La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

La forme principale retenue est « groupe Claude ». Les sources utilisent également « groupe franc Claude » et, dans la bibliographie de Charles COUARD, « groupe Claude et ses corps francs interalliés SFU/IS ». Il s’agit d’un groupe combattant clandestin issu des FUJP de l’Ain, créé et commandé par Jean ANDRÉ, alias « Claude », et progressivement placé en liaison avec les services britanniques.

Une confusion doit impérativement être évitée. Le Musée de la Résistance en ligne atteste l’existence d’un autre « groupe franc Claude » dans le secteur C3 de l’Armée secrète, commandé par Joseph CHEVALLIER, lui-même alias « Claude ». La source précise expressément que ce groupe doit être distingué du groupe Claude de Jean ANDRÉ, situé dans le secteur C1. La présente fiche concerne uniquement le groupe de Jean ANDRÉ.

Création du groupe

Le groupe Claude se constitue au printemps 1944 dans le contexte du passage à la clandestinité complète de plusieurs jeunes FUJP de Bourg-en-Bresse et de ses environs. En mai et juin 1944, des militants devenus trop exposés se replient dans plusieurs lieux ruraux, notamment Gravelles, le col de la Lèbe, Cléon et Bourbouillon, lieu-dit de Saint-André-sur-Vieux-Jonc, Ain, France. Le groupe Claude créé par Jean ANDRÉ s’établit à Bourbouillon.

Jean ANDRÉ, alias « Claude », est alors un ancien élève du lycée Lalande, originaire de Chalamont et âgé de dix-huit ans en 1940 selon le corpus AERI. Son appartenance aux FUJP est directement attestée.

À partir du 6 juin 1944, le groupe est placé sous la tutelle de l’Intelligence Service britannique par l’intermédiaire du capitaine Henri GAUTHIER, alias « Jag ».

Organisation interne

Le groupe est commandé par Jean ANDRÉ. Sa structure associe des combattants et des agents chargés de fonctions spécialisées. Bernard ALLAND, précédemment chef de trentaine des FUJP, est muté au groupe Claude.

René BÉRAIL, alias « Patrick », jeune maquisard expérimenté venu du Jura, y exerce comme instructeur.

Lucienne PACCOUD est agent de liaison du groupe. Sa notice rattache explicitement son organisation à « FUJ (SFU/IS) », ce qui confirme le lien entre le groupe et les services alliés.

Charles COUARD, alias « Luc », appartient au groupe franc Claude dans le secteur C1 de l’Armée secrète. Son frère appartient à la 5e compagnie. Son parcours confirme donc une séparation organisationnelle entre les deux formations malgré leur origine commune dans les FUJP.

Actions menées pendant la Résistance

Le groupe Claude exerce des activités de renseignement, de sabotage, de liaison, de préparation de parachutages et d’action armée.

Jean ANDRÉ est chargé de missions de sabotage. Une opération particulièrement documentée est menée à la gare de Bourg-en-Bresse : deux membres de son groupe se font passer pour des inspecteurs de la SNCF et font exploser le poste d’aiguillage.

Charles COUARD participe au repérage de terrains de parachutage, à des coups de main, à des parachutages et à des sabotages ferroviaires. Ces actions constituent des exemples directement documentés des missions du groupe Claude.

Georges LESCUYER appartient au groupe Claude et opère dans le secteur C8, notamment sur la voie ferrée Lyon–Mâcon. Il sert également d’agent de liaison entre Châtillon-sur-Chalaronne et Pont-de-Veyle, Ain, France. Sa présence montre que l’activité du groupe ne se limite pas à Bourbouillon ou Bourg-en-Bresse.

Le groupe participe également au dispositif de réception des aides alliées. Henri GAUTHIER, alias « Jag », membre du réseau Pimento de l’Intelligence Service, réceptionne de nombreux parachutages et distribue armes et munitions, notamment aux FUJP.

Liens avec d’autres réseaux ou mouvements

Le groupe Claude appartient d’abord aux FUJP. Son fondateur Jean ANDRÉ est directement identifié comme membre de cette organisation.

Il entretient également des liens étroits avec l’Armée secrète, notamment dans le secteur C1. Charles COUARD est ainsi décrit comme membre des FUJP et du groupe franc Claude dans le secteur C1 de l’AS.

