure difficile.
Les unités françaises manquent toujours d’armes lourdes et de munitions.
Les communications et le ravitaillement restent précaires.
Les forces allemandes préparent une nouvelle offensive.
Combats de La Truyère — 20 juin 1944
Le 20 juin 1944, les forces allemandes attaquent les positions résistantes du secteur de La Truyère.
Les combats sont particulièrement violents.
Les maquisards opposent une résistance prolongée.
Les Allemands cherchent à encercler les positions françaises et à empêcher tout nouveau repli.
Les unités résistantes sont confrontées à des difficultés semblables à celles rencontrées au Mont Mouchet.
L’ennemi dispose d’une puissance de feu supérieure.
Le risque d’encerclement devient progressivement important.
Émile Coulaudon et son état-major décident donc d’organiser un nouveau décrochage.
Deuxième décrochage — Nuit du 20 au 21 juin 1944
Dans la nuit du 20 au 21 juin, les unités résistantes abandonnent leurs positions.
Le repli vise à éviter l’anéantissement des formations.
Le lendemain matin, les forces allemandes découvrent que les principaux groupes ont quitté le secteur.
Cependant, plusieurs blessés graves n’ont pas pu être évacués.
Des soldats allemands les exécutent.
L’Ordre de la Libération évoque une dizaine de blessés ainsi assassinés.
Ce crime illustre la violence de la répression contre les résistants.
Après ces affrontements, la stratégie des FFI d’Auvergne évolue.
Les rassemblements importants sont progressivement remplacés par des opérations de guérilla plus dispersées.
Les groupes utilisent davantage la mobilité, les embuscades et les sabotages.
Réorganisation de la guérilla — Juin-juillet 1944
Après les combats du Mont Mouchet et de La Truyère, Émile Coulaudon poursuit son commandement.
Les pertes et les difficultés rencontrées conduisent à une adaptation des méthodes de combat.
Les unités sont dispersées en groupes plus mobiles.
Leur mission consiste à attaquer les communications allemandes et à empêcher l’ennemi d’utiliser librement les routes et les voies ferrées.
Les résistants détruisent des ponts, sabotent des lignes électriques et interrompent la circulation ferroviaire.
Ils multiplient également les embuscades contre les convois.
Les opérations sont particulièrement importantes dans les secteurs permettant aux troupes allemandes de remonter vers le nord de la France.
La Résistance auvergnate contribue ainsi à compliquer les mouvements militaires ennemis.
Ces actions sont menées en liaison avec les autres formations résistantes du Massif central.
Libération de l’Auvergne — Août 1944
En août 1944, la situation militaire évolue rapidement.
Les forces alliées progressent depuis la Normandie et la Provence.
Les troupes allemandes présentes dans le centre et le sud de la France cherchent à se replier.
Les FFI d’Auvergne multiplient leurs opérations.
Plusieurs villes sont progressivement libérées.
Les combats et les mouvements de repli allemands concernent notamment Saint-Flour, Issoire, Vichy, Montluçon, Moulins et Clermont-Ferrand.
La libération de Clermont-Ferrand intervient le 27 août 1944.
Émile Coulaudon participe à la coordination générale des formations résistantes de la région.
La contribution des FFI comprend le harcèlement des colonnes allemandes, les sabotages des communications et la participation aux opérations de libération.
La victoire résulte de l’action conjuguée des forces alliées et des différents mouvements de Résistance.
Capitulation allemande à Decize
Après la libération d’une grande partie de l’Auvergne, les FFI poursuivent les colonnes allemandes qui cherchent à rejoindre le nord.
Les actions des résistants d’Auvergne s’articulent avec celles des formations du Limousin et d’autres régions du sud-ouest.
Les sabotages et les attaques rendent les mouvements ennemis particulièrement difficiles.
L’Ordre de la Libération indique qu’environ 22 000 militaires allemands refoulés du Massif central et du sud-ouest finissent par capituler à Decize, dans la Nièvre.
Ce chiffre, qui concerne une opération dépassant largement la seule région commandée par Émile Coulaudon, doit être vérifié dans les archives opérationnelles avant d’être attribué à une action directe et exclusive des FFI d’Auvergne.
Il n’en demeure pas moins que les forces résistantes ont joué un rôle important dans l’entrave aux mouvements allemands.
