La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

CHANCEL Jean-Louis Roger alias Roland Chavagnac, Roger, Jacques Lamy, Charles, Coty et Choubert,

Jean-Louis Roger CHANCEL, alias « Roland Chavagnac », « Roger », « Jacques Lamy », « Charles », « Coty » et « Choubert », né le 25 août 1899 à Paris (VIIIe arrondissement), mort le 28 juillet 1977 à Paris (Ve arrondissement), Français, ancien combattant de la Première Guerre mondiale, peintre et dessinateur de presse, résistant de Libération-Sud, chef du réseau de renseignements Phratrie, responsable de la section R du Bureau central de renseignements et d’action, lieutenant-colonel FFI, Compagnon de la Libération.

Jeunesse et formation

Jean-Louis Roger Chancel naît le 25 août 1899 dans le VIIIe arrondissement de Paris.

Il est le fils de Jules Chancel, écrivain spécialisé notamment dans la littérature destinée à la jeunesse.

Il grandit dans un environnement familial marqué par les activités littéraires et artistiques.

Sa jeunesse est interrompue par la Première Guerre mondiale.

À partir d’avril 1917, il sert dans l’artillerie française. Il demeure sous les drapeaux jusqu’à l’armistice du 11 novembre 1918 et reçoit une citation.

Cette première expérience militaire intervient alors qu’il n’a pas encore vingt ans.

Après la guerre, il s’oriente vers les arts graphiques.

Il exerce les métiers de peintre, de dessinateur et d’illustrateur.

Il travaille notamment pour plusieurs journaux, parmi lesquels Candide, Gringoire et L’Ami du Peuple.

Ces collaborations s’inscrivent dans le développement de la presse illustrée de l’entre-deux-guerres.

Le dessin de presse constitue alors un moyen important de commentaire politique et social.

L’activité professionnelle de Chancel témoigne de son insertion dans ce milieu artistique et journalistique.

En 1929, il présente plusieurs œuvres au Salon des humoristes, notamment des compositions intitulées Argent, Gloire, Piété et Politique.

Il effectue également de nombreux voyages.

Les renseignements accessibles ne permettent pas de reconstituer avec précision ses études artistiques, les conditions de son entrée dans la presse ou l’ensemble de ses déplacements à l’étranger.

Sa carrière de dessinateur demeure cependant un aspect important de son identité professionnelle avant son engagement dans la Résistance.

Engagement militaire en 1939-1940

Mobilisé en 1939, Jean-Louis Chancel participe à la campagne de France.

Il appartient à une génération qui a déjà connu les combats de la Première Guerre mondiale.

En juin 1940, devant l’offensive allemande, il participe à la retraite des forces françaises.

Son repli le conduit jusque dans la Creuse.

Après l’armistice, il est démobilisé.

Il gagne la zone non occupée et retrouve sa famille au Mont-Dore.

Dès le début de 1941, il cherche à rejoindre l’Angleterre afin de poursuivre la guerre.

Ses premières tentatives demeurent infructueuses.

Au début de 1942, il s’installe à Nice, où il poursuit ses recherches pour trouver un moyen de gagner Londres.

Cette volonté de rejoindre la France libre précède son intégration dans une organisation clandestine.

Engagement dans la Résistance

Mai 1942 — Entrée dans Libération-Sud

En mai 1942, Jean-Louis Chancel rencontre Emmanuel d’Astier de la Vigerie.

Cette rencontre est facilitée par René Lefebvre, ancien camarade de régiment de Chancel.

Emmanuel d’Astier dirige alors le mouvement clandestin Libération-Sud, qui participe au développement de la Résistance dans la zone non occupée.

Jean-Louis Chancel accepte de rejoindre cette organisation.

Il effectue plusieurs missions de liaison.

Ces missions reposent sur la circulation clandestine des informations, des consignes et des contacts entre responsables.

Elles imposent discrétion, mobilité et capacité d’adaptation.

Chancel souhaite cependant s’engager dans une activité qu’il considère comme plus directement militaire.

Cette aspiration le conduit vers les réseaux de renseignements dépendant de la France combattante.

Septembre 1942 — Entrée dans Phratrie

En septembre 1942, Jean-Louis Chancel devient l’adjoint du commandant Jacques Robert, connu sous le pseudonyme de « Rewez ».

