La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

CLAISSE Maurice Pierre

Maurice Pierre CLAISSE, né le 14 décembre 1905 à Paris (VIIe arrondissement), mort le 14 septembre 1986 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), Français, ingénieur aéronautique, pilote d’essai, officier des Forces aériennes françaises libres, pilote de chasse du Squadron 66 de la Royal Air Force, pilote de chasse de nuit du Squadron 219, ingénieur et pilote d’essai au Royal Aircraft Establishment de Farnborough, lieutenant-colonel de l’armée de l’Air, Compagnon de la Libération par décret du 28 mai 1945.

Jeunesse et formation

Maurice Claisse naît le 14 décembre 1905 dans le VIIe arrondissement de Paris.

Son père exerce la profession de médecin.

Il effectue ses études secondaires au lycée Louis-le-Grand, à Paris.

Il s’oriente ensuite vers une carrière scientifique et technique.

Son intérêt se porte sur l’aviation, domaine en plein développement pendant l’entre-deux-guerres.

Il accomplit son service militaire dans l’aviation française.

Selon la notice du Service historique de la Défense, il obtient son brevet de pilote militaire en 1930, puis son brevet d’observateur en avion en 1931.

Il devient sous-lieutenant de réserve en 1931.

Parallèlement, il poursuit des études supérieures.

Il appartient à la promotion 1930 de l’École nationale supérieure de l’aéronautique.

Cette formation lui donne les connaissances scientifiques nécessaires à la conception et à l’expérimentation des aéronefs.

Il acquiert également une expérience pratique du pilotage.

Cette double compétence constitue une caractéristique essentielle de sa carrière.

Maurice Claisse n’est pas seulement un pilote capable de conduire un appareil.

Il possède les connaissances d’ingénieur nécessaires pour analyser son comportement en vol, comprendre ses défauts et participer à sa mise au point.

Il appartient ainsi à une génération de pilotes d’essai qui contribuent directement au progrès technique de l’aviation française.

1932 — Ingénieur chez Breguet

En 1932, Maurice Claisse entre comme ingénieur dans la société aéronautique Louis Breguet.

Cette entreprise figure parmi les principaux constructeurs français d’avions.

Elle développe notamment des appareils militaires et participe à plusieurs programmes expérimentaux.

Maurice Claisse est rapidement associé aux essais en vol.

Il participe à la mise au point de nombreux appareils, prototypes ou avions destinés à la production en série.

L’Ordre de la Libération indique qu’il intervient sur plus de vingt-cinq types d’aéronefs.

Son activité associe l’étude technique, l’expérimentation et la présentation des nouveaux matériels.

1933 — Le gyroplane Breguet-Dorand

À partir de 1933, Maurice Claisse participe aux essais du gyroplane Breguet-Dorand.

Cet appareil expérimental appartient à l’histoire des premiers aéronefs à voilure tournante.

Contrairement aux avions classiques, qui tirent leur sustentation de la circulation de l’air autour d’ailes fixes, les appareils de cette catégorie utilisent des rotors.

Le gyroplane Breguet-Dorand représente une étape importante dans le développement des techniques qui conduiront aux hélicoptères modernes.

Maurice Claisse participe à son expérimentation.

Il contribue à déterminer les performances de l’appareil, à améliorer son comportement en vol et à démontrer ses possibilités.

1936 — Records internationaux

En 1936, Maurice Claisse établit cinq records internationaux d’hélicoptères, selon la biographie officielle de l’Ordre de la Libération.

Ces résultats contribuent au rayonnement de l’aéronautique française.

Ils témoignent également de la maîtrise acquise par Maurice Claisse dans le pilotage d’appareils expérimentaux.

Ses activités présentent un intérêt scientifique autant qu’aéronautique.

Les vols effectués permettent de mieux comprendre les contraintes propres aux aéronefs à voilure tournante.

Les performances de ces appareils demeurent alors limitées.

Leur stabilité, leur motorisation et leur fiabilité représentent des difficultés techniques importantes.

Les essais auxquels participe Maurice Claisse contribuent aux progrès réalisés dans ces domaines.

1937 — Chef pilote d’essai

En 1937, il devient chef pilote de la société Breguet.

Cette nomination marque la reconnaissance de ses compétences.

Il doit notamment assurer la coordination et la réalisation des essais en vol.

Il est également chargé de contribuer à la mise au point de nouveaux appareils militaires.

La même année, il est promu lieutenant de réserve de l’armée de l’Air.

1938 — Directeur des essais en vol

En 1938, il devient directeur des essais en vol de Breguet.

À cette époque, l’entreprise travaille notamment au développement d’avions d’attaque et d’assaut.

Maurice Claisse participe à la mise au point des Breguet 690 et de leurs dérivés.

Ces appareils sont destinés à renforcer les capacités offensives de l’armée de l’Air.

Ils doivent notamment pouvoir effectuer des missions d’attaque contre les objectifs terrestres.

L’approche de la guerre accélère les programmes de développement.

Les essais doivent permettre de détecter rapidement les défauts techniques et de préparer l’entrée en service des matériels.

Maurice Claisse joue ainsi un rôle important dans la préparation industrielle et aéronautique de la France à la guerre.

Engagement militaire en 1939-1940

Septembre 1939 — Affectation spéciale

Lorsque la France entre en guerre, Maurice Claisse est lieutenant de réserve de l’armée de l’Air.

Il est cependant placé en affectation spéciale.

Cette disposition permet de maintenir à leur poste des personnels possédant des compétences considérées comme indispensables à l’effort de guerre.

Maurice Claisse demeure donc dans les établissements Breguet.

Son travail concerne notamment les essais et la mise au point des appareils militaires destinés à l’armée de l’Air.

Il participe à l’effort de guerre industriel plutôt qu’aux opérations aériennes immédiates.

Cette situation change profondément pendant l’offensive allemande du printemps 1940.

Mai-juin 1940 — L’évacuation des matériels

Après le déclenchement de l’offensive allemande du 10 mai 1940, les entreprises aéronautiques françaises sont confrontées à l’avance rapide de la Wehrmacht.

Les installations et les matériels doivent être évacués.

Maurice Claisse organise le transfert des équipements placés sous sa responsabilité.

Il veille notamment à éviter qu’ils ne tombent entre les mains de l’ennemi.

L’Ordre de la Libération précise qu’il assure l’évacuation du matériel jusqu’à l’arrivée des Allemands en juin 1940.

Cette mission exige des décisions rapides.

Les appareils disponibles, les équipements de mesure et les documents techniques représentent des moyens importants pour l’industrie aéronautique.

Leur sauvegarde devient une priorité.

Maurice Claisse participe ainsi directement aux opérations d’évacuation industrielle.

Juin 1940 — Retour dans une unité aérienne

Après l’évacuation des matériels, Maurice Claisse rejoint une unité de l’armée de l’Air.

La biographie officielle de l’Ordre de la Libération mentionne le groupe 2/34.

Toutefois, la notice du SHD consacrée à son entretien de 1978 indique une affectation au groupe d’attaque II/54.

