La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

de BAZELAIRE DE RUPPIERRE Jean Marie Joseph

Jean Marie Joseph de BAZELAIRE DE RUPPIERRE, né le 18 octobre 1916 à Paris (7e arrondissement), mort pour la France le 22 octobre 1943 aux environs de Constantine (Algérie), Français, officier des troupes coloniales, méhariste du Groupe nomade du Tibesti, officier de la colonne Leclerc puis capitaine au Régiment de marche du Tchad, Compagnon de la Libération par décret du 23 mai 1942.

Jeunesse et formation

Fils d’un officier général des troupes coloniales, Jean de Bazelaire de Ruppierre connaît une jeunesse marquée par les affectations militaires de sa famille. Il est scolarisé chez les Maristes à Tien Tsin, en Chine, puis au lycée Hoche de Versailles, au lycée Gouraud de Rabat et enfin au Prytanée militaire de La Flèche.

Il entre à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr en octobre 1936, dans la promotion du Soldat Inconnu, et en sort en 1938 dans l’infanterie coloniale. Affecté en octobre 1938 au 16e Régiment de tirailleurs sénégalais à Cahors, il est envoyé environ un an plus tard au Tchad. La déclaration de guerre le trouve donc en Afrique.

Engagement dans la Résistance

Jean de Bazelaire commande un peloton méhariste dans le Tibesti lorsque le Tchad se rallie à la France libre le 26 août 1940. Il choisit lui aussi de poursuivre la guerre et entre ainsi dans la Résistance extérieure dès l’une des toutes premières étapes de constitution de l’Afrique française libre.

Son parcours se déroule dès lors entièrement dans les formations combattantes de la France libre, d’abord dans le désert saharien, puis au sein de la Force L et enfin du Régiment de marche du Tchad. Le Service historique de la Défense conserve son dossier individuel sous la cote GR 16 P 161611.

Appartenance à un réseau ou mouvement

Jean de Bazelaire de Ruppierre n’appartient pas à un réseau clandestin de Résistance intérieure. Son engagement relève de la France libre et des Forces françaises libres.

Ses trois appartenances militaires essentielles sont le Régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad, le Groupe nomade du Tibesti et, à partir de juillet 1943, le Régiment de marche du Tchad. L’Ordre de la Libération les répertorie explicitement dans sa notice.

L’instrument consacré aux unités militaires Compagnon de la Libération confirme également Jean de Bazelaire de Ruppierre parmi les Compagnons du Régiment de marche du Tchad.

Missions et actions

Après le ralliement du Tchad, Jean de Bazelaire prend le commandement de la 3e section méhariste du Groupe nomade du Tibesti, placé sous les ordres du capitaine Maurice Sarazac et engagé au sein de la colonne Leclerc.

En décembre 1940 et janvier 1941, il participe à un premier raid contre le poste italien de Tedjéré, dans le Fezzan. L’opération échoue. Les conditions de progression dans le désert sont particulièrement éprouvantes et les moyens engagés encore très limités.

Lors de la première campagne du Fezzan, en février 1942, il participe à une nouvelle attaque contre Tedjéré. Cette fois, le poste est conquis. L’Ordre de la Libération souligne son calme et son courage pendant la poursuite des méharistes italiens dans la palmeraie.

Ces opérations précèdent de peu sa nomination comme Compagnon de la Libération par décret du 23 mai 1942.

Pendant la seconde campagne du Fezzan, en janvier 1943, il joue à la tête de ses hommes un rôle que la notice institutionnelle qualifie de décisif dans la capitulation de la garnison italienne de Gatroun.

Le Groupe nomade du Tibesti est ensuite motorisé. Bazelaire, commandant une section de tirailleurs sénégalais, participe avec la Force L aux opérations qui conduisent à la libération de la Tunisie. À l’issue de cette campagne, il reçoit le commandement du Groupe nomade du Tibesti.

Promu capitaine, il rejoint dès sa création, en juillet 1943, le Régiment de marche du Tchad. Il reçoit le commandement de la 6e compagnie du 2e bataillon. Il ne pourra cependant participer avec cette unité à la campagne de France : il meurt accidentellement trois mois plus tard.

