Réseau Écarlate, réseau de la Résistance rattaché au dispositif de la France combattante/BCRA. Son existence est formellement confirmée par les fonds du Service historique de la Défense.
Création du réseau
Les sources consultées montrent une réorganisation successive des structures chargées des opérations aériennes. Dans le secteur étudié par le Musée de la Résistance en ligne, Amarante cède la place, après réorganisation, à Écarlate. La source situe cette transformation au 10 juin, dans le contexte de 1943, et attribue la direction d’Écarlate à Félix GUILCHER, alias Romain.
Une source mémorielle secondaire donne toutefois une autre présentation, faisant naître Écarlate en octobre 1943 après Ophélie et plaçant SVAGROVSKY à sa tête. Cette divergence de chronologie et de commandement impose de privilégier les éléments archivistiques et de signaler que la reconstitution exacte des réorganisations successives nécessite le dépouillement intégral du dossier SHD.
Organisation interne
Les archives du SHD conservent un état des agents O, P1 et P2 établi par le liquidateur pour 1944-1947, ce qui confirme la reconnaissance administrative d’Écarlate après-guerre.
Actions menées pendant la Résistance
Écarlate est particulièrement associé aux opérations aériennes clandestines : recherche et préparation de terrains, réception de parachutages et d’atterrissages, acheminement du courrier, des fonds et du matériel, ainsi que mouvements clandestins d’agents du BCRA. Le Musée de la Résistance en ligne attribue au réseau 69 atterrissages nocturnes et 82 réceptions de parachutages.
Le rôle d’Écarlate dans les transmissions est également attesté : une publication de la Fondation de la Résistance reproduit un tableau du trafic de mai 1944 faisant apparaître 67 télégrammes de renseignement provenant d’Écarlate.
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
Écarlate appartient au système des réseaux de la France combattante et travaille avec le BCRA. Les sources montrent des continuités ou réorganisations avec Amarante et d’autres réseaux opératoires. Andromède-Athénée est par ailleurs documenté comme entretenant des relations avec Écarlate, Pourpre et Vermillon.
Chefs et figures marquantes
Lucien GERMEREAU dirige un secteur important ;
Robert MOUNIER est attesté comme agent P2 et responsable dans la région de Tours.
Victimes et morts
Les sources consultées dans cette recherche ne permettent pas d’établir une liste exhaustive et suffisamment vérifiée des morts propres à Écarlate. Le fonds nominatif GR 28 P 4 devra être exploité dossier par dossier pour obtenir un décompte fiable.
Survivants identifiés
Robert Gustave MOUNIER, né le 2 septembre 1913 et mort en 2005, constitue un survivant attesté ; sa fiche conserve notamment les références de ses dossiers administratifs de résistant.
Fin du réseau
Écarlate appartient aux structures opératoires dont l’activité se poursuit jusqu’à la phase de la Libération et aux réorganisations des services clandestins. La documentation consultée ne justifie pas de fixer ici une date unique de dissolution.
Conséquences et mémoire
Son importance tient à sa participation au dispositif aérien clandestin et aux transmissions avec Londres. Sa mémoire est particulièrement bien conservée dans les dossiers du SHD et dans la documentation régionale d’Indre-et-Loire.
Références bibliographiques
Les réseaux de résistance de la France combattante. Dictionnaire historique, Stéphane Longuet et Nathalie Genet-Rouffiac (dir.), Economica, 2013.
Dictionnaire historique de la Résistance, François Marcot (dir.), Robert Laffont, 2006.
Le réseau Écarlate, Jack Vivier, étude historique reproduite dans la documentation mémorielle régionale.
Références internet
Musée de la Résistance en ligne — Documentation détaillée sur l’activité d’Écarlate en Indre-et-Loire, son organisation et ses opérations aériennes. Musée de la Résistance en ligne — Écarlate
Service historique de la Défense — Inventaire archivistique confirmant les états d’agents du réseau. SHD — dossiers des réseaux
Fondation de la Résistance — Documentation sur les transmissions clandestines de la France combattante et le trafic d’Écarlate. Les transmissions radio clandestines de la France combattante
Fiabilité A pour l’existence du réseau, son rattachement au dispositif BCRA, ses opérations aériennes et l’existence de ses archives. Réserve documentaire sur la chronologie exacte des réorganisations Amarante/Ophélie/Écarlate et sur certaines attributions de commandement, les sources secondaires n’étant pas entièrement concordantes.
Sources consultées —
Mémoire Vive de la Résistance : mention d’Écarlate dans la notice Ginette MARCHAIS. Service historique de la Défense : dossiers généraux et dossiers d’agents, notamment GR 28 P 3 et GR 28 P 4. Musée de la Résistance en ligne : documentation opérationnelle et régionale. Fondation de la Résistance : documentation sur les transmissions clandestines. Les Français Libres : dossier de Robert MOUNIER et références SHD.