Ces deux références ne correspondent pas à la même unité.

La divergence doit être conservée.

Il serait imprudent de choisir définitivement l’une des deux sans consulter son dossier militaire ou son témoignage détaillé.

Juillet 1940 — Démobilisation

Après la défaite française et l’armistice, Maurice Claisse est démobilisé.

Le SHD situe cette démobilisation en juillet 1940.

Il refuse cependant de renoncer au combat contre l’Allemagne.

Il décide de rejoindre les Forces françaises libres.

À ce moment, quitter la France représente une entreprise particulièrement difficile.

Les déplacements sont contrôlés.

Les possibilités de transport vers la Grande-Bretagne deviennent de plus en plus limitées.

Maurice Claisse entreprend néanmoins plusieurs démarches pour rejoindre le territoire britannique.

Automne 1940 — Les tentatives de départ

À l’automne 1940, Maurice Claisse tente de quitter la France.

Il envisage notamment un départ par les côtes de Normandie ou de Bretagne.

Ces tentatives échouent.

Il cherche alors à gagner la zone non occupée.

Avec plusieurs camarades, il établit des contacts permettant d’organiser une autre voie de départ.

L’Ordre de la Libération indique que le groupe bénéficie de l’aide du réseau du Musée de l’Homme.

Cette organisation constitue l’un des premiers ensembles de Résistance clandestine apparus en France occupée.

Elle participe notamment à la collecte de renseignements et à l’organisation de liaisons.

Dans le cas de Maurice Claisse, son intervention permet d’établir un contact avec des passeurs dans la région de Toulouse.

Il ne faut cependant pas déduire de cette aide que Maurice Claisse appartient personnellement au réseau du Musée de l’Homme.

La source établit un concours apporté à son départ.

Elle ne documente pas une appartenance organique au réseau.

Janvier-avril 1941 — Passage en Espagne

3 janvier 1941 — Départ de Paris

Un témoignage autobiographique de Maurice Claisse situe son départ de Paris au 3 janvier 1941.

Il prend la direction du sud de la France.

Son objectif est de franchir les Pyrénées puis de rejoindre un territoire permettant de gagner la Grande-Bretagne.

Le voyage est difficile.

Les frontières sont surveillées.

Les volontaires souhaitant rejoindre la France libre risquent l’arrestation.

Les autorités espagnoles peuvent également procéder à des interpellations.

Début mars 1941 — Franchissement des Pyrénées

Après une période d’attente à proximité de la frontière, Maurice Claisse entreprend la traversée des Pyrénées.

Il est accompagné d’un camarade et de deux guides.

Le passage s’effectue au début du mois de mars 1941.

Les hommes réussissent à atteindre l’Espagne.

Maurice Claisse poursuit ensuite son voyage.

Il passe notamment par Barcelone et Madrid.

Son compagnon est arrêté.

Maurice Claisse parvient à poursuivre sa route.

La biographie officielle indique qu’il gagne finalement le Portugal avant de rejoindre la Grande-Bretagne.

Le témoignage de Maurice Claisse, reproduit dans une publication aéronautique, mentionne également une étape à Gibraltar le 4 avril 1941.

Les sources présentent donc des itinéraires résumés différemment.

Cette différence ne remet pas en cause le franchissement clandestin de la frontière espagnole, mais elle nécessite une vérification pour reconstituer toutes les étapes du voyage.

6 avril 1941 — Arrivée en Grande-Bretagne

Selon la biographie de l’Ordre de la Libération, Maurice Claisse arrive en Angleterre le 6 avril 1941.

Il est désormais en mesure de rejoindre les Français libres.

Son expérience d’ingénieur et de pilote expérimenté représente un atout considérable.

Il souhaite cependant être employé dans une unité combattante.

Il ne cherche pas seulement à reprendre une activité technique.

Son objectif est de participer directement à la guerre contre l’Allemagne.

22 mai 1941 — Engagement dans les Forces aériennes françaises libres

Maurice Claisse s’engage dans les Forces aériennes françaises libres le 22 mai 1941.

Il est promu capitaine.

Il rejoint les personnels français qui combattent dans les formations aériennes britanniques.

À cette époque, les FAFL ne disposent pas encore de toutes les structures qui permettront ultérieurement la constitution de grandes unités françaises.

De nombreux aviateurs sont donc intégrés directement aux escadrilles de la Royal Air Force.

Cette organisation leur permet d’être rapidement employés dans les opérations.

Maurice Claisse possède une grande expérience du pilotage, mais il doit se familiariser avec les procédures britanniques.

Il suit une formation complémentaire.

Il apprend notamment à utiliser les équipements, les techniques de navigation et les procédures de combat de la RAF.

Sa maîtrise de l’anglais doit également progresser.

Cette adaptation est indispensable pour participer aux opérations d’une escadrille britannique.

Août 1941 — Squadron 66 de la Royal Air Force

En août 1941, Maurice Claisse est affecté au No. 66 Squadron de la RAF.

Cette unité appartient à la chasse britannique.

Elle utilise notamment des Supermarine Spitfire.

Maurice Claisse participe aux opérations offensives menées au-dessus des territoires occupés par l’Allemagne.

Il sert comme chef de section ou chef d’escadrille.

Missions de chasse de jour

Les missions du Squadron 66 comprennent notamment des patrouilles offensives et des opérations de protection.

Les chasseurs britanniques cherchent à intercepter les avions allemands.

Ils participent également à la protection des formations aériennes alliées.

Certaines opérations conduisent les pilotes au-dessus de la France et de la Belgique.

Les risques sont importants.

Les chasseurs doivent affronter les appareils allemands et la défense antiaérienne.

Les missions exigent une attention permanente.

Maurice Claisse acquiert ainsi une expérience du combat aérien de jour.

Bilan opérationnel

L’Ordre de la Libération indique que Maurice Claisse effectue, pendant cette première période :

130 heures de vol de guerre.

68 missions au-dessus des territoires occupés par l’ennemi.

Ces chiffres correspondent à son service dans la chasse de jour.

Ils ne comprennent pas les missions qu’il effectuera ultérieurement dans la chasse de nuit.

Il convient également de distinguer les heures de vol de guerre des heures d’essais techniques.

Les deux activités présentent des risques importants, mais elles ne relèvent pas des mêmes catégories opérationnelles.

Août 1942 — Opérations sur Dieppe

Le 19 août 1942, les Alliés conduisent une importante opération contre le port de Dieppe.

L’opération Jubilee associe des forces terrestres, navales et aériennes.

Les troupes canadiennes constituent l’essentiel des forces débarquées.

Des unités britanniques et françaises participent également aux opérations.

L’objectif est notamment de tester certaines méthodes de débarquement et de recueillir des renseignements.

L’opération se solde par de lourdes pertes.

Les combats aériens sont particulièrement intenses.

La Royal Air Force cherche à protéger les forces engagées et à affronter la Luftwaffe.

Maurice Claisse participe aux opérations aériennes conduites dans le cadre du raid.

La biographie de l’Ordre de la Libération confirme cette participation.

