La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

ARZEL François Marie

François Marie ARZEL, né le 25 février 1921 à Plouzané (Finistère), mort des suites de ses blessures le 20 novembre 1944 à Mélisey (Haute-Saône), Français, menuisier à l’Arsenal de Brest avant-guerre, sous-officier des Forces françaises libres, sergent-chef du Bataillon de marche n° 5 (BM 5), Compagnon de la Libération à titre posthume par décret du 7 juillet 1945.

Jeunesse et formation

François Arzel effectue ses études à Brest. Il obtient un brevet d’enseignement industriel ainsi qu’un certificat d’aptitude professionnelle de menuisier, puis entre à l’Arsenal de Brest. Une source militaire complémentaire précise qu’il est fils d’un officier marinier.

Il n’a que dix-neuf ans lors de l’effondrement militaire de juin 1940.

Engagement dans la Résistance

À l’approche des forces allemandes, François Arzel quitte Brest pour poursuivre le combat en Grande-Bretagne. Une source militaire consacrée à son parcours précise qu’il embarque le 17 juin 1940 sur le Meknès, à destination de l’Angleterre ; une liste complémentaire de passagers confirme la présence de François Arzel parmi les civils embarqués sur ce navire lors de la traversée Brest-Portsmouth.

L’Ordre de la Libération formule plus généralement qu’« à l’appel du 18 juin », il s’embarque pour l’Angleterre. Son engagement formel dans les Forces françaises libres est en revanche précisément daté : il signe son acte d’engagement le 1er juillet 1940.

Il appartient ainsi à la Résistance extérieure, au sein de la France libre.

Appartenance à un réseau ou mouvement

François Arzel n’appartient pas à un réseau clandestin de Résistance intérieure. Son engagement s’effectue intégralement au sein des Forces françaises libres.

Il passe d’abord environ neuf mois en Grande-Bretagne au bataillon de chasseurs de Camberley. En juin 1941, avec le grade de sergent, il rejoint au Cameroun la 5e compagnie du 3e bataillon du Régiment de tirailleurs du Cameroun, alors en formation sous les ordres du commandant Gardet au camp d’Ornano.

En mars 1942, cette formation devient le Bataillon de marche n° 5 (BM 5). En mai suivant, le BM 5 est rattaché à la 2e Brigade française libre. L’Ordre de la Libération classe explicitement François Arzel parmi les Compagnons appartenant au BM 5.

Les instruments militaires de l’Ordre le rattachent également au 2e Régiment d’infanterie coloniale, parmi d’autres Compagnons de la France libre.

Missions et actions

Avec le BM 5, François Arzel participe aux opérations du Western Desert. Lors de la bataille d’El Alamein, le 2 novembre 1942, il est blessé une première fois par des éclats de mines.

En 1943, il participe à la campagne de Tunisie. Au mois de mai, pendant les combats de Takrouna, son comportement sous les bombardements est particulièrement remarqué.

Il poursuit la guerre en Italie. Le 13 juin 1944, à Villa Cecala, près de Montefiascone, il est blessé une deuxième fois, cette fois par des éclats d’obus. Malgré cette blessure, il ne prend pas de convalescence et rejoint immédiatement son unité alors que celle-ci se prépare à repartir au combat.

Après le débarquement de Provence, le sergent-chef Arzel combat à l’avant-garde pendant les opérations de libération d’Hyères et de Toulon, en août 1944. Sur l’axe La Crau – La Valette, il participe à la conquête de trois positions fortement défendues ainsi qu’à la capture de nombreux soldats ennemis.

Il poursuit ensuite la campagne de France avec son unité jusqu’aux combats de l’automne 1944.

Le 19 novembre 1944, pendant la bataille des Vosges, il participe à l’attaque de la cote 736, dans la région de Mélisey. Il y est grièvement blessé. Transporté à Mélisey, il succombe à ses blessures le lendemain, 20 novembre 1944, âgé de vingt-trois ans.

Arrestation / évasion / déportation

François Arzel n’a été ni arrêté ni déporté.

