Léo HAMON, né Lew Goldenberg le 12 janvier 1908 à Paris (Seine), mort le 27 octobre 1993 à Paris, français.
Fils d’exilés russes ayant quitté l’Empire russe après la révolution de 1905, Lew Goldenberg étudie à l’École alsacienne puis aux facultés de droit et de lettres de Paris. Licencié ès lettres et en droit, il obtient un doctorat en droit avec une thèse intitulée Le Conseil d’État, juge de fait, récompensée en 1932. Il devient avocat à la cour d’appel de Paris en 1930 puis secrétaire de la Conférence du stage des avocats à la Cour de cassation et au Conseil d’État.
Engagement dans la Résistance
Mobilisé comme sous-lieutenant en 1939-1940, il s’engage dans la Résistance sous l’Occupation. Il collabore d’abord au journal clandestin Combat dans le Languedoc, puis devient responsable de l’action ouvrière de Combat pour la région toulousaine.
Il gagne ensuite la zone Nord et exerce des responsabilités importantes dans la lutte contre les réquisitions de main-d’œuvre.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Léo Hamon appartient successivement ou simultanément à l’environnement de Combat, de Ceux de la Résistance et du dispositif national de lutte contre la déportation et le STO. Les sources parlementaires le donnent comme membre du Comité national de lutte contre la déportation et responsable de Ceux de la Résistance pour la région parisienne.
Dans l’organisation du CAD, il seconde Michel Cailliau dans la zone Nord.
Missions et actions
Son action la mieux documentée est celle du 25 février 1944.
Ce jour-là, Léo Hamon dirige un commando qui pénètre au siège du Service du travail obligatoire, 3 place de Fontenoy, Paris (Seine), et détruit un fichier destiné à permettre les réquisitions de jeunes Français pour le travail en Allemagne. La responsabilité personnelle de Hamon dans la direction du commando, la date et l’adresse sont explicitement attestées par l’Assemblée nationale.
Une publication de la Fondation de la Résistance chiffre à environ 200 000 le nombre de fiches incendiées.
Une divergence existe en revanche sur la désignation de la classe concernée : les sources parlementaires parlent du fichier de la « classe 42 », tandis que la Fondation de la Résistance évoque les fiches de recensement de la « classe 1924 ». En l’absence du document primaire permettant de résoudre définitivement cette différence, elle doit être conservée comme telle.
En août 1944, Hamon devient l’une des figures du Comité parisien de la Libération. Vice-président de celui-ci, il participe à l’insurrection et aux négociations qui accompagnent la Libération de Paris. Les biographies parlementaires lui attribuent un rôle important dans la trêve négociée avec les Allemands par l’intermédiaire du consul général de Suède.
Arrestation / évasion / déportation
Aucune déportation de Léo Hamon n’est établie par les sources consultées.
Camarades de combat
Son activité le met en relation avec les responsables du Comité parisien de la Libération, avec les organisations Combat et Ceux de la Résistance ainsi qu’avec Michel Cailliau et Yves Farge dans la lutte contre le STO.
Retour à la vie civile
Dès la Libération, Léo Hamon entre dans la vie publique. Il siège à l’Assemblée consultative provisoire, devient conseiller municipal de Paris en 1945 puis conseiller de la République et sénateur de la Seine à partir de 1946.
Il poursuit parallèlement une carrière de juriste et d’universitaire. Reçu à l’agrégation de droit public, il enseigne notamment à Dijon, Orléans puis Paris. Il devient député de l’Essonne en 1968 et entre en 1969 dans le gouvernement de Jacques Chaban-Delmas, dont il est notamment porte-parole, puis secrétaire d’État chargé de la Participation et de l’Intéressement.
Il meurt à Paris le 27 octobre 1993. Cette date est confirmée par l’Assemblée nationale et la Bibliothèque nationale de France.
Décorations
Médaille de la Résistance avec rosette par décret du 11 Mars 1947 JO 27 Mars 1947 Source Ordre de le Libération Côte du dossier : 1O27565
Les recherches effectuées pour cette notice n’ont pas permis d’établir avec une source institutionnelle suffisamment précise la liste complète de ses décorations. Elles ne sont donc pas reproduites sans vérification supplémentaire.
Lieux de mémoire
La mémoire de Léo Hamon est notamment associée à Paris et à la Libération de la capitale. Les recherches présentes n’ont pas été étendues à un inventaire exhaustif des voies, plaques et équipements portant son nom.
