Au début de septembre 1944, les Forces françaises de l’intérieur du Territoire de Belfort se regroupent dans le secteur de la Planche des Belles Filles. Le Groupement T.B., commandé par Pierre DUFAY, comprend plusieurs compagnies de combat engagées dans des actions de harcèlement contre les forces allemandes en retraite dans le massif sous-vosgien et dans le secteur d’Étobon.Ces opérations doivent créer une zone d’insécurité sur les arrières allemands et contribuer à la libération de la région.
Parmi ces formations figure la 2e compagnie, commandée par le capitaine Robert Pierre PERRIAUX.
La pression militaire allemande entraîne l’abandon des positions de la Haute Planche dans la nuit du 17 au 18 septembre 1944, puis la dispersion progressive des groupes à la fin du mois.
Robert PERRIAUX se replie avec une partie de sa compagnie dans la forêt de Frahier, en Haute-Saône. Devant l’impossibilité de demeurer durablement dans ce secteur, il décide de tenter de franchir les lignes allemandes pour rejoindre la Première Armée française. Une trentaine d’hommes l’accompagnent.
Le combat du 2 octobre 1944 et la capture du groupe Perriaux
Le 2 octobre 1944, dans le secteur de Granges-le-Bourg et du bois de Granges, au nord de Saulnot, le détachement de Robert PERRIAUX rencontre un important groupe allemand.
Le combat est bref et violent. Robert PERRIAUX et Claude DUGOIS sont notamment blessés. Sept résistants seulement réussissent à sortir de l’encerclement ; la majorité des autres hommes est capturée.
Les prisonniers sont conduits à Belfort et incarcérés à la caserne Friedrich, utilisée comme lieu de détention. D’autres résistants, capturés dans des circonstances différentes, y sont également détenus.
Il faut donc distinguer le détachement Perriaux capturé le 2 octobre 1944 de l’ensemble des vingt-sept résistants fusillés à Banvillars le 10 octobre.
Les sources permettent d’établir avec une forte fiabilité l’appartenance de Robert PERRIAUX et des trois DUGOIS à la 2e compagnie du Groupement T.B. Joseph CHAUCHOT et Roger JEANPIERRE sont également associés au groupe Perriaux dans la documentation consultée.
En revanche, il serait historiquement incorrect de présenter les vingt-sept victimes de Banvillars comme étant toutes membres du seul « commando Perriaux ». La documentation de l’ECPAD indique qu’elles appartenaient pour la plupart à trois compagnies de combat du Groupement Territoire de Belfort.
La condamnation
Les résistants détenus à la caserne Friedrich sont considérés par les autorités répressives comme des « terroristes ».
Vingt-huit hommes sont concernés par une condamnation à mort.
Vingt-sept sont finalement exécutés.
Le vingt-huitième, le chanoine Pierre, curé-doyen de Giromagny, échappe à l’exécution et devient ainsi le seul rescapé connu du groupe des vingt-huit condamnés.
L’exécution du 10 octobre 1944
Le 10 octobre 1944, les condamnés sont conduits à Banvillars, dans le Territoire de Belfort.
Vingt-sept hommes y sont fusillés.
Après l’exécution, leurs corps sont enfouis dans une fosse commune.
L’ECPAD décrit les victimes comme ayant été « fusillées par les forces allemandes ». Certaines notices du Maitron replacent toutefois plusieurs victimes dans le cadre d’une répression à laquelle participent également des forces françaises collaborationnistes.
L’intervention de collaborateurs français dans le dispositif répressif peut donc être retenue comme un élément documentaire important, mais la répartition précise des responsabilités allemandes et françaises dans l’exécution elle-même nécessite encore un examen des procédures et archives correspondantes.
Les vingt-sept victimes
Vingt-quatre victimes sont aujourd’hui nominativement identifiées. Trois hommes demeurent sans identité civile établie.
1. Joseph Jacques CHAUCHOT
Joseph Jacques CHAUCHOT est né le 4 novembre 1907 à Delle, dans le Territoire de Belfort.
Il appartient à la Résistance et figure parmi les prisonniers exécutés à Banvillars le 10 octobre 1944.
La date du 4 novembre 1907 doit être retenue, en remplacement de la date du 4 juillet donnée dans une version antérieure.
Son appartenance au groupe Perriaux est signalée dans la documentation consacrée au capitaine, mais son parcours opérationnel détaillé nécessite encore le contrôle de son dossier individuel FFI.