Fonctions militaires après la Libération
Après la libération de Clermont-Ferrand, Émile Coulaudon est nommé adjoint au commandant de la 13e région militaire.
Il exerce ces fonctions sous l’autorité du commandement régulier de l’armée française.
Cette nomination marque la transition entre les responsabilités clandestines des FFI et la réorganisation militaire de la France libérée.
Il participe notamment à l’intégration des formations résistantes dans les structures régulières.
Cette période pose de nombreuses difficultés administratives et militaires.
Il faut établir les états de services, reconnaître les grades, organiser les démobilisations et intégrer une partie des anciens FFI dans l’armée.
L’expérience acquise par Coulaudon pendant la clandestinité lui permet de contribuer à cette réorganisation.
Nomination comme Compagnon de la Libération — 19 octobre 1945
Par décret du 19 octobre 1945, Émile Coulaudon est nommé Compagnon de la Libération.
Cette distinction récompense son rôle dans l’organisation de la Résistance intérieure et le commandement des Forces françaises de l’intérieur en Auvergne.
Elle reconnaît notamment les actions conduites par les groupes francs, la préparation de la mobilisation de 1944 et sa participation aux combats du Mont Mouchet et de La Truyère.
L’attribution est faite de son vivant.
Le décret est confirmé par l’Ordre de la Libération et par l’inventaire de son dossier individuel.
La référence précise de sa publication au Journal officiel reste à établir.
Activité municipale après la guerre
Après la Libération, Émile Coulaudon participe à la vie municipale de Clermont-Ferrand.
Il devient adjoint au maire Gabriel Montpied.
Il exerce ces fonctions jusqu’en 1947.
Cette activité témoigne de l’engagement de plusieurs responsables de la Résistance dans la reconstruction des institutions républicaines.
Les municipalités doivent alors faire face aux difficultés économiques et sociales de l’après-guerre.
Le ravitaillement, le logement, les transports et la reprise des activités industrielles constituent des préoccupations majeures.
Coulaudon participe à cette période de transition avant de reprendre plus complètement ses activités professionnelles.
Retour à la vie professionnelle — 1946
En 1946, Émile Coulaudon reprend ses fonctions dans l’entreprise Philips à Clermont-Ferrand.
Il exerce des responsabilités de direction régionale.
Son retour à la vie économique ne met pas fin à son engagement dans les organisations issues de la Résistance.
Il conserve des relations avec de nombreux anciens responsables des mouvements clandestins et des maquis.
Il participe à la défense des droits et de la mémoire des anciens résistants.
Fondation et animation d’associations mémorielles
Émile Coulaudon joue un rôle important dans les associations réunissant les anciens membres des Mouvements unis de la Résistance et des maquis d’Auvergne.
Il participe notamment à la création et à l’animation de la Fédération des MUR et des Maquis.
Cette organisation vise à maintenir les liens entre anciens combattants et à préserver le souvenir des actions conduites pendant l’Occupation.
En 1969, il participe à la fondation du Comité d’union de la Résistance d’Auvergne, le CODURA.
Cette organisation contribue à la conservation de la mémoire régionale des combats.
Elle participe notamment aux initiatives qui aboutissent à la création d’un musée de la Résistance au Mont Mouchet.
Coulaudon demeure attaché à la reconnaissance du rôle joué par les maquisards et les populations civiles dans la libération de l’Auvergne.
La mémoire du Mont Mouchet
Après la guerre, le Mont Mouchet devient progressivement un haut lieu de la mémoire de la Résistance.
Le site rappelle les engagements de juin 1944 et les sacrifices des maquisards.
Des monuments commémoratifs y sont érigés.
Des cérémonies réunissent régulièrement les anciens combattants, leurs familles et les représentants des autorités publiques.
La mémoire des combats du Mont Mouchet demeure cependant indissociable des débats historiques sur les choix militaires effectués au printemps 1944.
La concentration de plusieurs milliers d’hommes, les espoirs placés dans les parachutages alliés, les difficultés de ravitaillement et la décision de décrocher constituent des questions importantes pour les historiens.
Le rôle d’Émile Coulaudon doit être replacé dans ce contexte collectif.
Il exerce des responsabilités militaires considérables, mais ses décisions sont prises en relation avec les autres dirigeants de la Résistance régionale.
Décès et sépulture
Émile Coulaudon meurt le 1er juin 1977 à Clermont-Ferrand.
