La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

de GUEYER Boris

Boris de GUEYER, né le 30 août 1924 à Nice (Alpes-Maritimes), date et lieu de décès non établis avec certitude dans les sources accessibles consultées, Français.

Boris de Gueyer naît à Nice en 1924 ; les données d’état civil indexées donnent plus précisément le 30 août 1924. Élève du lycée du Parc-Impérial à Nice en 1940, il appartient à une génération encore adolescente lors de la défaite. Dès 1941, avec quatre camarades, il constitue un petit groupe destiné à combattre la propagande et l’influence vichystes. Le frère aîné de l’un d’eux, le sous-lieutenant Kiefer, membre du mouvement Combat, les emploie notamment à la diffusion de tracts clandestins.

Engagement dans la Résistance

Souhaitant passer de la propagande à des activités plus directement opérationnelles, Boris de Gueyer entre en relation avec le réseau Alliance-Druides. Il reçoit des missions de renseignement concernant les troupes allemandes et rejoint un premier maquis en mars 1944. Ce groupe est dissous après l’arrestation de Georges Baldo, responsable du réseau, ultérieurement tué avec d’autres résistants.

Au début de juin 1944, âgé de dix-neuf ans, de Gueyer rejoint le maquis ORA de Beuil commandé par le capitaine de Lestang-Labrousse, alias « Rodolphe ». Dans un témoignage publié ensuite par Mémoire Vive de la Résistance, il indique lui-même être arrivé au maquis le 8 juin 1944 avec un ou deux camarades et décrit leur accueil dans une grange aux Launes avant leur arrivée au camp proprement dit.

Appartenance à un réseau ou mouvement

Son engagement passe successivement par le mouvement Combat, le réseau Alliance-Druides et l’Organisation de résistance de l’armée. À Beuil, il est intégré au dispositif ORA du secteur Nord des Alpes-Maritimes. En septembre 1944, il s’engage dans les bataillons FFI et sert dans le bataillon Estérel 9, participant ensuite à la campagne d’hiver de 1944-1945 le long de la frontière italienne.

Missions et actions

Avant son entrée au maquis, de Gueyer participe à la diffusion de propagande clandestine puis mène des missions de renseignement pour Alliance-Druides. Au sein du maquis de Beuil, ses fonctions comprennent les liaisons, le renseignement et différentes tâches nécessaires au fonctionnement de la formation. Il participe aux opérations menées dans le Haut-Var jusqu’à la Libération de Nice.

Son témoignage constitue également une source de première main sur la vie du maquis : installation dans les bergeries, écoute des messages de la BBC, attente des parachutages et conditions quotidiennes des combattants. Il devient ainsi, après-guerre, à la fois acteur et historien de l’ORA en région R2.

Arrestation / évasion / déportation

Aucune arrestation ou déportation de Boris de Gueyer n’est signalée dans les sources consultées. Il traverse la période des combats de 1944 et poursuit son engagement au sein des unités FFI durant l’hiver 1944-1945.

Camarades de combat

Dans ses travaux historiques et son témoignage apparaissent notamment le capitaine de Lestang-Labrousse, dit « Rodolphe », Jacques Lécuyer, alias « Sapin », ainsi que les cadres et combattants de l’ORA du Haut-Var. Son premier engagement clandestin le relie au sous-lieutenant Kiefer et au responsable Alliance Georges Baldo.

Retour à la vie civile

Après-guerre, Boris de Gueyer mène une carrière dans le tourisme et le transport aérien. Il travaille d’abord pour American Express, puis pour la Compagnie italienne de tourisme. En 1952, il entre à la Pan American, où il demeure jusqu’en 1975, avant de rejoindre la compagnie brésilienne Varig comme chef des ventes. Il achève cette carrière professionnelle en 1985.

À partir de 1980, il adhère à l’association des anciens de l’ORA, entre à son conseil d’administration et en assure le secrétariat. Les recherches historiques constituant une activité majeure de l’association, il entreprend un vaste travail sur l’action de l’ORA dans la région R2 Provence–Côte d’Azur, préfacé par le général Jacques Lécuyer. Le Service historique de la Défense conserve aujourd’hui son tapuscrit et de nombreux dossiers constitués dans le fonds de l’Amicale des anciens de l’ORA. La Mémoire Vive de la Résistance a publié son document l’ORA en région R2 confié par Boris de Gueyer à Raymond ALEXANDER alors qu’Arnaud était secrétaire National du CAR Comité d’action de la Résistance.

Il poursuit également son engagement mémoriel au Comité d’action de la Résistance, dont il devient vice-président national. Ses articles et notices consacrés à l’ORA, au général Verneau et aux différentes subdivisions de la région R2 ont contribué à la transmission de l’histoire de la Résistance militaire.

Décorations

Boris de Gueyer est nommé chevalier de l’Ordre national du Mérite par décret du 30 janvier 2008.

Le Journal officiel le présente alors comme vice-président national du Comité d’action de la Résistance, avec soixante-quatre années d’activités professionnelles, associatives et de services militaires.

Cette attribution est confirmée à la fois par Légifrance et par La Voix de la Résistance.

Les archives du Service historique de la Défense conservent par ailleurs un dossier intitulé « Boris de Gueyer, Claude Levy : propositions pour la Légion d’honneur (2005-2006) ». La présence de cette proposition ne permet pas, en l’absence d’un décret d’attribution retrouvé, d’affirmer qu’il a effectivement reçu la Légion d’honneur.