Jacques Robert a été envoyé en France pour organiser un réseau de renseignements militaires.

Ce réseau, dénommé Phratrie, dépend du Bureau central de renseignements et d’action, le BCRA, service de renseignement et d’action de la France combattante.

Chancel adopte notamment le pseudonyme de « Chavagnac ».

Il participe directement à l’organisation du réseau.

Phratrie doit recueillir des renseignements utiles au commandement allié et les transmettre clandestinement.

Les informations recherchées concernent notamment les installations, les mouvements et les moyens militaires de l’occupant.

Un réseau de cette nature doit disposer d’agents capables de recueillir les renseignements, de les vérifier, de les faire parvenir à une centrale et d’assurer leur transmission.

L’organisation nécessite également des documents d’identité, des logements sûrs et des moyens de déplacement.

Jean-Louis Chancel prend une part active au développement de ces structures.

Il contribue à l’implantation territoriale du réseau et au recrutement des collaborateurs.

Les renseignements sont destinés aux services de la France combattante et, par leur intermédiaire, aux Alliés.

Appartenance à une unité, un réseau ou un mouvement

Libération-Sud

Jean-Louis Chancel rejoint ce mouvement en mai 1942, après sa rencontre avec Emmanuel d’Astier de la Vigerie.

Il y exerce principalement des missions de liaison.

Réseau Phratrie

Il rejoint Phratrie en septembre 1942 et devient l’adjoint de Jacques Robert-Rewez.

Il participe à la création et au développement de l’organisation.

En juin 1943, il prend la direction du réseau.

Forces françaises combattantes

Son activité au sein de Phratrie le rattache au dispositif clandestin de renseignements de la France combattante.

Bureau central de renseignements et d’action

Après son retour à Londres en mars 1944, il prend le commandement de la section R, chargée du renseignement.

Forces françaises de l’intérieur

Il termine la guerre avec le grade de lieutenant-colonel FFI, selon la biographie institutionnelle de l’Ordre de la Libération.

La distinction entre ses fonctions au BCRA et son grade FFI doit être conservée.

Missions et actions

1942-1943 — Développement de Phratrie

Jean-Louis Chancel travaille auprès de Jacques Robert à l’organisation du réseau.

Les deux hommes cherchent à constituer une structure capable de fonctionner dans plusieurs régions.

L’activité clandestine devient particulièrement dangereuse après l’occupation de la zone sud par les troupes allemandes, en novembre 1942.

Les services de répression disposent désormais de possibilités d’intervention accrues dans les régions jusque-là non occupées.

Les communications doivent être protégées.

Les agents utilisent plusieurs identités et doivent éviter que l’arrestation d’un responsable puisse compromettre l’ensemble de l’organisation.

Avril 1943 — Arrestation de Jacques Robert et de Jean-Louis Chancel

En avril 1943, à Nice, Jean-Louis Chancel est arrêté en même temps que Jacques Robert-Rewez.

Chancel parvient à obtenir sa libération.

L’Ordre de la Libération attribue ce résultat à sa présence d’esprit.

Dès sa libération, il entreprend de faire évader son chef.

L’évasion réussit après trois tentatives.

Le parcours de Jacques Robert permet de préciser que son arrestation intervient le 29 avril 1943 et que son évasion se produit quatre jours plus tard.

Cet épisode constitue une étape décisive dans l’évolution des responsabilités de Chancel.

Jacques Robert est désormais identifié par les services de répression et ne peut continuer à exercer normalement son commandement clandestin.

Il décide de préparer sa succession.

Mai 1943 — Mission à Londres

En mai 1943, Jacques Robert envoie Jean-Louis Chancel à Londres.

Cette liaison doit notamment permettre d’organiser la continuité du commandement de Phratrie.

Le voyage représente une opération clandestine particulièrement délicate.

Les passages entre la France occupée et l’Angleterre nécessitent une coordination étroite avec les services alliés.

Chancel entre en relation avec les responsables de la France combattante.

Il revient en France au mois de juin 1943 à la faveur d’une opération aérienne.

Juin 1943 — Direction du réseau Phratrie

À son retour, Jean-Louis Chancel succède effectivement à Jacques Robert.

Il dirige désormais Phratrie sous le pseudonyme de « Chavagnac ».

Il poursuit le développement du réseau dans les zones nord et sud.

