Roger TAILLEFER, alias Max Gauthier, Burin, né le 4 juin 1907 à Froissy (Oise), mort le 5 mai 1999 à Montmeyan (Var), Français.
Fils d’employés du chemin de fer, Roger Taillefer fréquente l’école communale de Froissy et obtient le certificat d’études. Il apprend la mécanique automobile et l’électricité.
Il effectue son service militaire dans l’aviation au Maroc, puis travaille pour les chemins de fer et enfin à la Compagnie du chemin de fer métropolitain de Paris.
Mobilisé en 1939, il est fait prisonnier en juin 1940 et envoyé au Stalag VI-B. Il s’évade en février 1942 et regagne la France.
Engagement dans la Résistance
Recherché après son évasion, Taillefer gagne la zone non occupée et trouve un emploi dans l’industrie aéronautique à Marignane.
Par l’intermédiaire du docteur Paul Schmierer et de Daniel Bénédite, il participe dès 1942 aux opérations du Centre américain de secours issu de l’action de Varian Fry.
Appartenance à un réseau ou mouvement
À l’été et à l’automne 1942, son activité relève d’abord des filières de sauvetage et de passage vers la Suisse.
En janvier 1943, il s’engage dans la France libre et est affecté aux Forces françaises combattantes comme agent P2. Son affectation principale est le réseau Tartane.
Il dirige ensuite à Marseille un sous-secteur de renseignement. Les sources lui associent les noms « Max Gauthier » et surtout « Burin ». La terminologie « Dorine » apparaît également dans certaines sources pour une phase de son activité, mais doit être maniée prudemment puisque « Dorine » est aussi associé à Georges Fluchaire dans l’organisation niçoise de Tartane.
Missions et actions
Durant l’été et l’automne 1942, Roger Taillefer organise une filière permettant de conduire des réfugiés jusqu’à Chamonix puis vers la Suisse.
Aidés par Antoinette Taillefer et différents relais, cinq groupes représentant environ vingt personnes sont guidés jusqu’au col de Balme et vers Martigny. Parmi eux se trouvent plusieurs réfugiés juifs et antifascistes allemands ou polonais.
À partir de 1943, son travail devient principalement du renseignement militaire. Il dirige des agents chargés de recueillir et transmettre des informations sur les activités ennemies dans le Sud-Est.
Il passe ensuite sous l’égide du service de renseignement des Mouvements unis de la Résistance, où son sous-réseau prend le nom de Burin.
En juin 1943, avec Daniel Bénédite et Paul Schmierer, il participe à la création d’un chantier forestier dans la forêt de Pélenc, dans le Var, servant simultanément de refuge et de base arrière aux opérations de renseignement.
Arrestation / évasion / déportation
Roger Taillefer n’est pas déporté.
Son principal épisode de captivité précède son entrée dans la Résistance : fait prisonnier en 1940, il s’évade du Stalag VI-B en février 1942.
Il poursuit ensuite son activité clandestine jusqu’à la Libération.
Camarades de combat
Antoinette Taillefer, Paul Schmierer, Daniel Bénédite, Yves Le Crom-Hubert, Robert Le Planquais et les agents de Tartane puis de Burin.
Retour à la vie civile
En octobre 1944, avec un grade d’assimilation de capitaine, il devient chef adjoint d’un service de la DGER du Sud-Est à Marseille. Il est démobilisé en juillet 1945.
Il demeure ensuite dans le Var, exerce successivement plusieurs professions et prend finalement sa retraite à Montmeyan, où il meurt le 5 mai 1999.
Décorations
- Légion d’honneur,
- Médaille militaire,
- Croix de guerre 1939-1945,
- Médaille de la Résistance française par décret du 15 octobre 1945 JO 20 octobre 1945 Source Ordre de la Libération Côte du dossier : 1O59204
- King’s Medal for Courage in the Cause of Freedom.
Le 16 mai 1989, Yad Vashem lui décerne le titre de Juste parmi les Nations, dossier n°4104, en raison de son action de sauvetage de réfugiés en 1942.
