La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

Raoul Élie BÉON, né le 7 avril 1911 à Monbert, dans le Gers, mort pour la France le 11 mai 1943 à Djebillat, près de Takrouna (Tunisie), Français, médecin militaire des troupes coloniales, médecin-capitaine des Forces françaises libres, Compagnon de la Libération à titre posthume par décret du 10 décembre 1943. Le dossier d’homologation du SHD confirme son identité complète, sa naissance et son homologation FFL sous la cote GR 16 P 48617.

Jeunesse et formation

Fils d’un important éleveur du Gers, Raoul Béon effectue ses études secondaires au lycée d’Auch. Il choisit la médecine militaire et prépare l’École principale du service de santé de la Marine et des Colonies, dite École de Santé navale, à Bordeaux, qu’il intègre en décembre 1931.

Il est promu médecin sous-lieutenant en décembre 1933, puis médecin lieutenant en décembre 1935. Affecté au service des troupes coloniales en 1936, il suit à partir de janvier 1937 l’enseignement de l’École d’application du Service de santé des troupes coloniales à Marseille. Il en sort parmi les premiers six mois plus tard et rejoint le 1er Régiment d’artillerie coloniale.

En avril 1938, il est envoyé au Dahomey, aujourd’hui Bénin, où il devient médecin-chef de l’hôpital d’Abomey. Sa formation scientifique aboutit notamment à un travail intitulé Contribution à l’étude des ruptures traumatiques intra-abdominales de la vésicule biliaire, répertorié par l’Ordre de la Libération.

Engagement dans la Résistance

En 1940, Raoul Béon se trouve toujours au Dahomey. Face à la défaite française, il fait rentrer son épouse et ses deux filles en France. Il refuse l’armistice et décide de poursuivre la guerre. Le 25 août 1940, il quitte clandestinement le Dahomey avec plusieurs compagnons et gagne le Nigeria britannique. Son intention initiale est de rejoindre l’Angleterre et de se mettre au service du général de Gaulle.

Le ralliement de l’Afrique-Équatoriale française à la France libre modifie son itinéraire. Il rejoint le Tchad et s’engage immédiatement dans les Forces françaises libres à Fort-Lamy. Au début de novembre 1940, il est affecté au Régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad à Moussoro.

Le répertoire nominatif du Service historique de la Défense confirme sans ambiguïté ce statut : « BEON, Raoul Elie », né le 7 avril 1911 à Monbert, Gers, dossier GR 16 P 48617, est homologué au titre des Forces françaises libres.

Appartenance à un réseau ou mouvement

Raoul Béon appartient à la Résistance extérieure et aux Forces françaises libres. Il ne relève pas d’un réseau clandestin métropolitain.

Son parcours militaire est successivement associé au Régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad (RTST), au Bataillon de marche n° 3 (BM 3), au 1er Bataillon d’infanterie de marine (1er BIM), à l’Ambulance chirurgicale légère de la 1re Division française libre (ACL) et enfin au Bataillon de marche n° 5 (BM 5). Ces cinq affectations sont recensées par l’Ordre de la Libération.

Missions et actions

Trois semaines environ après son arrivée au RTST, Raoul Béon obtient, à sa demande, son affectation au Bataillon de marche n° 3. Le 1er janvier 1941, le BM 3 franchit la frontière du Soudan anglo-égyptien pour participer à la campagne d’Érythrée.

Pendant les combats de Kub-Kub, du 21 au 23 février 1941, Béon exerce son métier de médecin au plus près de la ligne de feu. Il adopte la même conduite pendant la bataille de Keren, du 12 au 18 mars. Son activité médicale est ainsi indissociable de l’engagement combattant des premières unités de la France libre en Afrique orientale.

Avec le BM 3, il participe ensuite à la campagne de Syrie. Le 15 juillet 1941, il est promu médecin-capitaine. Quelques jours plus tard, il devient médecin-chef du 1er Bataillon d’infanterie de marine.

En février 1942, il est désigné comme médecin traitant de l’Ambulance chirurgicale légère de la 1re Division française libre. Après quelques semaines en Syrie puis un passage en Palestine, il part en avril pour la campagne de Libye.

À ce poste, Raoul Béon prend en charge les blessés de Bir Hakeim en juin 1942, puis ceux de l’Himeimat et d’El Alamein en octobre 1942. Son parcours constitue ainsi un exemple particulièrement représentatif du service de santé de la France libre, qui doit suivre au plus près des unités combattantes tout au long des opérations du désert.

Après la campagne de Libye, il est nommé médecin-chef du Bataillon de marche n° 5 et rejoint cette unité le 25 décembre 1942.

Le 7 mai 1943, la 1re DFL et le BM 5 montent en ligne dans le secteur de Takrouna pour les derniers combats de la campagne de Tunisie. Béon dirige le poste de secours et organise l’évacuation et le traitement des blessés sous les bombardements.

Le 11 mai, à partir de six heures du matin, les Français libres attaquent les positions ennemies. Vers huit heures, un tirailleur est blessé à quelques mètres du poste de secours. Raoul Béon quitte immédiatement son abri pour lui porter secours. Alors qu’il soigne le blessé, un obus explose à proximité et le tue sur le coup. La Fondation de la France Libre confirme qu’il est tué par un obus à Djebillat alors qu’il soigne un blessé.

Il avait trente-deux ans.

Arrestation / évasion / déportation

Raoul Béon n’a été ni arrêté, ni interné ni déporté selon les sources consultées. Son parcours résistant est celui d’un militaire de la France libre engagé sur les théâtres africains et proche-orientaux.

Son départ clandestin du Dahomey le 25 août 1940 constitue néanmoins une rupture décisive avec l’autorité de Vichy. Son fonds d’archives conserve d’ailleurs la copie d’une ordonnance de 1941 enjoignant à un contumax de se présenter ainsi que le procès-verbal de la vente publique de ses effets après sa condamnation par contumace.

Camarades de combat

Le parcours de Raoul Béon le met successivement au contact des combattants du RTST, du BM 3, du 1er BIM, des personnels sanitaires de la 1re DFL et du BM 5. Il appartient donc à plusieurs des formations emblématiques de la France libre.

Au sein du service de santé de la 1re DFL, son activité s’inscrit dans le même environnement médical que celui de médecins tels que Henri Fruchaud, Jean Vialard-Goudou ou Pol Thibaux. La documentation consacrée au service de santé de la France libre permet d’établir cette communauté de service, sans qu’il soit nécessaire d’en déduire pour chacun une relation personnelle particulière.

Lors des combats de Takrouna, le BM 5 perd également plusieurs officiers. La Fondation de la France Libre recense notamment, le 11 mai 1943, le lieutenant Pierre Bernard, le sous-lieutenant Robert Guyard et le sous-lieutenant Ferdinand Lamblin parmi les morts du BM 5.

