Claude DERIEUX, né le 12 décembre 1913 à Genève, Suisse, mort le 17 avril 1958 à Paris, France. Né suisse, il devient français par naturalisation le 24 avril 1940.
Les sources accessibles ne donnent aucune information vérifiable sur ses parents, sa jeunesse, sa formation, sa profession ou les circonstances de son installation en France.
L’Association française Buchenwald-Dora et Kommandos indique qu’il est naturalisé français, à sa demande, le 24 avril 1940, puis qu’il s’établit à Lyon, Rhône, France. Le texte du décret de naturalisation correspondant n’a toutefois pas été retrouvé au cours de la présente recherche.
Engagement dans la Résistance
Installé à Lyon, Claude Derieux rejoint le réseau Mithridate. La date précise de son recrutement n’est pas indiquée dans les sources consultées. Mithridate était un réseau de renseignement franco-britannique créé par Pierre Herbinger.
Sa mission consistait principalement à recueillir et transmettre aux Alliés des renseignements militaires sur les forces allemandes, leurs déplacements, leurs installations et leurs moyens de production. D’abord lié aux services britanniques, le réseau fut ensuite rattaché au Bureau central de renseignements et d’action BCRA.
Les sources consultées ne permettent pas de connaître les motivations personnelles de Claude Derieux ni les circonstances précises de son entrée en résistance.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Claude Derieux est identifié comme agent du réseau Mithridate. L’Association française Buchenwald-Dora et Kommandos le présente comme agent P2. Le statut P2 correspondait à un engagement permanent dans la Résistance, assimilé à un service militaire clandestin.
L’indication selon laquelle il aurait été homologué au titre des Forces françaises combattantes avec le grade de lieutenant figure dans les éléments soumis à la recherche, mais le dossier individuel d’homologation n’a pas été directement consulté. La cote SHD correspondante n’a pas été retrouvée dans les résultats publiquement accessibles.
Missions et actions
Les sources consultées ne décrivent aucune mission particulière accomplie par Claude Derieux. Il n’est donc pas possible de préciser la nature des renseignements recueillis, ses responsabilités au sein de Mithridate, ses agents de liaison ou sa zone exacte d’activité au-delà de son implantation lyonnaise.
Son statut d’agent P2 confirme néanmoins un engagement permanent au service du réseau. Il serait historiquement imprudent d’en déduire des opérations précises sans consultation de son dossier d’homologation.
Arrestation / évasion / déportation
Selon l’Association française Buchenwald-Dora et Kommandos, Claude Derieux est arrêté sur dénonciation par la Milice le 14 octobre 1943. Il est ensuite incarcéré à la prison de Montluc, à Lyon.
Cette version diffère de certaines mentions secondaires qui donnent la date du 14 novembre 1943 ou attribuent directement l’arrestation à la Gestapo. En l’état des sources consultées, la date du 14 octobre 1943 et l’arrestation par la Milice sont retenues, car elles proviennent de la notice nominative la plus détaillée. Une consultation du dossier d’homologation ou du registre d’écrou de Montluc demeure nécessaire pour trancher définitivement.
Le 15 janvier 1944, il est transféré au camp de Royallieu, à Compiègne, Oise, France, où il reçoit le matricule 22329. Le 22 janvier 1944, il est déporté vers Buchenwald. Le convoi atteint le camp le 24 janvier 1944. Claude Derieux y reçoit le matricule 42649.
Il passe d’abord par le Block 58 du Petit Camp, où sont placés de nombreux nouveaux arrivants en quarantaine, puis rejoint le Block 14 du Grand Camp.
Le 25 mars 1944, il est affecté au Kommando de Laura. Ce camp annexe de Buchenwald était installé près de Lehesten, Allemagne, dans les galeries d’une ancienne carrière d’ardoise. Les détenus y étaient employés à l’aménagement d’installations souterraines destinées notamment à la production d’oxygène liquide et aux essais de systèmes de propulsion liés au programme des fusées V2.