2. Claude Jean Louis DUGOIS
Claude Jean Louis DUGOIS est né le 2 octobre 1923 à Valdoie, dans le Territoire de Belfort.
Étudiant en pharmacie, il appartient aux FFI et à la 2e compagnie du Groupement T.B., commandée par Robert PERRIAUX.
Il participe au parcours de cette compagnie avec son père Henri Antoine Arsène DUGOIS et son frère Henri Antoine Élie DUGOIS.
Claude DUGOIS est blessé lors du combat du 2 octobre 1944. Capturé, il est transféré à Belfort puis fusillé à Banvillars le 10 octobre.
3. Henri Antoine Arsène DUGOIS
Henri Antoine Arsène DUGOIS, né en 1896, est le père de Claude et d’Henri Antoine Élie DUGOIS.
Il exerce auparavant des responsabilités dans le mouvement Lorraine du Territoire de Belfort avant de rejoindre la mobilisation FFI de septembre 1944.
Son rattachement à la 2e compagnie avec ses deux fils est documenté.
Capturé avec le groupe Perriaux, il est emprisonné à la caserne Friedrich puis fusillé avec ses deux fils le 10 octobre 1944.
4. Henri Antoine Élie DUGOIS
Henri Antoine Élie DUGOIS est né le 12 décembre 1921 à Mesnay, dans le Jura.
Étudiant en médecine à Paris, il revient dans le Territoire de Belfort en 1944. Avant sa montée au maquis, il participe notamment à la constitution de stocks de ravitaillement et au repérage de terrains de parachutage.
Il rejoint officiellement le maquis le 6 septembre 1944 et appartient à la 2e compagnie du Groupement T.B.
Capturé après le combat du 2 octobre, il est fusillé avec son père et son frère le 10 octobre 1944.
La Médaille de la Résistance française lui est attribuée à titre posthume par décret du 24 avril 1946.
5. Pierre Jules GOUX
Pierre Jules GOUX est né le 6 novembre 1919 à Étobon, en Haute-Saône.
Il appartient aux résistants exécutés à Banvillars le 10 octobre 1944.
Son rattachement précis à une compagnie particulière du Groupement T.B. reste à vérifier.
6. Joseph Félicien GRANDVOINET
Joseph Félicien GRANDVOINET figure parmi les vingt-sept résistants fusillés à Banvillars.
Des recherches antérieures ont identifié un dossier individuel au Service historique de la Défense ainsi qu’une naissance à Lachapelle-sous-Chaux.
Son dossier doit toutefois être consulté directement avant d’établir définitivement son parcours opérationnel.
7. Roger Joseph GRANDVOINET
Roger Joseph GRANDVOINET figure avec Joseph Félicien GRANDVOINET parmi les victimes de Banvillars.
La documentation mémorielle locale les rattache à la même famille que René GRANDVOINET, résistant ayant réussi à rejoindre la Première Armée.
Son état civil complet et les liens familiaux précis doivent néanmoins être contrôlés dans les documents originaux.
8. Marcel HENRY
Marcel HENRY appartient aux vingt-sept victimes.
Il est présenté dans la documentation mémorielle comme un sous-officier de gendarmerie passé à la Résistance puis au maquis.
Détenu à Belfort, il est fusillé à Banvillars le 10 octobre 1944.
Son appartenance exacte à une compagnie particulière doit encore être établie.
9. Robert Auguste JEANBLANC
Robert Auguste JEANBLANC appartient aux résistants exécutés à Banvillars.
Les recherches précédentes lui attribuent le grade de sous-lieutenant FFI. Cette précision reste à conserver sous réserve du contrôle définitif de son dossier individuel.
10. Roger Arthur Delphin JEANPIERRE
Roger Arthur Delphin JEANPIERRE est né le 5 février 1918 à La Rosière, en Haute-Saône.
Il est fusillé à Banvillars le 10 octobre 1944.
Il appartient au milieu des FFI du Groupement T.B. et est directement associé au parcours de Robert PERRIAUX dans la documentation consultée.
11. Pierre Émile LEBLANC
Pierre Émile LEBLANC figure parmi les vingt-sept fusillés.
Gendarme passé à la Résistance, il appartient aux militaires de la gendarmerie ayant rejoint les formations FFI.
Détenu à la caserne Friedrich, il est fusillé à Banvillars.
Son unité précise doit encore être établie à partir de son dossier individuel.