Il est âgé de soixante-neuf ans.
Il est inhumé à Pontgibaud, dans le Puy-de-Dôme.
Sa disparition suscite de nombreux hommages en Auvergne.
Il demeure l’une des principales figures de la Résistance régionale.
Le pseudonyme de colonel Gaspard reste particulièrement associé aux combats du Mont Mouchet et de La Truyère.
Chronologie
| Date | Événement |
|---|---|
| 29 décembre 1907 | Naissance à Clermont-Ferrand. |
| 1928-1930 | Service militaire dans une section d’infirmiers. |
| Après 1930 | Activités commerciales dans l’entreprise familiale. |
| Avant 1939 | Direction régionale de la société Philips. |
| Septembre 1939 | Mobilisation comme sergent-chef. |
| 22 juin 1940 | Fait prisonnier à Gérardmer. |
| 8 juillet 1940 | Évasion de Colmar. |
| 1940-1942 | Premiers engagements clandestins à Clermont-Ferrand. |
| Novembre 1942 | Responsable des groupes francs de Combat. |
| Février 1943 | Chef départemental des MUR pour le Puy-de-Dôme. |
| 25 avril 1943 | Entrée dans la clandestinité complète. |
| 1943 | Développement du 1er Corps franc d’Auvergne et des sabotages. |
| Décembre 1943 | Échappe à une importante opération de répression allemande. |
| Début 1944 | Chef régional de l’Armée secrète. |
| 1944 | Chef des FFI de la région R6. |
| 15 avril 1944 | Rencontre avec Maurice Southgate à Montluçon, selon le ministère des Armées. |
| Fin avril-début mai 1944 | Décisions relatives à la constitution des réduits d’Auvergne. |
| 20 mai 1944 | Ordre de mobilisation des résistants de la région R6. |
| 2 juin 1944 | Première attaque allemande contre le Mont Mouchet. |
| 6 juin 1944 | Débarquement allié en Normandie. |
| 10-11 juin 1944 | Combats principaux du Mont Mouchet. |
| Nuit du 11 au 12 juin 1944 | Décrochage vers La Truyère. |
| 20 juin 1944 | Attaque allemande contre les positions de La Truyère. |
| Nuit du 20 au 21 juin 1944 | Deuxième décrochage. |
| Juin-août 1944 | Organisation de la guérilla contre les communications allemandes. |
| 27 août 1944 | Libération de Clermont-Ferrand. |
| Après août 1944 | Adjoint au commandant de la 13e région militaire. |
| 19 octobre 1945 | Nomination comme Compagnon de la Libération. |
| 1945-1947 | Adjoint au maire de Clermont-Ferrand. |
| 1946 | Reprise de ses responsabilités professionnelles chez Philips. |
| 1969 | Participation à la création du CODURA. |
| 1er juin 1977 | Décès à Clermont-Ferrand. |
| Après 1977 | Développement des initiatives mémorielles au Mont Mouchet. |
Unités, réseaux, mouvements et organismes d’appartenance
Armée française — Mobilisation en 1939 comme sergent-chef dans une formation sanitaire.
Combat — Responsable des groupes francs de la région de Clermont-Ferrand et chef départemental pour le Puy-de-Dôme.
1er Corps franc d’Auvergne — Organisation et direction des actions de sabotage et de récupération de matériel.
Mouvements unis de la Résistance — Chef départemental pour le Puy-de-Dôme à partir de février 1943.
Armée secrète — Chef régional en 1944.
Forces françaises de l’intérieur — Chef de la région R6.
Maquis du Mont Mouchet — Commandant des rassemblements et des opérations de juin 1944.
Maquis de La Truyère — Commandement des unités regroupées après le décrochage du Mont Mouchet.
13e région militaire — Adjoint au commandant après la Libération.
Fédération des MUR et des Maquis — Président fondateur.
Comité d’union de la Résistance d’Auvergne — Participation à sa création en 1969.
Camarades de combat et collaborateurs
Henri FRENAY — Fondateur du mouvement Combat, auquel Émile Coulaudon appartient avant de prendre la direction départementale de l’organisation.
Henry INGRAND, alias Rouvres — Responsable régional des MUR et membre du Comité régional de Libération ; participe aux décisions concernant la mobilisation des maquis d’Auvergne.