Le 25 juillet 1944, Claude Derieux est transféré au complexe concentrationnaire de Dora, puis, quelques jours plus tard, au Kommando de Wieda. Ce Kommando constituait le siège de la SS-Baubrigade III, dont les détenus étaient employés à la construction d’une ligne ferroviaire stratégique reliant Kassel à Nordhausen, Allemagne.
Il est ensuite affecté au Kommando disciplinaire d’Osterhagen, rattaché à la SS-Baubrigade III. Les conditions de travail et de détention dans ces Kommandos mobiles du bâtiment étaient particulièrement éprouvantes.
Le 6 avril 1945, devant l’avancée des armées alliées, le Kommando d’Osterhagen est évacué à pied vers Wieda. Wieda est à son tour évacué le lendemain. Les détenus sont entassés dans des wagons découverts.
Claude Derieux parvient à s’évader du convoi dans les jours précédant le massacre de Gardelegen du 13 avril 1945, au cours duquel plus d’un millier de détenus évacués des camps furent enfermés dans une grange puis brûlés ou abattue.
Il est recueilli et caché par un paysan allemand avant d’être libéré par l’armée américaine.
Camarades de combat
Les sources nominatives consultées ne donnent pas les noms des agents de Mithridate ayant travaillé directement avec Claude Derieux.
Le réseau compta notamment Pierre Herbinger, son fondateur, ainsi que Laure Diebold, Rogatien Gautier, Frédéric Donet, Jacqueline Fleury et Jean Ganeval. Leur appartenance au même réseau ne permet cependant pas d’affirmer qu’ils furent personnellement en relation avec Claude Derieux.
De même, aucun compagnon précis de détention ou d’évasion n’est identifié dans sa notice.
Retour à la vie civile
Claude Derieux survit à la déportation et regagne la France après sa libération par l’armée américaine. Les sources consultées ne précisent ni la date de son rapatriement ni les conditions de son retour.
Aucune information suffisamment documentée n’a été retrouvée sur sa profession, sa situation familiale, son état de santé, ses activités associatives ou son éventuelle participation aux organisations d’anciens résistants et déportés après la guerre.
Il meurt le 17 avril 1958 dans le huitième arrondissement de Paris, à l’âge de 44 ans. Les sources consultées ne permettent pas d’établir la cause de son décès ni de déterminer si celui-ci fut reconnu comme une conséquence de la déportation.
Décorations
- Officier de la Légion d’honneur — distinction mentionnée par l’Association française Buchenwald-Dora et Kommandos ; décret et date de publication au Journal officiel non retrouvés.
- Croix de guerre 1939-1945 avec palme — distinction mentionnée par l’Association française Buchenwald-Dora et Kommandos ; texte de citation et date d’attribution non retrouvés.
Aucune autre décoration n’a été trouvée dans les bases consultées. Cela ne signifie cependant pas que Claude Derieux n’ait pas reçu d’autres décorations, mais que celles-ci n’ont pu être établies par les présentes recherches.
Lieux de mémoire
La prison de Montluc, à Lyon, conserve la mémoire des résistants, otages et persécutés qui y furent incarcérés pendant l’Occupation. Claude Derieux y fut détenu après son arrestation.
Les mémoriaux de Buchenwald, de Mittelbau-Dora, de Laura, de Wieda et de Gardelegen rappellent les lieux de sa déportation et de son évacuation.
La notice nominative de l’Association française Buchenwald-Dora et Kommandos constitue actuellement le principal lieu de mémoire numérique identifié à son nom.
Aucune voie publique, plaque commémorative ou monument portant spécifiquement le nom de Claude Derieux n’a été retrouvé au cours de cette recherche.
Références bibliographiques
Agent Number One : réseau Mithridate, 1940-1945, Rogatien Gautier, sous la direction de Jacqueline Fournier, France-Empire, Paris, 2003, 322 pages. Cet ouvrage est consacré à l’histoire du réseau Mithridate, à son organisation, à ses agents et à ses activités de renseignement. La présence nominative de Claude Derieux dans le corps de l’ouvrage n’a pas pu être vérifiée à distance.