12. Daniel Frédéric Camille LINSIG
Daniel Frédéric Camille LINSIG est exécuté à Banvillars le 10 octobre 1944 après sa condamnation à mort comme « terroriste ».
Une notice individuelle du Maitron permet désormais de considérer son appartenance au groupe des condamnés comme solidement établie.
Son rattachement à une compagnie précise doit toutefois être distingué de sa présence certaine parmi les victimes.
13. Paul Pierre Alexandre MARCONNOT-THANNEUR
Paul Pierre Alexandre MARCONNOT-THANNEUR figure nominativement parmi les fusillés de Banvillars.
Son état civil détaillé, sa profession et son appartenance précise à une compagnie FFI restent moins solidement établis.
Il convient donc de le présenter comme résistant fusillé à Banvillars sans lui attribuer un parcours plus précis avant vérification.
14. Aimable MARIETTA
Aimable MARIETTA figure parmi les fusillés de Banvillars.
Une divergence documentaire demeure concernant son second prénom : certaines sources donnent Jacques, d’autres Charles.
La forme complète de son identité ne doit donc pas être normalisée définitivement avant contrôle de son dossier individuel.
Son engagement résistant et son exécution sont établis. Les recherches antérieures signalent également une attribution posthume de la Médaille de la Résistance.
15. Ebéro Clément MARIETTA
Ebéro Clément MARIETTA est né le 23 novembre 1908 à Grignasco, en Italie.
Résistant des Forces françaises de l’intérieur, il est fusillé à Banvillars le 10 octobre 1944.
Son identité est solidement établie par une notice nominative du Maitron.
Un éventuel lien familial avec Aimable MARIETTA doit cependant être démontré par l’état civil et non déduit de leur seul patronyme commun.
16. Jean Joseph Marie MILLET
Jean Joseph Marie MILLET appartient au groupe des condamnés exécutés à Banvillars le 10 octobre 1944.
Des variantes ayant été rencontrées concernant son lieu de naissance, celui-ci ne doit pas être normalisé avant contrôle de la notice originale ou de l’état civil.
17. Léon Albert NARDIN
Léon Albert NARDIN est né le 24 novembre 1903 à Étobon, en Haute-Saône.
Agriculteur et résistant des Forces françaises de l’intérieur, il est fusillé à Banvillars le 10 octobre 1944.
La forme correcte à retenir est bien Léon Albert NARDIN et non « Alfred Léon NARDIN ».
18. Marcel René Henri NARDIN
Marcel René Henri NARDIN figure parmi les vingt-quatre victimes identifiées.
Son état civil complet et son parcours opérationnel restent moins documentés.
Aucune parenté avec Léon Albert NARDIN ne doit être affirmée sur la seule concordance du patronyme.
19. Maurice OLIVIER
Maurice OLIVIER appartient à la liste des fusillés de Banvillars.
Compte tenu de la fréquence de son nom et de son prénom, le risque d’homonymie est important.
Aucune biographie concernant un autre résistant nommé Maurice Olivier ne doit lui être attribuée sans concordance de l’état civil, du lieu et de l’unité.
20. Robert Pierre PERRIAUX
Robert Pierre PERRIAUX est capitaine et commande la 2e compagnie du Groupement T.B.
Après le repli de la Planche des Belles Filles, il conduit une trentaine de volontaires dans une tentative de franchissement des lignes allemandes afin de rejoindre la Première Armée.
Le 2 octobre 1944, son groupe affronte un détachement allemand dans le secteur de Granges-le-Bourg. PERRIAUX est blessé. Sept hommes seulement réussissent à s’échapper tandis que la majorité des autres est capturée.
Transféré à la caserne Friedrich, il est condamné à mort puis fusillé à Banvillars le 10 octobre 1944.
La Médaille de la Résistance française lui est attribuée à titre posthume par décret du 23 février 1959.
21. Prosper Joseph Roger PIERRE
Prosper Joseph Roger PIERRE est né le 8 décembre 1905 à Rennes, en Ille-et-Vilaine.
Il exerce la profession de garçon de recettes et appartient à la Résistance.
Il est fusillé à Banvillars le 10 octobre 1944.
22. Achille Pierre SAVANT-ROS
Achille Pierre SAVANT-ROS est né le 26 juillet 1914 à Marseille, dans les Bouches-du-Rhône.
Gendarme et résistant des Forces françaises de l’intérieur, il est fusillé à Banvillars le 10 octobre 1944.
Sa qualité de gendarme peut désormais être considérée comme établie dans la documentation exploitée.