Lieux de mémoire
Froissy, Marseille, Chamonix, col de Balme, Martigny, forêt de Pélenc et Montmeyan.
Son nom appartient également à la mémoire française des Justes parmi les Nations.
Références bibliographiques
La filière marseillaise : un chemin vers la Liberté sous l’Occupation, Daniel Bénédite, Clancier-Guénaud, 1984. Témoignage majeur sur les filières de sauvetage auxquelles participa Taillefer.
La Résistance dans le Var, 1940-1944, Victor Masson, Association des Mouvements unis de la Résistance et des Maquis du Var, 1983.
Mission américaine de sauvetage des intellectuels anti-nazis, Varian Fry, Actes Sud. Contexte de l’organisation marseillaise de secours.
Références internet
AJPN — Roger Taillefer. Apport : état civil, filière vers la Suisse, familles aidées, Tartane/Burin, après-guerre et reconnaissance de Juste parmi les Nations.: https://ajpn.org/juste-Roger-Taillefer-2609.html
Les Français Libres — Roger Taillefer. Apport : engagement en janvier 1943, agent P2 de Tartane, dossier GR 16 P 560924. https://www.francaislibres.net/liste/fiche.phpindex=120692
Service historique de la Défense / Musée de la Résistance en ligne — GR 28 P 4. Apport : dossier individuel Tartane GR 28 P 4 176/13 et GR 16 P 560924. https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/196.pdf
Acte-deces.fr — Roger Taillefer. Apport : confirmation du décès le 5 mai 1999 à Montmeyan et de la naissance le 4 juin 1907 à Froissy. https://www.acte-deces.fr/recherche-deces-famille-taillefer-1999
Dossier d’homologation consulté
L’inventaire SHD a été contrôlé visuellement : GR 28 P 4 176/13 — dossier individuel de Roger TAILLEFER, 1945-1972 ; voir aussi GR 16 P 560924.
La fiche des Français Libres confirme également GR 16 P 560924 et son statut d’agent P2 de Tartane.
Observations
Roger Taillefer a participé à des passages clandestins vers la Suisse avant de rejoindre les Forces françaises combattantes en janvier 1943.
Une correction terminologique est cependant nécessaire : les sources divergent sur le nom exact de son premier sous-réseau marseillais. « Burin » est solidement associé à Taillefer, tandis que « Dorine » apparaît aussi comme pseudonyme ou désignation liée à Georges Fluchaire.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A
Chronologie
4 juin 1907 — Naissance à Froissy.
1939-1940 — Mobilisation puis captivité.
Février 1942 — Évasion et retour en France.
Été-automne 1942 — Organisation de passages de réfugiés vers la Suisse.
Janvier 1943 — Engagement dans la France libre / Forces françaises combattantes ; agent P2 de Tartane.
1943 — Direction d’un sous-secteur marseillais de renseignement.
Juin 1943 — Création du chantier forestier de Pélenc.
1943-1944 — Sous-réseau Burin et renseignements militaires.
Octobre 1944 — DGER Sud-Est.
Juillet 1945 — Démobilisation.
16 mai 1989 — Juste parmi les Nations.
5 mai 1999 — Décès à Montmeyan.
Sources consultées
AJPN — Roger Taillefer. État civil, évasion, passages vers la Suisse, Tartane, Burin, DGER et titre de Juste parmi les Nations. https://ajpn.org/juste-Roger-Taillefer-2609.html
Les Français Libres — Roger Taillefer. Engagement en janvier 1943, agent P2, réseau Tartane et cote GR 16 P 560924. https://www.francaislibres.net/liste/fiche.phpindex=120692
Service historique de la Défense / Musée de la Résistance en ligne — inventaire GR 28 P 4. Dossier GR 28 P 4 176/13 et renvoi GR 16 P 560924. https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/196.pdf
Acte-deces.fr — Roger Taillefer. Confirmation de la naissance et du décès. https://www.acte-deces.fr/recherche-deces-famille-taillefer-1999