Cette expansion nécessite une organisation plus importante, capable d’assurer les liaisons entre les agents, les responsables territoriaux et les services de Londres.

Antoine Masurel, alias « Marc », devient son premier adjoint.

Masurel avait déjà participé à l’organisation de Phratrie sous les ordres de Jacques Robert.

La continuité du commandement repose donc sur des hommes ayant acquis une expérience commune.

Deuxième semestre 1943 — Extension de Phratrie

Sous la direction de Jean-Louis Chancel, Phratrie connaît un développement important.

La multiplication des implantations rend nécessaire une décentralisation progressive.

L’objectif est de limiter les conséquences d’éventuelles arrestations.

Une organisation trop centralisée présente en effet le risque qu’un seul responsable capturé compromette un grand nombre d’agents.

La création de structures territoriales relativement autonomes vise à améliorer la sécurité et l’efficacité des transmissions.

Cette évolution aboutira à une subdivision de Phratrie en huit réseaux indépendants, selon l’Ordre de la Libération.

Il convient toutefois de distinguer cette réorganisation progressive du fonctionnement initial de Phratrie.

Début 1944 — Menaces contre le commandement

Les services allemands intensifient leurs recherches.

Jean-Louis Chancel est progressivement identifié et recherché.

La poursuite de ses activités en France devient de plus en plus dangereuse.

Il prépare sa succession et confie le réseau à Antoine Masurel.

Les sources disponibles situent son départ pour Londres en mars 1944.

Mars 1944 — Retour en Angleterre

Jean-Louis Chancel rejoint l’Angleterre.

Son départ ne constitue pas un retrait de la Résistance.

Il correspond à une nouvelle affectation dans l’organisation des services de renseignements de la France combattante.

Il prend le commandement de la section R du BCRA, chargée du renseignement.

Il met au service de cette organisation son expérience acquise dans la clandestinité.

Sa connaissance du terrain et du fonctionnement des réseaux français lui permet de contribuer à l’appui apporté aux agents demeurés en France.

Cette activité s’inscrit dans la préparation des opérations alliées et de la Libération.

Août 1944 — Retour en France

Jean-Louis Chancel revient en France quelques jours après la libération de Paris.

L’inventaire de son dossier individuel de Compagnon signale notamment la copie d’un ordre de mission daté du 22 août 1944.

Le contenu exact de cette pièce n’a pas été directement consulté.

Elle constitue néanmoins un document important pour préciser ses activités au moment de la Libération.

1944-1945 — Missions à l’étranger

Après son retour en France, Jean-Louis Chancel reçoit plusieurs missions.

Il se rend successivement en Suède, au Maroc et en Allemagne.

Ces déplacements sont liés notamment à la récupération de prisonniers politiques.

La fin de la guerre entraîne la nécessité de rechercher, identifier et rapatrier des personnes détenues dans les territoires contrôlés par l’Allemagne.

Ces opérations exigent une coordination entre plusieurs services français et alliés.

Le détail des missions confiées à Jean-Louis Chancel, les dates exactes de ses déplacements et les organismes auprès desquels il intervient nécessitent la consultation de son dossier individuel.

Il termine la guerre avec le grade de lieutenant-colonel FFI.

Arrestation, emprisonnement et déportation

Jean-Louis Chancel est arrêté à Nice en avril 1943, en même temps que Jacques Robert-Rewez.

Il obtient rapidement sa libération.

Il organise ensuite l’évasion de Jacques Robert, qui réussit après trois tentatives.

Aucune déportation de Jean-Louis Chancel n’est documentée.

Les recherches entreprises par la Gestapo contre lui contribuent à son départ pour Londres en mars 1944.

Camarades de combat

Jacques ROBERT-REWEZ — Officier de renseignement, fondateur et premier chef du réseau Phratrie. Jean-Louis Chancel devient son adjoint en septembre 1942. Il organise son évasion après l’arrestation d’avril 1943, puis lui succède à la direction du réseau.

Antoine MASUREL, alias « Marc » — Responsable du réseau Phratrie. Il devient le premier adjoint de Jean-Louis Chancel après le départ de Jacques Robert pour Londres. Il assure ensuite la succession de Chancel.

Emmanuel d’ASTIER de la VIGERIE — Fondateur et dirigeant du mouvement Libération-Sud. Il recrute Jean-Louis Chancel en mai 1942.