Robert HUGUET, alias Prince — Résistant auvergnat, collaborateur militaire d’Émile Coulaudon pendant l’organisation des maquis.
Antoine LORCA-LAURENT — Responsable de la Résistance en Auvergne ; appartient à l’entourage clandestin de Coulaudon et échappe avec lui à la répression de décembre 1943.
Max MENUT, alias Bénévol — Résistant auvergnat ; participe aux structures clandestines placées sous le commandement de Gaspard.
Camille LECLANCHÉ, alias Buron — Résistant auvergnat ; appartient au groupe de responsables menacés lors de l’opération allemande de décembre 1943.
Maurice SOUTHGATE, alias Philippe — Agent britannique du Special Operations Executive ; rencontre Émile Coulaudon en avril 1944 pour préparer la concentration des maquisards et leur approvisionnement en armes.
GARCIÉ — Officier assurant les fonctions de chef d’état-major auprès d’Émile Coulaudon pendant les combats du Mont Mouchet. Identité complète et graphie du nom à vérifier dans les archives militaires.
Gabriel MONTPIED — Maire de Clermont-Ferrand après la Libération ; Émile Coulaudon exerce les fonctions d’adjoint au sein de sa municipalité.
Aimé COULAUDON — Frère d’Émile Coulaudon, ancien député SFIO et résistant, chef adjoint du maquis des Cheires.
Lieux de mémoire et d’action
Clermont-Ferrand — Puy-de-Dôme — Ville natale, lieu d’activité professionnelle, centre de ses responsabilités clandestines et lieu de décès.
Gérardmer — Vosges — Lieu de sa capture le 22 juin 1940.
Colmar — Haut-Rhin — Lieu de son évasion le 8 juillet 1940.
Les Ancizes — Puy-de-Dôme — Secteur d’opérations de sabotage contre les installations sidérurgiques.
Royat — Puy-de-Dôme — Sabotage d’un poste émetteur allemand.
Massiac — Cantal — Opérations contre des installations industrielles et récupération d’armes.
Pont-du-Château — Puy-de-Dôme — Secteur d’actions clandestines.
Châtel-Guyon — Puy-de-Dôme — Récupération de matériel et de ravitaillement.
Vertaizon — Puy-de-Dôme — Récupération de matériel au profit des groupes résistants.
Montluçon — Allier — Rencontre avec Maurice Southgate en avril 1944.
Mont Mouchet — Haute-Loire — Principal centre de rassemblement des maquisards et poste de commandement de Gaspard.
La Truyère — Cantal — Secteur du second rassemblement et des combats de juin 1944.
Saint-Flour — Cantal — Secteur des opérations allemandes et de la libération de l’Auvergne.
Decize — Nièvre — Secteur d’une importante capitulation allemande lors du repli des forces ennemies.
Pontgibaud — Puy-de-Dôme — Lieu de sépulture.
Décorations
Officier de la Légion d’honneur — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération. Une source biographique donne l’année 1954 pour sa promotion. Le décret individuel et sa publication au Journal officiel n’ont pas été vérifiés directement.
Compagnon de la Libération — Décret du 19 octobre 1945 ; attribution de son vivant, non posthume. Dossier individuel 1 A 243. Carte de Compagnon n° 842 datée du 23 novembre 1949. Diplôme n° 131, reçu le 10 juin 1965. Date de publication au Journal officiel non établie avec certitude.
Croix de guerre 1939-1945 avec palmes — Deux citations selon la notice officielle de l’Ordre de la Libération. Une remise de décoration par André Diethelm, le 28 septembre 1944, est mentionnée dans un document du dossier militaire analysé par le Musée de la Résistance en ligne.
Médaille de la Résistance française — Attribution confirmée par l’Ordre de la Libération et par une pièce du dossier militaire d’Émile Coulaudon établie en octobre 1950. Une source secondaire mentionne un décret du 30 mai 1943 ; cette date n’a pas été confirmée par consultation directe du décret. Le document militaire reproduit par le Musée de la Résistance en ligne mentionne décembre 1943. Ces références ne doivent pas être confondues avec la date d’une éventuelle publication au Journal officiel.
Croix de guerre belge — Belgique. Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération. Date, grade éventuel et acte officiel d’attribution non vérifiés.
Ordre militaire de Virtuti Militari — Pologne. Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération. Le grade exact et les références de nomination doivent être recherchés dans les archives polonaises.