Retour à la vie civile

Raoul Béon ne connaît pas de retour à la vie civile. Il meurt au combat le 11 mai 1943 pendant la campagne de Tunisie.

Sa nomination dans l’Ordre de la Libération intervient à titre posthume par décret du 10 décembre 1943. Son fonds personnel conservé par l’Ordre contient la proposition de citation, la décision de 1943 et plusieurs courriers relatifs à l’attribution de la Croix.

Il est aujourd’hui inhumé à Bruges, près de Bordeaux.

Décorations

Chevalier de la Légion d’honneur. Source : Ordre de la Libération. Le grade de chevalier est expressément attesté par la notice institutionnelle. La date précise du décret n’a pas été établie avec suffisamment de certitude dans les sources directement vérifiées.

Compagnon de la Libération. Source : Ordre de la Libération. Attribution à titre posthume par décret du 10 décembre 1943. Le fonds personnel 1 A 76 conserve la proposition de citation, la décision de 1943 et les documents administratifs liés à cette attribution.

Croix de guerre 1939-1945 avec palme. Source : Ordre de la Libération. La décoration avec palme est explicitement attestée par la notice institutionnelle. Elle correspond à une citation à l’ordre de l’armée dans les sources complémentaires consultées.

Médaille coloniale avec agrafe « Érythrée ». Source : Ordre de la Libération. La médaille et l’agrafe « Érythrée » sont expressément attestées par la notice institutionnelle.

Médaille de la Résistance française avec rosette. Source : Ordre de la Libération. La distinction avec rosette est expressément attestée par la notice institutionnelle. La date du décret n’a pas été retenue faute de contrôle direct suffisamment certain du texte attributif.

Lieux de mémoire

Le principal lieu de mémoire familial de Raoul Béon est sa sépulture à Bruges, près de Bordeaux, où sa dépouille a été transférée après une première inhumation en Tunisie. L’Ordre de la Libération confirme son inhumation actuelle à Bruges.

Son nom figure également sur le monument aux morts de Bordeaux, place des Martyrs-de-la-Résistance, ainsi que sur les monuments commémoratifs liés à Santé navale et à l’École de santé des armées. La tradition de Santé navale rappelle également que la promotion 1949 a choisi le médecin-capitaine Raoul Béon comme parrain.

À Abomey, où il avait exercé comme médecin-chef avant la guerre, l’hôpital a porté son nom.

La mémoire de son sacrifice demeure enfin attachée à Takrouna et Djebillat, en Tunisie, où il est tué en portant secours à un blessé le 11 mai 1943.

L’Ordre de la Libération conserve son fonds personnel sous la cote 1 A 76. Celui-ci réunit les pièces relatives à la Croix de la Libération, des documents sur son parcours dans la France libre, des copies de son dossier SHD GR 16 P 48617, des correspondances de guerre et des documents familiaux.

Références bibliographiques

1061 Compagnons : histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe Notin, Paris, Perrin, 2000, 822 p. Ouvrage général de référence permettant de replacer Raoul Béon parmi les médecins et combattants de la France libre.

Le service de santé de la France libre de 1940 à 1943, Guy Chauliac, Paris, édition personnelle, 1994, 241 p. L’ouvrage consacre plusieurs passages à Raoul Béon et constitue une référence particulièrement pertinente pour comprendre son activité au sein du dispositif sanitaire des FFL en Afrique et au Moyen-Orient.

Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir Trouplin, Paris, Éditions Elytis, 2023. Dictionnaire biographique de référence consacré aux Compagnons de la Libération.

Les Compagnons de l’Aube, Guillaume Piketty, Paris, Textuel, 2014, 442 p. Étude générale permettant de replacer le refus de l’armistice et le ralliement de Béon dans l’expérience collective des premiers Français libres.

Références internet

Ordre de la Libération — Notice institutionnelle de Raoul Béon, source principale pour sa formation médicale, son départ du Dahomey, ses affectations FFL, les campagnes d’Érythrée, de Syrie, de Libye et de Tunisie, sa mort et ses décorations. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/raoul-beon

Ordre de la Libération — Archives des Compagnons, lettre B — Instrument archivistique décrivant le fonds personnel Raoul Béon sous la cote 1 A 76 et identifiant le dossier SHD GR 16 P 48617. https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_B_20250923.pdf

Service historique de la Défense / Musée de la Résistance en ligne — Répertoire nominatif de la sous-série GR 16 P confirmant « BEON, Raoul Elie », né le 7 avril 1911 à Monbert, cote GR 16 P 48617, homologué FFL. https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/SHDGR_16P_BA-BJ.pdf

Fondation de la France Libre — Étude consacrée aux combats de la 1re DFL en Tunisie, confirmant la mort du médecin-capitaine Raoul Béon à Djebillat le 11 mai 1943 alors qu’il soigne un blessé. https://www.france-libre.net/site/wp-content/uploads/2023/07/FondationFranceLibre87.pdf

Santards Navalais Traditions — Notice mémorielle consacrée à l’ancien élève de Santé navale, utile notamment pour les hommages, la première inhumation en Tunisie, le transfert de la sépulture et le parrainage de la promotion 1949. https://sites.google.com/view/santards-navalais-traditions/histoire/illustres-anciens/compagnons-de-la-lib%C3%A9ration/b%C3%A9on-raoul-1911-1943

Wikipédia — Notice développée consultée conformément au protocole et confrontée aux sources institutionnelles ; elle signale notamment les références bibliographiques consacrées au service de santé de la France libre. https://fr.wikipedia.org/wiki/Raoul_B%C3%A9on

Dossier d’homologation consulté

Service historique de la Défense, Vincennes — GR 16 P 48617, BÉON Raoul Élie.

La cote est directement vérifiée dans le répertoire nominatif de la sous-série GR 16 P : « BEON, Raoul Elie », né le 7 avril 1911 à Monbert (Gers), figure sous la cote GR 16 P 48617 avec homologation FFL.

L’instrument archivistique de l’Ordre de la Libération confirme indépendamment cette même cote. Il précise en outre que le fonds 1 A 76 conserve des copies provenant du dossier GR 16 P 48617 : fiche de position de 1940, avis de décès de 1945, fiche matriculaire de 1946, constatation de services militaires de 1957, attestation d’appartenance aux Forces françaises libres de 1959 et état signalétique des services.

Le dossier original GR 16 P 48617 n’a pas été matériellement dépouillé pièce par pièce pour cette notice. La cote, l’identité et l’homologation ont été vérifiées dans les instruments archivistiques ; les copies conservées dans le fonds de l’Ordre sont également décrites par son inventaire.

Observations

Une divergence interne existe sur la date de naissance dans la page actuelle de l’Ordre de la Libération : son cartouche affiche 6 avril 1911, tandis que le texte biographique donne 7 avril 1911. Le répertoire nominatif du SHD donne également 7 avril 1911. Cette dernière date est donc retenue.