Elle ne fournit cependant pas le détail de toutes les missions qu’il effectue ce jour-là.

Il serait donc imprudent de lui attribuer un nombre précis d’appareils abattus ou une action individuelle particulière sans consulter les documents opérationnels du Squadron 66.

Cette participation constitue néanmoins l’un des épisodes majeurs de sa carrière combattante en 1942.

Septembre 1942 — Royal Aircraft Establishment de Farnborough

En septembre 1942, Maurice Claisse est rappelé par le ministère britannique de l’Air.

Les responsables britanniques connaissent désormais son expérience d’ingénieur aéronautique et de pilote d’essai.

Ils souhaitent utiliser ses compétences dans les programmes de recherche.

Maurice Claisse est affecté au Royal Aircraft Establishment (RAE) de Farnborough.

Cet établissement constitue l’un des principaux centres britanniques de recherches aéronautiques.

Il participe à la mise au point et à l’évaluation des matériels militaires.

L’activité du RAE présente une importance stratégique pendant la guerre.

Les progrès techniques permettent d’améliorer les performances des avions alliés.

Ils contribuent également à mieux comprendre les caractéristiques des appareils ennemis capturés.

Essais de moteurs

Maurice Claisse est d’abord affecté aux essais de moteurs.

Il participe à l’étude des performances des appareils.

Les essais concernent notamment les systèmes de propulsion et les équipements.

L’objectif est d’améliorer la fiabilité des moteurs et les performances des avions.

Ces expérimentations présentent des risques.

Les appareils peuvent connaître des défaillances mécaniques.

Les pilotes doivent être capables de réagir rapidement.

Leur expérience technique est donc essentielle.

30 septembre 1942 — Rencontre avec des chasseurs allemands

Un témoignage autobiographique de Maurice Claisse rapporte un épisode survenu le 30 septembre 1942.

Il pilote alors un Airspeed Oxford, appareil bimoteur utilisé notamment pour l’entraînement et certains essais.

Pendant le vol, il rencontre plusieurs chasseurs allemands.

L’Oxford n’est pas conçu pour combattre des appareils tels que les Messerschmitt Bf 109.

Maurice Claisse doit donc utiliser ses capacités de pilotage pour échapper à la menace.

Il réussit à éviter le combat.

Cet épisode illustre les risques encourus même pendant les vols d’essais.

Les appareils du RAE peuvent être exposés à des incursions aériennes ennemies.

Octobre 1942 — Essais aérodynamiques

Maurice Claisse rejoint ensuite la section des essais aérodynamiques.

Il participe à l’étude des performances des avions, notamment à grande vitesse.

Les ingénieurs cherchent à comprendre les phénomènes qui apparaissent lorsque les appareils approchent des vitesses les plus élevées.

L’amélioration des performances impose de mieux maîtriser les problèmes de stabilité, de résistance des structures et de comportement aérodynamique.

Maurice Claisse contribue à ces recherches.

Ses connaissances d’ingénieur lui permettent de participer à l’analyse des résultats.

Son expérience de pilote lui permet d’effectuer les essais nécessaires.

Essais d’appareils ennemis

Le RAE dispose également d’appareils allemands capturés.

Ces avions sont étudiés afin de mieux connaître leurs performances et leurs caractéristiques.

Maurice Claisse participe à des essais sur différents types d’appareils.

Parmi eux figurent des avions allemands.

L’étude de ces matériels permet aux Britanniques de mieux comprendre les capacités de la Luftwaffe.

Elle contribue également à l’amélioration des tactiques et des équipements alliés.

Bilan des essais

La biographie officielle de l’Ordre de la Libération indique que Maurice Claisse effectue :

290 heures de vol d’essais.

Plus de 70 types d’avions différents.

Ces appareils sont britanniques, américains ou allemands.

Le témoignage autobiographique reproduit dans une étude aéronautique indique pour sa part 305 heures de vol sur 71 types d’avions.

Ces deux bilans peuvent correspondre à des dates d’arrêt différentes.

Ils ne doivent pas être artificiellement fusionnés.

La consultation du carnet de vol permettrait de préciser les chiffres définitifs.

23 mai 1943 — Premier Français à piloter un avion à réaction

L’une des réalisations les plus remarquables de Maurice Claisse intervient au printemps 1943.

À cette époque, les ingénieurs britanniques poursuivent le développement de la propulsion à réaction.

Cette technique représente une rupture majeure dans l’histoire de l’aviation.

Les appareils traditionnels utilisent des moteurs entraînant une hélice.

Les avions à réaction utilisent la poussée produite par l’éjection de gaz à grande vitesse.

Leur conception présente de nombreuses difficultés.

Les ingénieurs doivent mettre au point les réacteurs, étudier les contraintes thermiques et aérodynamiques et améliorer la sécurité des installations.

Le Gloster E.28/39

Le Gloster E.28/39 est l’un des premiers avions expérimentaux britanniques équipés d’un réacteur.

Son programme est étroitement associé aux travaux de Frank Whittle, pionnier britannique de la propulsion à réaction.

Le premier vol de l’appareil avait été effectué en mai 1941.

Maurice Claisse participe ensuite aux essais du programme.

Selon son témoignage autobiographique, il pilote un exemplaire du Gloster E.28/39 le 23 mai 1943.

Il devient ainsi le premier Français à piloter un avion à réaction.

Cette expérience constitue un événement important de sa carrière.

Elle représente également une étape symbolique de l’histoire aéronautique française.

Une expérience technique exceptionnelle

Maurice Claisse possède déjà une grande expérience des avions classiques et des appareils expérimentaux.

Cependant, le pilotage d’un avion à réaction exige de nouvelles méthodes.

Les caractéristiques du moteur diffèrent de celles des moteurs à pistons.

Les réactions de l’appareil doivent être étudiées.

Les essais permettent d’accumuler les données nécessaires à la poursuite du programme.

Maurice Claisse participe donc directement à l’exploration d’une nouvelle génération d’aéronefs.

Il ne faut cependant pas lui attribuer le premier vol mondial de l’avion à réaction ni celui du Gloster E.28/39.

Son rôle historique est celui du premier pilote français ayant participé aux essais en vol d’un appareil à réaction, selon les sources consultées.

Le témoignage autobiographique précise la date du 23 mai 1943.

La notice de la Royal Air Force confirme que le programme E.28/39 est antérieur à cette date.

1943 — Poursuite des essais à Farnborough

Après son expérience sur le Gloster E.28/39, Maurice Claisse poursuit les essais d’appareils militaires.

Il participe notamment à des travaux concernant les performances à grande vitesse.

Il contribue également à des recherches sur les équipements et les méthodes permettant d’améliorer la sécurité des essais.

Les programmes britanniques portent sur différents types d’appareils.

Les bombardiers lourds occupent une place importante.

Les ingénieurs cherchent à améliorer leurs performances, leur stabilité et leur comportement dans différentes conditions de vol.

Maurice Claisse apporte son expérience de pilote et ses connaissances techniques.

Ses travaux participent à l’effort de guerre scientifique britannique.

Son affectation à Farnborough présente une signification particulière.