23. Jacques Émile SENER
Jacques Émile SENER appartient aux vingt-sept résistants fusillés à Banvillars.
Une vigilance particulière est nécessaire concernant son identification documentaire : un dossier retrouvé sous un nom voisin concerne un autre homme, né à Saïgon et mort en avril 1945.
La cote SHD antérieurement associée à Jacques Émile SENER ne doit donc pas être conservée sans nouvelle vérification.
24. André Armand THÉVENOT
André Armand THÉVENOT figure parmi les vingt-sept résistants fusillés le 10 octobre 1944.
Son exécution à Banvillars est établie par la liste collective.
Les données plus détaillées concernant son état civil et son parcours doivent rester présentées avec prudence jusqu’au contrôle d’une notice nominative de premier rang.
25. Inconnu n° 1
Cette victime demeure non identifiée.
Le Maitron lui consacre une notice sous la désignation « Inconnu 1 Banvillars » et conserve lui-même une interrogation concernant sa qualité précise de résistant.
Aucune identité ne doit lui être attribuée par simple rapprochement avec un disparu du secteur.
26. Inconnu n° 2
La vingt-sixième victime demeure non identifiée.
Une source secondaire la décrit comme étant d’origine sénégalaise. Cette indication ne figure cependant pas dans la notice générale de l’ECPAD exploitée pour établir les circonstances de l’exécution.
Cette origine doit donc rester présentée comme une indication à confirmer par une source archivistique ou mémorielle de premier rang.
27. Inconnu n° 3
La vingt-septième victime demeure sans identité civile connue.
Le Maitron la présente comme un homme d’origine nord-africaine et comme militaire, fusillé à Banvillars le 10 octobre 1944.
Ces éléments peuvent être retenus dans l’état actuel de la documentation, tout en distinguant clairement ces informations de son identité civile, qui demeure inconnue.
Bilan nominatif
Les vingt-quatre victimes identifiées sont :
Joseph Jacques CHAUCHOT ; Claude Jean Louis DUGOIS ; Henri Antoine Arsène DUGOIS ; Henri Antoine Élie DUGOIS ; Pierre Jules GOUX ; Joseph Félicien GRANDVOINET ; Roger Joseph GRANDVOINET ; Marcel HENRY ; Robert Auguste JEANBLANC ; Roger Arthur Delphin JEANPIERRE ; Pierre Émile LEBLANC ; Daniel Frédéric Camille LINSIG ; Paul Pierre Alexandre MARCONNOT-THANNEUR ; Aimable MARIETTA ; Ebéro Clément MARIETTA ; Jean Joseph Marie MILLET ; Léon Albert NARDIN ; Marcel René Henri NARDIN ; Maurice OLIVIER ; Robert Pierre PERRIAUX ; Prosper Joseph Roger PIERRE ; Achille Pierre SAVANT-ROS ; Jacques Émile SENER ; André Armand THÉVENOT.
Trois victimes demeurent non identifiées.
Le chanoine Pierre, seul rescapé des vingt-huit condamnés
Le chanoine Pierre, curé-doyen de Giromagny, fait partie des vingt-huit condamnés conduits à l’exécution.
La documentation de l’ECPAD le désigne comme l’unique rescapé des vingt-huit condamnés.
Une source secondaire rapporte qu’au moment où il devait être exécuté, il invoqua sa qualité de capitaine de réserve et demanda à mourir face au peloton. L’officier présent aurait alors interrompu son exécution.
Ce récit doit être distingué du fait, beaucoup plus solidement établi, de sa survie à l’exécution.
Le chanoine Pierre est ramené à la caserne Friedrich puis déporté le 28 octobre 1944 vers Dachau. Il survit à la déportation et peut témoigner après la guerre.
Le charnier et la découverte des corps
Après l’exécution, les vingt-sept corps sont enterrés dans une fosse commune à Banvillars.
Une source secondaire situe la découverte des corps au 6 décembre 1944. Cette date doit être conservée avec le niveau de prudence correspondant à son origine documentaire.
L’ECPAD documente directement l’exhumation ainsi que les cérémonies organisées après la libération du secteur.
Les photographies militaires constituent une source primaire particulièrement importante. Elles ont notamment été réalisées par Ernest STACHÉ et André DINOT, dit « Dino », du Service cinématographique de l’Armée.
Les obsèques du 9 décembre 1944
Le 9 décembre 1944, des funérailles solennelles sont organisées à Banvillars pour les vingt-sept résistants.
