La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

MORIN François Étienne Michel alias François Forestier, Méchin,

François Étienne Michel MORIN, alias « François Forestier » et « Méchin », né le 16 février 1910 à La Seyne-sur-Mer (Var), mort le 17 août 1980 à Paris, français.

Fils de l’amiral Michel Morin, François Morin fut élève du collège Saint-Louis-de-Gonzague, puis prépara le concours de l’École polytechnique au lycée Janson-de-Sailly. Admis dans la promotion 1930, il obtint également une licence ès sciences et travailla dans le secteur industriel.

Officier de réserve, il servit pendant la campagne de 1940 comme interprète auprès d’une unité canadienne, puis comme officier de liaison du général Antoine Béthouart en Grande-Bretagne. Il fut finalement démobilisé au Maroc.

Engagement dans la Résistance

François Morin participa à Paris à la manifestation patriotique interdite du 11 novembre 1940. Mis en relation avec Élisabeth Dussauze et Robert Guédon, il rejoignit les premiers groupes de Résistance de zone occupée, dans l’environnement du musée de l’Homme puis de Combat Zone Nord. Il échappa au démantèlement de cette organisation au début de 1942 et gagna la zone non occupée avec Henri Ingrand.

Il adopta principalement le pseudonyme de « François Forestier », qui fut ensuite associé durablement à son patronyme.

Appartenance à un réseau ou mouvement

À son arrivée en zone sud, François Morin-Forestier devint responsable militaire du mouvement Combat. Après la mise en place de l’Armée secrète, il fut désigné comme premier chef d’état-major du général Charles Delestraint. Il travailla notamment avec Raymond Aubrac à l’unification des formations paramilitaires de Combat, Libération-Sud et Franc-Tireur (MUR).

Missions et actions

Ses missions consistèrent d’abord à organiser les structures militaires de Combat, puis à contribuer à la création de l’état-major de l’Armée secrète. Elles comportaient la coordination des responsables régionaux, la préparation de l’action militaire future et l’articulation entre les mouvements politiques et les formations armées clandestines.

Après son évasion et son exfiltration vers Londres, François Morin-Forestier refusa la proposition qui lui aurait permis d’intégrer le Bureau central de renseignements et d’action. À la demande d’Henri Frenay, il prit la direction de la délégation londonienne des mouvements de Résistance, chargée de représenter et d’expliquer les positions de la Résistance intérieure auprès des autorités de la France combattante et des Alliés.

Arrestation / évasion / déportation

François Morin-Forestier fut arrêté à Lyon en mars 1943 avec Raymond Aubrac, Maurice Kriegel-Valrimont et Serge Ravanel. Incarcéré à la prison Saint-Paul, il fut ensuite transféré à l’hôpital de l’Antiquaille après avoir simulé une maladie avec plusieurs de ses codétenus.

Le 24 mai 1943, un commando de Libération-Sud, dont les membres étaient déguisés en agents allemands ou en gestapistes, pénétra dans l’établissement et libéra François Morin-Forestier, Serge Ravanel et Maurice Kriegel-Valrimont. Après plusieurs mois de clandestinité, Morin-Forestier fut exfiltré par avion vers Londres.

Camarades de combat

Son parcours le mit notamment en relation avec Robert Guédon, Élisabeth Dussauze, Henri Ingrand, Henri Frenay, Charles Delestraint, Raymond Aubrac, Serge Ravanel et Maurice Kriegel-Valrimont. Pour l’évasion de l’Antiquaille, les sources mentionnent notamment Charles Mohler, Lucien Bonnet et Arthur Kriegel parmi les organisateurs ou exécutants.

Retour à la vie civile

À Londres, François Morin-Forestier représenta les mouvements de Résistance et exerça des fonctions au sein de la délégation du Commissariat aux prisonniers, déportés et réfugiés placé sous l’autorité d’Henri Frenay. Après la guerre, il remplit plusieurs missions officielles avant de reprendre une activité civile. Les sources ouvertes consultées n’en donnent pas un récit suffisamment précis pour être développé davantage.

Décorations

Les distinctions militaires ou résistantes de François Morin-Forestier n’ont pas pu être vérifiées dans une source institutionnelle accessible.

Son attribution de l’ordre de la Francisque est signalée par plusieurs sources secondaires. Elle s’inscrit dans une stratégie de couverture et dans ses relations familiales avec Bernard Ménétrel.

Lieux de mémoire

Un tract manuscrit appelant à manifester à Paris le 11 novembre 1940, conservé au Musée de la Résistance nationale, aurait été reconnu par les enfants de François Morin-Forestier comme étant de sa main. Son parcours demeure également associé à la prison Saint-Paul, à l’ancien hôpital de l’Antiquaille à Lyon et aux archives de l’Armée secrète.