Un officier français libre participe directement aux recherches menées par l’un des principaux centres aéronautiques du Royaume-Uni.

Cette coopération illustre l’intégration de certains spécialistes français dans les programmes alliés.

25 décembre 1943 — Promotion au grade de commandant

Le 25 décembre 1943, Maurice Claisse est promu commandant.

Cette promotion reconnaît son parcours militaire et ses responsabilités.

Cependant, il souhaite retrouver une unité opérationnelle.

Il demande à reprendre le combat aérien.

Les autorités britanniques considèrent qu’il est désormais trop âgé pour rejoindre une unité de chasse de jour.

Maurice Claisse est né en 1905.

Il a donc trente-huit ans à la fin de 1943.

Cet âge est relativement élevé pour un pilote de chasse engagé dans des opérations particulièrement exigeantes.

Ses compétences permettent cependant d’envisager une autre affectation.

Il est dirigé vers la chasse de nuit.

Mai 1944 — Squadron 219 de la Royal Air Force

En mai 1944, Maurice Claisse rejoint le No. 219 Squadron.

Cette unité britannique appartient à la chasse de nuit.

Elle utilise des avions de Havilland Mosquito.

Le Mosquito est un appareil bimoteur particulièrement rapide.

Il peut être employé dans différentes missions : reconnaissance, bombardement, chasse de nuit ou opérations offensives.

Sa version de chasse de nuit dispose d’équipements adaptés à la détection et à l’interception des avions ennemis.

Le combat aérien nocturne

La chasse de nuit présente des difficultés spécifiques.

La visibilité est réduite.

Les pilotes doivent se fier à leurs instruments.

La navigation exige une grande précision.

La détection des appareils ennemis repose notamment sur les équipements radar et sur la coordination entre les membres de l’équipage.

Maurice Claisse doit s’adapter à ces conditions.

Son expérience d’ingénieur et de pilote d’essai constitue un atout.

Il possède une excellente connaissance des instruments et des caractéristiques des appareils.

Il participe aux missions conduites au-dessus de la mer du Nord et des territoires occupés.

Juin 1944 — Les opérations liées au débarquement

En juin 1944, les forces alliées débarquent en Normandie.

La supériorité aérienne représente un élément essentiel des opérations.

Les escadrilles britanniques participent à la protection des forces terrestres et navales.

Elles cherchent également à empêcher les appareils allemands de mener des attaques.

Maurice Claisse participe aux opérations de chasse de nuit de son escadrille.

Ses missions le conduisent notamment dans les secteurs de la Normandie.

La biographie institutionnelle ne permet toutefois pas d’identifier individuellement ses missions des 6 et 7 juin 1944.

Il ne faut donc pas lui attribuer une intervention particulière au-dessus des plages sans documents complémentaires.

Été-automne 1944 — Missions offensives

Le Squadron 219 poursuit ses opérations.

Maurice Claisse participe à des missions au-dessus de la Belgique, des Pays-Bas et de l’Allemagne.

Ces opérations accompagnent la progression des forces alliées.

Les chasseurs de nuit cherchent notamment à empêcher les mouvements aériens ennemis.

Ils peuvent également assurer des missions de protection et d’interception.

Bilan opérationnel

L’Ordre de la Libération indique que Maurice Claisse effectue au sein du Squadron 219 :

130 heures de vol de guerre.

45 missions de nuit au-delà des lignes ennemies.

Ces chiffres s’ajoutent aux résultats de ses missions précédentes dans la chasse de jour.

Le bilan documenté pour les deux périodes opérationnelles représente donc :

113 missions de guerre.

260 heures de vol de guerre.

Ce total résulte de l’addition des deux séries indiquées dans la biographie officielle.

Il n’inclut pas les heures de vol d’essais à Farnborough.

30 novembre 1944 — Rappel au ministère de l’Air

Le 30 novembre 1944, Maurice Claisse est rappelé par le ministère français de l’Air.

Il doit participer à une mission technique aux États-Unis.

La France libérée cherche à reconstituer ses moyens aéronautiques.

Les recherches alliées ont permis des progrès considérables pendant la guerre.

Les responsables français souhaitent bénéficier de ces connaissances.

Maurice Claisse représente un spécialiste particulièrement qualifié.

Il connaît l’industrie aéronautique française.

Il a participé aux essais britanniques.

Il possède une expérience directe des appareils militaires modernes.

Son témoignage autobiographique évoque notamment un projet concernant un Heinkel He 177, appareil allemand récupéré après la libération de la France.

L’avion devait être étudié puis éventuellement acheminé vers les États-Unis.

Selon ce témoignage, le projet échoue après un accident ayant rendu l’appareil inutilisable.

Cet épisode est intéressant, mais il ne figure pas dans le récit synthétique de l’Ordre de la Libération.

Il doit donc être conservé avec l’attribution à son témoignage personnel.

1945 — Fin de la guerre

Maurice Claisse termine la Seconde Guerre mondiale avec le grade de lieutenant-colonel.

Le SHD confirme ce grade pour l’année 1945.

Son parcours militaire se distingue par une double activité.

Il a participé directement aux combats dans la Royal Air Force.

Il a également contribué aux recherches aéronautiques britanniques.

Cette double expérience est relativement rare.

Elle fait de lui un spécialiste possédant à la fois une connaissance approfondie des techniques aéronautiques et une expérience des opérations de guerre.

28 mai 1945 — Compagnon de la Libération

Maurice Claisse est nommé Compagnon de la Libération par décret du 28 mai 1945.

La distinction lui est attribuée de son vivant.

L’inventaire de son dossier individuel, conservé sous la cote 1 A 219, permet de préciser la procédure administrative.

Il contient notamment :

Un mémoire de proposition daté de 1945.

Une ampliation du 29 mai 1945, relative au décret du 28 mai 1945.

Ces documents constituent des références essentielles pour vérifier les conditions de l’attribution.

Ils permettent de distinguer la date du décret de celle de son ampliation.

Le mémoire de proposition original n’a pas été consulté.

Il serait particulièrement intéressant pour connaître les motifs précis de la nomination.

La publication au Journal officiel reste à identifier.

La date du décret est cependant confirmée par la notice officielle et par l’inventaire archivistique.

Appartenance à une unité, un réseau ou un mouvement

Armée de l’Air française

Pilote militaire breveté en 1930, officier de réserve puis lieutenant.

Établissements Louis Breguet

Ingénieur et pilote d’essai. Affectation spéciale pendant les premiers mois de la guerre.

Groupe aérien français de 1940

Affectation mentionnée comme groupe 2/34 par l’Ordre de la Libération et groupe II/54 par le SHD. Identification définitive à vérifier.

Réseau du Musée de l’Homme

Aide apportée au départ clandestin vers l’Espagne. Aucune appartenance personnelle formellement établie.

Forces aériennes françaises libres

Engagement du 22 mai 1941.

Royal Air Force — Squadron 66

Pilote de chasse de jour, sur Spitfire, d’août 1941 à septembre 1942.