À partir du 6 juin 1944, le groupe se trouve placé sous la tutelle de l’Intelligence Service par l’intermédiaire d’Henri GAUTHIER, alias « Jag ». Celui-ci appartient au réseau Pimento et assure la réception de parachutages ainsi que la distribution d’armes aux FUJP. Son supérieur britannique régional est désigné dans le corpus AERI sous le pseudonyme « Théodore », lieutenant-colonel anglais responsable régional de l’Intelligence Service.

La dénomination « corps francs interalliés SFU/IS » utilisée par Charles COUARD après-guerre témoigne de cette articulation entre les formations françaises de jeunesse et les services britanniques.

Chefs et figures marquantes

Jean ANDRÉ, alias « Claude », est le fondateur et commandant du groupe. Ancien élève du lycée Lalande, il appartient aux FUJP et à l’Intelligence Service. Il organise le groupe puis dirige des missions de sabotage. Contrairement à certaines présentations anciennes le donnant tué pendant les combats de la Libération de l’Ain, les recherches locales établissent qu’il est tué le 24 décembre 1944 dans le Sud-Ouest de la France, dans des circonstances demeurées non élucidées.

Henri GAUTHIER, alias « Jag », contremaître à la Tréfilerie-câblerie de Bourg avant son engagement clandestin, appartient au réseau Pimento de l’Intelligence Service. Il réceptionne des parachutages et distribue armes et munitions, notamment aux FUJP. À partir du 6 juin 1944, il constitue l’intermédiaire par lequel le groupe Claude est placé sous la tutelle britannique.

Charles COUARD, alias « Luc », agriculteur à Saint-Rémy et âgé de dix-sept ans en 1940, appartient aux FUJP et au groupe franc Claude du secteur C1. Il repère des terrains de parachutage et participe à des coups de main, à des parachutages et à des sabotages ferroviaires. Il survit à la guerre et devient après-guerre l’un des principaux historiens-témoins de la formation.

Bernard ALLAND est chef de trentaine des FUJP avant d’être muté au groupe Claude. Les sources consultées ne signalent pas sa mort pendant la guerre.

René BÉRAIL, alias « Patrick », maquisard expérimenté venu du Jura, assure des fonctions d’instruction dans le groupe.

Lucienne PACCOUD est agent de liaison. Sa notice confirme son appartenance aux FUJ dans le dispositif SFU/IS.

Georges LESCUYER est membre du groupe Claude, opère sur la ligne ferroviaire Lyon–Mâcon et assure des liaisons entre Châtillon-sur-Chalaronne et Pont-de-Veyle.

Victimes et morts

Jean ANDRÉ constitue la principale victime directement rattachée au commandement du groupe identifiée dans les sources consultées. Il survit à la Libération de l’Ain mais est tué le 24 décembre 1944 dans le Sud-Ouest de la France. Les circonstances précises de sa mort restent non élucidées dans les travaux consultés.

Les recherches ne permettent pas d’établir un bilan humain complet du groupe Claude. Il convient surtout de ne pas lui attribuer les morts appartenant à la 5e compagnie FUJP ou au groupe franc Claude de Joseph CHEVALLIER dans le secteur C3.

Survivants identifiés

Charles COUARD survit à la guerre. Il consacre ensuite une part importante de son activité mémorielle à recueillir les témoignages et documents concernant les FUJ/FUJP, la 5e compagnie et le groupe Claude. Les Archives départementales de l’Ain conservent son fonds, constitué entre 1942 et 2014.

Lucienne PACCOUD, Bernard ALLAND et Georges LESCUYER figurent également dans les corpus mémoriels consacrés aux membres du groupe. Les notices consultées ne signalent pas leur mort pendant la période de la Résistance.

Fin du Groupe

Le groupe Claude ne paraît pas avoir été détruit par un démantèlement allemand unique. Son activité s’inscrit dans la transformation des organisations clandestines en formations de combat au cours de l’été 1944 et dans leur coopération croissante avec les FFI et les services alliés.