René LEFEBVRE — Ancien camarade de régiment de Chancel. Il facilite sa rencontre avec Emmanuel d’Astier de la Vigerie.

Ces relations sont directement documentées par les biographies institutionnelles de l’Ordre de la Libération.

Retour à la vie civile

Après la guerre, Jean-Louis Chancel reprend son métier de peintre et de décorateur.

Son activité artistique se poursuit parallèlement à la reconnaissance de son engagement résistant.

En 1945, il publie un ouvrage intitulé Livre noir 1939-1945. Trente planches, aux Éditions de la Nouvelle France.

Cette publication témoigne de son activité de dessinateur et de sa volonté de représenter les années de guerre.

L’ouvrage constitue également un document intéressant pour l’étude des représentations graphiques de la Seconde Guerre mondiale.

Jean-Louis Chancel reçoit plusieurs distinctions françaises et étrangères.

Il est notamment nommé Compagnon de la Libération par décret du 19 octobre 1945.

Il devient commandeur de la Légion d’honneur.

Il reçoit également des distinctions britanniques et belges.

Jean-Louis Chancel meurt le 28 juillet 1977, à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce, à Paris.

Il est inhumé à Versailles.

Décorations

Commandeur de la Légion d’honneur — Grade confirmé par l’Ordre de la Libération. Décret de promotion et publication au Journal officiel non retrouvés avec une certitude suffisante.

Compagnon de la Libération — Décret du 19 octobre 1945 — Journal officiel du 21 octobre 1945, pages 6773-6774 — Dossier individuel 1 A 195 — Source : Ordre de la Libération et reproduction du décret officiel par la SAMLHOC.

Croix de guerre 1914-1918 — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération ; citation reçue pendant son service dans l’artillerie.

Croix de guerre 1939-1945 — Trois citations — Source : Ordre de la Libération.

Médaille de la Résistance française — Décret du 6 avril 1944, date mentionnée dans les références biographiques secondaires — Cote du dossier 1O34927, signalée dans les références nominatives existantes — Date de publication au Journal officiel non directement vérifiée. Une confirmation dans la base officielle des médaillés de la Résistance française demeure nécessaire.

Officer of the Order of the British Empire — Royaume-Uni — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération ; date de nomination non retrouvée.

Croix de guerre belge — Belgique — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération ; date d’attribution non retrouvée.

Ordre de Léopold — Belgique — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération ; grade et date de nomination à vérifier dans les publications officielles belges.

L’ensemble des distinctions françaises et étrangères est mentionné dans la biographie officielle de l’Ordre de la Libération.

Lieux de mémoire

Paris, VIIIe arrondissement — Lieu de naissance de Jean-Louis Chancel, le 25 août 1899.

Le Mont-Dore, Puy-de-Dôme — Lieu où il retrouve sa famille après sa démobilisation.

Nice, Alpes-Maritimes — Ville de son engagement dans Libération-Sud, de ses activités au sein de Phratrie et de son arrestation d’avril 1943.

Londres, Royaume-Uni — Centre de commandement de la France combattante et du BCRA, où il exerce des fonctions de renseignement.

Paris, Val-de-Grâce — Lieu de son décès le 28 juillet 1977.

Versailles, Yvelines — Ville de son inhumation.

Musée de l’Ordre de la Libération, Paris — Institution conservant son dossier individuel de Compagnon, sous la cote 1 A 195.

Service historique de la Défense — Conservation des dossiers relatifs à son engagement dans les réseaux de renseignements de la France combattante.

Références bibliographiques

Livre noir 1939-1945. Trente planches, Jean-Louis Chancel, Éditions de la Nouvelle France, Paris, 1945, trente planches. — Publication artistique de Jean-Louis Chancel consacrée aux années de guerre.

Les Crayons de la propagande : dessinateurs et dessin politique sous l’Occupation, Christian Delporte, CNRS Éditions, Paris, 1993, notamment p. 65-66 et 194. — Étude historique permettant de situer Chancel dans le monde de la presse illustrée de l’entre-deux-guerres.

1061 Compagnons. Histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe Notin, Perrin, Paris, 2000, 822 p. — Ouvrage de référence consacré aux parcours des Compagnons de la Libération.

Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir Trouplin, Elytis, éditions de 2010 et de 2023, pagination de la notice non vérifiée. — Répertoire biographique consacré aux titulaires de la croix de la Libération.

Mémorial des Compagnons de la Libération, ouvrage collectif, 1961, pagination de la notice non vérifiée. — Publication de référence concernant les parcours individuels des Compagnons.

Dossiers des femmes et hommes Compagnon de la Libération, lettre C, Roxane Ritter, Ordre de la Libération, version du 24 septembre 2025. — Répertoire archivistique comprenant le dossier individuel de Jean-Louis Chancel, cote 1 A 195.

Références internet

Ordre de la Libération — Jean-Louis CHANCEL — Biographie officielle présentant son engagement dans Libération-Sud, Phratrie et le BCRA, ainsi que ses missions et décorations — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/jean-louis-chancel

Ordre de la Libération — Inventaire des dossiers de Compagnons, lettre C — Identification du dossier individuel 1 A 195 et description de son contenu — https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_C_20250924.pdf

Service historique de la Défense — Répertoire GR 16 P, lettre C — Identification de Jean Louis Roger Chancel, né le 25 août 1899 à Paris VIIIe, dossier GR 16 P 118739 — https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/SHDGR_16P_C.pdf

Service historique de la Défense — Inventaire GR 28 P 11, agents du BCRA — Identification de Jean Louis Roger Chancel, dossier 7741, GR 28 P 11/20 — https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/sites/default/files/2019-10/SHDGR_INV_28P11_BCRA-AGENTS-RESEAUX_0.pdf

Société des amis du musée de la Légion d’honneur et des ordres de chevalerie — Décrets de l’Ordre de la Libération — Reproduction du décret du 19 octobre 1945 publié au Journal officiel du 21 octobre 1945 — https://www.samlhoc.fr/phaleristique/ordres-chevalerie/ordre_liberation_compagnons/

Ordre de la Libération — Jacques ROBERT — Notice du fondateur de Phratrie, permettant de préciser son arrestation, son évasion et la succession de Jean-Louis Chancel — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/jacques-robert

Ordre de la Libération — Antoine MASUREL — Notice permettant de suivre l’organisation de Phratrie et les successions à sa direction — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/antoine-masurel

Wikipédia — Jean-Louis Chancel — Notice biographique secondaire apportant notamment des indications sur les activités artistiques et les distinctions — https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Louis_Chancel

Dossier d’homologation consulté

Service historique de la Défense — GR 16 P 118739

Le répertoire nominatif du SHD identifie :

CHANCEL Jean Louis Roger — 25 août 1899 — Paris VIIIe — GR 16 P 118739.

Le tableau comporte des mentions d’homologation.

Cette identification permet de confirmer la naissance et l’existence d’un dossier de reconnaissance des services de Résistance.

Le dossier individuel lui-même n’a pas été directement dépouillé.

Il n’est donc pas possible de détailler les décisions administratives, les périodes de services homologuées ou les pièces justificatives.

Service historique de la Défense — GR 28 P 4 153-1

Le répertoire des agents des réseaux signale un dossier Jean Chancel rattaché à Phratrie.

Cette référence complète celle du dossier GR 16 P 118739.

L’identification archivistique est établie, mais les pièces originales du dossier n’ont pas été examinées.

Service historique de la Défense — GR 28 P 11/20, dossier 7741

L’inventaire nominatif des agents du BCRA comporte une entrée concernant Jean Louis Roger Chancel.

Il confirme notamment son identité complète et sa naissance le 25 août 1899 à Paris.

Cette référence présente un intérêt particulier pour l’étude de ses fonctions de renseignement.

Ordre de la Libération — 1 A 195

Le dossier individuel de Jean-Louis Chancel est conservé sous la cote :

1 A 195 — CHANCEL Jean-Louis.

L’inventaire officiel de 2025 décrit notamment les documents suivants.

Attribution de la croix de la Libération

Mémoire de proposition, 1945.

Décret portant attribution de la croix de la Libération, 19 octobre 1945.

Reçu du diplôme de la croix de la Libération, 6 mai 1965.

Renseignements administratifs

Bulletin d’adhésion à la Société d’entraide des Compagnons de la Libération, 19 janvier 1949.

Fiche de renseignements de la chancellerie, février 1963.

