Jean Albert Émile CRÉPIN, né le 1er septembre 1908 à Bernaville (Somme), mort le 4 mai 1996 à Achères-la-Forêt (Seine-et-Marne), Français, polytechnicien, officier d’artillerie coloniale, résistant de la première heure, officier des Forces françaises libres, commandant de l’artillerie de la colonne Leclerc puis de la 2e Division blindée, général d’armée, Compagnon de la Libération, acteur du développement de la dissuasion nucléaire française et dirigeant de l’industrie aéronautique.
Origines familiales et formation
Jean Crépin naît à Bernaville, dans la Somme, au sein d’une famille d’industriels.
Une divergence existe concernant sa date de naissance : l’en-tête de la notice officielle de l’Ordre de la Libération indique le 31 août 1908, tandis que son texte biographique et le répertoire du Service historique de la Défense retiennent le 1er septembre 1908.
Cette dernière date est retenue dans la présente notice, sous réserve de vérification par l’acte d’état civil.
Jean Crépin poursuit des études scientifiques qui le conduisent à préparer le concours d’entrée à l’École polytechnique.
Il y est admis en 1928.
À l’issue de sa formation, il choisit la carrière militaire.
En 1930, il rejoint l’artillerie coloniale.
Cette arme exige une formation technique particulièrement approfondie.
Les officiers doivent maîtriser les méthodes de calcul balistique, les procédures d’observation, les transmissions et l’organisation des tirs.
La coordination entre les batteries et les unités combattantes constitue également un élément essentiel de leur formation.
Jean Crépin développe ainsi les compétences qui contribueront à sa réputation d’artilleur pendant la Seconde Guerre mondiale.
Début de carrière dans l’artillerie coloniale — 1930-1939
Jean Crépin commence sa carrière d’officier dans l’artillerie coloniale.
Les sources institutionnelles consultées ne permettent pas de reconstituer l’ensemble de ses affectations entre 1930 et 1938.
Elles établissent cependant sa promotion au grade de capitaine en 1938.
Cette promotion intervient à la veille de la Seconde Guerre mondiale.
L’année suivante, il reçoit une affectation au Cameroun.
Il doit participer à l’organisation de la défense côtière du territoire.
Cette mission présente une importance stratégique particulière en raison des tensions internationales et de la menace que la guerre fait peser sur les communications maritimes.
Affectation au Cameroun — 1939
Au moment de la déclaration de guerre, Jean Crépin est envoyé au Cameroun afin d’y installer une batterie d’artillerie côtière.
Cette batterie doit être établie à Manoka, île située à proximité de l’estuaire du Wouri et du port de Douala.
Le port de Douala constitue un centre essentiel des communications maritimes du Cameroun.
Sa protection représente donc un enjeu militaire important.
L’installation d’une batterie côtière nécessite une préparation technique comprenant le choix des emplacements, la mise en batterie des pièces, l’organisation des moyens de transmission et la préparation des procédures de tir.
Jean Crépin participe à cette organisation.
Il se trouve toujours au Cameroun lors de la défaite française de juin 1940.
Engagement dans la Résistance
Refus de l’armistice — Juin 1940
Lorsque la France demande l’armistice en juin 1940, Jean Crépin refuse de considérer que la guerre est terminée.
Il estime que les territoires français d’outre-mer peuvent permettre la poursuite des opérations contre l’Allemagne et l’Italie.
Le Cameroun possède une importance particulière dans cette perspective.
Ses installations portuaires, ses moyens administratifs et sa position géographique peuvent contribuer au développement d’une force française combattante.
Jean Crépin choisit donc de rejoindre les militaires et les administrateurs favorables au général de Gaulle.
Ralliement à la France libre — 28 août 1940
Le 28 août 1940, Jean Crépin rejoint officiellement les Forces françaises libres.
Son ralliement intervient au moment où le Cameroun passe dans le camp du général de Gaulle.
Les opérations conduites par les représentants de la France libre permettent d’obtenir le contrôle du territoire.
Le Cameroun devient rapidement l’une des bases essentielles de l’organisation militaire et politique de la France libre en Afrique.
Jean Crépin appartient aux officiers de carrière qui participent dès l’origine à cette entreprise.
Son engagement présente également d’importantes conséquences familiales.
Les conséquences de son engagement pour sa famille
Le ralliement de Jean Crépin expose son épouse et ses deux enfants aux pressions exercées par les autorités de Vichy.
La famille se trouve alors en France.
Selon l’Ordre de la Libération, elle doit quitter un premier refuge situé au sud de la Garonne.
Elle séjourne ensuite à Nice, avant de gagner un village de montagne.
En septembre 1944, l’épouse de Jean Crépin est tuée par une mine allemande.
Leurs deux enfants sont emmenés à pied dans un convoi de déportation.
Ils parviennent à s’échapper grâce à l’intervention d’un couple d’instituteurs.
Cet épisode constitue une dimension particulièrement douloureuse du parcours du général.
Il révèle les conséquences humaines de son engagement dans la France libre.
Les sources consultées ne précisent pas l’identité des instituteurs ayant permis l’évasion des enfants, ni le lieu exact où celle-ci s’est produite.
Ces éléments nécessiteraient une recherche dans les archives familiales et les documents relatifs aux opérations allemandes de septembre 1944.
Premières responsabilités militaires en Afrique — 1940-1942
Après son ralliement, Jean Crépin poursuit son service au sein des Forces françaises libres.
Promu chef d’escadron, il prend le commandement du groupe d’artillerie de l’AEF-Cameroun.
Il devient également adjoint au général commandant l’artillerie de l’Afrique-Équatoriale française.
Ses responsabilités concernent notamment l’organisation et l’instruction des unités d’artillerie.
Les forces françaises libres disposent initialement de moyens matériels limités.
Il faut réunir des pièces, organiser leur entretien, former les servants et constituer des stocks de munitions.
Les difficultés sont particulièrement importantes pour les formations destinées à combattre dans le désert.