Avec la libération progressive de l’Ain, les fonctions clandestines initiales — renseignement, parachutages, sabotages ferroviaires et liaisons — perdent progressivement leur raison d’être. Jean ANDRÉ poursuit cependant son activité militaire après la libération du département avant sa mort le 24 décembre 1944.

Conséquences et mémoire

Le groupe Claude présente un intérêt particulier parce qu’il se situe à la rencontre de trois formes de Résistance : les organisations françaises de jeunesse, l’Armée secrète et les services britanniques. Sa trajectoire montre comment de jeunes militants initialement organisés dans les FUJ/FUJP peuvent évoluer vers des missions spécialisées de sabotage, de parachutage, de renseignement et de liaison interalliée.

Sa mémoire doit beaucoup à Charles COUARD. Son ouvrage de 1998 constitue la principale étude spécifiquement consacrée à la 5e compagnie FUJ, au groupe Claude et à ses corps francs interalliés SFU/IS.

Les Archives départementales de l’Ain conservent le fonds Charles Couard, coté 74 J, qui réunit ses archives personnelles et les matériaux accumulés sur la Résistance. Leur bibliothèque conserve également l’ouvrage sous la référence BIB C 444.

Références bibliographiques

Combattants de l’ombre dans l’Ain. La 5e compagnie FUJ, le groupe Claude et ses corps francs interalliés SFU/IS, Charles COUARD, Éditions du Bastion, Péronnas, 1998, 151 pages. Recueil de témoignages et de documents rédigé par un ancien du groupe Claude ; il constitue la source publiée la plus directement consacrée à cette formation.

La Résistance dans l’Ain et le Haut-Jura, Jean LÉTY, Claude MOREL et collaborateurs, AERI, 2013. Ce corpus documentaire constitue la base d’un grand nombre de notices du Musée de la Résistance en ligne sur Jean ANDRÉ, Charles COUARD, Henri GAUTHIER, Bernard ALLAND, René BÉRAIL, Lucienne PACCOUD et Georges LESCUYER.

Les Maquis de l’Ain, Henri ROMANS-PETIT, Hachette, Paris, 1974. L’ouvrage permet de replacer les formations de jeunesse, l’Armée secrète et les relations avec les missions alliées dans le dispositif général de la Résistance de l’Ain.

L’Engagement résistant dans l’Ain, Direction des musées départementaux de l’Ain, 2013. Cette publication replace les différents groupes et formes d’engagement dans leur contexte départemental.

Références internet

Musée de la Résistance en ligne consacre une entrée à Jean ANDRÉ, alias « Claude », ancien élève du lycée Lalande et membre des FUJP, qui permet d’identifier avec certitude le fondateur éponyme du groupe. https://www.museedelaresistanceenligne.org/personnedetail_pdf.php?id=189

Musée de la Résistance en ligne consacre une notice à Charles COUARD, alias « Luc », membre du groupe franc Claude du secteur C1, qui documente les parachutages, coups de main et sabotages ferroviaires. https://www.museedelaresistanceenligne.org/personne.php?id=718

Musée de la Résistance en ligne documente Henri GAUTHIER, alias « Jag », membre du réseau Pimento de l’Intelligence Service et responsable de parachutages et de distributions d’armes aux FUJP. https://www.museedelaresistanceenligne.org/personne.php?id=1048

Musée de la Résistance en ligne documente Georges LESCUYER, membre du groupe Claude, ses opérations sur la ligne Lyon–Mâcon et ses fonctions d’agent de liaison. https://www.museedelaresistanceenligne.org/personne.php?id=1462

Archives départementales de l’Ain conservent le fonds Charles COUARD, coté 74 J, et l’ouvrage consacré au groupe Claude sous la référence BIB C 444. https://www.archives.ain.fr/archives/archives/fonds/FRAD001_74J/open:all

Fiabilité A. L’existence du groupe Claude de Jean ANDRÉ, son appartenance aux FUJP, son implantation dans le secteur C1, ses liens avec l’Intelligence Service et plusieurs de ses membres et missions sont attestés par un ensemble cohérent de notices issues du corpus AERI, par les archives Charles COUARD et par une monographie spécifiquement consacrée au groupe. Une vigilance demeure indispensable en raison de l’existence d’un autre groupe franc Claude dans le secteur C3, commandé par Joseph CHEVALLIER.