Les corps sont sortis de la fosse commune, enveloppés dans des linceuls puis placés dans des cercueils fleuris.
Les cercueils sont alignés devant la mairie, près de l’église. La population, les familles des victimes et des combattants participent à la cérémonie.
Des prisonniers allemands sont employés à l’exhumation.
Des combattants du 501e régiment de chars de combat, des frères d’armes des victimes et le maire participent aux hommages funèbres.
Cette cérémonie est exceptionnellement bien documentée par le reportage photographique militaire réalisé le jour même et conservé par l’ECPAD, notamment dans la série TERRE 367.
Mémoire
Le massacre de Banvillars constitue l’un des épisodes majeurs de la répression frappant les FFI du Territoire de Belfort à l’automne 1944.
Banvillars est libéré le 21 novembre 1944, plus d’un mois après l’exécution. Les cérémonies funèbres peuvent ainsi être organisées le 9 décembre suivant.
La mémoire du charnier est étroitement associée à celle du Groupement T.B., de la compagnie Perriaux et des familles particulièrement frappées par la répression.
La famille DUGOIS occupe notamment une place importante dans cette mémoire : le père, Henri Antoine Arsène, et ses deux fils Claude et Henri Antoine Élie sont fusillés ensemble.
Les monuments et commémorations locales perpétuent également la mémoire des victimes. Le relevé du monument de Trévenans comporte ainsi une rubrique consacrée au « Charnier de Banvillars », avec les victimes identifiées et les trois inconnus.
Divergences et points restant à vérifier
Plusieurs précautions doivent être conservées dans toute exploitation historique de cette fiche.
Appartenance aux compagnies FFI : il est établi que les victimes appartiennent pour la plupart aux compagnies du Groupement Territoire de Belfort, mais il n’est pas possible d’attribuer automatiquement les vingt-sept hommes à la compagnie Perriaux. Robert PERRIAUX et les trois DUGOIS sont solidement rattachés à la 2e compagnie ; Joseph CHAUCHOT et Roger JEANPIERRE sont également associés au groupe Perriaux. Pour les autres victimes, les dossiers individuels doivent être contrôlés.
Responsabilité de l’exécution : l’ECPAD utilise la formulation « fusillés par les forces allemandes ». Le Maitron apporte des éléments concernant la participation de forces françaises collaborationnistes au système répressif touchant plusieurs victimes. Le degré précis de responsabilité dans l’exécution de Banvillars doit donc être établi à partir des archives correspondantes avant d’attribuer matériellement la fusillade à une formation particulière.
Joseph CHAUCHOT : la date de naissance à retenir est le 4 novembre 1907, et non le 4 juillet.
Léon NARDIN : l’identité à retenir est Léon Albert NARDIN, né le 24 novembre 1903 à Étobon, et non « Alfred Léon NARDIN ».
Aimable MARIETTA : son second prénom reste divergent selon les sources, entre Jacques et Charles.
Jacques Émile SENER : une cote précédemment associée à son nom correspond vraisemblablement à un autre homme et ne doit pas être utilisée sans nouvelle vérification.
Les familles : la liste comprend trois DUGOIS, deux GRANDVOINET, deux MARIETTA et deux NARDIN. La parenté des DUGOIS est documentée. Pour les autres patronymes communs, la concordance du nom ne doit pas être considérée à elle seule comme une preuve de parenté.
Les trois inconnus : aucune identité civile ne doit leur être attribuée sans preuve documentaire. L’origine sénégalaise avancée pour l’Inconnu n° 2 reste à confirmer. Le Maitron présente en revanche l’Inconnu n° 3 comme un militaire d’origine nord-africaine.
Date du combat : le 2 octobre 1944 est la date la mieux établie pour le combat de Granges-le-Bourg et la capture de la majorité du groupe Perriaux.
- exécution à Banvillars le 10 octobre 1944 ;
- nombre de vingt-sept fusillés ;
- détention à la caserne Friedrich ;
- existence de vingt-quatre victimes identifiées et de trois inconnus ;
- combat et capture d’une grande partie du groupe Perriaux le 2 octobre 1944 ;
- appartenance de Robert PERRIAUX et des trois DUGOIS à la 2e compagnie ;
- existence d’un vingt-huitième condamné, le chanoine Pierre, épargné ;
- exhumation et obsèques solennelles du 9 décembre 1944.
