La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

STEELE Arthur alias Laurent,

Arthur STEELE, alias « Laurent », noms de couverture Arthur Saulnier et Arthur Clermont, né le 6 avril 1921 à Nœux-les-Mines (Pas-de-Calais), exécuté en septembre 1944 au camp de concentration de Buchenwald (Allemagne), britannique.

Arthur Steele était le fils d’Arthur Steele et de Marie Hortense Steele. Né en France d’un père britannique et d’une mère française, il grandit entre la France et le Royaume-Uni et parlait couramment français.

Il entra en 1935, à quatorze ans, dans la Royal Artillery comme jeune soldat et musicien. Il reçut ensuite une formation d’opérateur de télégraphie sans fil. Cette double connaissance de la France et des transmissions le désignait particulièrement pour une mission clandestine.

Il épousa Isabelle en 1943, peu avant son départ pour la France.

Engagement dans la Résistance

Arthur Steele fut recruté par la section F du Special Operations Executive en 1942. Il suivit une formation à la clandestinité, aux transmissions codées, à la sécurité radio, au parachutisme et au maniement des armes.

Il fut affecté à la General List sous le matricule 263403. Successivement sous-lieutenant puis lieutenant, il fut promu capitaine pendant sa captivité.

Appartenance à un réseau ou mouvement

Steele fut désigné comme opérateur radio du réseau MONK dirigé par Charles Skepper. Son nom de guerre était « Laurent » et son nom de code opérationnel WAITER, c’est-à-dire « serveur ». Il utilisa principalement la fausse identité Arthur Saulnier, et non Arthur Saunier. Une autre identité, Arthur Clermont, apparaît également dans les sources.

Il fut parachuté en France le 19 juin 1943, peu après l’arrivée de Charles Skepper.

Missions et actions

Arthur Steele installa son dispositif radio dans la région de Barjols (Var), où il bénéficia de l’aide de résistants locaux. Des postes émetteurs furent dissimulés dans les collines autour de Barjols et de Saint-Martin-de-Pallières.

De juillet 1943 à mars 1944, il assura les liaisons entre le réseau MONK et Londres. La recommandation britannique pour sa citation indique qu’il traita environ quatre cents messages au cours de sa mission. Son activité permit l’organisation des parachutages, la transmission des demandes d’armes et d’explosifs, ainsi que la remontée des renseignements sur les opérations effectuées.

L’émission radio clandestine constituait l’une des tâches les plus dangereuses du réseau : les services allemands et italiens tentaient de repérer les émetteurs par radiogoniométrie. Steele changeait donc fréquemment de poste et de lieu d’émission.

Arrestation / évasion / déportation

Après l’arrestation de Charles Skepper au 8, rue Mérentié, des policiers allemands demeurèrent dans l’appartement. Arthur Steele et Éliane Plewman furent arrêtés lorsqu’ils se présentèrent à cette adresse, probablement le 25 mars 1944.

Steele fut détenu et interrogé à Marseille, puis transféré hors de France. Il passa notamment par le camp de Neue Bremm, près de Sarrebruck, avant d’être envoyé à Buchenwald en août 1944.

Les sources historiques et sa recommandation pour citation situent son exécution à Buchenwald le 14 septembre 1944. La fiche actuelle de la Commonwealth War Graves Commission porte toutefois la date du 12 septembre 1944. Cette divergence est conservée dans la présente notice.

Camarades de combat

Arthur Steele travailla directement avec Charles Skepper et Éliane Plewman. À Barjols, il reçut l’aide d’Eugène Garcin et de résistants connaissant les emplacements permettant de cacher les postes radio. Il assura également les communications utiles aux groupes français associés au réseau MONK.

Retour à la vie civile

Arthur Steele ne revint pas de déportation. Il avait vingt-trois ans lorsqu’il fut exécuté.

Décorations

  • Mention in Despatches, attribuée à titre posthume — recommandation signée par le major général Colin Gubbins le 23 août 1945 — publication officielle au début de 1946 — dossier WO 373/100/186.
  • Croix de guerre 1939-1945 avec palme — citation française datée du 16 janvier 1946.

Lieux de mémoire

Arthur Steele est commémoré au Brookwood 1939-1945 Memorial, panneau 21, colonne 3, et au mémorial de Valençay.

Son nom figure également sur une plaque du mémorial de Buchenwald consacrée aux officiers alliés assassinés dans le camp. La plaque du 8, rue Mérentié à Marseille rappelle son arrestation avec les autres membres du réseau MONK.

Références bibliographiques

SOE in France: An Account of the Work of the British Special Operations Executive in France, 1940-1944, M. R. D. Foot, Her Majesty’s Stationery Office, 1966. Cette étude présente l’organisation des réseaux de la section F et le rôle essentiel de leurs opérateurs radio.