Sources consultées

Maitron Résistance : recherche effectuée sur Jean ANDRÉ, les FUJP et les combattants de l’Ain ; aucun dossier collectif autonome du groupe Claude identifié dans les résultats exploités. https://maitron.fr/

Fondation de la Résistance : recherche effectuée ; ressources AERI relatives aux FUJP et à la Résistance dans l’Ain exploitées par le Musée de la Résistance en ligne. https://www.fondationresistance.org/

Musée de la Résistance en ligne : résultats positifs pour Jean ANDRÉ, Charles COUARD, Henri GAUTHIER, Bernard ALLAND, René BÉRAIL, Lucienne PACCOUD et Georges LESCUYER, ainsi que pour la distinction avec le groupe Claude du secteur C3. https://museedelaresistanceenligne.org/

Mémoire des Hommes : recherche de contrôle effectuée ; aucune notice collective autonome consacrée au groupe Claude identifiée. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

Ordre de la Libération : recherche de contrôle effectuée sur les acteurs du maquis Ain-Haut-Jura et les liaisons alliées. https://www.ordredelaliberation.fr/

Gallica – Bibliothèque nationale de France : recherche effectuée ; aucune collection autonome consacrée au groupe Claude retrouvée. https://gallica.bnf.fr/

Service historique de la Défense : recherche effectuée dans les inventaires FFI. Aucun dossier collectif ouvert intitulé exactement « groupe Claude de Jean André » n’a été identifié dans les résultats consultés. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/

Archives départementales de l’Ain : résultat positif pour le fonds Charles COUARD 74 J et la référence bibliographique BIB C 444. https://www.archives.ain.fr/

Chroniques de Bresse : étude fondée sur les archives documentant la création du groupe par Jean ANDRÉ à Bourbouillon, son rattachement à l’Intelligence Service à partir du 6 juin 1944 et plusieurs actions de sabotage. https://www.chroniquesdebresse.fr/La-Resistance-Lalande-selon-les-archives

Wikipédia : recherche complémentaire effectuée ; aucune donnée non recoupée n’a été retenue.

Groupe « Claude » dans l’Ain

La forme principale retenue est « groupe Claude ». Les sources utilisent également « groupe franc Claude » et, dans la bibliographie de Charles COUARD, « groupe Claude et ses corps francs interalliés SFU/IS ». Il s’agit d’un groupe combattant clandestin issu des FUJP de l’Ain, créé et commandé par Jean ANDRÉ, alias « Claude », et progressivement placé en liaison avec les services britanniques.

Une confusion doit impérativement être évitée. Le Musée de la Résistance en ligne atteste l’existence d’un autre « groupe franc Claude » dans le secteur C3 de l’Armée secrète, commandé par Joseph CHEVALLIER, lui-même alias « Claude ». La source précise expressément que ce groupe doit être distingué du groupe Claude de Jean ANDRÉ, situé dans le secteur C1. La présente fiche concerne uniquement le groupe de Jean ANDRÉ.

Création du groupe

Le groupe Claude se constitue au printemps 1944 dans le contexte du passage à la clandestinité complète de plusieurs jeunes FUJP de Bourg-en-Bresse et de ses environs. En mai et juin 1944, des militants devenus trop exposés se replient dans plusieurs lieux ruraux, notamment Gravelles, le col de la Lèbe, Cléon et Bourbouillon, lieu-dit de Saint-André-sur-Vieux-Jonc, Ain, France. Le groupe Claude créé par Jean ANDRÉ s’établit à Bourbouillon.

Jean ANDRÉ, alias « Claude », est alors un ancien élève du lycée Lalande, originaire de Chalamont et âgé de dix-huit ans en 1940 selon le corpus AERI. Son appartenance aux FUJP est directement attestée.

À partir du 6 juin 1944, le groupe est placé sous la tutelle de l’Intelligence Service britannique par l’intermédiaire du capitaine Henri GAUTHIER, alias « Jag ».

Organisation interne

Le groupe est commandé par Jean ANDRÉ. Sa structure associe des combattants et des agents chargés de fonctions spécialisées. Bernard ALLAND, précédemment chef de trentaine des FUJP, est muté au groupe Claude.

