Antoine MASUREL, alias Jules Mouton, Marc, André Monnier, Adrien Motte, Amédée Motte et Marie, né en juillet 1912 à Roubaix, mort le 7 avril 1990 à Montfort-l’Amaury, Français.
Issu d’une famille de négociants en laines de Roubaix, Antoine Masurel est bachelier et accomplit son service militaire en 1932 au 1er régiment d’aviation au Bourget. Il travaille ensuite dans le négoce familial et voyage beaucoup. Mobilisé comme sergent de réserve de l’Armée de l’air en juillet 1939, il est affecté aux forces aériennes françaises en Orient-Méditerranée à Beyrouth.
Engagement dans la Résistance
Démobilisé au Levant à l’été 1940, il revient en France en septembre et s’installe à Cannes. Favorable à la France libre, il entre en contact avec Jacques Robert-Rewez à la fin de 1942 et s’engage dans les Forces françaises combattantes le 1er novembre 1942 sous le nom de Jules Mouton.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Deuxième adjoint de Jacques Robert dans Phratrie, il joue un rôle majeur dans le développement du réseau. Après le départ de Robert en juin 1943, il devient premier adjoint de Jean-Louis Chancel. En février 1944, après le départ de Chancel pour Londres, il prend la direction de Phratrie et supervise sa réorganisation en huit réseaux indépendants.
Missions et actions
Il contribue financièrement au réseau, recrute des agents, participe à l’évasion de Jacques Robert après l’arrestation de celui-ci en avril 1943 et effectue un stage à Londres en août 1943 avant de revenir en France par Lysander. En 1944, il transfère avec la centrale les organes de commandement de Lyon vers Paris et dirige l’éclatement organisationnel de Phratrie.
Arrestation / évasion / déportation
Arrêté le 19 mai 1944 à Renescure, dans le Nord, lors d’une mission de communication avec Londres, il est détenu à Gand, Fresnes puis Bruxelles. Condamné à mort et destiné à la déportation vers Buchenwald, il est placé dans un train qui ne peut quitter Bruxelles en raison de l’avance alliée ; il est libéré le 3 septembre 1944.
Camarades de combat
Ses principaux compagnons de réseau sont Jacques Robert-Rewez et Jean-Louis Chancel, dont il est successivement l’adjoint puis le successeur. Il agit également avec les responsables des sous-réseaux issus de Phratrie.
Retour à la vie civile
Après sa libération, il effectue plusieurs missions pour la Direction générale des études et recherches jusqu’en 1945. Démobilisé, il reprend le négoce de laine puis s’installe environ quinze ans en Argentine. Il meurt en 1990 à Montfort-l’Amaury.
Décorations
- Commandeur de la Légion d’honneur ;
- Compagnon de la Libération, décret du 19 octobre 1945 ;
- Croix de guerre 1939-1945 avec deux citations ;
- Médaille de la Résistance française par décret du 30 Mai 1943. Source Ordre de la Libération. Côte du dossier : 1O46211.
- Member of the Order of the British Empire ;
- Officier de l’Ordre de la Couronne de Belgique ;
- Croix de guerre belge avec palme.
Les dates de publication de plusieurs distinctions n’ont pas été retrouvées.
Lieux de mémoire
L’Ordre de la Libération conserve une photographie et une notice biographique détaillée. Son rôle de dernier chef de Phratrie avant l’éclatement du réseau en huit ensembles autonomes constitue l’un des éléments centraux de sa mémoire résistante.
Références bibliographiques
Dictionnaire historique de la Résistance — ouvrage collectif de référence permettant de replacer Phratrie, le BCRA et les réseaux de renseignement dans leur contexte.
Histoire politique des services secrets français — synthèse utile pour contextualiser l’organisation des services de renseignement gaullistes et la DGER.
Références internet
Ordre de la Libération — Notice institutionnelle détaillée : état civil, fonctions successives dans Phratrie, arrestation, libération, carrière et décorations. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/antoine-masurel
Ordre de la Libération — instrument de recherche — Instrument de recherche donnant notamment le renvoi au dossier SHD GR 16 P 295546.
Dossier d’homologation consulté
Le répertoire de l’Ordre de la Libération renvoie au dossier individuel du bureau Résistance du SHD sous la cote GR 16 P 295546. Les présentes recherches n’ont pas impliqué la consultation matérielle du dossier original.
Observations
La source institutionnelle présente une divergence interne d’un jour pour la naissance : l’en-tête affiche le 9 juillet 1912, tandis que le texte biographique indique le 10 juillet. Le jour exact reste donc à vérifier sur l’état civil.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A —pour le parcours résistant, les fonctions et l’arrestation, documentés institutionnellement ; réserve mineure sur le jour de naissance et les dates officielles de certaines décorations.
Chronologie
| Date | Événement |
| 1912 | Naissance à Roubaix. |
| 1939-1940 | Armée de l’air au Levant. |
| 1er novembre 1942 | Engagement FFC. |
| Avril 1943 | Participe à l’évasion de Robert. |
| Juin 1943 | Premier adjoint de Chancel. |
| Février 1944 | Chef de Phratrie. |
| 19 mai 1944 | Arrestation. |
| 3 septembre 1944 | Libération à Bruxelles. |
| 1944-1945 | Missions DGER. |
| 1990 | Décès. |
Tableau des divergences entre sources
Jour de naissance : 9 juillet 1912 dans l’en-tête de l’Ordre de la Libération ; 10 juillet dans le corps de la notice.
Sources consultées
Ordre de la Libération — notice Antoine Masurel : parcours, Phratrie, arrestation et décorations. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/antoine-masurel
Ordre de la Libération — instrument de recherche — renvoi au dossier SHD GR 16 P 295546.