Les distances considérables imposent une organisation logistique rigoureuse.
Jean Crépin participe à la préparation des unités qui seront engagées dans les campagnes sahariennes.
Commandement de l’artillerie de la colonne Leclerc
Jean Crépin rejoint les forces commandées par Philippe Leclerc de Hauteclocque.
Il reçoit la responsabilité de leur artillerie.
Cette affectation marque le début d’une collaboration militaire déterminante.
Leclerc prépare des opérations destinées à attaquer les positions italiennes du Sahara libyen depuis le Tchad.
Les conditions matérielles sont difficiles.
Les colonnes doivent traverser de vastes étendues désertiques.
Les pièces d’artillerie doivent être transportées sur des pistes parfois impraticables.
Les approvisionnements en munitions et en carburant sont limités.
L’artillerie doit donc être employée avec une grande précision.
Jean Crépin apporte à la colonne Leclerc ses compétences techniques et son expérience d’officier.
Campagne du Fezzan — 1942-1943
Jean Crépin commande l’artillerie pendant les opérations du Fezzan.
Les forces françaises libres progressent depuis le Tchad contre les positions italiennes établies dans le Sahara libyen.
Les opérations reposent sur la mobilité des colonnes motorisées et sur l’emploi coordonné des différentes armes.
L’artillerie contribue à réduire les points d’appui ennemis et à soutenir les unités engagées.
Jean Crépin participe à la préparation des tirs et à leur exécution.
Il doit également résoudre les difficultés liées au transport des pièces et à la consommation des munitions.
Son rôle est particulièrement important pendant les attaques contre les positions fortifiées.
L’attaque d’El Araneb
Pendant la campagne du Fezzan, Jean Crépin se distingue au cours de l’attaque d’El Araneb.
Il organise et dirige les tirs de son artillerie avec une grande efficacité.
Selon la notice officielle de l’Ordre de la Libération, ses pièces mettent hors de combat quatre canons ennemis de 77 mm.
Ce résultat contribue au succès de l’opération.
Il illustre la qualité technique de son commandement.
L’efficacité du tir permet de réduire la résistance ennemie tout en limitant la consommation de munitions.
Cette action contribue à asseoir sa réputation d’officier d’artillerie au sein des Forces françaises libres.
Campagne de Tripolitaine
Après les opérations du Fezzan, les forces de Leclerc poursuivent leur progression vers la Tripolitaine.
Elles participent à la jonction avec les forces alliées engagées en Afrique du Nord.
Jean Crépin conserve ses responsabilités dans l’artillerie.
La progression impose de nouveaux efforts logistiques.
Les distances augmentent et les moyens disponibles doivent être adaptés à des opérations de plus grande ampleur.
Les formations françaises libres commencent progressivement à s’intégrer dans un dispositif allié plus important.
Campagne de Tunisie — 1943
Au printemps 1943, Jean Crépin participe à la campagne de Tunisie.
Les forces françaises libres combattent aux côtés des Alliés contre les dernières unités allemandes et italiennes présentes en Afrique du Nord.
L’artillerie joue un rôle essentiel dans la défense des positions et l’appui des unités combattantes.
Jean Crépin participe notamment aux combats de Ksar Rhilane et du Djebel Melab.
Ces opérations constituent des épisodes particulièrement importants de sa carrière.
La bataille de Ksar Rhilane — 10 mars 1943
Le 10 mars 1943, les forces allemandes attaquent les positions françaises de Ksar Rhilane.
La colonne Leclerc doit repousser une attaque menée par des unités mécanisées ennemies.
L’artillerie française joue un rôle important dans la défense.
Jean Crépin contribue à organiser les tirs contre les formations allemandes.
L’efficacité de son commandement participe au succès défensif.
Les forces françaises libres résistent à l’offensive.
La victoire de Ksar Rhilane constitue l’un des succès importants de la colonne Leclerc pendant la campagne de Tunisie.
Les combats du Djebel Melab — Mars 1943
Après Ksar Rhilane, les unités françaises libres poursuivent leurs opérations en Tunisie.
Jean Crépin participe aux combats du Djebel Melab.
Le terrain rend les opérations particulièrement difficiles.
Les unités doivent progresser contre des positions défendues par l’ennemi.
L’artillerie doit maintenir son efficacité malgré les mouvements des troupes et les tirs adverses.
Jean Crépin fait preuve d’une grande maîtrise de son commandement.
Il demeure auprès de ses hommes pendant les combats.
Blessure du 26 mars 1943
Le 26 mars 1943, Jean Crépin est blessé au cours des opérations.
Malgré sa blessure, il refuse de quitter immédiatement son poste.
Il demeure en ligne jusqu’à la relève de son unité.
Son comportement témoigne de sa détermination et de son sens des responsabilités.
Cet épisode contribue à la reconnaissance officielle de ses services.
Nomination comme Compagnon de la Libération — 2 juin 1943
Par décret du 2 juin 1943, Jean Crépin est nommé Compagnon de la Libération.
Cette date est confirmée par le répertoire archivistique de l’Ordre de la Libération.
Il existe cependant une divergence interne dans la présentation de la notice officielle : son en-tête mentionne le 3 juin 1943, tandis que la liste des décorations et l’inventaire du dossier individuel indiquent le 2 juin.
Le décret du 2 juin 1943 est donc retenu.
L’attribution intervient de son vivant.
Elle récompense son ralliement précoce à la France libre et son comportement pendant les campagnes du Fezzan et de Tunisie.
Commandement du 3e Régiment d’artillerie coloniale — Juin 1943
En juin 1943, Jean Crépin, promu lieutenant-colonel, prend le commandement du 3e Régiment d’artillerie coloniale, le 3e RAC.
Cette unité est intégrée aux forces en cours de réorganisation autour de Leclerc.
Les formations françaises libres doivent être adaptées aux méthodes et aux matériels des armées alliées.
L’artillerie reçoit progressivement des équipements permettant de soutenir les opérations mécanisées.