Le lieu de naissance apparaît sous la graphie Monbert dans l’Ordre de la Libération et dans le répertoire SHD. Cette forme est conservée conformément aux sources institutionnelles.

Une source mémorielle relative à un hommage gersois a indiqué par erreur une mort le 7 mai 1943. Les sources institutionnelles, l’instrument SHD et la documentation de la Fondation de la France Libre convergent sur le 11 mai 1943. Cette date est retenue.

Indice de fiabilité de la notice Niveau A : La notice repose sur plusieurs sources institutionnelles et archivistiques concordantes et complémentaires : la biographie nominative de l’Ordre de la Libération, le répertoire du Service historique de la Défense qui confirme l’homologation FFL et la cote GR 16 P 48617, l’inventaire du fonds personnel 1 A 76 et une étude de la Fondation de la France Libre sur les combats de Tunisie. Les affectations successives au RTST, BM 3, 1er BIM, ACL et BM 5, les campagnes d’Érythrée, de Syrie et de Libye, son activité à Bir Hakeim et El Alamein ainsi que les circonstances de sa mort à Djebillat sont solidement documentées. La principale anomalie documentaire concerne la date de naissance affichée dans le cartouche de l’Ordre, corrigée par le corps de la même notice et par le répertoire SHD.

Chronologie

DateÉvénement
7 avril 1911Naissance à Monbert, dans le Gers.
Décembre 1931Entre à l’École de Santé navale de Bordeaux.
Décembre 1933Promu médecin sous-lieutenant.
Décembre 1935Promu médecin lieutenant.
1936Affecté au service des troupes coloniales.
Janvier 1937Entre à l’École d’application du Service de santé des troupes coloniales à Marseille.
1937Affecté au 1er Régiment d’artillerie coloniale.
Avril 1938Affecté au Dahomey ; devient médecin-chef de l’hôpital d’Abomey.
25 août 1940Quitte le Dahomey pour le Nigeria afin de poursuivre la guerre.
1940Rejoint le Tchad et s’engage dans les Forces françaises libres.
Début novembre 1940Affecté au RTST à Moussoro.
Fin novembre 1940Rejoint à sa demande le BM 3.
1er janvier 1941Entre au Soudan anglo-égyptien avec le BM 3.
21-23 février 1941Combats de Kub-Kub en Érythrée.
12-18 mars 1941Bataille de Keren.
1941Campagne de Syrie.
15 juillet 1941Promu médecin-capitaine.
Juillet 1941Devient médecin-chef du 1er BIM.
Février 1942Affecté à l’Ambulance chirurgicale légère de la 1re DFL.
Avril 1942Départ pour la campagne de Libye.
Juin 1942Prend en charge les blessés de Bir Hakeim.
Octobre 1942Prend en charge les blessés de l’Himeimat-El Alamein.
25 décembre 1942Rejoint le BM 5 comme médecin-chef.
7 mai 1943Le BM 5 monte en ligne dans le secteur de Takrouna.
11 mai 1943Tué par un obus à Djebillat alors qu’il porte secours à un tirailleur blessé.
10 décembre 1943Nommé Compagnon de la Libération à titre posthume.

Tableau des divergences entre sources

ÉlémentSourceDonnéeAppréciation
Date de naissanceCartouche de l’Ordre de la Libération6 avril 1911Anomalie interne de la page.
Date de naissanceCorps de la notice de l’Ordre + SHD GR 16 P7 avril 1911Date retenue.
Date de décèsSource mémorielle d’un hommage gersois7 mai 1943Erreur non retenue.
Date de décèsOrdre de la Libération + Fondation de la France Libre + sources SHD11 mai 1943Date retenue.
Lieu de décèsOrdre de la LibérationDjebillatLocalisation précise retenue.
Présentation courante du lieu de décèsSources secondairesTakrounaSecteur géographique ; compatible avec Djebillat.

Sources consultées

Ordre de la Libération — Notice institutionnelle utilisée pour l’état civil, la formation médicale, les affectations successives, les campagnes, les circonstances de la mort et les décorations. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/raoul-beon

Ordre de la Libération — Archives des Compagnons — Instrument utilisé pour le fonds personnel 1 A 76, ses archives de guerre et les copies provenant du dossier GR 16 P 48617. https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_B_20250923.pdf

Service historique de la Défense / Musée de la Résistance en ligne — Répertoire utilisé pour vérifier l’identité complète « Raoul Elie Béon », la naissance le 7 avril 1911, la cote GR 16 P 48617 et l’homologation FFL. https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/SHDGR_16P_BA-BJ.pdf

Fondation de la France Libre — Documentation utilisée pour recouper les opérations de la 1re DFL en Tunisie et la mort de Raoul Béon à Djebillat le 11 mai 1943 alors qu’il soigne un blessé. https://www.france-libre.net/site/wp-content/uploads/2023/07/FondationFranceLibre87.pdf

Santards Navalais Traditions — Notice utilisée comme source complémentaire pour son parcours de médecin militaire et sa postérité dans la mémoire de Santé navale. https://sites.google.com/view/santards-navalais-traditions/histoire/illustres-anciens/compagnons-de-la-lib%C3%A9ration/b%C3%A9on-raoul-1911-1943

Wikipédia — Notice développée consultée conformément au protocole et confrontée aux sources institutionnelles, notamment pour sa bibliographie. https://fr.wikipedia.org/wiki/Raoul_B%C3%A9on

aujourd’hui 16:33

suite

Niveau A

Vérification préalable MVR

Alfred BERGAMIN : aucune notice individuelle MVR retrouvée lors de la vérification préalable.

Alfred Walter BERGAMIN, né le 2 juillet 1908 à Amsterdam (Pays-Bas), mort accidentellement le 23 juillet 1974 à Champignelles (Yonne), Français libre, officier du 1er Régiment de marche de spahis marocains de la 2e DB, lieutenant, Compagnon de la Libération par décret du 17 novembre 1945. Son identité complète « Alfred Walter Bergamin » est confirmée par la base institutionnelle des médaillés de la Résistance française.

Jeunesse et formation

Fils d’un capitaine au long cours, Alfred Bergamin naît à Amsterdam. Il y suit des études commerciales avant de quitter les Pays-Bas en 1927 pour l’Extrême-Orient. Il y travaille d’abord comme employé avant de devenir directeur d’une compagnie de transport maritime.

Cette implantation professionnelle en Asie explique qu’il se trouve loin de la métropole au début de la Seconde Guerre mondiale. En 1939, lors de la déclaration de guerre, il est placé en situation d’affecté spécial maritime.

Engagement dans la Résistance

Après l’appel du général de Gaulle, Alfred Bergamin choisit de poursuivre la guerre. Il rallie les Forces françaises libres à Singapour en 1941. Il relève donc de la Résistance extérieure et non d’un réseau clandestin métropolitain.