Le Mémorial des déportés de France arrêtés par mesure de répression et, dans certains cas, par mesure de persécution, 1940-1945, Fondation pour la mémoire de la Déportation, éditions Tirésias, Paris, 2004. Cet ouvrage collectif reconstitue les convois de déportation partis de France, dont celui du 22 janvier 1944 à destination de Buchenwald. La notice individuelle complète de Claude Derieux n’a pas été consultée dans l’édition imprimée.
Le Livre mémorial des déportés de France de la Fondation pour la mémoire de la Déportation, Fondation pour la mémoire de la Déportation. Cette publication constitue une référence générale pour contrôler les dates des convois, les camps de destination et l’identité des déportés. Une vérification nominative dans l’ouvrage imprimé reste souhaitable.
Buchenwald par ses témoins : histoire et dictionnaire du camp et de ses Kommandos, ouvrage collectif publié sous l’égide de l’Association française Buchenwald-Dora et Kommandos. Cette documentation éclaire l’organisation du camp principal et de ses nombreux Kommandos, notamment Laura, Wieda et Osterhagen.
Mittelbau-Dora : camp de concentration nazi pour la production des armes secrètes, ouvrage historique consacré au camp de Dora, à ses installations souterraines, à la production des armes V et aux conditions de travail imposées aux détenus. Cette référence permet de replacer le parcours de Claude Derieux dans le système concentrationnaire de Dora et de ses Kommandos ; aucune mention nominative n’a été vérifiée.
Références internet
Association française Buchenwald-Dora et Kommandos. Notice nominative « DERIEUX Claude KLB 42649 ». Elle fournit les renseignements les plus détaillés retrouvés : naissance, naturalisation, appartenance à Mithridate, arrestation, détention à Montluc, passage par Compiègne, déportation, matricules, affectations successives, évasion, décès et décorations. https://asso-buchenwald-dora.com/derieux-claude-klb-42649/
Mémoire Vive de la Résistance. La recherche préalable n’a pas permis d’identifier une notice individuelle portant précisément le nom de Claude Derieux. Les résultats disponibles n’ont donc pas imposé l’arrêt de la rédaction. https://mvr.asso.fr/
Mémoire des hommes. Base institutionnelle du ministère des Armées comprenant notamment les dossiers administratifs de résistants et les parcours individuels liés aux conflits contemporains. La cote du dossier Claude Derieux n’a pas été retrouvée dans les résultats accessibles au cours de cette recherche. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/
Fondation pour la mémoire de la Déportation. Le Livre-Mémorial permet d’étudier les convois partis de France et de replacer la déportation de Claude Derieux vers Buchenwald dans son contexte documentaire. https://www.bddm.org/liv/
Ordre de la Libération. La base nominative a été contrôlée afin de rechercher une éventuelle notice biographique détaillée ou une attribution de la Médaille de la Résistance française. Aucune notice individuelle consacrée à Claude Derieux n’a été identifiée. https://www.ordredelaliberation.fr/
Dossier d’homologation consulté
Le dossier individuel d’homologation de Claude Derieux n’a pas été directement consulté. Son existence comme agent du réseau Mithridate et son statut P2 sont mentionnés par l’Association française Buchenwald-Dora et Kommandos, mais la cote SHD n’a pas été retrouvée.
Une recherche complémentaire dans les dossiers individuels des résistants conservés par le Service historique de la Défense, sous-série GR 16 P, est recommandée. Elle pourrait confirmer son grade de lieutenant, ses dates de services, ses missions et les circonstances de son arrestation.
Observations
Une divergence concerne la date de l’arrestation : la notice de l’Association française Buchenwald-Dora et Kommandos indique le 14 octobre 1943, tandis que des listes secondaires indiquent le 14 novembre 1943.
Une seconde divergence concerne l’auteur de l’arrestation : la notice détaillée l’attribue à la Milice, à la suite d’une dénonciation, alors que certains résumés parlent d’une arrestation par la Gestapo.
Le décret de naturalisation du 24 avril 1940 n’a pas été retrouvé.
Les décrets ou arrêtés concernant sa promotion au grade d’officier de la Légion d’honneur et l’attribution de la Croix de guerre 1939-1945 avec palme n’ont pas été retrouvés.
La cote de son dossier SHD n’a pas été établie.
