Louis Frédéric Marie BROUDIN, né le 19 avril 1922 à Logonna-Daoulas (Finistère), mort pour la France le 23 septembre 1940 devant Rufisque, au Sénégal, à bord de l’aviso Commandant Duboc, français. Quartier-maître armurier des Forces navales françaises libres, promu second-maître à titre posthume, Compagnon de la Libération. Son identité complète « Louis Frédéric Marie BROUDIN » est donnée par la fiche Mémoire des Hommes reprise dans les bases généalogiques mémorielles.
Jeunesse et formation
Louis BROUDIN naît dans une famille de marins-pêcheurs de Logonna-Daoulas. Il est le second enfant de la famille. Après avoir obtenu le certificat d’études avec la mention « bien », il entre en 1936 à l’École des Pupilles de la Marine, où il suit une préparation destinée à l’École de maistrance.
Environ dix-huit mois plus tard, il rejoint l’École des mécaniciens de Lorient et y suit le cours d’armurier. Breveté à l’issue de cette formation, il est affecté en décembre 1939 au cuirassé Paris, employé notamment à l’escorte et au convoyage de bâtiments de commerce.
Engagement dans la Résistance
En janvier 1940, Louis BROUDIN est affecté à l’aviso Annamite. À son bord, il participe à la campagne du Nord puis à la campagne de Norvège, notamment dans le cadre des opérations de Narvik.
Le Annamite gagne ensuite la Grande-Bretagne. Louis BROUDIN est débarqué à Plymouth le 18 juin 1940, jour même de l’appel du général DE GAULLE. Il choisit de poursuivre la guerre et s’engage dans les Forces navales françaises libres — FNFL.
Il est alors affecté comme quartier-maître armurier à bord de l’aviso Commandant Duboc, bâtiment remis en service par les FNFL au cours de l’été 1940.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Louis BROUDIN n’appartient pas à un réseau clandestin de la Résistance intérieure. Son engagement relève entièrement de la France libre et plus précisément des Forces navales françaises libres.
Son unité principale est l’aviso Commandant Duboc, bâtiment des FNFL réarmé en juillet-août 1940 et intégré à la force navale envoyée vers Dakar dans le cadre de l’opération Menace.
Les sources MVR classent Louis BROUDIN parmi les quartiers-maîtres des FNFL morts pendant l’opération Menace et ultérieurement faits Compagnons de la Libération à titre posthume.
Missions et actions
Au cours de l’été 1940, le Commandant Duboc fait partie des navires réarmés par la France libre. Le 22 août, il rejoint Greenock en Écosse, base importante des FNFL. Le 26 août 1940, il appareille avec la force franco-britannique destinée à Dakar.
L’objectif de l’opération Menace est de rallier l’Afrique occidentale française à la France libre, après le ralliement d’une grande partie de l’Afrique équatoriale française. Les forces françaises libres sont embarquées notamment sur plusieurs avisos, dont le Commandant Duboc, le Commandant Dominé et le Savorgnan de Brazza.
Le 23 septembre 1940, une vedette transportant des parlementaires français libres conduits par le commandant Georges THIERRY D’ARGENLIEU est prise sous le feu des forces françaises restées fidèles à Vichy. Les combats s’engagent alors dans la baie de Dakar entre les forces franco-britanniques et les défenseurs vichystes.
Le Commandant Duboc se trouve au large de Rufisque lorsqu’il est pris sous le feu. Louis BROUDIN demeure à son poste d’armurier. Il est mortellement atteint par un éclat d’obus. La notice officielle de l’Ordre de la Libération rapporte comme dernières paroles : « Vive la France, vengez-moi ». Il n’a que dix-huit ans.
Son corps est immergé en mer dans la baie de Dakar.
Arrestation / évasion / déportation
Sans objet. Louis BROUDIN n’a été ni arrêté, ni emprisonné, ni déporté. Son engagement se déroule entièrement au sein de la Marine puis des FNFL.