Arrestation / évasion / déportation

Jean de Bazelaire de Ruppierre n’a été ni arrêté, ni interné, ni déporté selon les sources institutionnelles consultées.

Le 22 octobre 1943, alors que le Régiment de marche du Tchad se trouve en Algérie, il est tué aux environs de Constantine par l’explosion d’une mine au cours d’un exercice de pose et de relève de mines. Il a vingt-sept ans. L’Ordre de la Libération retient le 22 octobre 1943 et le statut de mort pour la France est également attesté dans la documentation du Musée de la Résistance en ligne.

Camarades de combat

Maurice Sarazac est son supérieur direct au Groupe nomade du Tibesti lors des premiers raids sahariens. Philippe Leclerc de Hauteclocque commande la colonne à laquelle appartient le GNT et conduit les campagnes du Fezzan auxquelles Bazelaire participe.

Jacques Massu est également directement associé à son parcours saharien. Dans ses souvenirs, Massu évoque Bazelaire comme un chef enthousiaste et particulièrement estimé ; ce témoignage constitue un indice important de la proximité forgée entre les jeunes officiers de la colonne Leclerc.

Au sein du Régiment de marche du Tchad, Bazelaire appartient à une unité comptant de nombreux autres Compagnons, parmi lesquels Michel Arnaud, Paul Batiment, René Baudry, Lucien Berne, Jean Bertoli, Antoine Bissagnet, Paul Bonaldi, Augustin Bourrat, Raphaël Briard, Michel Carage, Charles Colonna d’Istria, René Crocq, Yves de Daruvar, Louis Dio et Raymond Dronne. Leur appartenance commune au RMT est institutionnellement attestée ; elle ne suffit cependant pas à établir une relation personnelle avec chacun d’eux.

Retour à la vie civile

Jean de Bazelaire de Ruppierre ne connaît pas de retour à la vie civile. Sa carrière militaire et son engagement dans la France libre sont interrompus par sa mort accidentelle en service le 22 octobre 1943, quelques mois seulement après la création du Régiment de marche du Tchad.

Il est inhumé à Recey-sur-Ource, en Côte-d’Or.

Décorations

Chevalier de la Légion d’honneur. Source : Ordre de la Libération. Le grade de chevalier est expressément attesté. La date exacte d’attribution n’a pas été établie avec suffisamment de certitude dans les sources institutionnelles numériques consultées.

Compagnon de la Libération. Source : Ordre de la Libération. Jean de Bazelaire de Ruppierre est nommé Compagnon par décret du 23 mai 1942. Le fonds 1 A 60 conserve l’extrait du décret n° 296 et son ampliation datée du 30 juin 1942.

Croix de guerre 1939-1945 avec trois citations. Source : Ordre de la Libération. La décoration et le total de trois citations sont expressément attestés. Le détail des trois citations n’a pas été suffisamment établi dans les sources numériques consultées pour préciser ici leur niveau sans réserve.

Médaille coloniale. Source : Ordre de la Libération. La décoration est expressément attestée. Les agrafes éventuellement portées ne sont pas précisées dans la notice institutionnelle consultée et ne sont donc pas ajoutées par déduction.

Lieux de mémoire

Paris est son lieu de naissance. Tien Tsin, Versailles, Rabat et La Flèche correspondent aux différentes étapes de sa formation avant son entrée à Saint-Cyr en 1936.

Le Tibesti et le Fezzan constituent les principaux espaces de son parcours combattant. Tedjéré rappelle les deux raids auxquels il participe, le second aboutissant à la conquête du poste en février 1942. Gatroun est associé à son rôle décisif dans la capitulation de la garnison italienne en janvier 1943.

Constantine et ses environs sont liés à sa mort accidentelle du 22 octobre 1943. Recey-sur-Ource, en Côte-d’Or, est son lieu d’inhumation.

