Georges Henri JOURNOIS, alias Suzanne et Marcelle, né le 13 novembre 1896 à Bosc-Bordel (Seine-Maritime), mort en déportation à Wilhelmshaven (Allemagne) en septembre 1944, français.
Georges JOURNOIS appartient à une génération d’officiers formés pendant la Première Guerre mondiale. Les synthèses biographiques disponibles indiquent qu’il est élève à Saint-Cyr puis poursuit une carrière d’officier d’infanterie, marquée par la Grande Guerre, les opérations de Cilicie et la guerre du Rif. Son dossier individuel de personnel est conservé au Service historique de la Défense sous la cote AC 21 P 60145 ; cette source institutionnelle confirme sa naissance le 13 novembre 1896 à Bosc-Bordel.
Engagement dans la Résistance
Après l’armistice, JOURNOIS participe à la préparation clandestine de la résistance militaire. Il travaille avec le général Georges REVERS et prend part à la constitution de l’Organisation de résistance de l’armée.
Lorsque l’ORA est structurée en région R2, il reçoit la responsabilité départementale des Alpes-Maritimes. La documentation de l’ORA le présente comme déjà engagé lorsque Jacques LÉCUYER est chargé de la région en février 1943.
Appartenance à un réseau ou mouvement
JOURNOIS est chef départemental de l’Organisation de résistance de l’armée ORA dans les Alpes-Maritimes. Il est secondé par le commandant POURCHIER et s’appuie sur un noyau d’anciens officiers. Son action consiste à recruter, cloisonner les groupes clandestins, établir des liaisons avec les autres mouvements et préparer une résistance armée. Des sources secondaires développées lui attribuent également des liens avec le réseau Alliance ; cet élément n’a pas été suffisamment documenté par une source institutionnelle ouverte pour être détaillé davantage.
Missions et actions
Sous son autorité, l’ORA départementale se développe notamment parmi les militaires démobilisés et le personnel des Eaux et Forêts. En mars 1943, l’enseigne de vaisseau OBERTO reçoit de lui des instructions pour organiser une résistance armée dans le secteur occidental ; ce travail aboutit ensuite à la constitution des maquis de Canaux et de Peyroules. Le cloisonnement voulu par JOURNOIS rend l’organisation plus difficile à reconstituer après son arrestation, mais témoigne d’une volonté de protection des cellules clandestines.
Arrestation / évasion / déportation
En décembre 1943, une provocation menée par un agent infiltré conduit à l’arrestation de JOURNOIS et de plusieurs cadres, dont le commandant POURCHIER. Cette arrestation décapite provisoirement l’ORA des Alpes-Maritimes. JOURNOIS est détenu, transféré puis déporté à Neuengamme, où il reçoit le matricule 43936, avant d’être affecté au kommando de Wilhelmshaven.
Les sources divergent sur la date administrative de son décès : le dossier SHD AC 21 P 60145 et un arrêté publié au Journal officiel retiennent le 31 octobre 1944, tandis que des témoignages de déportation et la biographie développée retiennent le 26 septembre 1944, après des violences subies au camp. La divergence doit être maintenue explicitement.
Camarades de combat
Parmi ses principaux collaborateurs figurent le commandant POURCHIER et les cadres ORA des Alpes-Maritimes. Jacques LÉCUYER, chef régional R2, le considère comme le responsable départemental de l’organisation. OBERTO agit dans le secteur occidental sur ses instructions. Après son arrestation, la direction départementale est progressivement reconstituée avant d’être confiée à Pierre GAUTIER, alias Malherbe.
Retour à la vie civile
Georges JOURNOIS ne revient pas de déportation. Son corps est ultérieurement rapatrié en France. Il est promu général de brigade à titre posthume selon les sources biographiques consultées.
Décorations
- Médaille de la Résistance française — à titre posthume — décret du 15 octobre 1945 — Journal officiel du 19 octobre 1945 — cote du dossier : 1O32993 — Source : Ordre de la Libération.
- Légion d’honneur — officier — chevalier par arrêté du 16 mars 1921 ; officier par décret du 2 décembre 1937 — Source : dossier Léonore 19800035/20/2522
- Croix de guerre 1914-1918 — 6 citations, dont 2 à l’ordre de l’armée — Source : Wikipédia.
- Croix de guerre 1939-1945 — 2 citations à l’ordre de l’armée — Source : Wikipédia.
- Croix de guerre des Théâtres d’opérations extérieurs — 3 citations, dont 1 à l’ordre de l’armée — Source : Wikipédia.
- Croix du combattant volontaire de la Résistance — 4 décembre 1951 — Source : Wikipédia.
- Croix du combattant — Source : Wikipédia.
- Médaille coloniale — agrafe en vermeil « Maroc 1925-1926 » — Source : Wikipédia.
- Médaille de la Déportation pour faits de Résistance — 23 juillet 1951 — Source : Wikipédia.
- Insigne des blessés militaires — Source : Wikipédia.
- Médaille interalliée de la Victoire — Source : Wikipédia.
- Médaille commémorative de la guerre 1914-1918 — Source : Wikipédia.
- Médaille commémorative de Syrie-Cilicie — Source : Wikipédia.