Fiche annuaire non datée.

Questionnaire adressé aux Compagnons et à leurs familles, non daté.

Correspondances

Trois pièces échangées avec l’Ordre de la Libération entre 1947 et 1977.

Documents militaires

Copie d’un ordre de mission du 22 août 1944.

Copie d’un relevé des services du 1er juin 1964.

Copie d’une fiche de renseignements du 8 juin 1964.

Deux courriers de 2008.

Copie d’une biographie et copie d’un état des services non datés.

Travaux historiques

Extrait de Nous atterrissions de nuit…, publié en 1997.

Extrait de … du noir du deuil au vert de l’espérance, publié en 1998.

Sépulture

Quatre courriers datés de 1997 à 2004.

Note à l’attention du chancelier de l’Ordre de la Libération, 2004.

Projet de fiche de sépulture et copie d’une note manuscrite non datés.

Presse

Deux articles datés de 1977.

L’ensemble documentaire est décrit comme couvrant la période 1944-2008.

Ces renseignements proviennent de l’inventaire archivistique officiel. Les documents originaux n’ont pas été intégralement consultés.

Observations

Jean-Louis Chancel appartient aux responsables importants des réseaux de renseignements de la France combattante.

Son parcours présente plusieurs caractéristiques.

Il possède une expérience militaire ancienne, acquise pendant la Première Guerre mondiale, qu’il complète par sa participation à la campagne de 1940.

Son engagement résistant commence par la volonté de rejoindre Londres, puis par son entrée dans Libération-Sud.

Il s’oriente rapidement vers les activités de renseignements militaires.

Son rôle auprès de Jacques Robert-Rewez contribue à la constitution du réseau Phratrie.

Après l’arrestation de son chef, il organise son évasion et assure la continuité de l’organisation.

À partir de juin 1943, il exerce des responsabilités directes de commandement.

Sous sa direction, Phratrie développe ses implantations et participe à la collecte de renseignements destinés à la France combattante.

Lorsqu’il devient trop exposé pour poursuivre son activité en France, il rejoint Londres et prend la direction de la section R du BCRA.

Cette succession de fonctions illustre le passage d’un responsable clandestin de terrain à une fonction de commandement au sein des services centraux de renseignement.

La confirmation de sa date de naissance par deux inventaires du SHD constitue un apport documentaire important.

La présence d’un ordre de mission du 22 août 1944 dans son dossier de Compagnon offre également une possibilité de préciser sa chronologie au moment de la Libération.

La date du décret de la croix de la Libération est définitivement établie au 19 octobre 1945, avec publication au Journal officiel du 21 octobre.

Indice de fiabilité de la notice Niveau A — L’identité de Jean-Louis Roger Chancel, sa naissance le 25 août 1899 à Paris VIIIe, son décès le 28 juillet 1977, ses pseudonymes, son engagement dans Libération-Sud, son rôle au sein de Phratrie, son passage au BCRA et sa nomination comme Compagnon de la Libération sont établis par des sources institutionnelles. Les dossiers GR 16 P 118739, GR 28 P 11/20 et 1 A 195 sont identifiés. Le décret du 19 octobre 1945 et sa publication au Journal officiel du 21 octobre 1945 sont documentés. Les principales réserves portent sur les détails de certaines missions, les pièces originales des dossiers d’homologation et les références administratives complètes de plusieurs décorations.