Son engagement dans les FFL est également documenté archivistiquement : le fonds personnel conservé par l’Ordre de la Libération contient des copies provenant de son dossier du Service historique de la Défense, notamment une fiche de position et une feuille de route datées de 1941. Le dossier est identifié sous la cote GR 16 P 49383.

Appartenance à un réseau ou mouvement

Alfred Bergamin appartient successivement au Groupe de reconnaissance de corps d’armée (GRCA), à la Colonne volante puis au 1er Régiment de marche de spahis marocains (1er RMSM). Ces trois formations sont explicitement répertoriées par l’Ordre de la Libération dans sa fiche institutionnelle.

Arrivé en Libye à la fin de 1941, il est affecté aux spahis marocains du capitaine Paul Jourdier. Le GRCA participe au printemps 1942 à la campagne de Libye au sein de la 8e Armée britannique.

Lorsque la 2e Division blindée est constituée au Maroc à l’été 1943, Bergamin rejoint le 1er RMSM comme chef de peloton de reconnaissance. Le régiment devient l’unité de reconnaissance de la division du général Leclerc.

Missions et actions

Au sein de la Colonne volante, Bergamin combat pendant la campagne de Libye. Son action la mieux documentée se déroule le 6 novembre 1942, pendant les combats consécutifs à El Alamein. Chef de voiture blindée, il assure à découvert, sous le feu adverse, le chargement de son canon de 25 mm. Son action contribue à neutraliser des pièces antichars ennemies.

Après la formation de la 2e DB au Maroc en 1943, il devient chef de peloton de reconnaissance au 1er RMSM. Transféré en Angleterre en avril 1944, il débarque en Normandie avec la division en août.

Au cours de la progression vers Paris, il se distingue au sud de Versailles dans plusieurs missions de reconnaissance jugées particulièrement dangereuses. Sa fonction consiste à précéder les éléments principaux de la division, identifier les positions adverses et faciliter la progression des unités blindées.

Son action est particulièrement remarquée pendant la campagne d’Alsace. Entre le 22 novembre et le 1er décembre 1944, il conduit plusieurs raids et pénètre en tête dans différentes localités, dont Obernai, surprenant les forces allemandes et capturant de nombreux prisonniers.

Le 2 décembre 1944, lors du franchissement de l’Ill à Kogenheim, il commande l’avant-garde. Il appuie l’infanterie américaine et contribue à réduire la résistance allemande. Malgré un important barrage d’artillerie, il circule à découvert afin de réorganiser ses hommes et permettre la reprise de la progression.

Le lieutenant Bergamin poursuit ensuite la campagne avec la 2e DB et termine la guerre en Allemagne.

Arrestation / évasion / déportation

Aucune arrestation, évasion, détention ou déportation d’Alfred Bergamin pendant la Seconde Guerre mondiale n’est documentée dans les sources institutionnelles consultées.

Son parcours relève de la Résistance extérieure et du combat militaire régulier au sein des Forces françaises libres, puis de la 2e Division blindée.

Camarades de combat

Le capitaine Paul Jourdier est son premier chef directement identifié après son arrivée en Libye : Bergamin rejoint ses spahis marocains au GRCA à la fin de 1941.

Son affectation au 1er RMSM l’inscrit ensuite dans l’environnement opérationnel de la 2e Division blindée du général Philippe Leclerc de Hauteclocque. Son rôle de chef de peloton de reconnaissance le place fréquemment en avant des formations principales de la division pendant les campagnes de France et d’Allemagne.

Après la guerre, son parcours militaire est lié au lieutenant-colonel Jacques Massu : de 1945 à 1947, il sert en Indochine au sein du groupement Massu.

Il convient toutefois de distinguer cette appartenance commune à des unités des relations personnelles qui ne sont pas documentées : aucun lien individuel particulier avec d’autres Compagnons de la 2e DB ne doit être déduit de la seule communauté de service.

Retour à la vie civile

Alfred Bergamin ne quitte pas immédiatement l’armée après la capitulation allemande. De 1945 à 1947, il sert en Indochine au sein du groupement Massu. Il est finalement démobilisé en 1947 avec le grade de lieutenant.

Il demeure d’abord en Indochine, puis s’établit à Hong Kong où il devient directeur commercial d’une entreprise métallurgique. Il reprend ainsi le type d’activité commerciale internationale qu’il exerçait avant la guerre.

De 1955 à 1962, il travaille en Afrique comme gérant de l’Union commerciale et maritime au Nigeria, au Niger et au Dahomey. En 1962, il rentre en France et exerce des fonctions d’administrateur de sociétés.

Alfred Bergamin meurt accidentellement le 23 juillet 1974 à Champignelles, dans l’Yonne. Il est inhumé à Boulogne-Billancourt, dans les Hauts-de-Seine.

Décorations

Chevalier de la Légion d’honneur. Source : Ordre de la Libération. Le grade de chevalier est expressément attesté dans la notice institutionnelle. La date du décret n’a pas été établie avec suffisamment de certitude dans les sources directement vérifiées.

Compagnon de la Libération. Source : Ordre de la Libération. Attribution par décret du 17 novembre 1945. Le fonds personnel 1 A 77 conserve le mémoire de proposition de 1945 ainsi qu’une ampliation datée du 19 novembre 1945 du décret du 17 novembre.

Médaille militaire. Source : Ordre de la Libération. La décoration est expressément attestée. La date d’attribution n’a pas été établie avec suffisamment de certitude dans les sources directement vérifiées.

Croix de guerre 1939-1945 avec six citations. Source : Ordre de la Libération. La décoration et le nombre de six citations sont expressément indiqués par la notice institutionnelle.

Médaille de la Résistance française. Source : Ordre de la Libération. Attribution par décret du 11 mars 1947, publié au Journal officiel du 27 mars 1947. Le dossier individuel est conservé sous la cote 1O4558.

Médaille coloniale avec agrafes. Source : Ordre de la Libération. La décoration avec agrafes est attestée, mais la notice institutionnelle consultée ne précise pas leur intitulé. Ils ne sont donc pas reconstitués par déduction à partir des campagnes.

Silver Star (États-Unis). Source : Ordre de la Libération. La décoration américaine est expressément attestée dans la liste institutionnelle des distinctions.

Presidential Unit Citation (États-Unis). Source : Ordre de la Libération. Cette distinction américaine figure explicitement dans la liste institutionnelle. La source consultée ne fournit pas de date d’attribution.

Africa Star (Royaume-Uni). Source : Ordre de la Libération. La distinction britannique est expressément attestée. Elle correspond au théâtre africain de son parcours, mais aucune date d’attribution n’est donnée dans la source institutionnelle consultée.

Lieux de mémoire

Amsterdam constitue son lieu de naissance et celui de ses études commerciales. Singapour marque son entrée effective dans la France libre en 1941. La Libye et El Alamein sont ensuite les premiers grands espaces de son parcours combattant.