Royal Aircraft Establishment — Farnborough

Pilote d’essai et ingénieur participant aux programmes britanniques de recherche aéronautique.

Royal Air Force — Squadron 219

Pilote de chasse de nuit, sur Mosquito, en 1944.

Ministère français de l’Air

Rappel en novembre 1944 pour des missions techniques.

Missions et actions

Les activités de Maurice Claisse pendant la guerre peuvent être regroupées en quatre grandes catégories.

Sauvegarde des matériels aéronautiques en 1940. Il organise l’évacuation des équipements de la société Breguet placés sous sa responsabilité.

Ralliement à la France libre. Il quitte clandestinement la France, franchit les Pyrénées et rejoint la Grande-Bretagne en avril 1941.

Combat aérien. Il sert dans les Squadrons 66 et 219 de la RAF, participe notamment aux opérations sur Dieppe et effectue 113 missions de guerre documentées.

Recherche aéronautique. Il participe aux essais de plus de 70 types d’appareils et devient le premier pilote français à piloter un avion à réaction.

Cette dernière dimension mérite une attention particulière.

Le développement des techniques aéronautiques représente un élément déterminant de l’effort de guerre.

Les travaux de Farnborough permettent d’améliorer les matériels alliés.

L’expérience de Maurice Claisse contribue donc à la fois au combat direct et au progrès scientifique appliqué aux opérations militaires.

Camarades de combat et collaborateurs

Charles de GAULLE — Chef de la France libre, auprès duquel Maurice Claisse s’engage dans les FAFL en mai 1941.

Roland CLAUDE — Pilote français libre du Squadron 66. Maurice Claisse mentionne dans son témoignage l’aide apportée par cet officier pour faciliter son intégration dans l’escadrille britannique.

Frank WHITTLE — Ingénieur britannique associé au développement des premiers réacteurs britanniques. Son programme permet les essais du Gloster E.28/39 auxquels participe Maurice Claisse.

Louis BREGUET — Constructeur aéronautique français. Maurice Claisse travaille dans son entreprise avant la guerre et y reprend ultérieurement des fonctions.

René LEDUC — Ingénieur aéronautique français spécialisé dans les recherches sur la propulsion. Maurice Claisse évoque ses travaux dans son témoignage sur les avions à réaction.

Bill COX — Officier britannique responsable d’une section d’essais à Farnborough, sous les ordres duquel Maurice Claisse sert à partir de septembre 1942 selon son récit autobiographique.

Tobin — Officier britannique dirigeant la section des essais aérodynamiques à Farnborough ; Maurice Claisse le mentionne dans son témoignage.

Ces rapprochements correspondent à des relations de commandement, de coopération technique ou d’appartenance à une même unité.

Ils ne doivent pas être systématiquement présentés comme des participations communes à des combats aériens précis.

Arrestation, emprisonnement et déportation

Aucune arrestation, incarcération ou déportation de Maurice Claisse pendant la Seconde Guerre mondiale n’est établie.

Son départ clandestin de France comporte néanmoins des risques importants.

Il franchit illégalement la frontière espagnole au début de mars 1941.

Son compagnon de voyage est arrêté à Madrid.

Maurice Claisse réussit à poursuivre sa route.

Il ne faut pas confondre cette situation avec une arrestation personnelle.

Après-guerre

1945-1946 — Retour à l’aéronautique

Après la guerre, Maurice Claisse poursuit sa carrière dans le domaine aéronautique.

Le SHD indique qu’il est démobilisé en 1946.

Il retrouve progressivement ses activités d’ingénieur et de pilote d’essai.

La reconstruction de l’industrie aéronautique française constitue alors une priorité.

Les entreprises doivent moderniser leurs méthodes.

Les progrès accomplis pendant la guerre ont profondément transformé les performances des avions.

L’apparition de la propulsion à réaction ouvre de nouvelles perspectives.

Maurice Claisse possède dans ce domaine une expérience particulièrement précieuse.

Société SNECMA

Il rejoint la Société nationale d’étude et de construction de moteurs d’aviation (SNECMA).

Il y exerce des fonctions d’ingénieur et de chef pilote d’essai.

L’entreprise participe à la reconstitution des capacités françaises de propulsion aéronautique.

Maurice Claisse met à profit ses connaissances des moteurs et des appareils expérimentaux.

Sa participation aux essais britanniques pendant la guerre contribue à son expérience.

1956 — Retour chez Breguet

En 1956, Maurice Claisse retourne à la société Breguet.

Il retrouve ainsi l’entreprise dans laquelle il avait commencé sa carrière d’ingénieur en 1932.

Il poursuit ses activités aéronautiques.

Il participe également à la diffusion des connaissances techniques.

Ses articles et témoignages contribuent à documenter l’histoire des essais aéronautiques.

Son expérience couvre plusieurs générations d’appareils : avions à moteurs à pistons, aéronefs à voilure tournante et avions à réaction.

Témoignages historiques

Maurice Claisse participe à la transmission de l’histoire aéronautique.

Il publie notamment un témoignage consacré à ses activités au Royal Aircraft Establishment de Farnborough.

Ce texte présente un intérêt particulier.

Il permet de connaître les essais techniques réalisés pendant la guerre du point de vue d’un pilote-ingénieur.

Il décrit également les conditions de travail au sein des équipes britanniques.

Le 9 mai 1978, Maurice Claisse accorde un entretien enregistré au Service historique de la Défense, à Dammarie-les-Lys.

Ce témoignage aborde notamment son expérience du gyroplane, la chasse de nuit, les essais britanniques et sa carrière d’après-guerre.

Il constitue une source de premier ordre pour approfondir sa biographie.

14 septembre 1986 — Décès

Maurice Claisse meurt le 14 septembre 1986, à Neuilly-sur-Seine.

Il est âgé de quatre-vingts ans.

Il est inhumé à Dammarie-les-Lys, en Seine-et-Marne.

Son dossier de Compagnon conserve plusieurs documents relatifs à son décès.

Parmi eux figurent deux allocutions prononcées lors des hommages rendus en 1986.

L’une est attribuée au général Jean Simon, ancien grand chancelier de l’Ordre de la Libération.

Ces documents pourraient apporter des renseignements complémentaires sur sa carrière et ses relations personnelles.

Décorations

Commandeur de la Légion d’honneur — Grade confirmé par l’Ordre de la Libération — Décret d’élévation et référence au Journal officiel non directement vérifiés.

Compagnon de la Libération — Décret du 28 mai 1945 — Ampliation du 29 mai 1945 — Attribution du vivant de l’intéressé — Dossier individuel 1 A 219 — Source : Ordre de la Libération. Publication au Journal officiel non identifiée.

Croix de guerre 1939-1945 — Deux citations — Source : Ordre de la Libération. Niveau de chaque citation et dates non précisés dans la notice officielle.

Médaille de l’Aéronautique — Attribution confirmée par l’Ordre de la Libération. Date administrative non directement vérifiée.

Officier des Arts, Sciences et Lettres — Distinction mentionnée sous cet intitulé par l’Ordre de la Libération. Sa dénomination réglementaire exacte et l’autorité d’attribution restent à préciser.