Camarades de combat
Le Commandant Duboc compte dans son équipage plusieurs hommes qui deviendront Compagnons de la Libération. Parmi eux figurent notamment Baptiste DUPUIS, Robert CRÉMEL, André ROUX, Georges ROSSIGNOL, Étienne SCHLUMBERGER et Jean CADÉAC D’ARBAUD.
Le 1er février 1941, Louis BROUDIN est nommé Compagnon de la Libération à titre posthume en même temps que Robert CRÉMEL et Baptiste DUPUIS, tous trois morts pendant l’opération Menace.
L’action du Commandant Duboc à Dakar s’inscrit également dans celle de la force navale commandée par les responsables de la France libre, dont Georges THIERRY D’ARGENLIEU, lui-même Compagnon de la Libération.
Retour à la vie civile
Sans objet. Louis BROUDIN est tué au combat à seulement dix-huit ans, trois mois après son ralliement à la France libre.
Le 17 janvier 1941, il est promu exceptionnellement second-maître à titre posthume. L’inventaire de son dossier de Compagnon conserve une copie de l’ordre n° 221 du 17 janvier 1941 relatif à cette promotion.
Décorations
Médaille militaire — attribuée à titre posthume ; décoration confirmée par l’Ordre de la Libération. Le décret ou arrêté nominatif précis n’a pas été retrouvé dans les sources primaires directement accessibles lors des présentes recherches.
Source : Ordre de la Libération.
Compagnon de la Libération — à titre posthume — décret du 1er février 1941 — dossier 1 A 155. L’inventaire conserve la proposition du 31 décembre 1940, l’ampliation d’un extrait du décret et le reçu du diplôme n° 669.
Source : Ordre de la Libération.
Croix de guerre 1939-1945 — décoration confirmée par l’Ordre de la Libération. La citation exacte et le texte administratif d’attribution n’ont pas été directement retrouvés lors des présentes recherches.
Source : Ordre de la Libération.
Aucune Médaille de la Résistance française n’a été retrouvée dans les sources institutionnelles consultées pour Louis BROUDIN ; elle n’est donc pas ajoutée à la présente notice.
Lieux de mémoire
Louis BROUDIN n’a pas de sépulture terrestre : son corps a été immergé en mer après sa mort devant Dakar.
Son nom figure sur le monument aux morts de Logonna-Daoulas, sa commune natale. Les relevés mémoriels communaux l’identifient comme Louis Frédéric Marie BROUDIN, né le 19 avril 1922 et tué au combat en mer le 23 septembre 1940.
Le Mémorial national des marins morts pour la France conserve également sa mémoire sous le nom de Louis BROUDIN, né le 19 avril 1922 à Logonna-Daoulas, décédé le 23 septembre 1940, avec la mention du Commandant-Duboc.
La mémoire de Louis BROUDIN est enfin particulièrement présente dans l’histoire des Compagnons originaires du Finistère : l’Association des familles de Compagnons de la Libération l’a notamment rappelé comme l’un des plus jeunes Compagnons morts au combat.
Références bibliographiques
1061 Compagnons : histoire des Compagnons de la Libération — Jean-Christophe NOTIN — Paris, Perrin, 2000, 822 p. Ouvrage général de référence sur les Compagnons de la Libération.
Dictionnaire des Compagnons de la Libération — Vladimir TROUPLIN — Paris, Elytis, 2010 ; édition augmentée, Elytis, 2023. Référence biographique générale.
Mémorial des Compagnons de la Libération — Ordre de la Libération — Paris, Imprimerie nationale, 1961. Un extrait de cet ouvrage est conservé dans le dossier 1 A 155 de Louis BROUDIN.
Juin 1940-Janvier 1941 — Georges THIERRY D’ARGENLIEU — Paris, Plon, 1973. Témoignage utile sur la naissance des FNFL et les opérations de Dakar ; ouvrage cité dans la bibliographie MVR relative aux FFL.