Aucune photographie de Claude Derieux n’a été retrouvée dans les bases officielles consultées.
Chronologie du résistant
| Date | Événement | ||
| 12 décembre 1913 | Naissance à Genève, Suisse | ||
| 24 avril 1940 | Naturalisation française mentionnée par la notice de l’Association française Buchenwald-Dora | ||
| Date indéterminée | Installation à Lyon et entrée dans le réseau Mithridate | ||
| 14 octobre 1943 | Arrestation sur dénonciation par la Milice, selon la notice nominative retenue | ||
| 15 janvier 1944 | Internement au camp de Royallieu à Compiègne ; matricule 22329 | ||
| 22 janvier 1944 | Départ en déportation vers Buchenwald | ||
| 24 janvier 1944 | Arrivée à Buchenwald ; matricule 42649 | ||
| 25 mars 1944 | Transfert au Kommando de Laura | ||
| 25 juillet 1944 | Transfert à Dora | ||
| Été 1944 | Affectation à Wieda, puis au Kommando disciplinaire d’Osterhagen | ||
| 6 avril 1945 | Évacuation d’Osterhagen vers Wieda | ||
| Avril 1945 | Évasion du convoi d’évacuation avant le massacre de Gardelegen | ||
| Avril 1945 | Protection par un paysan allemand, puis libération par l’armée américaine | ||
| 17 avril 1958 | Mort à Paris, France | ||
Indice de fiabilité de la notice Niveau B — fiabilité bonne.
L’existence de Claude Derieux, sa naissance, son appartenance au réseau Mithridate, sa qualité d’agent P2, son parcours concentrationnaire, ses matricules et son décès sont rapportés par une notice nominative précise de l’Association française Buchenwald-Dora et Kommandos. La succession des camps et Kommandos est cohérente avec l’histoire documentée de Buchenwald et de Mittelbau-Dora.
Le niveau A n’est pas attribué, car le dossier individuel du Service historique de la Défense, les archives originales de Montluc, les documents matriculaires du camp et les décrets relatifs aux décorations n’ont pas été directement consultés. Les divergences sur la date et l’auteur de l’arrestation justifient également cette réserve.
Sources consultées
Mémoire Vive de la Résistance : recherche d’une notice individuelle « Claude Derieux » ; aucune notice exacte identifiée. https://mvr.asso.fr/
Association française Buchenwald-Dora et Kommandos : notice « DERIEUX Claude KLB 42649 » ; identité, naturalisation, Résistance, arrestation, internement, déportation, Kommandos, évasion, décès et décorations. https://asso-buchenwald-dora.com/derieux-claude-klb-42649/
Mémoire des hommes : recherche d’un dossier individuel et d’une cote SHD ; recherche infructueuse dans les résultats accessibles. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/
Ordre de la Libération : recherche d’une notice nominative et d’une décoration relevant de l’Ordre de la Libération ; aucune notice individuelle retrouvée. https://www.ordredelaliberation.fr/
Maitron Résistance : recherche d’une notice biographique nominative ; aucune notice Claude Derieux retrouvée dans les résultats accessibles. https://maitron.fr/
Fondation de la Résistance : recherche nominative et documentaire sur Mithridate ; aucune notice individuelle détaillée retrouvée. https://www.fondationresistance.org/
Musée de la Résistance en ligne : recherche nominative ; aucune notice individuelle consacrée à Claude Derieux retrouvée. https://museedelaresistanceenligne.org/
Musée de la Résistance nationale de Champigny-sur-Marne : recherche nominative ; aucune notice individuelle retrouvée. https://www.musee-resistance.com/
Base Léonore : recherche d’un dossier de Légion d’honneur ; aucun dossier nominatif exploitable retrouvé au cours de cette recherche. https://www.leonore.archives-nationales.culture.gouv.fr/
Gallica : recherche de Claude Derieux dans les publications numérisées et le Journal officiel ; aucun décret nominatif certain retrouvé. https://gallica.bnf.fr/
Légifrance : recherche des textes relatifs à ses décorations ; aucun décret certain retrouvé. https://www.legifrance.gouv.fr/
Aucune photo retrouvée dans les bases officielles consultées.