Distinguished Flying Cross — Royaume-Uni — Attribution confirmée par l’Ordre de la Libération. Date et référence officielle britannique à rechercher.

Distinguished Flying Cross — États-Unis — Attribution confirmée par l’Ordre de la Libération. Il s’agit d’une décoration distincte de la Distinguished Flying Cross britannique. Date et référence administrative américaine à rechercher.

Médaille de la Résistance française — Aucune attribution nominative confirmée dans les sources examinées. Elle ne doit pas être ajoutée sans vérification dans les registres de l’Ordre de la Libération.

La présence de deux Distinguished Flying Cross doit être particulièrement soulignée dans le répertoire des décorations MVR : les États-Unis et le Royaume-Uni possèdent chacun une décoration portant ce nom, mais leurs systèmes de récompenses sont distincts.

Lieux de mémoire

Paris, VIIe arrondissement — Lieu de naissance de Maurice Claisse le 14 décembre 1905.

Lycée Louis-le-Grand — Paris — Établissement de sa formation secondaire.

École nationale supérieure de l’aéronautique — Paris — Formation d’ingénieur, promotion 1930.

Établissements Breguet — Entreprise dans laquelle il participe aux programmes aéronautiques français avant et après la guerre.

Villacoublay — Yvelines — Centre important de l’activité aéronautique française et des essais Breguet.

Toulouse — Haute-Garonne — Région où Maurice Claisse établit des contacts pour préparer son départ clandestin.

Pyrénées — Frontière franchie clandestinement au début du mois de mars 1941.

Barcelone — Espagne — Étape de son voyage.

Madrid — Espagne — Étape au cours de laquelle son compagnon est arrêté.

Gibraltar — Étape mentionnée dans son témoignage autobiographique.

Grande-Bretagne — Pays rejoint en avril 1941 pour poursuivre la guerre.

Farnborough — Hampshire, Royaume-Uni — Royal Aircraft Establishment, où Maurice Claisse participe aux essais aéronautiques.

Dieppe — Seine-Maritime — Secteur des opérations aériennes du 19 août 1942.

Normandie — Région des opérations de chasse de nuit en 1944.

Mer du Nord — Secteur de plusieurs missions du Squadron 219.

Belgique, Pays-Bas et Allemagne — Territoires survolés pendant ses missions de guerre de 1944.

Neuilly-sur-Seine — Hauts-de-Seine — Lieu de son décès le 14 septembre 1986.

Dammarie-les-Lys — Seine-et-Marne — Lieu de son inhumation et de l’entretien enregistré par le SHD en 1978.

Musée de l’Ordre de la Libération — Paris — Conservation de son dossier individuel 1 A 219.

Références bibliographiques

1061 Compagnons. Histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe Notin, Perrin, Paris, 2000, 822 p. — Ouvrage général consacré aux Compagnons de la Libération.

Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir Trouplin, Elytis, éditions de 2010 et 2023, pagination individuelle non vérifiée. — Répertoire biographique des Compagnons.

Mémorial des Compagnons de la Libération, ouvrage collectif, 1961, pagination individuelle non vérifiée. — Publication mémorielle permettant de compléter l’histoire des Compagnons.

1942 – Farnborough at War, Maurice Claisse, texte autobiographique publié initialement dans la revue Icare, n° 41, printemps-été 1967, traduction anglaise de Bob Rose, réédition documentaire, pagination selon édition. — Témoignage majeur concernant les activités de Maurice Claisse au Royal Aircraft Establishment.

Livre d’or de l’École nationale supérieure de l’aéronautique. Cinquante années d’existence, 1909-1959, ouvrage collectif auquel Maurice Claisse a participé, références éditoriales à préciser. — Source mentionnée dans la notice du SHD relative à son entretien de 1978.

Entretien avec le lieutenant-colonel Maurice Claisse, Service historique de la Défense, entretien enregistré le 9 mai 1978 à Dammarie-les-Lys. — Source orale de premier ordre consacrée à sa carrière et à l’histoire des essais aéronautiques.

Dossiers des femmes et hommes Compagnon de la Libération, lettre C, Roxane Ritter, Ordre de la Libération, version du 24 septembre 2025, dossier 1 A 219, p. 35. — Inventaire officiel des archives individuelles du Compagnon.

Références internet

Ordre de la Libération — Maurice CLAISSE — Biographie officielle retraçant sa carrière d’ingénieur, son ralliement à la France libre, son service dans la RAF, les essais de Farnborough, sa nomination comme Compagnon et ses décorations — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/maurice-claisse

Ordre de la Libération — Inventaire des dossiers des Compagnons, lettre C — Répertoire de Roxane Ritter, version du 24 septembre 2025, dossier 1 A 219 — https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_C_20250924_0.pdf

Service historique de la Défense — Répertoire GR 16 P, lettre C — Identification de Maurice Claisse, né le 14 décembre 1905 à Paris, dossier GR 16 P 131548 et homologation FFL — https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/SHDGR_16P_C.pdf

Service historique de la Défense — Lieutenant-colonel Maurice Claisse, entretien du 9 mai 1978 — Présentation du témoignage oral, biographie, carrière militaire, expériences aéronautiques et affectations — https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/ark/923564

Royal Air Force — Jet Propelled Flight — Présentation historique du programme Gloster E.28/39 et des débuts de la propulsion à réaction britannique — https://www.raf.mod.uk/what-we-do/our-history/jet-propelled-flight/

Aviateurs — Un grand pilote oublié, Maurice Claisse — Reproduction d’un témoignage autobiographique consacré notamment aux essais de Farnborough et au vol du 23 mai 1943 — https://aviateurs.e-monsite.com/pages/de-1939-a-1945/un-grand-pilote-oublie-maurice-claisse.html

Dossier d’homologation

Service historique de la Défense — GR 16 P 131548

Le répertoire nominatif du SHD comporte l’entrée suivante :

CLAISSE Maurice — né le 14 décembre 1905 à Paris, VIIe arrondissement — GR 16 P 131548.

La colonne FFL porte la mention « Homologué ».

Cette inscription confirme la reconnaissance administrative de son engagement dans les Forces françaises libres.

La concordance des éléments d’état civil permet d’identifier sans ambiguïté le Compagnon de la Libération.

Une précaution est indispensable concernant les homonymes.

Le même répertoire comporte :

CLAISSE Maurice — né le 9 novembre 1894 à Quiévrechain, Nord — GR 16 P 131547.

Il s’agit d’une autre personne.

Le dossier de ce dernier ne doit pas être utilisé pour compléter la biographie du pilote d’essai.

Le dossier original GR 16 P 131548 n’a pas été directement dépouillé.

La consultation du répertoire ne permet donc pas de connaître le détail des périodes homologuées, des grades ou de toutes les pièces justificatives.

L’existence du dossier et son homologation FFL sont néanmoins confirmées.

Service historique de la Défense — Entretien du 9 mai 1978

Le SHD conserve un entretien enregistré avec Maurice Claisse.

Date : 9 mai 1978.