Chronologie

DateÉvénement
25 août 1899Naissance à Paris VIIIe.
Avril 1917Début de son service militaire dans l’artillerie.
Novembre 1918Armistice ; ancien combattant décoré de la croix de guerre.
Années 1920Activité de peintre et de dessinateur de presse.
1929Présentation d’œuvres au Salon des humoristes.
Septembre 1939Mobilisation.
Mai-juin 1940Participation à la campagne de France ; repli dans la Creuse.
1940Démobilisation et installation au Mont-Dore.
Début 1941Tentatives pour rejoindre Londres.
Début 1942Installation à Nice.
Mai 1942Rencontre Emmanuel d’Astier de la Vigerie ; entrée dans Libération-Sud.
Septembre 1942Devient l’adjoint de Jacques Robert-Rewez au sein de Phratrie.
29 avril 1943Arrestation de Jacques Robert à Nice ; Chancel est également arrêté puis libéré.
Début mai 1943Participation à l’organisation de l’évasion de Jacques Robert.
Mai 1943Mission de liaison à Londres.
Juin 1943Retour clandestin en France et prise de commandement de Phratrie.
1943-1944Développement du réseau en zones nord et sud.
Mars 1944Départ pour Londres ; transmission du commandement à Antoine Masurel.
1944Prend la direction de la section R du BCRA.
22 août 1944Date d’un ordre de mission conservé dans son dossier individuel.
Fin août-début septembre 1944Retour en France après la libération de Paris.
1944-1945Missions en Suède, au Maroc et en Allemagne.
1945Termine la guerre avec le grade de lieutenant-colonel FFI.
1945Publication de Livre noir 1939-1945. Trente planches.
19 octobre 1945Décret d’attribution de la croix de la Libération.
21 octobre 1945Publication du décret au Journal officiel.
6 mai 1965Reçu du diplôme de la croix de la Libération.
28 juillet 1977Décès au Val-de-Grâce, à Paris.
1977Inhumation à Versailles.

Tableau des divergences entre sources

Point examinéSourcesAppréciation
Identité complèteOrdre de la Libération : Jean-Louis Chancel ; SHD : Jean Louis Roger Chancel.Les trois prénoms sont confirmés par les archives militaires.
Date de naissanceOrdre de la Libération : 24 août dans l’en-tête, 25 août dans la biographie. SHD GR 16 P et GR 28 P 11 : 25 août 1899.25 août 1899 retenu, conformément aux deux répertoires institutionnels.
Lieu de naissanceOrdre de la Libération et SHD : Paris VIIIe.Concordance.
Début de l’engagement résistantOrdre de la Libération : Libération-Sud en mai 1942 ; Phratrie en septembre 1942.Chronologie retenue.
Arrestation d’avril 1943Ordre de la Libération : avril 1943 ; notice de Jacques Robert : 29 avril 1943.29 avril 1943 retenu pour l’arrestation de Robert ; même épisode pour Chancel.
Direction de PhratrieOrdre de la Libération : juin 1943.Date confirmée.
Départ pour LondresOrdre de la Libération : mars 1944.Date retenue.
Nom porté dans le décret de la croix de la LibérationDécret du 19 octobre 1945 : « lieutenant Chancel (Jean) ». Répertoire officiel : Jean-Louis Roger Chancel.Identification concordante, malgré la forme abrégée du prénom dans le décret.
DécèsOrdre de la Libération et données de l’état civil : 28 juillet 1977, Paris Ve.Concordance.
Dossier de CompagnonInventaire de l’Ordre de la Libération : 1 A 195.Cote confirmée.
Dossier SHD RésistanceRépertoire GR 16 P : 118739.Cote confirmée.
Dossier BCRAInventaire GR 28 P 11 : dossier 7741.Référence confirmée.

Sources consultées

Ordre de la Libération — Jean-Louis CHANCEL — Biographie officielle, engagements dans Libération-Sud et Phratrie, fonctions au BCRA, missions et décorations — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/jean-louis-chancel ; Ordre de la Libération — Inventaire des dossiers de Compagnons, lettre C, version du 24 septembre 2025, dossier 1 A 195 — https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_C_20250924.pdf ; Service historique de la Défense — Répertoire GR 16 P, lettre C, identification du dossier GR 16 P 118739 — https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/SHDGR_16P_C.pdf ; Service historique de la Défense — Répertoire GR 28 P 11, identification du dossier BCRA 7741 — https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/sites/default/files/2019-10/SHDGR_INV_28P11_BCRA-AGENTS-RESEAUX_0.pdf ; Société des amis du musée de la Légion d’honneur et des ordres de chevalerie — Décret du 19 octobre 1945 portant attribution de la croix de la Libération, Journal officiel du 21 octobre 1945 — https://www.samlhoc.fr/phaleristique/ordres-chevalerie/ordre_liberation_compagnons/ ; Ordre de la Libération — Jacques ROBERT, notice relative à la création de Phratrie et à la succession de son commandement — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/jacques-robert ; Ordre de la Libération — Antoine MASUREL, notice relative au développement et à la réorganisation de Phratrie — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/antoine-masurel ; Wikipédia — Jean-Louis Chancel, biographie complémentaire et informations relatives à son activité de dessinateur — https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Louis_Chancel

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