Références internet
Ordre de la Libération — Louis BROUDIN — source institutionnelle principale pour la naissance, la formation maritime, le Paris, l’Annamite, les FNFL, le Commandant Duboc, Dakar, la mort, la promotion posthume et les décorations.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/louis-broudin
Ordre de la Libération — Inventaire des dossiers des Compagnons, lettre B — dossier 1 A 155, proposition du 31 décembre 1940, décret du 1er février 1941, ordre de promotion du 17 janvier 1941 et diplôme n° 669.
https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_B_20250923.pdf
Mémorial national des marins morts pour la France — Louis BROUDIN — confirmation de la naissance le 19 avril 1922 à Logonna-Daoulas, du décès le 23 septembre 1940 et du rattachement au Commandant-Duboc.
https://memorial-national-des-marins.fr/b.html
Mémoire des Hommes — Louis Frédéric Marie BROUDIN — fiche Mort pour la France signalant son identité complète et son décès devant Rufisque à bord du Commandant Duboc.
https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/
Mémoire Vive de la Résistance — Forces françaises libres — chronologie générale des FNFL et mention de Louis BROUDIN parmi les marins morts pendant l’opération Menace et faits Compagnons à titre posthume.
https://mvr.asso.fr/forces-francaises-libres/
Wikipédia — Louis BROUDIN — notice développée consultée comme source secondaire obligatoire, notamment pour le contrôle de la chronologie maritime et de la localisation du décès.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Broudin
Dossier d’homologation consulté
Ordre de la Libération — dossier 1 A 155, BROUDIN Louis. L’inventaire détaillé a été consulté. Il contient la proposition pour la promotion des croisés de la Libération du 31 décembre 1940, l’ampliation d’un extrait du décret du 1er février 1941, six courriers de 1946, le reçu du diplôme n° 669 daté du 11 mars 1966, une fiche de renseignements de l’Ordre et plusieurs pièces ultérieures relatives à sa mémoire.
Le dossier contient également, sous la rubrique SHD, une copie de l’ordre n° 221 du 17 janvier 1941 relatif à sa promotion posthume, ainsi qu’une fiche de renseignements non datée. Le dossier physique original n’a pas été dépouillé pièce par pièce.
Aucune cote individuelle GR 16 P correspondant avec certitude à Louis BROUDIN n’a été retrouvée dans les instruments consultés. Son parcours relève avant tout des Forces navales françaises libres ; aucune cote GR 16 P ne doit donc lui être attribuée par déduction.
Observations
L’identité complète mérite une précision. La notice de l’Ordre de la Libération utilise la forme Louis BROUDIN, tandis que la fiche Mémoire des Hommes reprise dans les relevés mémoriels donne Louis Frédéric Marie BROUDIN. La concordance parfaite des date et lieu de naissance ainsi que des circonstances du décès permet de retenir cette identité complète.
Le lieu de décès varie légèrement selon les sources. L’Ordre de la Libération indique Dakar, alors que Mémoire des Hommes et les relevés communaux précisent « devant Rufisque » ou « en mer, Sénégal ». Les deux formulations sont compatibles : Rufisque se situe dans la baie de Dakar, où se déroule l’action du Commandant Duboc. La présente notice retient donc « devant Rufisque, Sénégal », formulation la plus précise.
La date et le lieu de naissance ne présentent pas de divergence sérieuse : 19 avril 1922 à Logonna-Daoulas sont confirmés par l’Ordre, le Mémorial national des marins et Mémoire des Hommes. L’orthographe « Logonna-Dalouas » apparaissant dans le corps de la notice de l’Ordre constitue une simple coquille ; la graphie officielle est Logonna-Daoulas.
Une source communale secondaire indique que Louis BROUDIN serait « décédé des suites de ses blessures » ; l’Ordre de la Libération indique au contraire qu’il est tué par un éclat d’obus à son poste. La source institutionnelle de l’Ordre est retenue pour les circonstances immédiates du décès.
Le contrôle d’homonymie est nécessaire : le Mémorial national des marins recense notamment Jean François Marie BROUDIN, né en 1909 et mort sur le torpilleur Siroco, totalement distinct du Compagnon né à Logonna-Daoulas en 1922.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A — identité, naissance, formation dans la Marine, affectations sur le Paris puis l’Annamite, campagne de Norvège, débarquement à Plymouth, engagement dans les FNFL, affectation au Commandant Duboc, participation à l’opération Menace, circonstances et lieu du décès, promotion posthume, dossier 1 A 155 et décret du 1er février 1941 reposent sur plusieurs sources institutionnelles et mémorielles concordantes. Les seules réserves concernent la formulation exacte du lieu de décès et les textes administratifs précis d’attribution de la Médaille militaire et de la Croix de guerre.