Lieu : Dammarie-les-Lys, Seine-et-Marne.

Cet entretien présente un intérêt historique considérable.

Il porte notamment sur :

Les débuts de l’aviation à voilure tournante.

Les essais du gyroplane Breguet-Dorand.

La carrière de pilote d’essai.

Les activités de Farnborough pendant la guerre.

La chasse de nuit.

Les essais des premiers avions à réaction.

Les relations entre les ingénieurs et les pilotes d’essai.

Le retour dans l’industrie aéronautique française après la guerre.

La notice du SHD fournit également un récapitulatif de ses grades :

1931 — Sous-lieutenant de réserve.

1937 — Lieutenant de réserve.

1941 — Capitaine.

1943 — Commandant.

1945 — Lieutenant-colonel.

Elle signale également une divergence concernant son affectation dans l’armée de l’Air pendant la campagne de France.

Ce témoignage représente donc une source importante pour la poursuite des recherches.

La notice descriptive a été consultée, mais l’intégralité de l’enregistrement n’a pas été directement écoutée.

Ordre de la Libération — Dossier individuel 1 A 219

L’inventaire officiel de l’Ordre de la Libération identifie :

CLAISSE Maurice — 1 A 219.

Il décrit les documents suivants.

Attribution de la croix de la Libération

Mémoire de proposition, daté de 1945.

Ampliation du 29 mai 1945, relative au décret du 28 mai 1945.

Ces deux documents sont particulièrement importants pour vérifier les conditions de sa nomination.

Renseignements administratifs

Bulletin d’adhésion à la Société d’entraide des Compagnons de la Libération, daté du 25 novembre 1948.

Fiche de renseignements de la chancellerie, datée de février 1963.

Questionnaire adressé aux Compagnons et à leurs familles, non daté.

Autre fiche de renseignements de la chancellerie, non datée.

Correspondances

Neuf pièces échangées avec l’Ordre de la Libération entre 1951 et 1986.

Affaire SNECMA

Liste des infractions attribuées à la SNECMA, vers 1950.

Projet d’assignation devant le tribunal de commerce de la Seine, vers 1950.

La présence de ces documents constitue un élément particulier du dossier.

Elle peut éclairer certaines difficultés rencontrées par Maurice Claisse dans sa carrière professionnelle d’après-guerre.

Toutefois, leur contenu n’a pas été examiné.

Il serait donc injustifié d’en déduire des responsabilités personnelles, des condamnations ou l’issue d’un contentieux.

Notes biographiques

Trois textes rédigés dans les années 1980.

Décès

Allocution prononcée par le général Jean Simon en 1986.

Allocution prononcée par M. Berjon en 1986.

Sépulture

Un courrier daté de 2001.

Presse

Quatre articles publiés entre 1960 et 1986.

L’ensemble documentaire couvre la période 1945-2001.

Ces informations proviennent de l’inventaire institutionnel.

Les documents originaux du dossier 1 A 219 n’ont pas été directement dépouillés.

Observations

Maurice Claisse occupe une place particulière parmi les Compagnons de la Libération.

Il appartient à la fois à l’histoire militaire de la France libre et à celle du progrès aéronautique.

Avant la guerre, il participe à des programmes expérimentaux majeurs.

Il contribue notamment au développement du gyroplane Breguet-Dorand.

En 1936, il établit cinq records internationaux d’hélicoptères.

Il devient ensuite chef pilote puis directeur des essais en vol de la société Breguet.

Pendant la guerre, son engagement ne se limite pas à son activité technique.

Il refuse la défaite et quitte clandestinement la France.

Il rejoint les Forces aériennes françaises libres en mai 1941.

Il participe aux combats de la Royal Air Force, d’abord dans la chasse de jour, puis dans la chasse de nuit.

Il effectue au total 113 missions de guerre selon les chiffres de l’Ordre de la Libération.

Parallèlement, il contribue aux recherches aéronautiques britanniques.

Son passage au Royal Aircraft Establishment de Farnborough constitue un épisode important.

Il participe aux essais de plus de soixante-dix types d’appareils.

Le 23 mai 1943, il devient le premier pilote français à piloter un avion à réaction.

Cette expérience préfigure les transformations profondes de l’aviation militaire et civile après la guerre.

Son parcours montre donc qu’un engagement dans la France libre pouvait prendre plusieurs formes complémentaires.

Maurice Claisse combat directement l’ennemi.

Il participe également à la mise au point des moyens techniques nécessaires à la victoire alliée.

Sa biographie doit conserver cette double dimension.

Quatre points documentaires méritent cependant des vérifications complémentaires.

Le premier concerne les prénoms. La liste officielle des Compagnons indique Maurice Pierre, tandis que les notices courantes utilisent généralement Maurice.

Le deuxième concerne l’unité dans laquelle il sert pendant la campagne de France. L’Ordre de la Libération mentionne le groupe 2/34 ; le SHD indique le groupe d’attaque II/54.

Le troisième concerne son itinéraire clandestin vers la Grande-Bretagne. Les récits résumés mentionnent différentes étapes en Espagne, au Portugal et à Gibraltar.

Le quatrième concerne le bilan exact des essais de Farnborough. La notice officielle indique 290 heures sur plus de 70 types d’avions ; un témoignage autobiographique mentionne 305 heures sur 71 types.

Ces divergences sont limitées et n’affectent pas les grandes étapes de sa carrière.

Indice de fiabilité de la notice Niveau A — L’identité de Maurice Pierre Claisse, sa naissance le 14 décembre 1905 à Paris, son décès le 14 septembre 1986 à Neuilly-sur-Seine, sa formation d’ingénieur aéronautique, son activité chez Breguet, son ralliement aux FAFL le 22 mai 1941, son service dans les Squadrons 66 et 219, ses essais au RAE de Farnborough, sa participation aux essais du Gloster E.28/39, sa nomination comme Compagnon de la Libération par décret du 28 mai 1945 et son grade de lieutenant-colonel sont établis par des sources institutionnelles concordantes. Les dossiers GR 16 P 131548 et 1 A 219 sont identifiés. L’homologation FFL est confirmée. Les réserves portent sur une affectation de 1940, certaines étapes du voyage clandestin, le bilan détaillé des essais et les références administratives des décorations.

