La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

BREHMER Walter

Walter BREHMER, né le 21 juin 1894 à Nordhausen (Empire allemand), mort le 26 août 1967 à Hambourg (République fédérale d’Allemagne), général allemand de la Wehrmacht. Commandant du groupement militaire connu sous le nom de division Brehmer, il dirige au printemps 1944 les opérations de répression conduites contre les maquis et les populations civiles de Dordogne, de Corrèze et de Haute-Vienne. Son nom est indissociable des massacres, exécutions sommaires, incendies de villages, déportations et persécutions antisémites commis au cours de cette campagne.

Jeunesse et formation

Walter Brehmer s’engage dans l’armée impériale allemande en 1913. Officier du génie durant la Première Guerre mondiale, il poursuit sa carrière dans la Reichswehr puis dans la Wehrmacht. Entre les deux guerres, il gravit régulièrement les échelons du commandement, exerçant notamment des responsabilités dans la cavalerie puis dans des unités motorisées. Au début de la Seconde Guerre mondiale, il occupe plusieurs commandements avant d’être affecté à la 325e division de sécurité (325. Sicherungs-Division), spécialisée dans les missions de maintien de l’ordre dans les territoires occupés.

Engagement dans la répression de la Résistance

Au début de l’année 1944, la montée en puissance des maquis dans le Centre-Ouest de la France conduit le haut commandement allemand à mettre sur pied un groupement temporaire placé sous son autorité. Cette formation, rapidement désignée sous le nom de « division Brehmer » ou « division B », rassemble environ 8 000 hommes issus de plusieurs régiments de sécurité de la Wehrmacht, renforcés par des unités de Feldgendarmerie, des éléments de la Sipo-SD, de la Gestapo et des auxiliaires géorgiens. Elle reçoit pour mission de détruire les maquis, de terroriser les populations accusées de les soutenir et de participer aux rafles visant les Juifs.

Unité

Commandant de la division Brehmer, groupement opérationnel constitué autour de la 325e division de sécurité de la Wehrmacht.

Missions et actions

Du 26 mars au début d’avril 1944, Walter Brehmer dirige personnellement une vaste opération de ratissage en Dordogne, avant son extension vers la Corrèze et la Haute-Vienne. Son quartier général est installé à Ribérac.

Les opérations suivent un schéma désormais bien identifié : encerclement des secteurs boisés, fouilles systématiques des villages, arrestations massives, prises d’otages, exécutions immédiates, incendies de fermes et de maisons, pillages et déportations. Les maquis, souvent avertis à temps, échappent fréquemment à l’encerclement, tandis que la répression s’abat principalement sur les civils.

Sous son commandement sont notamment commis :

  • les fusillades de Brantôme ;
  • les rafles de Ribérac et de Mussidan ;
  • les destructions dans la forêt de la Double ;
  • l’incendie de Rouffignac ;
  • les massacres de La Bachellerie et d’autres communes du Périgord ;
  • l’arrestation et la déportation de nombreux Juifs ainsi que de personnes soupçonnées d’aider les maquis.

Les historiens considèrent aujourd’hui que cette opération constitue un prélude aux grandes campagnes de terreur qui seront ensuite conduites par la division SS Das Reich quelques semaines avant le Débarquement.

Arrestation, poursuites judiciaires

Après le complot du 20 juillet 1944 contre Hitler, Walter Brehmer participe brièvement, à Paris, au désarmement d’unités SS restées fidèles aux ordres reçus durant les premières heures de la confusion. Cet épisode ne traduit pas une adhésion à la résistance allemande contre Hitler ; il est rapidement replacé dans la réserve de l’OKH.

Fait prisonnier par l’Armée rouge en mai 1945, il demeure plusieurs années en captivité avant son retour en Allemagne en 1955.

À partir de 1960, la justice ouest-allemande ouvre une enquête sur les crimes commis par la division Brehmer en France. Malgré l’importance des exactions documentées, les poursuites n’aboutissent pas. Après son décès en 1967, les investigations se poursuivent encore quelques années avant d’être classées en raison de l’insuffisance des preuves judiciaires disponibles et de la disparition de nombreux témoins.

Camarades et collaborateurs

La division agit avec des éléments de la Sipo-SD, de la Gestapo, de la Feldgendarmerie et divers régiments de sécurité allemands. Les opérations sont coordonnées avec les services de police allemands présents dans le Sud-Ouest de la France.

Après-guerre

Walter Brehmer ne reprend aucun rôle militaire après sa libération de captivité. Il meurt à Hambourg en 1967.

Décorations

Les décorations militaires allemandes reçues au cours de sa carrière ne relèvent pas de l’objet de cette notice. Les présentes recherches n’ont pas permis d’établir une liste complète à partir de sources institutionnelles spécialisées.

Lieux de mémoire

Son nom demeure associé aux lieux de mémoire des massacres commis en Dordogne, en Corrèze et en Haute-Vienne. Plusieurs musées, centres d’archives et mémoriaux consacrent une partie de leur parcours à la campagne de la division Brehmer, notamment en Dordogne.

Références bibliographiques

Guy Penaud, Les crimes de la division Brehmer. Ouvrage de référence consacré à la campagne de répression de mars-avril 1944, fondé sur les archives judiciaires, administratives et les témoignages.

Paul Mons, La folie meurtrière de la division Brehmer : Dordogne, Corrèze, Haute-Vienne, mars-avril 1944. Étude synthétique retraçant le déroulement de l’opération, les unités engagées et les conséquences humaines.

Références internet

  • Archives départementales de la Dordogne : exposition virtuelle consacrée aux opérations de la division Brehmer et aux rapports contemporains conservés dans les archives départementales.
  • Musée André Voulgre : présentation historique des crimes commis par la division Brehmer.

Observations

Walter Brehmer n’est pas un résistant mais un général allemand. Sa présence dans une base de données consacrée à la Résistance se justifie par son rôle direct dans la politique de répression menée contre les maquis et les populations civiles françaises au printemps 1944.

Indice de fiabilité de la notice Niveau B — L’identité de Walter Brehmer, son commandement de la division Brehmer et le déroulement général des opérations sont établis par plusieurs sources institutionnelles et historiographiques concordantes. Certaines données biographiques secondaires demeurent moins bien documentées.

Chronologie

DateÉvénement
21 juin 1894Naissance à Nordhausen
1913Entrée dans l’armée allemande
Mars 1944Prend le commandement de la division Brehmer
26 mars – début avril 1944Opérations de répression en Dordogne
Avril 1944Extension des opérations vers le Limousin
Mai 1945Capture par l’Armée rouge
1955Retour en Allemagne
26 août 1967Décès à Hambourg

Sources consultées le 21 juillet 2026

Archives départementales de la Dordogne. L’exposition virtuelle « La division Brehmer en Dordogne » a fourni le contexte historique des opérations, leur chronologie et les rapports administratifs contemporains. https://archives.dordogne.fr/action-culturelle-educative/action-culturelle/expositions/expositions-virtuelles/les-80-ans-de-la-liberation-1944-2024/la-division-brehmer-en-dordogne

Musée André Voulgre. La notice consacrée aux crimes de la division Brehmer a permis de documenter les objectifs militaires, les méthodes de répression et le bilan humain de l’opération. https://museevoulgre.fr/the-crimes-of-the-brehmer-division/

Les notices biographiques et historiques consacrées à Walter Brehmer, à la division Brehmer et à la 325e division de sécurité ont été utilisées pour reconstituer sa carrière militaire et le cadre des opérations.

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