René BÉRAIL, alias « Patrick », jeune maquisard expérimenté venu du Jura, y exerce comme instructeur.

Lucienne PACCOUD est agent de liaison du groupe. Sa notice rattache explicitement son organisation à « FUJ (SFU/IS) », ce qui confirme le lien entre le groupe et les services alliés.

Charles COUARD, alias « Luc », appartient au groupe franc Claude dans le secteur C1 de l’Armée secrète. Son frère appartient à la 5e compagnie. Son parcours confirme donc une séparation organisationnelle entre les deux formations malgré leur origine commune dans les FUJP.

Actions menées pendant la Résistance

Le groupe Claude exerce des activités de renseignement, de sabotage, de liaison, de préparation de parachutages et d’action armée.

Jean ANDRÉ est chargé de missions de sabotage. Une opération particulièrement documentée est menée à la gare de Bourg-en-Bresse : deux membres de son groupe se font passer pour des inspecteurs de la SNCF et font exploser le poste d’aiguillage.

Charles COUARD participe au repérage de terrains de parachutage, à des coups de main, à des parachutages et à des sabotages ferroviaires. Ces actions constituent des exemples directement documentés des missions du groupe Claude.

Georges LESCUYER appartient au groupe Claude et opère dans le secteur C8, notamment sur la voie ferrée Lyon–Mâcon. Il sert également d’agent de liaison entre Châtillon-sur-Chalaronne et Pont-de-Veyle, Ain, France. Sa présence montre que l’activité du groupe ne se limite pas à Bourbouillon ou Bourg-en-Bresse.

Le groupe participe également au dispositif de réception des aides alliées. Henri GAUTHIER, alias « Jag », membre du réseau Pimento de l’Intelligence Service, réceptionne de nombreux parachutages et distribue armes et munitions, notamment aux FUJP.

Liens avec d’autres réseaux ou mouvements

Le groupe Claude appartient d’abord aux FUJP. Son fondateur Jean ANDRÉ est directement identifié comme membre de cette organisation.

Il entretient également des liens étroits avec l’Armée secrète, notamment dans le secteur C1. Charles COUARD est ainsi décrit comme membre des FUJP et du groupe franc Claude dans le secteur C1 de l’AS.

À partir du 6 juin 1944, le groupe se trouve placé sous la tutelle de l’Intelligence Service par l’intermédiaire d’Henri GAUTHIER, alias « Jag ». Celui-ci appartient au réseau Pimento et assure la réception de parachutages ainsi que la distribution d’armes aux FUJP. Son supérieur britannique régional est désigné dans le corpus AERI sous le pseudonyme « Théodore », lieutenant-colonel anglais responsable régional de l’Intelligence Service.

La dénomination « corps francs interalliés SFU/IS » utilisée par Charles COUARD après-guerre témoigne de cette articulation entre les formations françaises de jeunesse et les services britanniques.

Chefs et figures marquantes

Jean ANDRÉ, alias « Claude », est le fondateur et commandant du groupe. Ancien élève du lycée Lalande, il appartient aux FUJP et à l’Intelligence Service. Il organise le groupe puis dirige des missions de sabotage. Contrairement à certaines présentations anciennes le donnant tué pendant les combats de la Libération de l’Ain, les recherches locales établissent qu’il est tué le 24 décembre 1944 dans le Sud-Ouest de la France, dans des circonstances demeurées non élucidées.

Henri GAUTHIER, alias « Jag », contremaître à la Tréfilerie-câblerie de Bourg avant son engagement clandestin, appartient au réseau Pimento de l’Intelligence Service. Il réceptionne des parachutages et distribue armes et munitions, notamment aux FUJP. À partir du 6 juin 1944, il constitue l’intermédiaire par lequel le groupe Claude est placé sous la tutelle britannique.

Charles COUARD, alias « Luc », agriculteur à Saint-Rémy et âgé de dix-sept ans en 1940, appartient aux FUJP et au groupe franc Claude du secteur C1. Il repère des terrains de parachutage et participe à des coups de main, à des parachutages et à des sabotages ferroviaires. Il survit à la guerre et devient après-guerre l’un des principaux historiens-témoins de la formation.