Chronologie

DateÉvénement
14 décembre 1905Naissance à Paris, VIIe arrondissement.
Avant 1930Études secondaires au lycée Louis-le-Grand.
1930Brevet de pilote militaire.
1930Promotion de l’École nationale supérieure de l’aéronautique.
1931Brevet d’observateur en avion ; sous-lieutenant de réserve.
1932Entre comme ingénieur à la société Breguet.
1933Débute les essais du gyroplane Breguet-Dorand.
1936Établit cinq records internationaux d’hélicoptères.
1937Devient chef pilote de Breguet et lieutenant de réserve.
1938Devient directeur des essais en vol.
1938-1939Participe notamment à la mise au point des Breguet 690 et dérivés.
Septembre 1939Affectation spéciale aux établissements Breguet.
Mai-juin 1940Organise l’évacuation des matériels placés sous sa responsabilité.
Juin 1940Rejoint une unité de l’armée de l’Air ; identification divergente selon les sources.
Juillet 1940Démobilisation.
Automne 1940Premières tentatives infructueuses de départ pour la Grande-Bretagne.
3 janvier 1941Départ de Paris selon son témoignage autobiographique.
Début mars 1941Franchissement clandestin des Pyrénées.
Mars 1941Passage en Espagne ; son compagnon est arrêté à Madrid.
4 avril 1941Étape à Gibraltar selon son témoignage.
6 avril 1941Arrivée en Grande-Bretagne selon l’Ordre de la Libération.
22 mai 1941Engagement dans les FAFL ; promotion au grade de capitaine.
Août 1941Affectation au Squadron 66 de la RAF.
1941-1942Effectue 68 missions de guerre de jour et 130 heures de vol de guerre.
19 août 1942Participe aux opérations aériennes sur Dieppe.
Septembre 1942Affectation au Royal Aircraft Establishment de Farnborough.
30 septembre 1942Rencontre des chasseurs allemands pendant un vol d’essai sur Airspeed Oxford, selon son témoignage.
Octobre 1942Rejoint la section des essais aérodynamiques.
23 mai 1943Pilote un Gloster E.28/39, devenant le premier Français à piloter un avion à réaction.
1943Poursuit les essais de différents avions alliés et ennemis capturés.
25 décembre 1943Promotion au grade de commandant.
Mai 1944Affectation au Squadron 219, unité de chasse de nuit sur Mosquito.
Mai-novembre 1944Effectue 45 missions de nuit et 130 heures de vol de guerre supplémentaires.
30 novembre 1944Rappel au ministère français de l’Air pour une mission technique.
1945Termine la guerre avec le grade de lieutenant-colonel.
28 mai 1945Décret de nomination comme Compagnon de la Libération.
29 mai 1945Ampliation du décret.
1946Démobilisation selon le SHD.
Après-guerreReprend sa carrière aéronautique à la SNECMA.
25 novembre 1948Bulletin d’adhésion à la Société d’entraide des Compagnons.
1956Retour à la société Breguet.
1967Publication d’un témoignage sur Farnborough dans la revue Icare.
9 mai 1978Entretien enregistré par le SHD à Dammarie-les-Lys.
14 septembre 1986Décès à Neuilly-sur-Seine.
1986Inhumation à Dammarie-les-Lys.

Tableau des divergences entre sources

Point examinéSourcesAppréciation
PrénomsListe officielle des Compagnons : Maurice Pierre ; notices biographiques : Maurice.Maurice Pierre retenu.
NaissanceOrdre de la Libération et SHD : 14 décembre 1905, Paris.Concordance.
Lieu de naissanceRépertoire GR 16 P : Paris VIIe arrondissement.Confirmé.
FormationOrdre de la Libération : promotion 1930 de l’École nationale supérieure de l’aéronautique.Confirmé.
Records du gyroplaneOrdre de la Libération : cinq records internationaux en 1936.Confirmé.
Affectation de juin 1940Ordre de la Libération : groupe 2/34 ; SHD : groupe d’attaque II/54.Divergence à vérifier dans le dossier militaire.
Départ clandestinTémoignage : 3 janvier 1941 ; Ordre de la Libération : début 1941.Compatible.
Franchissement des PyrénéesOrdre de la Libération : début mars 1941.Confirmé.
Itinéraire espagnolOrdre de la Libération : Barcelone, Madrid, Portugal ; témoignage : Gibraltar le 4 avril.Itinéraire détaillé à reconstituer.
Arrivée en AngleterreOrdre de la Libération : 6 avril 1941.Date retenue.
Engagement FAFLOrdre de la Libération et SHD : 22 mai 1941.Concordance.
Squadron 66Ordre de la Libération : août 1941.Confirmé.
DieppeOrdre de la Libération : participation aux opérations d’août 1942.Confirmé.
FarnboroughOrdre de la Libération et SHD : septembre 1942.Concordance.
Heures d’essaisOrdre de la Libération : 290 heures ; témoignage : 305 heures.Écart probablement lié à la date de clôture du relevé ; à vérifier.
Types d’appareils essayésOrdre de la Libération : plus de 70 ; témoignage : 71.Compatible.
Gloster E.28/39Ordre de la Libération : premier Français ayant participé à ses essais ; témoignage : vol du 23 mai 1943.Concordance sur le fait, date précisée par le témoignage.
Grade de commandantOrdre de la Libération : 25 décembre 1943.Confirmé.
Squadron 219Ordre de la Libération : mai 1944.Confirmé.
Missions de nuitOrdre de la Libération : 45 missions et 130 heures de vol.Confirmé.
Grade finalOrdre de la Libération et SHD : lieutenant-colonel en 1945.Concordance.
Croix de la LibérationOrdre de la Libération : décret du 28 mai 1945 ; inventaire : ampliation du 29 mai 1945.Dates confirmées et distinctes.
DécèsOrdre de la Libération et SHD : 14 septembre 1986.Concordance.
SépultureOrdre de la Libération : Dammarie-les-Lys.Confirmée.
Dossier de CompagnonOrdre de la Libération : 1 A 219.Cote confirmée.
Dossier d’homologationSHD : GR 16 P 131548.Cote confirmée et homologation FFL.
HomonymeSHD : autre Maurice Claisse, né en 1894, GR 16 P 131547.Dossiers à ne pas confondre.

Sources consultées

Ordre de la Libération — Maurice CLAISSE — Biographie officielle, formation aéronautique, engagement dans les FAFL, Squadrons 66 et 219, essais de Farnborough, premier vol français sur avion à réaction, décret de la croix de la Libération et décorations — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/maurice-claisse ; Ordre de la Libération — Dossiers des femmes et hommes Compagnon de la Libération, lettre C, inventaire de Roxane Ritter, version du 24 septembre 2025, dossier individuel 1 A 219, mémoire de proposition de 1945 et ampliation du 29 mai 1945 — https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_C_20250924_0.pdf ; Service historique de la Défense — Répertoire GR 16 P, lettre C, Maurice Claisse né le 14 décembre 1905 à Paris, dossier GR 16 P 131548, homologation FFL, distinction avec l’homonyme GR 16 P 131547 — https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/SHDGR_16P_C.pdf ; Service historique de la Défense — Lieutenant-colonel Maurice Claisse, entretien réalisé le 9 mai 1978 à Dammarie-les-Lys, présentation du témoignage et récapitulatif de carrière — https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/ark/923564 ; Royal Air Force — Jet Propelled Flight, historique officiel des essais du Gloster E.28/39 et de la propulsion à réaction britannique — https://www.raf.mod.uk/what-we-do/our-history/jet-propelled-flight/ ; Aviateurs — Un grand pilote oublié, Maurice Claisse, reproduction d’un témoignage autobiographique concernant ses opérations dans la RAF, ses essais à Farnborough et son vol du 23 mai 1943 — https://aviateurs.e-monsite.com/pages/de-1939-a-1945/un-grand-pilote-oublie-maurice-claisse.html

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