En novembre 1943, le régiment est réorganisé pour former notamment le 1er groupe du 3e Régiment d’artillerie coloniale.
Cette transformation accompagne la constitution de la future 2e Division blindée.
Commandement de l’artillerie divisionnaire de la 2e DB
Jean Crépin reçoit ensuite le commandement de l’artillerie divisionnaire de la 2e Division blindée.
Cette formation est placée sous les ordres du général Philippe Leclerc de Hauteclocque.
L’artillerie divisionnaire doit assurer l’appui des groupements tactiques.
Elle doit pouvoir intervenir rapidement contre les points d’appui, les batteries ennemies et les concentrations de troupes.
Les opérations blindées exigent une coopération étroite entre les chars, l’infanterie, l’artillerie et les transmissions.
La rapidité de la manœuvre impose une organisation souple et efficace des tirs.
Jean Crépin participe à cette préparation pendant le séjour de la division en Afrique du Nord puis en Grande-Bretagne.
Débarquement de Normandie — 2 août 1944
Le 2 août 1944, Jean Crépin débarque en France avec la 2e Division blindée.
La division participe aux opérations alliées en Normandie.
Après son débarquement, elle rejoint le dispositif américain et se prépare à intervenir dans la bataille.
Jean Crépin commande l’artillerie divisionnaire.
Il doit coordonner les feux des unités placées sous son autorité avec les mouvements des groupements tactiques.
La rapidité de la progression constitue une difficulté particulière.
Les batteries doivent changer régulièrement de position pour demeurer à portée des unités avancées.
Campagne de Normandie — Août 1944
La 2e DB participe aux opérations de Normandie.
Elle combat notamment dans les secteurs d’Alençon et d’Argentan.
Les unités allemandes opposent une résistance importante.
L’artillerie française doit neutraliser les positions qui ralentissent les blindés.
Jean Crépin dirige les opérations de ses groupes d’artillerie.
Il contribue ainsi aux succès de la division.
La campagne lui permet de mettre en application les méthodes de coordination des feux développées pendant la préparation de la 2e DB.
Libération de Paris — 25 août 1944
La libération de Paris constitue l’un des épisodes les plus remarquables du parcours de Jean Crépin.
Le 25 août 1944, les unités de la 2e Division blindée progressent dans la capitale.
Les forces allemandes défendent encore plusieurs points d’appui.
Parmi eux figure le secteur du palais du Luxembourg.
La résistance ennemie menace les bâtiments et les monuments historiques.
Dans l’après-midi du 25 août, Jean Crépin entreprend une démarche particulièrement audacieuse.
Il se rend auprès des responsables allemands avec le chef d’état-major de la garnison.
Selon l’Ordre de la Libération, il obtient la capitulation du point d’appui du Luxembourg.
Cette intervention permet d’éviter de nouveaux combats et limite les destructions.
Elle contribue également à préserver des vies humaines.
Cet épisode montre que son action ne se limite pas au commandement de l’artillerie.
Il sait également intervenir personnellement dans une situation où la négociation peut permettre d’obtenir un résultat militaire immédiat.
Campagne des Vosges — Automne 1944
Après la libération de Paris, la 2e DB poursuit sa progression vers l’est de la France.
Les combats se déroulent dans des régions où le relief et les conditions météorologiques compliquent les déplacements.
L’artillerie doit soutenir les unités blindées malgré les difficultés de circulation.
Les positions allemandes sont souvent installées sur des hauteurs ou dans des secteurs forestiers.
Le commandement des tirs nécessite une bonne coordination avec les observateurs avancés.
Jean Crépin conserve la responsabilité de l’artillerie divisionnaire.
Il participe aux opérations destinées à rompre les défenses allemandes.
Les combats de novembre 1944
Du 13 au 24 novembre 1944, les unités de la 2e DB conduisent une série d’opérations offensives.
L’objectif est de franchir les positions allemandes qui défendent l’accès à l’Alsace.
Jean Crépin organise les actions de son artillerie.
Les groupes doivent intervenir en appui direct des unités blindées et mener des tirs d’ensemble contre les défenses ennemies.
La coordination des feux permet de réduire les points de résistance.
L’Ordre de la Libération souligne particulièrement l’efficacité de son commandement pendant cette période.
L’offensive du 21 novembre 1944
Le 21 novembre 1944, Jean Crépin dirige des tirs particulièrement efficaces dans la région de Nieferhoff et de Saint-Quirin.
Les positions allemandes ralentissent la progression française.
L’artillerie intervient pour briser les défenses ennemies.
Les tirs permettent aux éléments blindés d’exploiter la rupture.
Cette opération contribue à ouvrir la route vers Strasbourg.
Jean Crépin joue ainsi un rôle important dans la réussite de l’offensive.
Libération de Strasbourg — 23 novembre 1944
Le 23 novembre 1944, la 2e Division blindée entre dans Strasbourg.
La ville est libérée.
Cette victoire marque l’accomplissement du serment prononcé par Leclerc après la prise de Koufra en mars 1941.
Jean Crépin avait participé aux campagnes sahariennes de la colonne Leclerc.
Il appartient donc aux officiers qui ont accompagné le commandement depuis les opérations africaines jusqu’à la libération de l’Alsace.
Le rôle de l’artillerie divisionnaire a été déterminant dans la progression.
La notice officielle de l’Ordre de la Libération présente Jean Crépin comme l’un des principaux artisans de cette victoire.
Fin de la Seconde Guerre mondiale
Jean Crépin termine la guerre avec le grade de colonel.
Il a participé aux principales campagnes conduites par la colonne Leclerc puis la 2e Division blindée.
Son parcours militaire s’étend du Cameroun au Fezzan, de la Tunisie à la Normandie, puis de Paris à l’Alsace.
Il a exercé des responsabilités croissantes dans l’artillerie.
Son expérience technique et ses qualités de commandement lui valent une place importante parmi les officiers de la France libre.
Après-guerre
Retour en Indochine — Décembre 1945
En décembre 1945, Jean Crépin embarque pour Saigon.