En France, Obernai et Kogenheim sont particulièrement associés à ses actions de novembre et décembre 1944. À Obernai, il pénètre en tête au cours des opérations d’Alsace ; à Kogenheim, il commande l’avant-garde lors du franchissement de l’Ill.

Champignelles est son lieu de décès, tandis que sa sépulture se trouve à Boulogne-Billancourt.

L’Ordre de la Libération conserve par ailleurs son fonds personnel sous la cote 1 A 77. Il comprend notamment son mémoire de proposition à la Croix de la Libération, l’ampliation du décret du 17 novembre 1945, des curriculum vitae, des fiches de renseignements, douze pièces de correspondance avec l’Ordre et des copies de documents provenant du dossier SHD GR 16 P 49383.

Références bibliographiques

1061 Compagnons : histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe Notin, Paris, Perrin, 2000, 822 p. Ouvrage général permettant de replacer Alfred Bergamin dans l’histoire collective des Compagnons de la Libération et des combattants de la France libre.

Les Compagnons de l’Aube, Guillaume Piketty, Paris, Textuel, 2014, 442 p. Étude générale utile pour replacer son choix de rallier la France libre dans les trajectoires des Compagnons.

Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir Trouplin, Paris, Éditions Elytis, 2023. Dictionnaire biographique de référence permettant de confronter le parcours individuel aux fonds conservés par l’Ordre de la Libération.

Références internet

Ordre de la Libération — Notice institutionnelle d’Alfred Bergamin, source principale pour sa jeunesse, son ralliement à Singapour, ses campagnes, ses actions au sein de la Colonne volante et du 1er RMSM, son parcours après-guerre et ses décorations. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/alfred-bergamin

Ordre de la Libération — Médaillés de la Résistance française — Base nominative confirmant son identité complète, sa naissance le 2 juillet 1908, l’attribution de la Médaille de la Résistance par décret du 11 mars 1947 et la cote 1O4558. Base des médaillés de la Résistance française

Ordre de la Libération — Archives des Compagnons, lettre B — Instrument archivistique décrivant le fonds Alfred Bergamin 1 A 77 et identifiant son dossier SHD GR 16 P 49383. Instrument de recherche des Compagnons — lettre B

Wikipédia — Notice développée consultée conformément au protocole et confrontée aux sources institutionnelles ; elle reprend les principales étapes militaires et professionnelles du parcours. https://fr.wikipedia.org/wiki/Alfred_Bergamin

Dossier d’homologation consulté

Service historique de la Défense, Vincennes — GR 16 P 49383, BERGAMIN Alfred.

La cote est formellement confirmée par l’instrument archivistique de l’Ordre de la Libération. Celui-ci précise que le fonds personnel 1 A 77 contient, en provenance de GR 16 P 49383, la copie d’une fiche de position de 1941, la copie d’une feuille de route de 1941 et la copie d’une fiche matriculaire non datée.

Le dossier original GR 16 P 49383 n’a pas été matériellement dépouillé pièce par pièce pour la présente notice. La cote et l’existence de plusieurs documents ont donc été vérifiées dans l’instrument archivistique sans présenter le dossier physique comme directement consulté.

Le dossier de Médaille de la Résistance est, indépendamment, identifié sous la cote 1O4558 par la base officielle de l’Ordre de la Libération.

Observations

Une divergence interne existe dans la notice actuelle de l’Ordre de la Libération concernant la naissance. Le cartouche affiche 1er juillet 1908, tandis que le corps de la biographie indique 2 juillet 1908. La base institutionnelle des médaillés de la Résistance française donne elle aussi 2 juillet 1908. Cette dernière date, appuyée par deux éléments institutionnels concordants, est donc retenue.

La même base fournit le nom complet Alfred Walter Bergamin, alors que la notice des Compagnons l’intitule simplement Alfred Bergamin. Il ne s’agit pas d’une homonymie : la date et le lieu de naissance concordent, de même que le statut de Compagnon de la Libération.

Les intitulés des agrafes de la Médaille coloniale n’ont pas été retrouvés dans la source institutionnelle consultée. Ils ne sont volontairement pas complétés par déduction.

Indice de fiabilité de la notice Niveau A : La notice repose principalement sur des sources institutionnelles concordantes de l’Ordre de la Libération : biographie nominative, base officielle des médaillés de la Résistance et instrument archivistique du fonds 1 A 77, qui permet en outre d’identifier le dossier SHD GR 16 P 49383. Les principales étapes — ralliement à Singapour, campagne de Libye, El Alamein, 1er RMSM, 2e DB, Normandie, opérations au sud de Versailles, Alsace, Kogenheim, Allemagne et Indochine — sont solidement documentées. La principale divergence concerne le jour de naissance ; le 2 juillet 1908 est retenu en raison de la concordance entre le corps de la biographie institutionnelle et la base nominative de la Médaille de la Résistance.

Chronologie

DateÉvénement
2 juillet 1908Naissance à Amsterdam.
1927Quitte les Pays-Bas et s’établit en Extrême-Orient.
1939Affecté spécial maritime lors de la déclaration de guerre.
1941Rallie les Forces françaises libres à Singapour.
Fin 1941Arrive en Libye et rejoint les spahis marocains du capitaine Jourdier au GRCA.
Printemps 1942Campagne de Libye au sein de la 8e Armée britannique.
6 novembre 1942Se distingue comme chef de voiture blindée dans les combats d’El Alamein.
Été 1943Rejoint le 1er RMSM comme chef de peloton de reconnaissance lors de la formation de la 2e DB au Maroc.
Avril 1944Transféré en Angleterre.
Août 1944Débarque en Normandie avec la 2e DB.
Août 1944Missions de reconnaissance au sud de Versailles.
22 novembre-1er décembre 1944Raids de reconnaissance en Alsace ; entre notamment en tête à Obernai.
2 décembre 1944Combat à Kogenheim lors du franchissement de l’Ill.
1945Termine la guerre en Allemagne.
17 novembre 1945Nommé Compagnon de la Libération.
1945-1947Sert en Indochine avec le groupement Massu.
11 mars 1947Médaille de la Résistance française.
1947Démobilisé avec le grade de lieutenant.
1955-1962Gérant de l’Union commerciale et maritime au Nigeria, Niger et Dahomey.
1962Retour en France ; administrateur de sociétés.
23 juillet 1974Décès accidentel à Champignelles.

Tableau des divergences entre sources

ÉlémentSourceDonnéeAppréciation
Date de naissanceCartouche de la notice des Compagnons1er juillet 1908Divergence interne de la page institutionnelle.
Date de naissanceCorps de la biographie de l’Ordre2 juillet 1908Concorde avec la base des médaillés.
Date de naissanceBase officielle Médaille de la Résistance2 juillet 1908Date retenue.
IdentitéNotice des CompagnonsAlfred BergaminForme usuelle.
IdentitéBase Médaille de la RésistanceAlfred Walter BergaminIdentité complète retenue.