Secret War Heroes: Men of the Special Operations Executive, Marcus Binney, Hodder & Stoughton, 2005. L’ouvrage replace Arthur Steele dans l’histoire du réseau MONK et décrit le travail des opérateurs clandestins.

8, rue Mérentié. À la mémoire d’Éliane Sophie Plewman, Jean Contrucci, avec la collaboration de Jacques Virbel, mairie de Marseille, 2011. Le document rassemble des renseignements sur les trois agents britanniques et les résistants français du réseau.

Unearthing Churchill’s Secret Army: The Official List of SOE Casualties and Their Stories, John Grehan et Martin Mace, Pen & Sword, 2012. L’ouvrage présente les agents du Special Operations Executive morts en mission ou en captivité.

Références internet

Commonwealth War Graves Commission. La fiche d’Arthur Steele confirme le matricule 263403, le grade de capitaine, les décorations et la commémoration au Brookwood Memorial. https://www.cwgc.org/find-records/find-war-dead/casualty-details/2148213/arthur-steele/

The National Archives. Le dossier personnel d’Arthur Steele est conservé sous la cote HS 9/1410/2 ; la recommandation pour sa Mention in Despatches porte la cote WO 373/100/186. https://discovery.nationalarchives.gov.uk/

The Gazette. La publication officielle britannique permet de vérifier la Mention in Despatches attribuée à Arthur Steele.

Jean Contrucci et Jacques Virbel. Le récit consacré au 8, rue Mérentié documente son rôle d’opérateur radio et les circonstances de son arrestation. https://jeancontrucci.free.fr/html/merentie.pdf

Dossier d’homologation consulté

Le dossier personnel britannique HS 9/1410/2 et la recommandation de décoration WO 373/100/186 ont été identifiés dans les archives britanniques. Aucune cote française GR 16 P n’a pu être confirmée lors des présentes recherches.

Observations

L’orthographe attestée de la fausse identité est Arthur Saulnier, et non Arthur Saunier. « Laurent » est son nom de guerre et WAITER son code opérationnel.

La date exacte de son exécution demeure divergente : la majorité des travaux historiques et la recommandation britannique retiennent le 14 septembre 1944, tandis que la fiche actuelle de la Commonwealth War Graves Commission indique le 12 septembre.

Indice de fiabilité de la notice Niveau A — L’identité, le service militaire, la fonction d’opérateur radio, l’appartenance au réseau MONK, le matricule et les décorations sont établis par des archives officielles britanniques. La divergence sur la date de décès est clairement signalée.

Chronologie

DateÉvénement
6 avril 1921Naissance à Nœux-les-Mines.
1935Entrée dans la Royal Artillery comme jeune soldat.
1942Recrutement par le Special Operations Executive.
Mars 1943Mariage avec Isabelle.
19 juin 1943Parachutage en France.
Juillet 1943-mars 1944Liaisons radio du réseau MONK avec Londres.
Vers le 25 mars 1944Arrestation au 8, rue Mérentié à Marseille.
Août 1944Transfert à Buchenwald.
Septembre 1944Exécution à Buchenwald.

Tableau des divergences entre sources

Élément biographiqueSource 1Source 2Décision retenue
Fausse identitéDossier SOE et sources britanniques : SaulnierCertaines transcriptions : SaunierArthur Saulnier.
Date d’arrestation25 mars 1944Quelques sources indiquent avril 194425 mars 1944, avec prudence.
Date de décèsRecommandation et travaux historiques : 14 septembre 1944CWGC : 12 septembre 1944Exécution située en septembre 1944 ; préférence au 14 septembre, divergence signalée.
Nom de l’épouseCertaines sources : Isabelle BowhillD’autres : Isabelle PattersonSeul le prénom Isabelle est conservé dans le récit.

Sources consultées

The National Archives. Les références HS 9/1410/2 et WO 373/100/186 ont fourni l’identification de son dossier personnel et de sa recommandation pour citation. https://discovery.nationalarchives.gov.uk/

Commonwealth War Graves Commission. La fiche « Captain Arthur Steele » a confirmé son matricule, son grade, ses parents, sa commémoration et ses décorations, tout en faisant apparaître une divergence sur sa date de décès. https://www.cwgc.org/find-records/find-war-dead/casualty-details/2148213/arthur-steele/

The Gazette. Le supplément officiel a été consulté pour vérifier la Mention in Despatches.

Jean Contrucci et Jacques Virbel. Le document 8, rue Mérentié a apporté des renseignements sur l’installation des postes radio, les résistants locaux et l’arrestation du groupe. https://jeancontrucci.free.fr/html/merentie.pdf

Wikipédia anglophone. La notice développée « Arthur Steele (SOE agent) » a été examinée ; seuls les éléments recoupés avec les références archivistiques ou institutionnelles ont été retenus. https://en.wikipedia.org/wiki/Arthur_Steele_(SOE_agent)

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