Il rejoint le Corps expéditionnaire français en Extrême-Orient.
Il reçoit le commandement de son artillerie.
La situation politique et militaire en Indochine est alors profondément troublée.
Après la capitulation japonaise, les autorités françaises cherchent à rétablir leur présence dans les territoires de l’ancienne Indochine française.
Le mouvement indépendantiste vietnamien s’oppose à cette restauration de l’autorité coloniale.
Jean Crépin participe aux opérations militaires dans ce contexte.
Il est également adjoint au général commandant les troupes d’Indochine du Nord et la 9e Division d’infanterie coloniale.
Commissaire de la République au Tonkin — 1946
En 1946, Jean Crépin exerce les fonctions de commissaire de la République pour le Tonkin et le Nord-Annam.
Cette responsabilité dépasse le cadre strictement militaire.
Elle implique des fonctions administratives et politiques dans une région où les tensions entre les autorités françaises et les mouvements indépendantistes sont importantes.
Les négociations entre la France et les représentants vietnamiens se déroulent dans un contexte particulièrement instable.
Jean Crépin participe à l’exercice de l’autorité française pendant cette période.
L’étude détaillée de son action nécessiterait de consulter les archives du haut-commissariat de France en Indochine.
Retour en France — 1947
En 1947, Jean Crépin regagne la métropole.
Il est affecté à l’Inspection générale des Forces armées.
Cette nouvelle fonction lui permet de mettre son expérience des campagnes militaires au service de l’organisation de l’armée.
Il participe aux travaux de contrôle et d’évaluation des forces.
Il poursuit parallèlement une carrière qui le conduira vers les plus hautes responsabilités militaires et administratives.
Institut des hautes études de défense nationale — 1949
En janvier 1949, Jean Crépin devient auditeur à l’Institut des hautes études de défense nationale.
Cette formation est destinée aux responsables civils et militaires appelés à exercer des fonctions supérieures.
Elle aborde les questions stratégiques, économiques et politiques liées à la défense.
Jean Crépin élargit ainsi ses compétences au-delà des opérations militaires.
Cette formation précède son entrée dans les cabinets ministériels.
Chef d’état-major du ministre de la Défense — Octobre 1949
En octobre 1949, Jean Crépin devient chef d’état-major du ministre de la Défense nationale, René Pleven.
Il participe à la préparation des décisions militaires et à la coordination des services.
La France doit alors faire face aux conséquences de la Seconde Guerre mondiale, aux opérations d’Indochine et aux nouvelles exigences de la guerre froide.
La réorganisation de ses forces armées constitue une priorité.
Jean Crépin intervient dans ce contexte.
Accession aux grades d’officier général
Jean Crépin poursuit une carrière militaire ascendante.
La biographie officielle de l’Ordre de la Libération situe sa promotion au grade de général de brigade en 1950.
La Revue Défense Nationale mentionne cependant l’année 1955.
Cette divergence devrait être résolue par la consultation des textes officiels de promotion.
Les promotions ultérieures sont plus précisément établies :
En 1957, il devient général de division.
En 1959, il est promu général de corps d’armée.
En 1961, il accède au rang et à l’appellation de général d’armée.
Son ascension le conduit ainsi aux plus hautes fonctions de commandement.
Chef du cabinet militaire de René Pleven — 1951
En 1951, Jean Crépin devient chef du cabinet militaire de René Pleven, alors président du Conseil.
Cette fonction lui permet de participer directement aux questions de défense nationale examinées au plus haut niveau de l’État.
Il suit notamment les problèmes d’organisation militaire et les relations entre les autorités civiles et le commandement.
Son expérience des Forces françaises libres et de l’Indochine constitue un atout pour ces responsabilités.
Secrétaire général adjoint de la Défense nationale — 1954
En 1954, Jean Crépin est nommé secrétaire général adjoint de la Défense nationale.
Il participe à la coordination des travaux concernant les politiques de défense.
Cette fonction intervient à une période où la France doit adapter ses moyens militaires au contexte de la guerre froide.
Les questions de modernisation des armements et de développement scientifique prennent une importance croissante.
Jean Crépin participe progressivement aux réflexions qui conduiront à la constitution de la force de dissuasion nucléaire française.
Participation au programme nucléaire français — 1955-1958
Entre 1955 et 1958, Jean Crépin joue un rôle important dans les études préparatoires à la réalisation d’une arme nucléaire française.
Il travaille notamment avec Pierre Guillaumat, responsable majeur de l’organisation scientifique et industrielle du programme.
Les recherches sont conduites dans le secret.
Elles concernent la mise au point des moyens techniques nécessaires à la réalisation d’une arme atomique.
La France cherche alors à développer une capacité de défense indépendante.
Les études portent sur les conditions scientifiques, industrielles et militaires du programme.
Jean Crépin participe à leur organisation et à leur coordination.
Son rôle témoigne de l’évolution de sa carrière.
Ancien commandant d’artillerie de la France libre, il intervient désormais dans les choix stratégiques de la défense nationale.
Modernisation de l’industrie des armements
À la même époque, Jean Crépin exerce des responsabilités d’inspection générale des fabrications et des programmes des forces armées.
Il participe à la réorganisation de l’industrie française des engins tactiques.
Les nouvelles technologies de missiles et d’armements guidés imposent des transformations profondes.
Les programmes nécessitent une coopération étroite entre l’armée, les administrations et les entreprises industrielles.
Jean Crépin contribue à cette modernisation.
Ces responsabilités prépareront son entrée dans l’industrie aéronautique après sa carrière militaire.
Commandement en Algérie — 1960
En 1960, Jean Crépin reçoit d’importantes responsabilités militaires en Algérie.
Il succède au général Maurice Challe dans les fonctions de commandement supérieur.
La guerre d’Algérie se poursuit alors dans un contexte politique particulièrement difficile.
Les autorités françaises doivent faire face aux opérations du Front de libération nationale et aux conséquences du conflit sur la société algérienne.