Chronologie
| Date | Événement |
|---|---|
| 19 avril 1922 | Naissance à Logonna-Daoulas |
| 1936 | Entre à l’École des Pupilles de la Marine |
| Vers 1937-1938 | Entre à l’École des mécaniciens de Lorient ; formation d’armurier |
| Décembre 1939 | Affecté au cuirassé Paris |
| Janvier 1940 | Affecté à l’aviso Annamite |
| Printemps 1940 | Campagne du Nord et campagne de Norvège |
| 18 juin 1940 | Débarqué à Plymouth |
| Été 1940 | Engagement dans les FNFL |
| Juillet-août 1940 | Affecté au Commandant Duboc comme quartier-maître armurier |
| 22 août 1940 | Le Commandant Duboc rejoint Greenock |
| 26 août 1940 | Départ pour Dakar dans le cadre de l’opération Menace |
| 23 septembre 1940 | Tué au combat devant Rufisque |
| 23 septembre 1940 | Immersion du corps en baie de Dakar |
| 31 décembre 1940 | Proposition pour la Croix de la Libération |
| 17 janvier 1941 | Promu second-maître à titre posthume |
| 1er février 1941 | Compagnon de la Libération à titre posthume |
Tableau des divergences entre sources
| Élément biographique | Source 1 | Source 2 | Décision retenue |
|---|---|---|---|
| Prénoms | Ordre : Louis BROUDIN | Mémoire des Hommes : Louis Frédéric Marie BROUDIN | Louis Frédéric Marie BROUDIN |
| Lieu de naissance | Ordre, en-tête : Logonna-Daoulas | Corps de la notice : « Logonna-Dalouas » | Logonna-Daoulas |
| Lieu de décès | Ordre : Dakar | Mémoire des Hommes : devant Rufisque | Devant Rufisque, baie de Dakar, Sénégal |
| Circonstances du décès | Ordre : tué par éclat d’obus | Source communale secondaire : décédé des suites de blessures | Tué par éclat d’obus à son poste, source institutionnelle privilégiée |
| Cote GR 16 P | Aucune cote certaine retrouvée | Dossier 1 A 155 clairement identifié | Ne pas inventer de GR 16 P |
Sources consultées
Ordre de la Libération — Louis BROUDIN. Source principale pour la formation maritime, les affectations sur le Paris et l’Annamite, l’engagement dans les FNFL, le Commandant Duboc, l’opération Menace, le décès, la promotion au grade de second-maître et les décorations.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/louis-broudin
Ordre de la Libération — Inventaire des dossiers des Compagnons, lettre B. Confirmation du dossier 1 A 155, de la proposition du 31 décembre 1940, du décret du 1er février 1941, du diplôme n° 669 et de l’ordre du 17 janvier 1941 concernant la promotion posthume.
https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_B_20250923.pdf
Mémorial national des marins morts pour la France — Louis BROUDIN. Confirmation de la naissance à Logonna-Daoulas le 19 avril 1922, du décès le 23 septembre 1940 et du rattachement à l’aviso Commandant-Duboc.
https://memorial-national-des-marins.fr/b.html
Mémoire des Hommes — Louis Frédéric Marie BROUDIN. Source pour l’identité complète et la mention Mort pour la France devant Rufisque à bord du Commandant Duboc.
https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/
Mémoire Vive de la Résistance — Forces françaises libres. Mention de Louis BROUDIN dans la chronologie des FNFL et de sa nomination comme Compagnon à titre posthume le 1er février 1941.
https://mvr.asso.fr/forces-francaises-libres/
Wikipédia — Louis BROUDIN. Notice développée consultée comme source secondaire obligatoire ; les informations importantes ont été recoupées avec l’Ordre de la Libération, Mémoire des Hommes et le Mémorial national des marins.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Broudin