Bernard ALLAND est chef de trentaine des FUJP avant d’être muté au groupe Claude. Les sources consultées ne signalent pas sa mort pendant la guerre.

René BÉRAIL, alias « Patrick », maquisard expérimenté venu du Jura, assure des fonctions d’instruction dans le groupe.

Lucienne PACCOUD est agent de liaison. Sa notice confirme son appartenance aux FUJ dans le dispositif SFU/IS.

Georges LESCUYER est membre du groupe Claude, opère sur la ligne ferroviaire Lyon–Mâcon et assure des liaisons entre Châtillon-sur-Chalaronne et Pont-de-Veyle.

Victimes et morts

Jean ANDRÉ constitue la principale victime directement rattachée au commandement du groupe identifiée dans les sources consultées. Il survit à la Libération de l’Ain mais est tué le 24 décembre 1944 dans le Sud-Ouest de la France. Les circonstances précises de sa mort restent non élucidées dans les travaux consultés.

Les recherches ne permettent pas d’établir un bilan humain complet du groupe Claude. Il convient surtout de ne pas lui attribuer les morts appartenant à la 5e compagnie FUJP ou au groupe franc Claude de Joseph CHEVALLIER dans le secteur C3.

Survivants identifiés

Charles COUARD survit à la guerre. Il consacre ensuite une part importante de son activité mémorielle à recueillir les témoignages et documents concernant les FUJ/FUJP, la 5e compagnie et le groupe Claude. Les Archives départementales de l’Ain conservent son fonds, constitué entre 1942 et 2014.

Lucienne PACCOUD, Bernard ALLAND et Georges LESCUYER figurent également dans les corpus mémoriels consacrés aux membres du groupe. Les notices consultées ne signalent pas leur mort pendant la période de la Résistance.

Fin du Groupe

Le groupe Claude ne paraît pas avoir été détruit par un démantèlement allemand unique. Son activité s’inscrit dans la transformation des organisations clandestines en formations de combat au cours de l’été 1944 et dans leur coopération croissante avec les FFI et les services alliés.

Avec la libération progressive de l’Ain, les fonctions clandestines initiales — renseignement, parachutages, sabotages ferroviaires et liaisons — perdent progressivement leur raison d’être. Jean ANDRÉ poursuit cependant son activité militaire après la libération du département avant sa mort le 24 décembre 1944.

Conséquences et mémoire

Le groupe Claude présente un intérêt particulier parce qu’il se situe à la rencontre de trois formes de Résistance : les organisations françaises de jeunesse, l’Armée secrète et les services britanniques. Sa trajectoire montre comment de jeunes militants initialement organisés dans les FUJ/FUJP peuvent évoluer vers des missions spécialisées de sabotage, de parachutage, de renseignement et de liaison interalliée.

Sa mémoire doit beaucoup à Charles COUARD. Son ouvrage de 1998 constitue la principale étude spécifiquement consacrée à la 5e compagnie FUJ, au groupe Claude et à ses corps francs interalliés SFU/IS.

Les Archives départementales de l’Ain conservent le fonds Charles Couard, coté 74 J, qui réunit ses archives personnelles et les matériaux accumulés sur la Résistance. Leur bibliothèque conserve également l’ouvrage sous la référence BIB C 444.

Références bibliographiques

Combattants de l’ombre dans l’Ain. La 5e compagnie FUJ, le groupe Claude et ses corps francs interalliés SFU/IS, Charles COUARD, Éditions du Bastion, Péronnas, 1998, 151 pages. Recueil de témoignages et de documents rédigé par un ancien du groupe Claude ; il constitue la source publiée la plus directement consacrée à cette formation.

La Résistance dans l’Ain et le Haut-Jura, Jean LÉTY, Claude MOREL et collaborateurs, AERI, 2013. Ce corpus documentaire constitue la base d’un grand nombre de notices du Musée de la Résistance en ligne sur Jean ANDRÉ, Charles COUARD, Henri GAUTHIER, Bernard ALLAND, René BÉRAIL, Lucienne PACCOUD et Georges LESCUYER.

Les Maquis de l’Ain, Henri ROMANS-PETIT, Hachette, Paris, 1974. L’ouvrage permet de replacer les formations de jeunesse, l’Armée secrète et les relations avec les missions alliées dans le dispositif général de la Résistance de l’Ain.

