Abusz WERBER (également orthographié Abraham Werber ou Abusz Weber selon certaines sources), né vers 1908 en Pologne, mort après la Seconde Guerre mondiale, militant communiste, résistant, cofondateur du Comité de Défense des Juifs (CDJ) en Belgique.
Originaire de Pologne, Abusz Werber émigre en Belgique dans l’entre-deux-guerres. Issu des milieux ouvriers juifs d’Europe orientale, il s’engage très tôt dans les mouvements politiques antifascistes et devient un militant actif du Parti communiste de Belgique. À Bruxelles, il participe aux organisations d’entraide destinées aux réfugiés juifs d’Europe centrale et orientale, particulièrement après la montée du nazisme.
Les sources consultées restent discrètes sur sa formation et son activité professionnelle avant la guerre.
Engagement dans la Résistance
Après l’invasion de la Belgique en mai 1940, Werber entre dans la clandestinité.
À partir de l’été 1942, la mise en œuvre des déportations massives des Juifs de Belgique conduit plusieurs responsables juifs et résistants à constituer une organisation spécialisée dans le sauvetage des personnes menacées.
En septembre 1942, Abusz Werber participe à la fondation du Comité de Défense des Juifs, créé sous l’autorité du Front de l’Indépendance.
Cette organisation clandestine met rapidement en place :
- la fabrication de faux papiers ;
- le placement clandestin d’enfants juifs ;
- le financement des familles cachées ;
- l’organisation de filières d’évasion ;
- la diffusion d’informations sur les arrestations imminentes.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Abusz Werber appartient simultanément :
- au Parti communiste de Belgique ;
- au Front de l’Indépendance ;
- au Comité de Défense des Juifs, dont il est l’un des sept fondateurs.
Le CDJ constitue l’une des organisations de sauvetage les plus efficaces de l’Europe occupée.
Les historiens estiment qu’environ 3 000 enfants ainsi que plusieurs centaines d’adultes échappèrent à la déportation grâce à son action.
Missions et actions
Au sein du Comité de Défense des Juifs, Abusz Werber fait partie du noyau dirigeant chargé de l’organisation générale.
Ses principales responsabilités concernent :
- la coordination entre le Front de l’Indépendance et le CDJ ;
- les relations avec les militants communistes clandestins ;
- le recrutement de nouveaux agents ;
- l’organisation de logements clandestins ;
- la distribution de moyens financiers destinés aux personnes cachées.
Il participe également à la mise en place des liaisons avec les œuvres sociales catholiques qui acceptent de cacher des enfants juifs.
Les sources indiquent qu’il travaille en étroite collaboration avec Hertz Jospa, Benjamin Nykerk et Chaïm Perelman.
Arrestation / clandestinité
Contrairement à plusieurs autres fondateurs du Comité de Défense des Juifs, les sources actuellement consultées ne permettent pas d’établir avec certitude les circonstances d’une éventuelle arrestation.
Il demeure actif dans la clandestinité pendant une grande partie de l’Occupation.
Aucune déportation n’a pu être confirmée.
Camarades de combat
Parmi ses principaux collaborateurs figurent notamment :
- Hertz Jospa ;
- Benjamin Nykerk ;
- Chaïm Perelman ;
- Émile Hambresin ;
- Eugène Hellendall ;
- Israël Mandelbaum ;
- Yvonne Jospa.
Il coopère également avec les réseaux chargés du sauvetage des enfants, notamment ceux animés par Andrée Geulen, Yvonne Nèvejean et le père Bruno Reynders.
Retour à la vie civile
Les sources indiquent qu’Abusz Werber survit à la guerre.
Les renseignements actuellement disponibles ne permettent toutefois pas de retracer avec précision son activité après 1945.
Décorations
Aucune décoration n’a pu être confirmée dans les bases consultées.
Lieux de mémoire
Abusz Werber est cité parmi les fondateurs du Comité de Défense des Juifs dans:
- les collections du Mémorial Kazerne Dossin ;
- les travaux historiques consacrés à la Résistance juive belge ;
- les études relatives au sauvetage des enfants juifs en Belgique.
Références bibliographiques
Maxime Steinberg, L’Étoile et le Fusil. Ouvrage de référence consacré à la persécution des Juifs de Belgique et à la naissance du Comité de Défense des Juifs.
Lucien Steinberg, Le Comité de Défense des Juifs en Belgique. Étude détaillée du fonctionnement clandestin du CDJ et de ses fondateurs.
José Gotovitch et Paul Aron (dir.), Dictionnaire de la Seconde Guerre mondiale en Belgique. Plusieurs notices permettent de replacer Abusz Werber dans le contexte du Front de l’Indépendance et de la Résistance juive.
Références internet
Belgium WWII. Présentation historique du Comité de Défense des Juifs, de sa création et de ses principaux fondateurs, dont Abusz Werber.
https://www.belgiumwwii.be/belgique-en-guerre/articles/comite-de-defense-des-juifs.html
Kazerne Dossin. Les collections du mémorial permettent d’identifier les principaux dirigeants du CDJ et leur rôle dans le sauvetage des Juifs de Belgique.
https://kazernedossin.memorial/
Dossier d’homologation consulté
Aucune cote d’homologation française ou belge n’a pu être retrouvée dans les sources ouvertes consultées.
Observations
Les sources sont concordantes sur la qualité de cofondateur du Comité de Défense des Juifs et sur son appartenance au Front de l’Indépendance. En revanche, plusieurs éléments biographiques (date et lieu précis de naissance, profession, circonstances de la fin de guerre, décès) demeurent insuffisamment documentés. Des variantes orthographiques du nom (« Werber » et « Weber ») apparaissent dans certaines publications, sans remettre en cause l’identification.
Indice de fiabilité Niveau B — Les fonctions exercées au sein du CDJ sont établies par plusieurs travaux de référence, mais plusieurs données d’état civil et de parcours personnel restent lacunaires.
Chronologie
| Date | Événement |
| Vers 1908 | Naissance en Pologne |
| Années 1920-1930 | Installation en Belgique |
| Septembre 1942 | Cofonde le Comité de Défense des Juifs |
| 1942-1944 | Activité clandestine au sein du CDJ |
| Après 1945 | Survit à la guerre |
Sources consultées
Belgium WWII a été utilisé pour documenter la création du Comité de Défense des Juifs, son organisation, la liste de ses fondateurs et son action dans le sauvetage des Juifs de Belgique.
Kazerne Dossin a été consulté pour identifier les principaux responsables du CDJ et replacer Abusz Werber dans le contexte de la Résistance juive belge.
Maxime Steinberg et Lucien Steinberg ont été utilisés comme références historiographiques pour confirmer son rôle de cofondateur et les missions du Comité de Défense des Juifs.