Son départ de Bretagne en juin 1940 relève du choix volontaire de quitter une France en voie d’occupation pour poursuivre la guerre depuis la Grande-Bretagne. Les sources consultées ne permettent toutefois pas de lui attribuer une qualité administrative d’« évadé de France » sans autre document ; cette qualification n’est donc pas ajoutée par déduction.

Ses blessures de guerre sont en revanche clairement documentées : El Alamein, 2 novembre 1942 ; Villa Cecala, 13 juin 1944 ; cote 736 près de Mélisey, 19 novembre 1944, cette dernière blessure étant mortelle.

Camarades de combat

François Arzel sert au sein du BM 5, unité dans laquelle combattent plusieurs futurs ou actuels Compagnons de la Libération. L’instrument de l’Ordre recense notamment dans cette unité Pierre Schrimpf, Marcel Faure, Hippolyte Piozin, Pierre Hautefeuille, André Quélen, Denis Thiriat, Raymond Dronne et Roger Maylié.

Toutefois, la simple appartenance à la même unité ne suffit pas à démontrer une relation personnelle de camaraderie. Les sources biographiques consultées ne documentent pas avec suffisamment de précision une relation individuelle particulière entre François Arzel et l’un de ces hommes. Ils ne sont donc pas présentés ici comme « camarades » au sens personnel du terme.

Retour à la vie civile

Il n’y a aucun retour à la vie civile pour François Arzel.

Engagé dans la France libre à dix-neuf ans, il demeure sous les armes jusqu’à sa mort au combat. Blessé le 19 novembre 1944, il meurt le lendemain à Mélisey, avant la fin de la guerre en Europe.

Il est ensuite inhumé à Brest.

Décorations

Chevalier de la Légion d’honneur. Source : Ordre de la Libération. La décoration est expressément attestée par la notice institutionnelle. Le fonds individuel 1 A 32 conserve la copie d’un extrait du décret portant attribution de la Légion d’honneur, publié au Journal officiel ; l’instrument archivistique date cette pièce du 7 juin 1985. Cette date tardive impose de distinguer la date de conservation/publication de la pièce de la date effective d’attribution tant que le décret lui-même n’a pas été contrôlé intégralement.

Compagnon de la Libération. Source : Ordre de la Libération. François Arzel est nommé Compagnon de la Libération à titre posthume par décret du 7 juillet 1945. Son dossier individuel 1 A 32 conserve notamment un mémoire de proposition du 3 décembre 1944, le décret du 7 juillet 1945 et un reçu du diplôme daté du 21 février 1966.

Croix de guerre 1939-1945 avec deux citations. Source : Ordre de la Libération. La notice institutionnelle atteste la Croix de guerre 1939-1945 et précise l’existence de deux citations. Le fonds 1 A 32 conserve également les textes de citations.

Médaille coloniale avec agrafes « Libye » et « Tunisie ». Source : Ordre de la Libération. Les deux agrafes « Libye » et « Tunisie » sont expressément indiquées dans la liste institutionnelle des distinctions.

Bronze Star Medal (États-Unis). Source : Ordre de la Libération. Cette décoration américaine est explicitement recensée dans la notice institutionnelle de François Arzel. La date et les circonstances précises de son attribution n’ont pas été établies avec suffisamment de certitude dans les sources numériques consultées.

Lieux de mémoire

François Arzel est inhumé à Brest.

Sa commune natale de Plouzané entretient particulièrement sa mémoire. La municipalité lui consacre une présentation historique rappelant son parcours, ses campagnes, ses blessures, sa mort et ses décorations. Elle reproduit également un extrait d’une de ses dernières lettres à sa marraine de guerre, témoignage de son attachement à la Bretagne et à la liberté.

L’Ordre de la Libération conserve par ailleurs son dossier individuel de Compagnon sous la cote 1 A 32. Ce fonds comprend notamment les pièces relatives à sa nomination dans l’Ordre, des renseignements administratifs, de la correspondance, des documents concernant ses décorations, des citations et des renseignements relatifs à sa sépulture.

Références bibliographiques

1061 Compagnons : histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe Notin, Paris, Perrin, 2000, 822 p.

Les Compagnons de l’Aube : archives inédites des Compagnons de la Libération, Guillaume Piketty, Vladimir Trouplin et Hélène Orizet, Paris, Textuel, 2014, 442 p.

Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir Trouplin, Bordeaux, Éditions Elytis, 2010, 1 230 p.

Références internet

Ordre de la Libération — François ARZEL — Source institutionnelle principale pour l’état civil, la formation, l’engagement dans les FFL, le BM 5, les campagnes du désert, de Tunisie, d’Italie et de France, les trois blessures, le décès, la sépulture et les décorations.
URL cliquable — Notice officielle de François ARZEL

Ordre de la Libération — instrument de recherche des archives des Compagnons, lettre A — Source archivistique pour le fonds individuel 1 A 32 et pour le dossier d’homologation SHD GR 16 P 19256. Elle décrit également le mémoire de proposition du 3 décembre 1944, le décret du 7 juillet 1945, les citations et les documents relatifs à la Légion d’honneur et à la sépulture.
URL cliquable — Archives des Compagnons, lettre A (PDF)

Musée de la Résistance en ligne / SHD — inventaire GR 16 P, lettre A — Confirme l’identité complète François Marie Arzel, la naissance le 25 février 1921 à Plouzané, la cote GR 16 P 19256 et la mention « Homologué ».
URL cliquable — Inventaire SHD GR 16 P, lettre A (PDF)

Ordre de la Libération — BM 5 — Permet de contrôler l’appartenance de François Arzel au Bataillon de marche n° 5 et de replacer son parcours dans celui des Compagnons ayant servi dans cette unité.
URL cliquable — Bataillon de marche n° 5

Ordre de la Libération — instrument de recherche des unités militaires — Source complémentaire permettant notamment de retrouver François Arzel parmi les Compagnons rattachés au 2e Régiment d’infanterie coloniale.
URL cliquable — Archives des unités militaires (PDF)

Ville de Plouzané — « François Arzel, un compagnon pour les Plouzanéens » — Source institutionnelle locale consacrée à la mémoire du résistant dans sa commune natale ; elle reprend son parcours militaire, ses distinctions et des éléments mémoriels locaux.
URL cliquable — François Arzel, Ville de Plouzané

Recueil Pro Patria — François Arzel — Source militaire complémentaire précisant notamment son milieu familial et son départ de Brest à bord du Meknès en juin 1940.
URL cliquable — Notice François Arzel, Recueil Pro Patria

Dossier d’homologation consulté

Service historique de la Défense, Vincennes — GR 16 P 19256, dossier de François Marie ARZEL.

La cote est établie par deux instruments concordants. L’instrument de recherche de l’Ordre de la Libération donne explicitement « GR 16 P 19256, dossier de François Arzel ».

L’inventaire nominatif SHD diffusé par le Musée de la Résistance en ligne confirme GR 16 P 19256 — ARZEL, François Marie — 25.02.1921 — Plouzané — Finistère — FRANCE — Homologué.

Le dossier original GR 16 P 19256 n’a pas été consulté matériellement pièce par pièce pour cette notice. Sa cote, son attribution et son homologation ont été vérifiées dans les instruments de recherche numériques. Cette vérification ne doit pas être assimilée à une consultation physique du dossier original.

Le fonds de Compagnon 1 A 32 de l’Ordre de la Libération a également été identifié par son instrument de recherche, sans prétendre à une consultation matérielle des pièces originales.

Observations

L’identité ne présente pas de difficulté majeure dès lors que le second prénom est pris en compte : l’inventaire SHD donne François Marie ARZEL, né le 25 février 1921 à Plouzané, ce qui permet de le distinguer des nombreux autres Arzel présents dans la sous-série GR 16 P.

Le détail du départ de France appelle une nuance documentaire. La notice de l’Ordre indique qu’« à l’appel du 18 juin » François Arzel s’embarque pour l’Angleterre, tandis que le Recueil Pro Patria situe son embarquement sur le Meknès le 17 juin 1940, avant qu’il ne prenne connaissance de l’appel pendant la traversée. Une liste complémentaire de passagers confirme sa présence à bord du Meknès. La formulation chronologique la plus précise est donc : embarquement à Brest avant ou au moment de l’appel, puis engagement officiel dans les FFL le 1er juillet 1940.

Indice de fiabilité de la notice

Niveau A — Fiabilité élevée.