Fiabilité B :
- attribution individuelle de l’ensemble des victimes aux différentes compagnies du Groupement T.B. ;
- certaines données biographiques encore issues de recoupements secondaires ;
- certains liens familiaux non contrôlés par l’état civil ;
- détails concernant les circonstances précises de l’intervention des forces françaises collaborationnistes ;
- indication d’une origine sénégalaise pour l’Inconnu n° 2.
Références bibliographiques
Avec les F.F.I. de Belfort, par une équipe d’entr’eux, Région D – Sous-région D.2 – Groupement T.B., Éditions Alsatia, 1946.
Publication issue du milieu FFI belfortain, fondamentale pour reconstituer l’organisation des compagnies, les combats de septembre 1944, la dispersion du Groupement T.B. et le sort des résistants capturés.
Marie-Antoinette Vacelet, Le Territoire de Belfort dans la tourmente, 1939-1944, Conseil général du Territoire de Belfort, Belfort, 1993, deux volumes, réédition Cêtre.
Étude départementale de référence pour les événements de Banvillars et la répression de l’automne 1944.
René Eymin, 1944, souviens-toi !, préface de François Marcot, Fédération interdépartementale des amicales FFI du Doubs, Jura-Nord et Territoire de Belfort, 1994.
L’ouvrage rassemble témoignages et documentation provenant des milieux FFI régionaux.
François Marcot, La Franche-Comté sous l’Occupation, Éditions Cêtre, Besançon, 1985.
Synthèse permettant de replacer Banvillars et le Groupement T.B. dans le contexte général de la Résistance et de la répression en Franche-Comté.
François Marcot, Bruno Leroux et Christine Levisse-Touzé (dir.), Dictionnaire historique de la Résistance. Résistance intérieure et France libre, Robert Laffont, Paris, 2006.
Ouvrage de référence pour le cadre général des FFI et la militarisation de la Résistance en 1944.
Références documentaires et internet
ImagesDéfense – ECPAD
Documentation photographique militaire de premier rang sur le charnier, l’exhumation et les obsèques des vingt-sept résistants de Banvillars. Le reportage du Service cinématographique de l’Armée constitue l’une des principales sources primaires pour l’événement.
Le Maitron – Banvillars, charnier du Territoire de Belfort
Notice collective consacrée aux fusillés du 10 octobre 1944 et notices individuelles associées. Cette documentation permet notamment de stabiliser la liste des vingt-quatre victimes identifiées et des trois inconnus.
Mémoire Vive de la Résistance – Robert PERRIAUX
Documentation consacrée à la 2e compagnie, à la tentative de rejoindre la Première Armée, au combat du 2 octobre 1944 et au parcours de Robert PERRIAUX.
Mémoire Vive de la Résistance – Henri Antoine Élie DUGOIS
Source importante concernant la famille DUGOIS, l’appartenance des trois hommes à la 2e compagnie et leur exécution.
Geneanet – relevé du monument de Trévenans
Source mémorielle complémentaire permettant de contrôler certaines inscriptions du monument. Elle ne doit pas être utilisée comme source historique principale.
Mémoire des Hommes et Service historique de la Défense
Les dossiers individuels demeurent nécessaires pour compléter ou vérifier définitivement l’état civil, les grades et l’appartenance précise de plusieurs victimes aux unités FFI.
Synthèse
Le 10 octobre 1944, vingt-sept résistants détenus à la caserne Friedrich de Belfort sont fusillés à Banvillars. Vingt-quatre sont aujourd’hui identifiés et trois demeurent inconnus.
L’événement est directement lié à la répression menée contre les FFI du Territoire de Belfort au moment où les forces allemandes tentent de contenir l’avancée alliée. Une partie importante des victimes provient du groupe commandé par le capitaine Robert PERRIAUX, capturé après le combat du 2 octobre 1944, mais les vingt-sept fusillés ne peuvent être assimilés dans leur totalité à ce seul détachement.
L’existence du charnier, l’exhumation des corps et les obsèques du 9 décembre 1944 sont particulièrement bien documentées par les photographies du Service cinématographique de l’Armée conservées par l’ECPAD.
La documentation du Maitron et de Mémoire Vive permet désormais de préciser plusieurs parcours individuels, tout en laissant subsister des recherches à mener sur l’appartenance exacte de certaines victimes aux compagnies FFI, quelques éléments d’état civil, les trois victimes non identifiées et la répartition précise des responsabilités dans le dispositif répressif ayant conduit à leur exécution.