L’Engagement résistant dans l’Ain, Direction des musées départementaux de l’Ain, 2013. Cette publication replace les différents groupes et formes d’engagement dans leur contexte départemental.

Références internet

Musée de la Résistance en ligne consacre une entrée à Jean ANDRÉ, alias « Claude », ancien élève du lycée Lalande et membre des FUJP, qui permet d’identifier avec certitude le fondateur éponyme du groupe. https://www.museedelaresistanceenligne.org/personnedetail_pdf.php?id=189

Musée de la Résistance en ligne consacre une notice à Charles COUARD, alias « Luc », membre du groupe franc Claude du secteur C1, qui documente les parachutages, coups de main et sabotages ferroviaires. https://www.museedelaresistanceenligne.org/personne.php?id=718

Musée de la Résistance en ligne documente Henri GAUTHIER, alias « Jag », membre du réseau Pimento de l’Intelligence Service et responsable de parachutages et de distributions d’armes aux FUJP. https://www.museedelaresistanceenligne.org/personne.php?id=1048

Musée de la Résistance en ligne documente Georges LESCUYER, membre du groupe Claude, ses opérations sur la ligne Lyon–Mâcon et ses fonctions d’agent de liaison. https://www.museedelaresistanceenligne.org/personne.php?id=1462

Archives départementales de l’Ain conservent le fonds Charles COUARD, coté 74 J, et l’ouvrage consacré au groupe Claude sous la référence BIB C 444. https://www.archives.ain.fr/archives/archives/fonds/FRAD001_74J/open:all

Fiabilité A. L’existence du groupe Claude de Jean ANDRÉ, son appartenance aux FUJP, son implantation dans le secteur C1, ses liens avec l’Intelligence Service et plusieurs de ses membres et missions sont attestés par un ensemble cohérent de notices issues du corpus AERI, par les archives Charles COUARD et par une monographie spécifiquement consacrée au groupe. Une vigilance demeure indispensable en raison de l’existence d’un autre groupe franc Claude dans le secteur C3, commandé par Joseph CHEVALLIER.

Sources consultées

Maitron Résistance : recherche effectuée sur Jean ANDRÉ, les FUJP et les combattants de l’Ain ; aucun dossier collectif autonome du groupe Claude identifié dans les résultats exploités. https://maitron.fr/

Fondation de la Résistance : recherche effectuée ; ressources AERI relatives aux FUJP et à la Résistance dans l’Ain exploitées par le Musée de la Résistance en ligne. https://www.fondationresistance.org/

Musée de la Résistance en ligne : résultats positifs pour Jean ANDRÉ, Charles COUARD, Henri GAUTHIER, Bernard ALLAND, René BÉRAIL, Lucienne PACCOUD et Georges LESCUYER, ainsi que pour la distinction avec le groupe Claude du secteur C3. https://museedelaresistanceenligne.org/

Mémoire des Hommes : recherche de contrôle effectuée ; aucune notice collective autonome consacrée au groupe Claude identifiée. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

Ordre de la Libération : recherche de contrôle effectuée sur les acteurs du maquis Ain-Haut-Jura et les liaisons alliées. https://www.ordredelaliberation.fr/

Gallica – Bibliothèque nationale de France : recherche effectuée ; aucune collection autonome consacrée au groupe Claude retrouvée. https://gallica.bnf.fr/

Service historique de la Défense : recherche effectuée dans les inventaires FFI. Aucun dossier collectif ouvert intitulé exactement « groupe Claude de Jean André » n’a été identifié dans les résultats consultés. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/

Archives départementales de l’Ain : résultat positif pour le fonds Charles COUARD 74 J et la référence bibliographique BIB C 444. https://www.archives.ain.fr/

Chroniques de Bresse : étude fondée sur les archives documentant la création du groupe par Jean ANDRÉ à Bourbouillon, son rattachement à l’Intelligence Service à partir du 6 juin 1944 et plusieurs actions de sabotage. https://www.chroniquesdebresse.fr/La-Resistance-Lalande-selon-les-archives

Wikipédia : recherche complémentaire effectuée ; aucune donnée non recoupée n’a été retenue.

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