Jean Crépin exerce ses fonctions pendant une période de transformations importantes de la politique gouvernementale.
Les sources consultées confirment son commandement, mais ne permettent pas de détailler l’ensemble de ses décisions opérationnelles.
Commandement des Forces françaises en Allemagne — 1961
En 1961, Jean Crépin devient commandant en chef des Forces françaises en Allemagne.
Il reçoit la même année le rang et l’appellation de général d’armée.
Cette fonction s’inscrit dans le dispositif militaire occidental de la guerre froide.
Les Forces françaises en Allemagne participent à la défense de l’Europe occidentale.
Leur commandement nécessite une coopération avec les autorités alliées et les structures militaires internationales.
Jean Crépin met à profit son expérience des opérations interalliées acquise pendant la Seconde Guerre mondiale.
Commandement allié en Centre-Europe — 1963-1966
En 1963, Jean Crépin devient commandant en chef des forces alliées du secteur Centre-Europe.
Il exerce cette fonction au sein du dispositif militaire de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord.
Le commandement implique la coordination de forces appartenant à plusieurs pays.
Les questions de planification, de transmissions et d’organisation opérationnelle sont particulièrement importantes.
Jean Crépin demeure à ce poste jusqu’en 1966.
Cette année-là, la France décide de quitter le commandement militaire intégré de l’OTAN.
Cette décision entraîne une réorganisation des fonctions exercées par les officiers français dans les structures alliées.
Jean Crépin quitte alors son commandement.
Fin de carrière militaire — 1967
En 1967, Jean Crépin est admis dans la deuxième section des officiers généraux.
Cette décision marque la fin de sa carrière militaire active.
Il possède alors le rang de général d’armée.
Son parcours est particulièrement remarquable.
Depuis son entrée à Polytechnique en 1928, il a exercé des responsabilités dans les opérations militaires, les services ministériels, l’organisation industrielle de la défense et les commandements internationaux.
Il poursuit cependant une activité importante dans le secteur industriel.
Président-directeur général de Nord-Aviation — 1967
En 1967, Jean Crépin devient président-directeur général de Nord-Aviation.
Cette entreprise appartient aux principaux constructeurs aéronautiques français.
Elle participe notamment à la fabrication d’aéronefs et au développement de matériels militaires.
Jean Crépin apporte à cette fonction son expérience des programmes d’armement et de l’organisation industrielle.
Il participe à la gestion et au développement de l’entreprise.
Son activité s’inscrit dans une période de restructuration de l’industrie aéronautique française.
Vice-président de la SNIAS et président d’Euromissile — 1970
En 1970, Jean Crépin devient vice-président de la Société nationale industrielle aérospatiale, la SNIAS.
Cette société résulte du regroupement de plusieurs entreprises aéronautiques françaises.
Il exerce également la présidence d’Euromissile.
Cette structure industrielle franco-allemande participe au développement de missiles.
Jean Crépin contribue ainsi à la coopération européenne dans le domaine des armements.
Sa carrière industrielle prolonge directement les responsabilités exercées dans les services de défense nationale pendant les années 1950.
Dernières années et décès
Jean Crépin se retire progressivement de ses responsabilités industrielles.
Il demeure associé à l’histoire de la 2e Division blindée et des anciens combattants de la France libre.
Il conserve également une place importante parmi les personnalités ayant contribué à l’organisation de la défense française pendant la seconde moitié du XXe siècle.
Il meurt le 4 mai 1996 à Achères-la-Forêt, en Seine-et-Marne.
Il est âgé de quatre-vingt-sept ans.
Il est inhumé dans cette commune.
Décorations
Grand-croix de la Légion d’honneur — Plus haute dignité de l’ordre national de la Légion d’honneur. Attribution confirmée par l’Ordre de la Libération. La date du décret et sa publication au Journal officiel n’ont pas été établies dans les sources directement consultées.
Compagnon de la Libération — Décret du 2 juin 1943, attribution de son vivant, non posthume. Dossier individuel 1 A 249. Ampliation du 10 août 1943. Diplôme de Compagnon n° 134, reçu le 8 juin 1965. Une divergence existe avec l’en-tête de la notice officielle, qui indique le 3 juin 1943. La date du 2 juin est confirmée par l’inventaire archivistique.
Croix de guerre 1939-1945 — Cinq citations. Source : Ordre de la Libération. Textes et dates des citations à vérifier dans les copies conservées au dossier 1 A 249.
Croix de la Valeur militaire — Attribution confirmée par l’Ordre de la Libération. Décret et date de publication non vérifiés.
Croix de guerre des théâtres d’opérations extérieurs — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération. Les citations correspondantes restent à préciser.
Médaille coloniale — Agrafes Fezzan, Tripolitaine, Tunisie et Extrême-Orient. Source : Ordre de la Libération.
Médaille de l’Aéronautique — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération. Date et références administratives non vérifiées.
Distinguished Service Order — Royaume-Uni. Décoration militaire britannique confirmée par l’Ordre de la Libération. Date et acte d’attribution non retrouvés directement dans The London Gazette.
Silver Star — États-Unis. Décoration militaire américaine confirmée par l’Ordre de la Libération. Référence officielle d’attribution non vérifiée.
Bronze Star — États-Unis. Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération. Date et citation d’attribution à rechercher.
Officier de la Legion of Merit — États-Unis. Grade confirmé par l’Ordre de la Libération. Acte officiel d’attribution non vérifié.
Presidential Unit Citation — États-Unis. Distinction collective américaine mentionnée par l’Ordre de la Libération. Elle ne doit pas être assimilée à une décoration individuelle. L’unité concernée reste à préciser.
Grand-croix de l’ordre du Mérite de la République fédérale d’Allemagne — Allemagne. Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération. Date et acte d’attribution non vérifiés.
Médaille de la Résistance française — Aucune attribution individuelle n’a pu être confirmée lors des présentes recherches. Elle ne figure pas dans la liste des décorations publiée par l’Ordre de la Libération.