Sources consultées

Ordre de la Libération — Notice institutionnelle d’Alfred Bergamin, source principale pour son parcours avant-guerre, son ralliement aux FFL, les campagnes de Libye et de France, l’Indochine, sa carrière civile et ses distinctions. Notice Alfred Bergamin

Ordre de la Libération — Médaillés de la Résistance française — Base officielle utilisée pour contrôler l’identité complète « Alfred Walter Bergamin », la date de naissance du 2 juillet 1908, le décret du 11 mars 1947 et la cote 1O4558. Base des médaillés de la Résistance française

Ordre de la Libération — Archives des Compagnons — Instrument utilisé pour vérifier le fonds personnel 1 A 77 et la cote SHD GR 16 P 49383 ainsi que les pièces qui en ont été copiées. Instrument archivistique — lettre B

Wikipédia — Notice développée consultée conformément au protocole et utilisée comme source de contrôle secondaire, sans la privilégier sur les sources institutionnelles. Notice Alfred Bergamin

suite

Niveau A

Vérification préalable MVR

Georges BERGÉ : aucune notice individuelle MVR retrouvée lors de la vérification préalable.

Georges Roger Pierre BERGÉ, né le 3 janvier 1909 à Belmont (Gers), mort le 15 septembre 1997 à Mimizan (Landes), Français, officier d’infanterie et parachutiste des Forces françaises libres, fondateur et premier commandant de la 1re Compagnie d’infanterie de l’Air, officier du BCRA puis chef du French Squadron intégré au SAS britannique, général de brigade, Compagnon de la Libération par décret du 17 novembre 1945. Son identité complète est confirmée par plusieurs sources concordantes.

Jeunesse et formation

Georges Bergé est le fils d’un receveur des PTT. Il effectue son service militaire en 1929 au 24e Régiment d’infanterie à Mont-de-Marsan. Admis aux cours d’élève officier de réserve, il termine son service comme sous-lieutenant de réserve en avril 1930.

Décidé à faire carrière dans l’armée, il entre en 1933 à l’École de l’infanterie et des chars de Saint-Maixent et devient lieutenant en 1934. En août 1937, il est détaché dans l’armée de l’Air au Groupe d’infanterie de l’Air n° 601. Des problèmes de santé le font cependant déclarer inapte à l’emploi de parachutiste et il retourne dans l’infanterie en mars 1938.

Ce premier passage dans une unité parachutiste est remarquable au regard de son parcours ultérieur : quelques années plus tard, Bergé devient l’un des principaux organisateurs des parachutistes français de la France libre.

Engagement dans la Résistance

Capitaine au 13e Régiment d’infanterie en février 1940, Georges Bergé participe à la campagne de France. Le 18 mai, près de Bousies, dans le Nord, il est blessé à deux reprises par balle alors qu’il conduit une contre-attaque. Évacué vers Arras puis Caen, il est finalement transporté dans le Sud-Ouest.

À Mimizan, où résident ses parents, il entend le discours radiodiffusé du maréchal Pétain du 17 juin annonçant la demande d’armistice. Il décide de poursuivre le combat et embarque le 21 juin 1940 à Saint-Jean-de-Luz sur le paquebot polonais Sobieski à destination de l’Angleterre.

À Londres, il rallie les Forces françaises libres et rencontre le général de Gaulle le 24 juin 1940 à Saint Stephen’s House. Il lui propose la création d’une unité parachutiste française. Affecté successivement au dépôt des FFL puis à l’état-major de l’Air, il reçoit le commandement de la 1re Compagnie d’infanterie de l’Air (1re CIA) en septembre 1940.

Appartenance à un réseau ou mouvement

Georges Bergé relève principalement de la Résistance extérieure, mais son parcours comporte également des opérations clandestines sur le territoire français occupé.

Ses trois principales appartenances institutionnellement recensées sont la 1re Compagnie d’infanterie de l’Air, le Bureau central de renseignements et d’action (BCRA) et le French Squadron intégré au Special Air Service britannique.

Sous son impulsion, la 1re CIA est constituée en Angleterre en septembre 1940. Après un entraînement intensif, ses premiers hommes sont brevetés parachutistes à Ringway. Bergé reçoit lui-même son brevet en décembre 1940.

Au début de 1941, une partie de l’unité est formée aux techniques du sabotage et de la guerre clandestine en coopération avec les services britanniques. Bergé se trouve ainsi à la jonction entre les parachutistes de la France libre, le BCRA et le Special Operations Executive britannique.

Missions et actions

La première opération majeure de Georges Bergé est la mission Savannah, conduite en Bretagne du 15 mars au 5 avril 1941. Bergé commande une équipe comprenant Jean Petit-Laurent, Jean Forman, Joël Le Tac et Joseph Renault. Parachutés dans le Morbihan, ils doivent mener une opération de sabotage contre des personnels de la Luftwaffe. Les renseignements disponibles se révélant dépassés, l’objectif initial ne peut être exécuté.

La mission n’est toutefois pas sans résultat : Bergé rapporte des renseignements et contribue à constituer un noyau de Résistance à Bayonne. Il regagne ensuite l’Angleterre par sous-marin. Pour cette opération, il reçoit notamment la Military Cross britannique et une Croix de guerre avec palme de vermeil.

De retour en Grande-Bretagne, il crée sous contrôle du BCRA une école de formation d’agents, la Station 36, installée à Inchmery House dans la New Forest. Elle participe à la préparation de nombreux agents et opérateurs radio destinés aux missions clandestines en France en 1941 et 1942.

Le 25 juillet 1941, Bergé quitte l’Angleterre avec la 1re CIA. Après un passage à Damas, l’unité s’installe en janvier 1942 à Kabret, sur le canal de Suez. Elle est intégrée à la SAS Brigade britannique commandée par le major David Stirling et devient le French Squadron.

En juin 1942, une série d’opérations est organisée contre les aérodromes allemands du bassin oriental de la Méditerranée afin de faciliter le passage d’un convoi destiné à ravitailler Malte. Bergé choisit personnellement l’aérodrome d’Héraklion, en Crète. Avec son petit groupe, il parvient à détruire environ vingt appareils ennemis.

Cette opération marque cependant la fin de son activité opérationnelle pendant la guerre : Georges Bergé est capturé le 19 juin 1942.

Arrestation / évasion / déportation

Georges Bergé est fait prisonnier à l’issue de l’opération d’Héraklion en Crète le 19 juin 1942. Il ne s’agit pas d’une arrestation pour activité résistante clandestine en France mais d’une capture au cours d’une opération militaire spéciale.

