Benjamin NYKERK, né vers 1906 aux Pays-Bas, mort en déportation après octobre 1944, probablement au camp de Neuengamme (Allemagne), industriel néerlandais installé en Belgique, résistant.
Benjamin Nykerk est un industriel néerlandais qui s’établit à Bruxelles en 1932. Il épouse Marguerite Marienko, non juive. Le couple n’a pas d’enfant. Avant la Seconde Guerre mondiale, il est l’une des principales figures du mouvement sioniste en Belgique et participe activement à la vie des organisations juives belges.
Engagement dans la Résistance
À la suite des grandes rafles organisées par la Sipo-SD à Bruxelles et Anvers durant l’été 1942, Benjamin Nykerk participe à la création du Comité de Défense des Juifs (CDJ) en septembre 1942, au sein du Front de l’Indépendance. Cette organisation clandestine a pour objectif principal de sauver les Juifs menacés de déportation en organisant des cachettes, la fabrication de faux papiers, l’aide matérielle et le financement des opérations clandestines.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Benjamin Nykerk est l’un des sept membres fondateurs du Comité de Défense des Juifs. Le CDJ rassemble des militants d’origines politiques diverses : communistes, sionistes, socialistes et indépendants. Nykerk représente le courant sioniste modéré. L’organisation travaille en liaison avec le Front de l’Indépendance, l’Œuvre nationale de l’Enfance dirigée par Yvonne Nèvejean, les réseaux de l’abbé André et du père Bruno Reynders, ainsi que différents groupes clandestins belges. Grâce à cette coopération, près de 3 000 enfants juifs et plusieurs centaines d’adultes échappent à la déportation.
Missions et actions
Au sein du CDJ, Benjamin Nykerk exerce principalement des responsabilités financières et organisationnelles.
Au printemps 1943, il est chargé d’une mission particulièrement délicate : se rendre clandestinement en Suisse afin d’y recueillir des fonds destinés au financement des activités du Comité de Défense des Juifs. Les sommes recueillies permettent notamment de financer les faux papiers, les hébergements clandestins, les secours aux familles cachées et les déplacements des enfants.
Son action contribue directement au maintien de l’organisation alors que la répression allemande s’intensifie.
Au début de 1944, la sécurité du réseau impose son départ de Bruxelles. Il gagne Paris, où il vit sous la fausse identité de Bernard Smits afin de poursuivre son activité clandestine.
Arrestation / déportation
Le 20 mars 1944, Benjamin Nykerk est arrêté à Paris alors qu’il se trouve chez le président de la Croix-Rouge néerlandaise.
Il est emprisonné à Fresnes, puis transféré au camp de Compiègne-Royallieu.
Le 15 juillet 1944, il est déporté comme prisonnier politique vers le camp de concentration de Neuengamme.
Une dernière lettre adressée à son épouse est connue en octobre 1944. Aucun autre signe de vie n’est ensuite retrouvé. Les sources considèrent qu’il est mort en déportation à Neuengamme ou dans ses dépendances.
Camarades de combat
Parmi les principaux responsables du Comité de Défense des Juifs figurent notamment :
- Hertz (Gert) Jospa ;
- Abusz Werber ;
- Chaïm Perelman ;
- Émile Hambresin ;
- Eugène Hellendall ;
- Israël Mandelbaum ;
- Maurice Heiber.
Benjamin Nykerk travaille également avec les responsables de la section des enfants, notamment Andrée Geulen et Yvonne Groisman, ainsi qu’avec de nombreux réseaux d’hébergement clandestin.
Décorations
Aucune décoration n’a pu être confirmée lors des présentes recherches dans les bases institutionnelles consultées. Cette absence ne permet pas de conclure qu’aucune distinction ne lui ait été attribuée.
Lieux de mémoire
Benjamin Nykerk est honoré :
- dans les travaux historiques consacrés au Comité de Défense des Juifs
- dans les études sur la Résistance juive en Belgique.
Références bibliographiques
Lucien Steinberg, Le Comité de Défense des Juifs en Belgique. Ouvrage fondamental consacré à la création, au fonctionnement et aux principaux responsables du CDJ, dont Benjamin Nykerk.
Maxime Steinberg, L’Étoile et le Fusil. Étude de référence sur la persécution des Juifs en Belgique et la naissance de la Résistance juive.
Dorien Styven, Le Comité de Défense des Juifs. Synthèse historiographique récente publiée dans le portail Belgium WWII et fondée sur les collections de Kazerne Dossin.
Références internet
Kazerne Dossin. Biographie détaillée de Benjamin Nykerk, retraçant son rôle de cofondateur du CDJ, sa mission en Suisse, son arrestation et sa déportation. https://kazernedossin.memorial/biografie/benjamin-nykerk/?lang=fr
Belgium WWII. Présentation historique du Comité de Défense des Juifs, de son organisation et de ses fondateurs. https://www.belgiumwwii.be/belgique-en-guerre/articles/comite-de-defense-des-juifs.html
Dossier d’homologation consulté
Aucune cote de dossier SHD ou d’homologation n’a été retrouvée lors des présentes recherches.
Observations
Les sources sont concordantes sur le rôle majeur de Benjamin Nykerk dans la création du Comité de Défense des Juifs, sur sa mission financière en Suisse en 1943 et sur son arrestation à Paris sous l’identité de Bernard Smits. Les informations relatives à sa naissance demeurent toutefois incomplètes dans les sources consultées.
Indice de fiabilité Niveau A — Parcours établi par plusieurs sources institutionnelles et historiographiques concordantes, notamment Kazerne Dossin et Belgium WWII.
Chronologie
| Date | Événement |
| vers 1906 | Naissance aux Pays-Bas |
| 1932 | Installation à Bruxelles |
| Septembre 1942 | Cofonde le Comité de Défense des Juifs |
| Printemps 1943 | Mission clandestine en Suisse |
| Début 1944 | Quitte Bruxelles pour Paris |
| 20 mars 1944 | Arrestation à Paris |
| 15 juillet 1944 | Déportation à Neuengamme |
| Octobre 1944 | Dernière lettre connue |
| Après octobre 1944 | Mort en déportation |
Sources consultées
Kazerne Dossin a fourni la biographie détaillée de Benjamin Nykerk, les renseignements sur son installation à Bruxelles, son rôle de cofondateur du Comité de Défense des Juifs, sa mission en Suisse, son arrestation et sa déportation.
Belgium WWII a permis de documenter la création du Comité de Défense des Juifs, son fonctionnement, la liste de ses fondateurs et l’action clandestine de l’organisation dans le sauvetage des Juifs en Belgique.