Lieux de mémoire
Bernaville — Somme — Commune natale de Jean Crépin.
École polytechnique — Paris — Formation militaire et scientifique à partir de 1928.
Manoka — Cameroun — Installation d’une batterie d’artillerie côtière avant le ralliement de 1940.
Douala — Cameroun — Centre des opérations de ralliement à la France libre.
Fezzan — Libye — Campagnes sahariennes conduites sous le commandement de Leclerc.
El Araneb — Libye — Combat au cours duquel l’artillerie de Crépin met hors de combat plusieurs pièces ennemies.
Ksar Rhilane — Tunisie — Combat défensif du 10 mars 1943.
Djebel Melab — Tunisie — Combats de mars 1943 et blessure du 26 mars.
Normandie — France — Débarquement et opérations de la 2e DB en août 1944.
Paris — France — Obtention de la capitulation du point d’appui allemand du Luxembourg le 25 août 1944.
Nieferhoff et Saint-Quirin — Moselle — Actions d’artillerie du 21 novembre 1944.
Strasbourg — Bas-Rhin — Libération de la ville par la 2e DB le 23 novembre 1944.
Saigon — Indochine française, aujourd’hui Hô Chi Minh-Ville — Affectation au Corps expéditionnaire français en décembre 1945.
Tonkin et Nord-Annam — Indochine française — Responsabilités militaires et administratives en 1946.
Allemagne — Commandement des Forces françaises en Allemagne à partir de 1961.
Achères-la-Forêt — Seine-et-Marne — Lieu de décès et de sépulture.
Camarades de combat et collaborateurs
Philippe LECLERC DE HAUTECLOCQUE — Général commandant la colonne Leclerc puis la 2e Division blindée ; Jean Crépin commande l’artillerie de ses forces pendant les campagnes d’Afrique et de France.
Charles DE GAULLE — Général, chef de la France libre ; Jean Crépin rejoint les Forces françaises libres le 28 août 1940.
Raymond DELANGE — Officier des Forces françaises libres, acteur du ralliement de l’Afrique-Équatoriale française ; appartient aux premiers cadres militaires de la France libre en Afrique.
Pierre GUILLAMAT — Ingénieur et haut responsable des programmes nucléaires français ; travaille avec Jean Crépin pendant la préparation des études relatives à l’arme atomique. Le nom doit être orthographié GUILLAUMAT.
Pierre GUILLAUMAT — Ingénieur et haut fonctionnaire, responsable majeur du développement du programme nucléaire militaire français ; collabore directement avec Jean Crépin entre 1955 et 1958.
René PLEVEN — Ministre de la Défense nationale puis président du Conseil ; Jean Crépin exerce les fonctions de chef d’état-major et de chef de cabinet militaire auprès de lui.
Maurice CHALLE — Général d’armée, commandant supérieur en Algérie avant Jean Crépin, auquel ce dernier succède en 1960.
Unités militaires et organismes d’appartenance
École polytechnique — Admission en 1928.
Artillerie coloniale — Service à partir de 1930.
Forces françaises libres — Ralliement du 28 août 1940.
Groupe d’artillerie AEF-Cameroun — Commandement après son ralliement.
Colonne Leclerc — Commandement de l’artillerie pendant les campagnes sahariennes.
3e Régiment d’artillerie coloniale — Commandement à partir de juin 1943.
1er Groupe du 3e Régiment d’artillerie coloniale — Unité réorganisée en novembre 1943.
2e Division blindée — Commandement de l’artillerie divisionnaire.
Corps expéditionnaire français en Extrême-Orient — Commandement de l’artillerie après 1945.
9e Division d’infanterie coloniale — Fonctions d’adjoint au commandement en Indochine.
Inspection générale des Forces armées — Affectation en 1947.
Institut des hautes études de défense nationale — Auditeur en 1949.
Secrétariat général de la Défense nationale — Secrétaire général adjoint en 1954.
Forces françaises en Allemagne — Commandement en chef à partir de 1961.
Commandement allié de Centre-Europe — Commandement de 1963 à 1966.
Nord-Aviation — Président-directeur général à partir de 1967.
Société nationale industrielle aérospatiale — Vice-président en 1970.
Euromissile — Président à partir de 1970.
Références bibliographiques
Mémorial des Compagnons de la Libération 1940-1945, Chancellerie de l’Ordre de la Libération, Paris, 1961. Ouvrage collectif consacré aux Compagnons de la Libération.
1061 Compagnons. Histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe NOTIN, Perrin, Paris, 2000, 822 p. Étude historique des parcours des Compagnons.
Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir TROUPLIN, Elytis, Bordeaux, 2010 ; édition augmentée, 2023. Dictionnaire biographique consacré aux Compagnons de la Libération.
La France libre, Jean-Louis CRÉMIEUX-BRILHAC, Gallimard, Paris, 1996. Étude générale de la France libre et de ses opérations militaires.
La 2e DB, ouvrage historique consacré à la division Leclerc et à ses campagnes de 1944-1945. Auteur, édition et pagination à préciser avant insertion bibliographique définitive.
Conférence sur la logistique des campagnes du Fezzan, Jean CRÉPIN, 1948. Document conservé dans son dossier individuel de l’Ordre de la Libération sous la cote 1 A 249 ; il présente un intérêt particulier pour l’étude de son expérience personnelle des opérations sahariennes.