Il est interné à l’Oflag XC de Lübeck, où il organise un groupe d’évasion. En janvier 1943, les autorités allemandes le transfèrent à la forteresse de Colditz, Oflag IVC, réservée notamment aux officiers considérés comme particulièrement susceptibles de tenter de s’évader. Il y retrouve David Stirling et Augustin Jordan.

Il demeure prisonnier jusqu’à la fin de la guerre. Le 16 avril 1945, l’avant-garde des forces américaines du général Patton libère Colditz et Georges Bergé retrouve la liberté.

Il n’a donc pas été déporté dans le système concentrationnaire nazi : son statut est celui de prisonnier de guerre détenu dans des Oflags.

Camarades de combat

Joël Le Tac, Jean Forman, Jean Petit-Laurent et Joseph Renault sont directement associés à Bergé lors de la mission Savannah. Le Musée de la Résistance en ligne documente précisément la constitution de cette équipe et sa formation aux techniques de sabotage.

David Stirling, fondateur du SAS britannique, joue ensuite un rôle central. À Kabret, le French Squadron de Bergé est intégré à la SAS Brigade qu’il commande. Après leur capture respective, Bergé et Stirling se retrouvent finalement prisonniers à Colditz.

Augustin Jordan, adjoint de Bergé au French Squadron, prend le commandement des SAS français après la capture de celui-ci. Jordan sera lui-même capturé pendant les opérations de Tunisie avant de retrouver Bergé à Colditz.

Ces relations sont directement documentées et doivent être distinguées d’une simple appartenance collective aux parachutistes de la France libre.

Retour à la vie civile

Georges Bergé poursuit sa carrière militaire après sa libération. Il est successivement affecté à l’Inspection parachutiste, au cabinet militaire du Gouvernement provisoire, à l’état-major général de la Défense nationale puis à la représentation militaire de l’ambassade de France à Rome.

D’août 1951 à juillet 1953, il commande à Toulouse le 14e Régiment d’infanterie parachutiste de choc. De 1953 à 1957, il est adjoint au général commandant les troupes aéroportées, avec une interruption en 1954 pour suivre l’École supérieure de guerre espagnole. Il participe dans ces fonctions à la période de l’opération de Suez de 1956.

De 1957 à 1959, il est adjoint au général commandant l’Aviation légère de l’armée de Terre. Il reçoit ensuite un commandement dans le Sud-Constantinois. Promu général de brigade en juillet 1961, il est placé, à sa demande, en deuxième section en janvier 1962.

Il demeure ensuite très lié à la mémoire des parachutistes de la France libre et devient président d’honneur de l’Amicale SAS. Il meurt le 15 septembre 1997 à Mimizan, à l’âge de quatre-vingt-huit ans. Ses obsèques ont lieu à Bordeaux.

Décorations

Commandeur de la Légion d’honneur. Source : Ordre de la Libération. Le grade de commandeur est expressément attesté par la notice institutionnelle.

Compagnon de la Libération. Source : Ordre de la Libération. Attribution par décret du 17 novembre 1945.

Grand officier de l’Ordre national du Mérite. Source : Ordre de la Libération. Le grade de grand officier est expressément attesté.

Croix de guerre 1939-1945 avec quatre citations. Source : Ordre de la Libération. La décoration et le nombre de quatre citations sont expressément attestés. L’une des premières récompense notamment son action lors de la mission Savannah.

Croix de la Valeur militaire avec palme. Source : Ordre de la Libération. La décoration avec palme est expressément attestée.

Médaille de l’Aéronautique. Source : Ordre de la Libération. La distinction est expressément attestée.

Officier de l’Ordre de l’Empire britannique (Officer of the Order of the British Empire). Source : Ordre de la Libération. Le grade d’officier est expressément attesté.

Military Cross (Royaume-Uni). Source : Ordre de la Libération. La décoration est directement associée par la notice institutionnelle à son action lors de la mission Savannah.

Cruz Militar (Espagne). Source : Ordre de la Libération. La décoration espagnole est expressément attestée ; la classe ou les modalités précises d’attribution ne sont pas détaillées par la source institutionnelle consultée.

Commandeur de l’Ordre de Georges Ier (Grèce). Source : Ordre de la Libération. Le grade de commandeur est expressément attesté.

Commandeur de l’Ordre du Ouissam Alaouite (Maroc). Source : Ordre de la Libération. Le grade de commandeur est expressément attesté.

Lieux de mémoire

Belmont, dans le Gers, est son lieu de naissance. Mimizan, dans les Landes, occupe une place particulière : ses parents y résident en juin 1940 lorsqu’il décide de quitter la France, et c’est également dans cette commune qu’il meurt en 1997.

Ringway, près de Manchester, demeure associé à la naissance des parachutistes de la France libre. La 1re CIA de Bergé y reçoit son instruction parachutiste à la fin de 1940.

La Bretagne et le Morbihan sont attachés à la mission Savannah, première mission de guerre des parachutistes français de la France libre sur le territoire occupé.

Kabret, sur le canal de Suez, marque l’intégration des parachutistes français au SAS britannique, tandis qu’Héraklion, en Crète, est associé au raid de juin 1942 et à la capture de Bergé.

Enfin, Lübeck et surtout la forteresse de Colditz constituent les principaux lieux de sa captivité entre 1942 et 1945.

Références bibliographiques

1061 Compagnons : histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe Notin, Paris, Perrin, 2000, 822 p. Ouvrage général permettant de replacer Georges Bergé parmi les premiers combattants de la France libre et les Compagnons de la Libération.

Les Compagnons de l’Aube, Guillaume Piketty, Paris, Textuel, 2014, 442 p. Étude utile pour replacer son ralliement de juin 1940 et la création des premières unités parachutistes dans l’histoire collective des Compagnons.

Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir Trouplin, Paris, Éditions Elytis, 2023. Référence biographique permettant de confronter son parcours aux archives de l’Ordre de la Libération.

Qui ose gagne : les parachutistes du 2e RCP (4e SAS), France-Belgique 1943-1945, Paul Bonnecarrère, Paris, Fayard, 1971. Ouvrage consacré à l’histoire des parachutistes SAS français, utile pour replacer l’action pionnière de Bergé dans la genèse de ces formations.

Références internet

Ordre de la Libération — Notice institutionnelle de Georges Bergé, source principale pour l’état civil, la carrière militaire, le ralliement aux FFL, Savannah, le BCRA, le French Squadron, Héraklion, la captivité et les décorations. Notice Georges Bergé

Ordre de la Libération — Armée de l’Air — Historique institutionnel de la 1re Compagnie d’infanterie de l’Air et du French Squadron, utilisé pour recouper la constitution de l’unité et son intégration au SAS. Historique de l’Armée de l’Air dans la France libre

Musée de la Résistance en ligne — Dossier consacré à Joël Le Tac permettant de reconstituer précisément la préparation et le déroulement de la mission Savannah sous le commandement de Georges Bergé. Dossier Joël Le Tac et mission Savannah

Musée de la Résistance en ligne / Service historique de la Défense — Instrument archivistique confirmant l’existence du dossier individuel Georges Bergé et son rapprochement avec la cote GR 16 P 49432. Répertoire des dossiers individuels

Wikipédia — Notice développée consultée conformément au protocole et confrontée aux sources institutionnelles ; elle confirme notamment l’identité complète Georges Roger Pierre Bergé. Notice Georges Bergé

Dossier d’homologation consulté

Service historique de la Défense — GR 16 P 49432, BERGÉ Georges.