Références bibliographiques

Henri Noguères, Histoire de la Résistance en France, Robert Laffont. Cette vaste synthèse présente François Morin-Forestier comme un acteur de premier plan de l’organisation militaire de Combat et comme un observateur privilégié des relations entre Résistance intérieure et Londres.

Lucie Aubrac, Ils partiront dans l’ivresse, Seuil, 1984. Ce témoignage décrit l’environnement clandestin lyonnais et les opérations d’évasion de 1943, dont celle de l’Antiquaille qui permit la libération de François Morin-Forestier.

Jacques Baynac, Jean Moulin. 17 juin 1940-21 juin 1943 : esquisse d’une nouvelle histoire de la Résistance, Hachette Littératures, 2009. L’ouvrage analyse les rapports complexes entre les mouvements, Jean Moulin et l’Armée secrète, cadre essentiel du parcours de Morin-Forestier.

Références internet

Mémoire et Espoirs de la Résistance. La notice consacrée à François Morin-Forestier retrace son passage du réseau du musée de l’Homme à Combat Zone Nord, puis son rôle dans Combat et l’Armée secrète.
https://www.memoresist.org/resistant/francois-morin-forestier/

FranceArchives. La notice d’autorité consacrée à Serge Ravanel confirme la détention à Saint-Paul, le transfert à l’Antiquaille et la libération, le 24 mai 1943, du groupe comprenant François Morin-Forestier.
https://francearchives.gouv.fr/fr/authorityrecord/FRAN_NP_052518

Le Maitron. Les notices de Raymond Aubrac, Charles Delestraint et Maurice Kriegel-Valrimont apportent des recoupements sur le rôle militaire de François Morin-Forestier et sur son arrestation avec les cadres des Mouvements unis de Résistance.
https://maitron.fr/aubrac-raymond-samuel-raymond-dit-pseudonymes-de-resistant-balmont-aubrac/
https://fusilles-40-44.maitron.fr/delestraint-charles-georges-antoine-alias-vidal-mars-chevalier-duchene/
https://maitron.fr/kriegel-valrimont-maurice-kriegel-maurice-benjamin/

Dossier d’homologation consulté

Aucune cote certaine de dossier individuel du Service historique de la Défense n’a pu être vérifiée au cours des présentes recherches.

Observations

Les sources emploient concurremment « François Morin », « François Forestier » et « François Morin-Forestier ». Le patronyme composé est une forme mémorielle associant son identité civile à son principal pseudonyme.

La date et le lieu de naissance rapportés dans les sources secondaires doivent idéalement être contrôlés par un acte d’état civil ou un dossier militaire nominatif.

Indice de fiabilité de la notice

Niveau A — L’identité, la formation, l’entrée en Résistance, les fonctions dans Combat et l’Armée secrète, l’arrestation, l’évasion de l’Antiquaille et le séjour à Londres sont établis par de nombreuses sources concordantes, dont le Maitron, FranceArchives et plusieurs témoignages historiques.

Chronologie

DateÉvénement
16 février 1910Naissance à La Seyne-sur-Mer (Var).
1930Entrée à l’École polytechnique.
11 novembre 1940Participation à la manifestation patriotique interdite à Paris.
1941-1942Activité dans l’environnement du musée de l’Homme puis de Combat Zone Nord.
1942Passage en zone sud et prise de responsabilités militaires dans Combat.
1942-1943Premier chef d’état-major de l’Armée secrète.
Mars 1943Arrestation à Lyon.
24 mai 1943Libération lors de l’opération de l’Antiquaille.
1943Exfiltration vers Londres.
17 août 1980Décès à Paris.

Sources consultées le 2 août 2026

Mémoire et Espoirs de la Résistance, notice « François Morin-Forestier ». Cette source a fourni les principales étapes de sa formation, de son activité en zone nord, de son passage à Combat et de ses fonctions auprès de l’Armée secrète.
https://www.memoresist.org/resistant/francois-morin-forestier/

FranceArchives, notice d’autorité « Ravanel, Serge ». Cette source institutionnelle a confirmé l’arrestation, la détention et la libération du groupe de l’Antiquaille le 24 mai 1943.
https://francearchives.gouv.fr/fr/authorityrecord/FRAN_NP_052518

Le Maitron, notices de Raymond Aubrac, Charles Delestraint et Maurice Kriegel-Valrimont. Elles ont permis de recouper les responsabilités militaires de François Morin-Forestier, son arrestation et son appartenance au groupe libéré de l’Antiquaille.
https://maitron.fr/aubrac-raymond-samuel-raymond-dit-pseudonymes-de-resistant-balmont-aubrac/
https://fusilles-40-44.maitron.fr/delestraint-charles-georges-antoine-alias-vidal-mars-chevalier-duchene/
https://maitron.fr/kriegel-valrimont-maurice-kriegel-maurice-benjamin/

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