Références internet
Ordre de la Libération — Jean Crépin — Notice biographique officielle établissant le parcours militaire, le ralliement de 1940, les campagnes du Fezzan et de Tunisie, les opérations de la 2e DB et les responsabilités exercées après la guerre — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/jean-crepin
Ordre de la Libération — Répertoire numérique des dossiers individuels des Compagnons de la Libération, lettre C — Identification du dossier 1 A 249 et du décret du 2 juin 1943 —
Service historique de la Défense, Musée de la Résistance en ligne — Répertoire des dossiers administratifs de résistants, lettre C — Identification du dossier GR 16 P 150255 et confirmation de la date de naissance du 1er septembre 1908 —
Revue Défense Nationale — Jean Crépin — Notice biographique consacrée à sa carrière militaire, à son action dans les programmes nucléaires et à ses fonctions industrielles — https://www.defnat.com/bibliotheque/resultats_auteur.php?cauteur=%27Jean+Cr%C3%A9pin%27&cenvoi=1&cidaut=2764
Wikipédia — Jean Crépin — Notice biographique secondaire présentant son parcours militaire et industriel — https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Cr%C3%A9pin
Dossier d’homologation consulté
Ordre de la Libération — Dossier individuel 1 A 249
L’inventaire officiel des dossiers individuels des Compagnons de la Libération, lettre C, version du 24 septembre 2025, identifie le dossier de Jean Crépin sous la cote 1 A 249.
Le dossier contient l’ampliation du décret du 2 juin 1943, datée du 10 août 1943.
Il conserve également un courrier relatif à l’attribution de la croix de la Libération.
Le reçu du diplôme de Compagnon de la Libération n° 134 est daté du 8 juin 1965.
Parmi les renseignements administratifs figurent plusieurs fiches établies par la chancellerie de l’Ordre en février 1963 et novembre 1984.
Le dossier comprend également six pièces de correspondance échangées avec l’Ordre entre 1962 et 1985.
Des copies d’un état des services et de citations militaires provenant du Service historique de la Défense sont signalées.
L’un des documents les plus intéressants est une conférence de Jean Crépin consacrée à la logistique des campagnes du Fezzan, datée de 1948.
Cette conférence constitue un témoignage direct d’un officier ayant participé à l’organisation des opérations de Leclerc dans le Sahara.
Un courrier rédigé par Jean Crépin en 1984 figure également parmi les pièces.
L’inventaire mentionne enfin plusieurs articles de presse publiés entre 1967 et 1996.
Une anomalie apparaît toutefois dans les documents relatifs au décès : certaines pièces sont datées de 1966, alors que Jean Crépin est mort en 1996.
Cette discordance mérite d’être vérifiée dans l’inventaire original et les pièces du dossier.
Service historique de la Défense — GR 16 P 150255
Le répertoire des dossiers administratifs de résistants identifie Jean Albert Émile Crépin, né le 1er septembre 1908 à Bernaville, sous la cote GR 16 P 150255.
La mention d’homologation au titre des Forces françaises libres y figure.
Cette référence permet de distinguer sans ambiguïté son dossier de ceux d’autres résistants portant le nom Crépin.
Les pièces originales n’ont pas été directement dépouillées.
Archives militaires de la 2e Division blindée
Les archives de la 2e DB et du 3e Régiment d’artillerie coloniale constituent des sources complémentaires essentielles.
Elles devraient permettre de reconstituer précisément les opérations de l’artillerie pendant les campagnes de Normandie, de Paris et d’Alsace.
Les journaux de marche et les rapports d’opérations permettraient notamment de vérifier les conditions du commandement de Jean Crépin pendant les combats de novembre 1944.
Aucune cote précise de ces documents n’a été directement vérifiée.
Archives de l’industrie aéronautique et des programmes nucléaires
Les responsabilités exercées par Jean Crépin après la guerre peuvent être étudiées à partir des archives du ministère des Armées, du Commissariat à l’énergie atomique et des entreprises aéronautiques.
Ces fonds pourraient permettre de préciser son rôle dans les études préparatoires à l’arme atomique française et dans les programmes de missiles.
Les références nominatives exactes de ces dossiers n’ont pas été établies.
Observations
Jean Crépin appartient aux officiers de carrière qui ont rejoint la France libre dès les premiers ralliements africains d’août 1940.
Son parcours se caractérise par une remarquable continuité entre ses responsabilités techniques et ses fonctions de commandement.
Officier d’artillerie, il participe aux campagnes sahariennes de Leclerc.
Il se distingue pendant les opérations du Fezzan puis lors des combats de Tunisie.
Son rôle prend une importance particulière lorsque les unités françaises libres sont réorganisées pour constituer la 2e Division blindée.
Il commande l’artillerie divisionnaire pendant les campagnes de 1944.
Ses actions lors de la libération de Paris et de l’offensive sur Strasbourg constituent des épisodes marquants de sa carrière.
L’obtention de la capitulation du point d’appui du Luxembourg, le 25 août 1944, témoigne de son aptitude à intervenir personnellement dans des situations difficiles.
Après la guerre, sa carrière prend une dimension stratégique.
Il exerce d’importantes responsabilités dans les cabinets ministériels et dans les organismes de défense nationale.
Il participe au développement des premières études françaises sur l’arme nucléaire.
Il accède ensuite aux plus hautes fonctions militaires, notamment en Algérie, en Allemagne et dans le commandement allié de Centre-Europe.
Enfin, son activité à la direction de Nord-Aviation, de la SNIAS et d’Euromissile témoigne de sa contribution au développement de l’industrie aéronautique et des armements français.
Son parcours dépasse donc largement celui d’un officier de la France libre.
Il constitue également une figure de l’histoire militaire, scientifique et industrielle française de l’après-guerre.
Indice de fiabilité de la notice Niveau B — L’identité, la formation polytechnicienne, l’engagement dans les Forces françaises libres le 28 août 1940, le commandement de l’artillerie pendant les campagnes du Fezzan et de Tunisie, la blessure du 26 mars 1943, les fonctions exercées au sein de la 2e DB, la participation aux libérations de Paris et de Strasbourg, les responsabilités militaires et industrielles d’après-guerre ainsi que la nomination comme Compagnon de la Libération sont établis par des sources institutionnelles concordantes. Les dossiers 1 A 249 et GR 16 P 150255 sont précisément identifiés. Le niveau B est retenu en raison des divergences concernant la date de naissance et la date du décret de la croix de la Libération, de l’absence de consultation intégrale du dossier militaire et des vérifications encore nécessaires concernant les promotions, les décorations étrangères et certaines responsabilités exercées après 1945.