- Médaille commémorative française de la guerre 1939-1945 — Source : Wikipédia.
- Ordre du Ouissam alaouite — commandeur — Source : Wikipédia.
Lieux de mémoire
Le parcours de JOURNOIS est lié à Nice et aux Alpes-Maritimes pour son activité clandestine, à Neuengamme et Wilhelmshaven pour sa déportation, ainsi qu’à Besançon où son corps a été réinhumé dans le caveau familial selon les sources biographiques.
Références bibliographiques
L’Armée en Résistance : France, 1940-1944. Bernard de Boisfleury, L’Esprit du livre, 2005. Étude majeure de l’Organisation de résistance de l’armée, utile pour replacer JOURNOIS dans la chaîne de commandement de la région R2 et dans l’organisation militaire clandestine.
L’ORA, la résistance de l’Armée. Augustin de Dainville, Lavauzelle, 1974. Synthèse historique de référence sur la naissance, les structures et l’action de l’ORA, indispensable pour contextualiser la responsabilité départementale exercée par JOURNOIS.
Références internet
Service historique de la Défense. Dossier individuel de personnel de Georges Henri JOURNOIS, cote AC 21 P 60145 ; confirme la naissance et porte une date administrative de décès au 31 octobre 1944. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/ark/749108
Mémoire Vive de la Résistance. La notice thématique « L’ORA dans les Alpes-Maritimes » établit la responsabilité départementale de JOURNOIS, son rôle de recrutement et son arrestation avec POURCHIER. https://mvr.asso.fr/lora-dans-les-alpes-maritimes-par-boris-de-gueyer/
Légifrance. L’arrêté du 26 juin 2004 portant apposition de la mention « Mort en déportation » indique Georges Henri JOURNOIS, né le 13 novembre 1896 à Bosc-Bordel, avec décès administratif au 31 octobre 1944 à Wilhelmshaven. https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFARTI000002063059
Wikipédia. Notice développée consultée conformément au protocole ; elle fournit une reconstitution détaillée de la carrière, de la Résistance et de la déportation, mais les éléments non recoupés institutionnellement sont conservés avec prudence. https://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Journois
Dossier d’homologation consulté
Le dossier individuel de personnel AC 21 P 60145 a été identifié et sa notice d’inventaire consultée. Les sources secondaires signalent également les cotes GR 16 P 313208 et d’autres dossiers liés à sa carrière et à sa déportation ; leurs pièces internes n’ont pas été directement dépouillées lors des présentes recherches.
Observations
La principale divergence concerne la date de décès. Les sources institutionnelles administratives ouvertes donnent le 31 octobre 1944, tandis que la reconstitution testimoniale du kommando de Wilhelmshaven donne le 26 septembre 1944. La notice conserve cette divergence sans la résoudre artificiellement. L’identification du « colonel Journois » demandé comme Georges Henri JOURNOIS est assurée par la concordance de la fonction de chef départemental ORA des Alpes-Maritimes et de la chronologie.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A — l’identité et la fonction dans l’ORA sont établies par une source institutionnelle et plusieurs sources concordantes ; la déportation est certaine. La date exacte du décès demeure divergente entre l’état administratif et la reconstitution testimoniale.
Chronologie
| Date | Événement |
| 13 novembre 1896 | Naissance à Bosc-Bordel. |
| 1914-1918 | Carrière militaire pendant la Première Guerre mondiale. |
| 1942-1943 | Participation à la constitution de la résistance militaire et de l’ORA. |
| 1943 | Chef départemental ORA des Alpes-Maritimes. |
| Décembre 1943 | Arrestation avec plusieurs cadres de l’ORA. |
| 1er septembre 1944 | Arrivée au camp de Neuengamme selon la reconstitution biographique. |
| Septembre-octobre 1944 | Mort en déportation à Wilhelmshaven ; date divergente selon les sources. |
Tableau des divergences entre sources
| Point | Sources / variantes | Décision retenue |
| Date de décès | 26 septembre 1944 dans les témoignages et biographies ; 31 octobre 1944 dans le dossier SHD AC 21 P 60145 et l’arrêté officiel. | Conserver les deux états ; ne pas trancher sans dépouillement du dossier de déportation. |
| Décorations | Liste très développée dans les sources secondaires ; vérification institutionnelle incomplète. | Ne reproduire que prudemment les distinctions dont l’existence est suffisamment étayée et signaler l’absence de contrôle des décrets. |
Sources consultées
Service historique de la Défense. Notice AC 21 P 60145 : identité, naissance et date administrative de décès. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/ark/749108
Mémoire Vive de la Résistance. « L’ORA dans les Alpes-Maritimes » : fonction de JOURNOIS, organisation départementale, arrestation et succession. https://mvr.asso.fr/lora-dans-les-alpes-maritimes-par-boris-de-gueyer/
Légifrance. Arrêté relatif aux personnes mortes en déportation : état civil et date administrative du décès. https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFARTI000002063059
Wikipédia. Notice Georges Journois : parcours militaire, pseudonymes, déportation et éléments posthumes, utilisés uniquement lorsqu’ils sont recoupés ou explicitement signalés. https://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Journois