L’Ordre de la Libération conserve son fonds individuel 1 A 60, couvrant la période 1907-2015. Il contient notamment les pièces relatives à l’attribution de la Croix de la Libération, une copie de son acte de naissance, des fiches de renseignements, vingt correspondances échangées avec l’Ordre, deux copies de lettres adressées à son père en 1938 et des documents biographiques et familiaux.

Références bibliographiques

Sept ans avec Leclerc, Jacques Massu. Témoignage important pour l’histoire de la colonne Leclerc et du Fezzan ; Massu y évoque personnellement Jean de Bazelaire et l’estime qu’il lui portait. L’ouvrage mérite d’être confronté aux archives opérationnelles en raison de sa nature mémorielle.

L’Épopée du Fezzan, Paul Moynet, Alger, Office français d’éditions, 1944. Témoignage très proche chronologiquement des événements, consacré aux campagnes sahariennes de la France libre et contenant une évocation de Jean de Bazelaire.

1061 Compagnons : histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe Notin, Paris, Perrin, 2000, 822 p. Ouvrage général de référence permettant de replacer Jean de Bazelaire de Ruppierre dans l’histoire collective des Compagnons.

Les Compagnons de l’Aube, Guillaume Piketty, Paris, Textuel, 2014, 442 p. Étude utile pour replacer son engagement précoce dans l’expérience humaine et politique des Compagnons de la Libération.

Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir Trouplin, Paris, Éditions Elytis, 2023. Dictionnaire biographique de référence pour le contrôle et la mise en perspective des parcours individuels.

Références internet

Ordre de la Libération — Notice institutionnelle de Jean de Bazelaire de Ruppierre, source principale pour sa formation, son ralliement, le Groupe nomade du Tibesti, les campagnes du Fezzan et de Tunisie, son passage au RMT, sa mort et ses décorations. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/jean-bazelaire-de-ruppierre-de

Ordre de la Libération — Archives des Compagnons, lettre B — Instrument de recherche identifiant le fonds personnel 1 A 60 et détaillant les pièces relatives à sa nomination dans l’Ordre, son état civil, ses correspondances et sa documentation familiale. https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_B_20250923.pdf

Ordre de la Libération — Archives des unités militaires — Instrument institutionnel confirmant Jean de Bazelaire de Ruppierre parmi les Compagnons du Régiment de marche du Tchad. https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_unites_militaires_20260319.pdf

Musée de la Résistance en ligne — Notice biographique donnant notamment ses prénoms complets, son dossier SHD GR 16 P 161611, son parcours militaire et ses décorations ; cette source présente toutefois une anomalie sur la date de décès, signalée ci-dessous. https://museedelaresistanceenligne.org/media.php?expo=0&media=11830

Dossier d’homologation consulté

Service historique de la Défense, Vincennes — GR 16 P 161611, DE BAZELAIRE DE RUPPIERRE Jean Marie Joseph.

L’existence et la cote de ce dossier sont attestées par la notice documentaire du Musée de la Résistance en ligne, qui identifie Jean Marie Joseph de Bazelaire de Ruppierre, né le 18 octobre 1916 à Paris, sous la cote GR 16 P 161611.

Le dossier original GR 16 P 161611 n’a cependant pas été matériellement dépouillé pièce par pièce pour la présente notice. Sa cote est vérifiée dans la documentation numérique consultée ; il ne serait pas exact de présenter le dossier original comme directement consulté.

Le fonds complémentaire 1 A 60 de l’Ordre de la Libération a en revanche été précisément identifié dans l’instrument de recherche. Il conserve notamment l’extrait du décret n° 296 du 23 mai 1942, son ampliation du 30 juin, une copie de l’acte de naissance et deux copies de lettres adressées par Jean de Bazelaire à son père en 1938.

Observations

Une divergence importante concerne la date de décès. La notice actuelle de l’Ordre de la Libération donne le 22 octobre 1943 à Constantine et précise que Bazelaire est tué ce jour-là par une mine pendant un exercice. La notice documentaire du Musée de la Résistance en ligne affiche en tête « 01/10/1943 », tout en donnant elle-même dans son texte biographique le 22 octobre 1943. La date du 1er octobre apparaît donc comme une anomalie de saisie ; le 22 octobre 1943 est retenu.