Croix de guerre espagnole — Espagne. Distinction mentionnée dans la notice officielle de l’Ordre de la Libération. Nature exacte de la décoration, date et autorité d’attribution non établies.
Médaille des MUR — Distinction clandestine attribuée par les Mouvements unis de la Résistance, à distinguer des décorations officielles de l’État français. Le Musée de la Résistance en ligne signale qu’une médaille lui fut remise par Charles Dejussieu-Pontcarral et que sa fabrication avait été réalisée clandestinement chez Michelin. La date de remise présente une divergence entre le titre du document, qui indique le 13 juillet 1944, et son commentaire, qui mentionne le 13 juillet 1943. Cette distinction doit donc être accompagnée d’une réserve documentaire.
Dossiers d’archives et d’homologation
Ordre de la Libération — Dossier individuel 1 A 243
Le répertoire numérique des dossiers individuels des Compagnons de la Libération, lettre C, identifie le dossier personnel d’Émile Coulaudon sous la cote 1 A 243.
Ce dossier comprend un mémoire de proposition établi en 1945 pour l’attribution de la croix de la Libération.
Il conserve également l’ampliation du décret du 19 octobre 1945.
Parmi les documents administratifs figurent une carte de Compagnon n° 842 datée du 23 novembre 1949 et le reçu du diplôme de Compagnon de la Libération n° 131, daté du 10 juin 1965.
Le dossier comporte plusieurs fiches de renseignements établies par la chancellerie de l’Ordre.
Sept pièces de correspondance échangées avec l’institution entre 1950 et 2004 sont également signalées.
Des copies de documents provenant du Service historique de la Défense figurent dans ce fonds.
Parmi elles se trouvent un certificat d’appartenance aux Forces françaises de l’intérieur du 7 juin 1951, une fiche individuelle d’officier et un état des services.
Le dossier comprend enfin des documents concernant la sépulture et les commémorations.
Un discours prononcé en 1994 à l’occasion du cinquantième anniversaire des combats du Mont Mouchet y est conservé.
Cet ensemble permet de compléter l’étude de son parcours militaire et de son rôle mémoriel.
Service historique de la Défense — GR 16 P 146234
Le dossier nominatif d’Émile Coulaudon est identifié sous la cote GR 16 P 146234.
Il concerne ses activités au sein de la Résistance et des Forces françaises de l’intérieur.
Le Musée de la Résistance en ligne reproduit une pièce de ce dossier datée d’octobre 1950.
Ce document contient des indications sur ses récompenses et décorations.
Il mentionne notamment la Médaille de la Résistance et la croix de guerre 1939-1945.
La référence précise du dossier permet d’en demander la consultation au Service historique de la Défense, à Vincennes.
Archives départementales du Puy-de-Dôme
Les Archives départementales du Puy-de-Dôme conservent des documents relatifs à la Résistance régionale et au parcours d’Émile Coulaudon.
Leurs ressources permettent notamment d’étudier les activités clandestines de Gaspard, les structures de commandement des FFI et les combats du Mont Mouchet.
Elles constituent un complément indispensable aux archives militaires centrales.
Archives des services britanniques
Les relations entre Émile Coulaudon et Maurice Southgate peuvent être étudiées à partir des archives du Special Operations Executive.
Ces documents permettraient de préciser les contacts d’avril 1944, les projets de parachutages et les communications entre la Résistance auvergnate et Londres.
Aucune cote individuelle précise de ces archives britanniques n’a été vérifiée dans le cadre de cette notice.
Références bibliographiques
À nous Auvergne. La vérité sur la Résistance en Auvergne, 1940-1944, Gilles LÉVY et Francis CORDET, Presses de la Cité, Paris, 1981. Étude historique consacrée aux organisations de Résistance en Auvergne, aux maquis et aux combats de la Libération ; pagination non vérifiée.
Histoires extraordinaires de la Résistance, Paul DREYFUS, Fayard, Paris, 1977. Ouvrage consacré à plusieurs épisodes et personnalités de la Résistance française.
Mémorial des Compagnons de la Libération 1940-1945, Chancellerie de l’Ordre de la Libération, Paris, 1961. Ouvrage collectif de référence sur les Compagnons de la Libération.
1061 Compagnons. Histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe NOTIN, Perrin, Paris, 2000, 822 p. Étude historique générale des parcours des Compagnons de la Libération.
Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir TROUPLIN, Elytis, Bordeaux, 2010 ; édition augmentée, 2023. Référence biographique consacrée aux Compagnons de la Libération.
Dictionnaire historique de la Résistance, sous la direction de François MARCOT, Robert Laffont, Paris, 2006, 1 187 p. Ouvrage de référence permettant de replacer les MUR, l’Armée secrète et les FFI d’Auvergne dans l’histoire de la Résistance intérieure.
La France libre, Jean-Louis CRÉMIEUX-BRILHAC, Gallimard, Paris, 1996. Étude générale de la France libre et de ses relations avec la Résistance intérieure.
Références internet
Ordre de la Libération — Émile Coulaudon — Notice biographique officielle consacrée à son parcours, aux groupes francs d’Auvergne, aux combats du Mont Mouchet et à ses décorations — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/emile-coulaudon
Ordre de la Libération — Inventaire des dossiers individuels des Compagnons de la Libération, lettre C — Identification du dossier 1 A 243 et description des pièces militaires et administratives conservées —
Musée de la Résistance en ligne — Émile Coulaudon et la médaille des MUR — Document extrait du dossier militaire GR 16 P 146234, contenant des indications sur ses récompenses et ses décorations — https://museedelaresistanceenligne.org/media8930-Emile-Coulaudon-et-la-mdaille-des-MUR-du-13-juillet-1944
Ministère des Armées — Le maquis du Mont Mouchet — Présentation historique des rassemblements de résistants, des combats et de leurs conséquences — https://www.defense.gouv.fr/chemins-memoire/histoire-memoires/ressources-historiques/seconde-guerre-mondiale/resister/resistance-interieure-12
Chemins de mémoire — Le maquis du Mont Mouchet — Étude des positions de défense, des moyens disponibles et des pertes humaines — https://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/le-maquis-du-mont-mouchet-0
Saint-Flour Communauté — Émile Coulaudon — Présentation de son action dans les maquis d’Auvergne, de la rencontre avec Maurice Southgate et de l’ordre de mobilisation du 20 mai 1944 — https://sentier-des-maquisards.saint-flour-communaute.fr/thematiques/emile-coulaudon/
Archives départementales du Puy-de-Dôme — Émile Coulaudon, dit Rocher, Colt, colonel Gaspard — Ressources documentaires consacrées à son parcours résistant — https://www.archivesdepartementales.puy-de-dome.fr/n/emile-coulaudon-dit-rocher-colt-colonel-gaspard/n:496
Assemblée nationale — Aimé Coulaudon — Biographie parlementaire de son frère, permettant de préciser l’environnement familial et les engagements résistants — https://www2.assemblee-nationale.fr/sycomore/fiche/2019?legislature=42
Observations
Émile Coulaudon occupe une place majeure dans l’histoire de la Résistance intérieure en Auvergne.
Son parcours illustre l’évolution des organisations clandestines entre 1940 et 1944.
Après son évasion de juillet 1940, il participe à la constitution des premiers groupes résistants dans le Puy-de-Dôme.
Il devient ensuite l’un des responsables du mouvement Combat, puis des Mouvements unis de la Résistance.
Son activité ne se limite pas à la propagande ou au renseignement.
Il organise des groupes francs capables de mener des sabotages et de récupérer du matériel.
Ses fonctions prennent une dimension régionale lorsqu’il devient chef de l’Armée secrète puis des Forces françaises de l’intérieur.
Il joue alors un rôle déterminant dans la préparation des rassemblements de maquisards du printemps 1944.
Les combats du Mont Mouchet et de La Truyère représentent les épisodes les plus connus de son commandement.
Ils témoignent à la fois de la détermination des résistants et des difficultés rencontrées par des formations insuffisamment équipées face à des unités allemandes régulières.
Les décisions de repli prises en juin 1944 doivent être étudiées dans leur contexte militaire.
Elles visent à préserver des unités qui auraient pu être anéanties dans une bataille prolongée.
Après ces combats, la Résistance auvergnate poursuit une activité intense de guérilla.
Elle contribue notamment à la désorganisation des communications allemandes au moment de la Libération.
La carrière d’Émile Coulaudon présente enfin une dimension mémorielle importante.
Après la guerre, il participe à la préservation du souvenir des maquis et à la reconnaissance de leurs combattants.