La correspondance archivistique est explicitement établie par le répertoire du SHD : le dossier individuel GR 28 P 4 304/69, Georges BERGÉ, couvrant la période 1943-1957, renvoie à GR 16 P 49432.

Cette double référence est particulièrement intéressante : elle indique non seulement l’existence du dossier individuel d’homologation GR 16 P, mais également celle d’un dossier d’agent dans les archives des réseaux et mouvements.

Les dossiers originaux GR 16 P 49432 et GR 28 P 4 304/69 n’ont pas été matériellement dépouillés pièce par pièce pour la présente notice. Les cotes et leur correspondance ont été contrôlées dans les instruments archivistiques ; il ne serait donc pas exact de présenter les dossiers physiques comme directement consultés.

Observations

L’homonymie a été contrôlée. L’identité complète Georges Roger Pierre Bergé, la naissance le 3 janvier 1909 à Belmont et le décès le 15 septembre 1997 à Mimizan permettent de distinguer sans ambiguïté le Compagnon de la Libération des autres Georges Bergé présents dans les fonds nominatifs. L’état civil du décès concorde avec la notice institutionnelle.

Une petite divergence apparaît sur la date exacte de son brevet parachutiste : la biographie de l’Ordre indique le 25 décembre 1940, tandis qu’une documentation spécialisée sur les parachutistes FFL donne le brevet n° 395 le 20 décembre 1940. Faute de consultation du registre original de Ringway, cette divergence est conservée plutôt que résolue artificiellement.

Indice de fiabilité de la notice Niveau A : La notice repose sur plusieurs sources institutionnelles concordantes, principalement l’Ordre de la Libération, les instruments du Service historique de la Défense et le Musée de la Résistance en ligne. Les étapes essentielles — campagne de 1940, ralliement à Londres le 24 juin, création de la 1re CIA, mission Savannah, Station 36 du BCRA, création du French Squadron, opération d’Héraklion, capture, captivité à Lübeck puis Colditz et carrière militaire après 1945 — sont solidement documentées. Les cotes GR 16 P 49432 et GR 28 P 4 304/69 permettent en outre un ancrage archivistique précis. La seule divergence notable relevée concerne la date exacte du brevet parachutiste de décembre 1940.

Chronologie

DateÉvénement
3 janvier 1909Naissance à Belmont, dans le Gers.
1929Service militaire au 24e RI à Mont-de-Marsan ; formation d’officier de réserve.
Avril 1930Démobilisé comme sous-lieutenant de réserve.
1933Entre à l’École de l’infanterie et des chars de Saint-Maixent.
1934Lieutenant d’active.
Août 1937Détaché au Groupe d’infanterie de l’Air n° 601.
Mars 1938Retour dans l’infanterie après inaptitude médicale au parachutisme.
Février 1940Capitaine au 13e RI.
18 mai 1940Blessé à deux reprises près de Bousies.
21 juin 1940Quitte Saint-Jean-de-Luz à bord du Sobieski pour l’Angleterre.
24 juin 1940Rencontre le général de Gaulle à Londres et rallie les FFL.
Septembre 1940Prend le commandement de la 1re Compagnie d’infanterie de l’Air.
Décembre 1940Breveté parachutiste à Ringway ; divergence documentaire entre les 20 et 25 décembre.
Début 1941Formation au sabotage à Brickendonbury.
15 mars-5 avril 1941Mission Savannah en France occupée.
1941Création de la Station 36 du BCRA à Inchmery House.
25 juillet 1941Quitte l’Angleterre avec la 1re CIA pour le Moyen-Orient.
Janvier 1942Installation à Kabret ; constitution du French Squadron intégré au SAS.
Juin 1942Raid contre l’aérodrome d’Héraklion en Crète ; environ vingt appareils détruits.
19 juin 1942Capturé à l’issue de la mission.
1942Internement à l’Oflag XC de Lübeck.
Janvier 1943Transféré à Colditz, Oflag IVC.
16 avril 1945Libéré par les forces américaines.
17 novembre 1945Nommé Compagnon de la Libération.
Août 1951-juillet 1953Commande le 14e RIPC à Toulouse.
1953-1957Adjoint au commandement des troupes aéroportées.
1957-1959Adjoint au commandement de l’ALAT.
Juillet 1961Promu général de brigade.
Janvier 1962Placé en deuxième section à sa demande.
15 septembre 1997Décès à Mimizan.

Tableau des divergences entre sources

ÉlémentSourceDonnéeAppréciation
Brevet parachutisteOrdre de la Libération25 décembre 1940Source institutionnelle principale.
Brevet parachutisteDocumentation spécialisée FFL-SASBrevet n° 395, 20 décembre 1940Divergence conservée ; registre original non consulté.
Création de la 1re CIABiographie individuelle de l’OrdreCommandement confié à Bergé le 15 septembre 1940Date relative à sa nomination au commandement.
Constitution officielle de la 1re CIAHistorique Armée de l’Air de l’Ordre29 septembre 1940Compatible : il s’agit de deux événements administratifs distincts.

Sources consultées

Ordre de la Libération — Notice institutionnelle de Georges Bergé, source principale pour l’état civil, le parcours militaire, le ralliement, Savannah, le BCRA, le SAS, Héraklion, la captivité, l’après-guerre et les décorations. Notice Georges Bergé

Ordre de la Libération — Armée de l’Air — Historique institutionnel utilisé pour la création de la 1re CIA, son entraînement et la constitution du French Squadron au sein du SAS. Armée de l’Air et unités de la France libre

Ordre de la Libération — Archives des unités militaires — Instrument archivistique utilisé notamment pour contrôler la présence de quatre copies de citations de Georges Bergé dans les fonds du 2e RCP. Instrument des unités militaires

Musée de la Résistance en ligne — Documentation consacrée à Joël Le Tac et Jean Forman utilisée pour recouper la mission Savannah, sa préparation avec le SOE et la composition de l’équipe de Bergé. Mission Savannah et Joël Le Tac

Service historique de la Défense / Musée de la Résistance en ligne — Instruments utilisés pour contrôler les cotes GR 16 P 49432 et GR 28 P 4 304/69 au nom de Georges Bergé. Répertoire des dossiers individuels

Wikipédia — Notice développée consultée conformément au protocole et confrontée aux sources institutionnelles, notamment pour le contrôle de l’identité complète. Georges Bergé

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