Lieux de mémoire

Boris de Gueyer est particulièrement associé à Nice, Beuil, Valberg et au Haut-Var. Ses travaux et archives sont aujourd’hui conservés au Service historique de la Défense dans le fonds de l’Amicale des anciens de l’Organisation Résistance Armée, cote générale GR 1 K 369.

Références bibliographiques

L’Organisation de la Résistance armée dans la Région R2 Provence Côte d’Azur. Boris de Gueyer, Paris, chez l’auteur, 1994 puis édition signalée en 1998. Étude de synthèse rédigée à partir des témoignages, archives et travaux de l’Amicale de l’ORA ; elle demeure une source majeure sur l’organisation militaire clandestine en Provence et dans les Alpes-Maritimes.

La Résistance azuréenne. Jean-Louis Panicacci, Serre. Cet ouvrage croise les travaux de de Gueyer avec d’autres fonds pour restituer les opérations des FFI dans les Alpes-Maritimes.

Références internet

Fondation de la Résistance – Comité d’action de la Résistance. La Voix de la Résistance, n° 248, mars 2008. Une notice biographique retrace son engagement depuis 1941, son passage par Alliance et l’ORA, sa carrière professionnelle et son activité historique après-guerre. La Voix de la Résistance n° 248

Mémoire Vive de la Résistance. « L’ORA en région R2 — Avant-propos de Boris de Gueyer ». Ce témoignage direct relate notamment son arrivée au maquis de Beuil le 8 juin 1944. Avant-propos de Boris de Gueyer

Service historique de la Défense. Le fonds de l’Amicale des anciens de l’ORA conserve le tapuscrit et les dossiers historiques constitués ou exploités par Boris de Gueyer. Notice archivistique SHD

Légifrance. Décret du 30 janvier 2008 portant promotion et nomination dans l’Ordre national du Mérite ; Boris de Gueyer y figure comme vice-président national du Comité d’action de la Résistance. Décret du 30 janvier 2008

Dossier d’homologation consulté

Aucune cote individuelle SHD GR 16 P correspondant à Boris de Gueyer n’a été confirmée lors des présentes recherches. En revanche, ses travaux et une partie de ses archives historiques sont présents dans le fonds GR 1 K 369 de l’Amicale des anciens de l’ORA. Le SHD conserve également sous la cote 1 K 369 / 22 23 le dossier relatif à une proposition pour la Légion d’honneur en 2005-2006.

Observations

La source du Comité d’action de la Résistance donne seulement l’année 1924 pour la naissance, tandis que les données d’état civil indexées donnent le 30 août 1924 à Nice. Cette dernière précision est retenue avec la réserve propre à une base d’indexation secondaire.

La formulation selon laquelle Boris de Gueyer aurait rejoint un « groupe en formation à Bairols » n’est pas confirmée par les sources retrouvées. Son propre témoignage et la notice du Comité d’action de la Résistance établissent son arrivée au maquis de Beuil le 8 juin 1944. Les groupes d’Ilonse et de Bairols ne sont constitués que plus tard, au début d’août. Cette chronologie est donc retenue.

Indice de fiabilité de la notice Niveau A — Le parcours de Résistance repose notamment sur le témoignage direct de Boris de Gueyer, une notice biographique du Comité d’action de la Résistance, les fonds institutionnels du Service historique de la Défense et les publications historiques issues de l’ORA.

Chronologie

DateÉvénement
30 août 1924Naissance à Nice.
1941Constitution avec quatre camarades d’un premier groupe clandestin ; diffusion de tracts de Combat.
mars 1944Missions de renseignement pour Alliance-Druides et passage dans un premier maquis.
8 juin 1944Arrivée au maquis ORA de Beuil.
juin-août 1944Participation aux opérations du Haut-Var et des Alpes-Maritimes.
septembre 1944Engagement dans le bataillon FFI Estérel 9.
hiver 1944-1945Campagne sur la frontière italienne.
1952Entrée à la Pan American.
1975Quitte la Pan American et poursuit sa carrière chez Varig.
1980Adhésion à l’association des anciens de l’ORA.
1985Fin de sa carrière professionnelle.
1994-1998Publication de ses travaux sur l’ORA en région R2.
30 janvier 2008Nomination comme chevalier de l’Ordre national du Mérite.

Sources consultées

Fondation de la Résistance / Comité d’action de la Résistance. La Voix de la Résistance, n° 248, mars 2008. La notice a fourni le parcours depuis le lycée du Parc-Impérial, les activités pour Combat et Alliance, le maquis de Beuil, le service FFI, la carrière civile et les responsabilités associatives. La Voix de la Résistance

Mémoire Vive de la Résistance. « L’ORA en région R2 — Avant-propos de Boris de Gueyer ». Ce témoignage direct a confirmé son arrivée à Beuil le 8 juin 1944 et fourni une description de la vie du maquis. Mémoire Vive de la Résistance

Service historique de la Défense. Fonds de l’Amicale des anciens de l’Organisation Résistance Armée, GR 1 K 369. L’inventaire confirme l’importance de Boris de Gueyer dans les travaux historiques de l’association et la conservation de son étude sur l’ORA en Provence–Côte d’Azur. Service historique de la Défense

Légifrance. Décret du 30 janvier 2008. La source officielle confirme sa nomination au grade de chevalier de l’Ordre national du Mérite et sa fonction de vice-président national du Comité d’action de la Résistance. Décret du 30 janvier 2008

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