Son nom demeure indissociable de celui du colonel Gaspard et de l’histoire du Mont Mouchet.
Tableau des divergences entre sources
| Sujet | Informations relevées | Appréciation |
|---|---|---|
| Réunion préparatoire aux réduits d’Auvergne | Ordre de la Libération : 29 avril 1944 ; Saint-Flour Communauté : 2 mai et 15 mai 1944. | Plusieurs réunions peuvent expliquer ces dates différentes. Les procès-verbaux originaux sont nécessaires pour en établir la succession précise. |
| Mobilisation des maquisards | Mi-mai 1944 ; ordre de mobilisation daté du 20 mai 1944. | La mobilisation constitue un processus progressif. L’ordre du 20 mai est un document identifié. |
| Première attaque contre le Mont Mouchet | Ordre de la Libération : 2 juin 1944. | Cette première attaque doit être distinguée de l’offensive majeure des 10 et 11 juin. |
| Combats principaux du Mont Mouchet | 10 et 11 juin 1944. | Dates concordantes dans les sources institutionnelles. |
| Décrochage du Mont Mouchet | Nuit du 11 au 12 juin 1944. | Chronologie retenue par les études historiques consacrées au site. |
| Effectifs du Mont Mouchet | Environ 2 500 à 2 700 combattants selon les sources. | Différences liées aux dates de comptage et au périmètre des unités considérées. |
| Pertes au Mont Mouchet | Chiffres variables selon les publications. | Il faut distinguer les morts au combat, les blessés exécutés et les victimes civiles. |
| Médaille des MUR | Titre du document : 13 juillet 1944 ; commentaire historique : 13 juillet 1943. | Divergence nécessitant une vérification de la pièce originale. |
| Médaille de la Résistance française | Décret du 30 mai 1943 cité par une source secondaire ; mention de décembre 1943 dans une pièce militaire. | Attribution établie, mais date exacte du décret non vérifiée directement. |
| Forces allemandes capitulant à Decize | Environ 22 000 hommes selon l’Ordre de la Libération. | Chiffre régional global à contrôler dans les archives militaires ; il ne représente pas exclusivement des prisonniers faits par les unités de Coulaudon. |
Indice de fiabilité de la notice Niveau B — L’identité complète, les dates et lieux de naissance et de décès, la capture et l’évasion de 1940, l’appartenance au mouvement Combat, les responsabilités au sein des MUR et de l’Armée secrète, le commandement des FFI de la région R6, la mobilisation des maquisards et les combats du Mont Mouchet et de La Truyère sont établis par plusieurs sources institutionnelles concordantes. Les dossiers d’archives 1 A 243 et GR 16 P 146234 sont identifiés. Le niveau B est retenu en raison des divergences ponctuelles concernant la chronologie des décisions du printemps 1944, des incertitudes sur certains chiffres de pertes, de l’absence de dépouillement intégral du dossier militaire et du contrôle encore nécessaire de plusieurs décrets de décoration.
Sources consultées
Ordre de la Libération — Émile Coulaudon — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/emile-coulaudon
Ordre de la Libération — Répertoire numérique des dossiers individuels des Compagnons de la Libération, lettre C —
Musée de la Résistance en ligne — Émile Coulaudon et la médaille des MUR — https://museedelaresistanceenligne.org/media8930-Emile-Coulaudon-et-la-mdaille-des-MUR-du-13-juillet-1944
Ministère des Armées — Le maquis du Mont Mouchet — https://www.defense.gouv.fr/chemins-memoire/histoire-memoires/ressources-historiques/seconde-guerre-mondiale/resister/resistance-interieure-12
Chemins de mémoire — Le maquis du Mont Mouchet — https://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/le-maquis-du-mont-mouchet-0
Saint-Flour Communauté — Émile Coulaudon — https://sentier-des-maquisards.saint-flour-communaute.fr/thematiques/emile-coulaudon/
Archives départementales du Puy-de-Dôme — Émile Coulaudon, dit Rocher, Colt, colonel Gaspard — https://www.archivesdepartementales.puy-de-dome.fr/n/emile-coulaudon-dit-rocher-colt-colonel-gaspard/n:496
Assemblée nationale — Aimé Coulaudon — https://www2.assemblee-nationale.fr/sycomore/fiche/2019?legislature=42