Chronologie du résistant
| Date | Événement |
|---|---|
| 1er septembre 1908 | Naissance à Bernaville, dans la Somme, selon le SHD et le texte biographique de l’Ordre de la Libération. |
| 1928 | Admission à l’École polytechnique. |
| 1930 | Début de carrière dans l’artillerie coloniale. |
| 1938 | Promotion au grade de capitaine. |
| 1939 | Affectation au Cameroun pour installer une batterie côtière à Manoka. |
| Juin 1940 | Refus de l’armistice et décision de poursuivre la guerre. |
| 28 août 1940 | Ralliement aux Forces françaises libres. |
| 1940-1942 | Commandement du groupe d’artillerie AEF-Cameroun. |
| 1942-1943 | Campagnes du Fezzan et de Tripolitaine avec la colonne Leclerc. |
| 1942-1943 | Action d’artillerie à El Araneb ; quatre pièces ennemies mises hors de combat. |
| 10 mars 1943 | Participation à la défense de Ksar Rhilane. |
| 26 mars 1943 | Blessé pendant les combats du Djebel Melab. |
| 2 juin 1943 | Nomination comme Compagnon de la Libération. |
| Juin 1943 | Prise de commandement du 3e Régiment d’artillerie coloniale. |
| Novembre 1943 | Réorganisation du 3e RAC. |
| 1943-1944 | Commandement de l’artillerie divisionnaire de la 2e DB. |
| 2 août 1944 | Débarquement en Normandie avec la 2e DB. |
| Août 1944 | Campagne de Normandie. |
| 25 août 1944 | Obtention de la capitulation du point d’appui allemand du Luxembourg, à Paris. |
| Septembre 1944 | Mort de son épouse, victime d’une mine allemande ; évasion de ses deux enfants d’un convoi de déportation. |
| 13-24 novembre 1944 | Opérations offensives de la 2e DB vers l’Alsace. |
| 21 novembre 1944 | Actions d’artillerie dans la région de Nieferhoff et Saint-Quirin. |
| 23 novembre 1944 | Libération de Strasbourg par la 2e DB. |
| 1945 | Fin de la guerre avec le grade de colonel. |
| Décembre 1945 | Départ pour Saigon ; commandement de l’artillerie du Corps expéditionnaire français en Extrême-Orient. |
| 1946 | Commissaire de la République au Tonkin et au Nord-Annam. |
| 1947 | Retour en France et affectation à l’Inspection générale des Forces armées. |
| Janvier 1949 | Auditeur à l’Institut des hautes études de défense nationale. |
| Octobre 1949 | Chef d’état-major du ministre de la Défense nationale René Pleven. |
| 1950 ou 1955 | Promotion au grade de général de brigade selon des sources divergentes. |
| 1951 | Chef du cabinet militaire du président du Conseil René Pleven. |
| 1954 | Secrétaire général adjoint de la Défense nationale. |
| 1955-1958 | Participation aux études préparatoires à la réalisation d’une arme atomique française. |
| 1957 | Promotion au grade de général de division. |
| 1959 | Promotion au grade de général de corps d’armée. |
| 1960 | Commandement supérieur des forces françaises en Algérie. |
| 1961 | Commandement des Forces françaises en Allemagne ; accession au rang de général d’armée. |
| 1963 | Prise du commandement allié de Centre-Europe. |
| 1966 | Fin de ses fonctions de commandement au sein de l’OTAN. |
| 1967 | Admission en deuxième section ; nomination comme président-directeur général de Nord-Aviation. |
| 1970 | Vice-président de la SNIAS et président d’Euromissile. |
| 4 mai 1996 | Décès à Achères-la-Forêt. |
Tableau des divergences entre sources
| Élément | Source 1 | Source 2 | Appréciation |
|---|---|---|---|
| Date de naissance | En-tête de l’Ordre de la Libération : 31 août 1908. | Biographie de l’Ordre et répertoire SHD : 1er septembre 1908. | Le 1er septembre est retenu ; vérification de l’acte de naissance nécessaire. |
| Date du décret de la croix de la Libération | En-tête de la notice officielle : 3 juin 1943. | Inventaire du dossier 1 A 249 : décret du 2 juin 1943. | Le 2 juin est retenu comme date du décret. |
| Grade de général de brigade | Ordre de la Libération : 1950. | Revue Défense Nationale : 1955. | Divergence à résoudre par les textes réglementaires de promotion. |
| Décès de l’épouse | Ordre de la Libération : septembre 1944. | Archives familiales non directement consultées. | Événement retenu ; circonstances et lieu exacts à préciser. |
| Commandement de l’artillerie | Ordre de la Libération : 3e RAC à partir de juin 1943. | Inventaires militaires non intégralement consultés. | Chronologie générale établie ; dates administratives exactes à vérifier. |
| Décès de Jean Crépin | Ordre de la Libération : 4 mai 1996. | Inventaire du dossier 1 A 249 : certaines pièces relatives au décès portent la date de 1966. | Décès de 1996 confirmé ; anomalies de datation dans l’inventaire archivistique. |
| Decorations étrangères | Ordre de la Libération : plusieurs distinctions britanniques, américaines et allemandes. | Actes originaux étrangers non directement consultés. | Décorations institutionnellement confirmées ; dates et circonstances à compléter. |
Sources consultées
Ordre de la Libération — Jean Crépin — Notice biographique officielle — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/jean-crepin
Ordre de la Libération — Répertoire numérique des dossiers individuels des Compagnons de la Libération, lettre C, version du 24 septembre 2025 —
Service historique de la Défense — Répertoire nominatif des dossiers administratifs de résistants, lettre C —
Revue Défense Nationale — Jean Crépin — https://www.defnat.com/bibliotheque/resultats_auteur.php?cauteur=%27Jean+Cr%C3%A9pin%27&cenvoi=1&cidaut=2764
Wikipédia — Jean Crépin — https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Cr%C3%A9pin