Une seconde anomalie figure dans cette même notice documentaire, qui affiche « Commandant – Régiment de Marche du Tchad ». L’Ordre de la Libération établit qu’il est promu capitaine et commande la 6e compagnie du 2e bataillon du RMT. Le terme « commandant » peut ici être compris comme fonction de commandement, mais ne doit pas être utilisé comme grade sans autre preuve.

Indice de fiabilité de la notice Niveau A : La notice repose sur plusieurs sources institutionnelles concordantes et complémentaires, principalement l’Ordre de la Libération, son fonds d’archives 1 A 60, le Service historique de la Défense identifié par la cote GR 16 P 161611 et le Musée de la Résistance en ligne. Le parcours opérationnel, depuis le ralliement du Tchad jusqu’au RMT, est particulièrement bien établi. La principale divergence repérée — la date de décès du 1er octobre ou du 22 octobre 1943 — peut être résolue en faveur du 22 octobre grâce à la concordance de la notice institutionnelle de l’Ordre avec le récit même de la source divergente.

Chronologie

DateÉvénement
18 octobre 1916Naissance à Paris.
Années 1920-1930Scolarité à Tien Tsin, Versailles, Rabat puis au Prytanée militaire de La Flèche.
Octobre 1936Entre à Saint-Cyr.
1938Sort de Saint-Cyr dans l’infanterie coloniale.
Octobre 1938Affecté au 16e Régiment de tirailleurs sénégalais à Cahors.
1939Affecté au Tchad.
26 août 1940Se rallie à la France libre lors du ralliement du Tchad.
Décembre 1940-janvier 1941Participe avec le GNT au premier raid, infructueux, contre Tedjéré.
Février 1942Participe à la prise de Tedjéré pendant la première campagne du Fezzan.
23 mai 1942Nommé Compagnon de la Libération.
Janvier 1943Joue un rôle décisif dans la capitulation de la garnison italienne de Gatroun.
1943Participe avec le GNT motorisé et la Force L à la campagne de Tunisie.
1943Reçoit le commandement du Groupe nomade du Tibesti.
Juillet 1943Promu capitaine ; prend le commandement de la 6e compagnie du 2e bataillon du RMT.
22 octobre 1943Tué par l’explosion d’une mine pendant un exercice près de Constantine.
Après 1943Inhumé à Recey-sur-Ource (Côte-d’Or).

Tableau des divergences entre sources

ÉlémentSourceDonnéeAppréciation
Date de décèsOrdre de la Libération22 octobre 1943Date retenue ; cohérente avec le récit circonstancié.
Date de décèsMusée de la Résistance en ligne, cartouche1er octobre 1943Anomalie probable de saisie.
Date de décèsMusée de la Résistance en ligne, texte biographique22 octobre 1943Confirme la date retenue.
Grade en 1943Ordre de la LibérationCapitaineGrade retenu.
Mention synthétiqueMusée de la Résistance en ligne« Commandant – RMT »À comprendre prudemment comme commandement d’unité, non comme preuve du grade de commandant.

Sources consultées le 20 septembre 2026

Ordre de la Libération — Notice institutionnelle consultée pour l’état civil, la formation, le ralliement, les campagnes du Fezzan et de Tunisie, le RMT, la mort en service et les décorations. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/jean-bazelaire-de-ruppierre-de

Ordre de la Libération — Archives des Compagnons — Instrument consulté pour le fonds 1 A 60 et les pièces relatives au décret du 23 mai 1942, à l’état civil et aux correspondances. https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_B_20250923.pdf

Ordre de la Libération — Archives des unités militaires — Instrument consulté pour confirmer l’appartenance de Jean de Bazelaire de Ruppierre au Régiment de marche du Tchad. https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_unites_militaires_20260319.pdf

Musée de la Résistance en ligne — Notice consultée pour les prénoms complets, la cote SHD GR 16 P 161611, le statut de mort pour la France et la confrontation de la date de décès. https://museedelaresistanceenligne.org/media.php?expo=0&media=11830

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