L’identité, la naissance, l’homologation et la cote SHD sont établies par deux instruments institutionnels concordants. Le parcours militaire, les blessures, le décès et les décorations reposent principalement sur la notice de l’Ordre de la Libération, complétée par son instrument archivistique et par la documentation officielle de la ville de Plouzané.

Chronologie

DateÉvénement
25 février 1921Naissance à Plouzané (Finistère).
Avant juin 1940Études à Brest ; brevet d’enseignement industriel et CAP de menuisier ; travaille à l’Arsenal de Brest.
17-18 juin 1940Quitte Brest à bord du Meknès pour gagner la Grande-Bretagne, selon les sources complémentaires.
1er juillet 1940Signe son engagement dans les Forces françaises libres.
1940-1941Environ neuf mois au bataillon de chasseurs de Camberley.
Juin 1941Sergent à la 5e compagnie du 3e bataillon du Régiment de tirailleurs du Cameroun.
Mars 1942La formation devient le Bataillon de marche n° 5.
Mai 1942BM 5 rattaché à la 2e Brigade française libre.
2 novembre 1942Blessé par des éclats de mines à El Alamein.
Mai 1943Se distingue à Takrouna pendant la campagne de Tunisie.
13 juin 1944Blessé par éclats d’obus à Villa Cecala, près de Montefiascone, en Italie.
Août 1944Combats d’Hyères et de Toulon ; opérations sur l’axe La Crau–La Valette.
19 novembre 1944Grièvement blessé pendant l’attaque de la cote 736, près de Mélisey.
20 novembre 1944Meurt des suites de ses blessures à Mélisey, à 23 ans.
3 décembre 1944Mémoire de proposition pour la Croix de la Libération.
7 juillet 1945Nommé Compagnon de la Libération à titre posthume.

Tableau des divergences entre sources

ÉlémentSourceDonnéeAppréciation
Départ de BrestOrdre de la LibérationDépart présenté dans le contexte de l’appel du 18 juinFormulation générale.
Départ de BrestRecueil Pro Patria17 juin 1940, à bord du MeknèsPlus précis ; retenu avec prudence.
TraverséeListe complémentaire des Français libresFrançois Arzel figure parmi les passagers du Meknès lors de la traversée Brest-PortsmouthConfirme le navire, sans résoudre à elle seule toutes les nuances de date.
Engagement FFLOrdre de la Libération1er juillet 1940Date précise et retenue.

Sources consultées le 19 septembre 2026

Ordre de la Libération — notice officielle de François ARZEL — Source institutionnelle principale pour l’état civil, la formation, le ralliement, les unités, les campagnes, les blessures, la mort, la sépulture et les décorations.
URL cliquable — Notice officielle de François ARZEL

Ordre de la Libération — instrument de recherche des archives des Compagnons, lettre A — Contrôle du fonds individuel 1 A 32, du mémoire de proposition, du décret de la Croix de la Libération et du dossier GR 16 P 19256.
URL cliquable — Archives des Compagnons, lettre A (PDF)

Musée de la Résistance en ligne / SHD — inventaire GR 16 P, lettre A — Contrôle de l’identité François Marie Arzel, de sa date et de son lieu de naissance, de la cote GR 16 P 19256 et de l’homologation.
URL cliquable — Inventaire SHD GR 16 P, lettre A (PDF)

Ordre de la Libération — Bataillon de marche n° 5 — Contrôle de l’appartenance de François Arzel au BM 5.
URL cliquable — BM 5, Ordre de la Libération

Ordre de la Libération — instrument de recherche des unités militaires — Contrôle complémentaire des formations auxquelles François Arzel est rattaché dans les archives de l’Ordre.
URL cliquable — Archives des unités militaires (PDF)

Ville de Plouzané — François Arzel, un compagnon pour les Plouzanéens — Vérification de la mémoire locale, des distinctions et des éléments conservés par sa commune natale.
URL cliquable — François Arzel, Ville de Plouzané

Recueil Pro Patria — François Arzel — Source complémentaire utilisée pour préciser son origine familiale et les circonstances de son départ de Brest à bord du Meknès.
URL cliquable — François Arzel, Recueil Pro Patria

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