Références bibliographiques
Gilles Le Béguec (dir.), Léo Hamon (1908-1993), Peter Lang, 2019. Cet ouvrage collectif issu d’un colloque organisé notamment avec l’Institut Georges Pompidou, le Centre d’histoire de Sciences Po et la Fondation Charles-de-Gaulle comporte une contribution spécifiquement consacrée à la Résistance et plusieurs études sur sa carrière politique et universitaire.
Références internet
Assemblée nationale — base Sycomore. La notice de Léo Hamon constitue une source institutionnelle majeure pour son état civil, sa carrière et surtout pour l’opération du 25 février 1944 : elle lui attribue explicitement la direction du commando ayant détruit le fichier du STO au 3 place de Fontenoy. Assemblée nationale — Léo Hamon https://www2.assemblee-nationale.fr/sycomore/fiche/3743?utm_source=chatgpt.com
Sénat. La biographie de l’ancien sénateur de la Seine fournit une biographie développée retraçant sa formation, son engagement dans Combat, son activité dans Ceux de la Résistance, l’opération de Fontenoy, son rôle dans la Libération de Paris et sa carrière parlementaire. Sénat — Léo Hamon https://www.senat.fr/senateur-4eme-republique/hamon_leo0103r4.html?utm_source=chatgpt.com
Bibliothèque nationale de France. La notice d’autorité confirme l’identification de Léo Hamon, ses activités de juriste, universitaire et homme politique, ainsi que les dates du 12 janvier 1908 et du 27 octobre 1993. BnF — Léo Hamon https://catalogue.bnf.fr/ark%3A/12148/cb11906810t.public?utm_source=chatgpt.com
Fondation de la Résistance. La Lettre de la Fondation de la Résistance, n° 96, mars 2019, replace l’opération de Fontenoy dans la campagne nationale de sabotage des fichiers du STO et donne le chiffre d’environ 200 000 fiches détruites. Fondation de la Résistance — Lettre n° 96 https://www.fondationresistance.org/wp-content/uploads/2025/05/LettreResistance096.pdf?utm_source=chatgpt.com
Dossier d’homologation consulté
Aucune cote SHD GR 16 P individuelle n’a pu être établie avec suffisamment de certitude dans les ressources ouvertes consultées.
Observations
Une divergence concerne la date du décès : l’en-tête d’une page du Sénat affiche le 28 octobre 1993 tandis que le texte biographique du Sénat, l’Assemblée nationale et la BnF donnent le 27 octobre 1993. Cette dernière date, confirmée par plusieurs sources institutionnelles indépendantes, est retenue.
Une seconde divergence concerne le fichier détruit le 25 février 1944 : « classe 42 » dans les biographies parlementaires, « classe 1924 » dans la publication spécialisée de la Fondation de la Résistance.
Indice de fiabilité de la notice
Niveau A — Fiabilité excellente. L’état civil, le parcours professionnel et politique et surtout la direction du commando du 25 février 1944 sont établis par plusieurs sources institutionnelles concordantes, notamment l’Assemblée nationale, le Sénat et la BnF.
Chronologie
| Date | Événement |
| 12 janvier 1908 | Naissance à Paris |
| 1930 | Avocat à la cour d’appel de Paris |
| 1932 | Doctorat en droit |
| 1939-1940 | Mobilisation comme sous-lieutenant |
| Occupation | Combat puis Ceux de la Résistance et lutte contre le STO |
| 25 février 1944 | Direction du commando détruisant le fichier du STO, place de Fontenoy |
| août 1944 | Participation à la Libération de Paris ; vice-président du CPL |
| 1946 | Élection au Conseil de la République |
| 1968 | Député de l’Essonne |
| 1969-1972 | Fonctions gouvernementales |
| 27 octobre 1993 | Mort à Paris |
Tableau des divergences entre sources
| Élément biographique | Source 1 | Source 2 | Décision retenue |
| Décès | En-tête Sénat : 28 octobre 1993 | Texte Sénat, Assemblée nationale et BnF : 27 octobre 1993 | 27 octobre 1993 |
| Fichier détruit le 25 février 1944 | « classe 42 » — sources parlementaires | « classe 1924 » — Fondation de la Résistance | Divergence conservée |
Sources consultées
Assemblée nationale. Base Sycomore, notice « Léo Hamon ». Elle fournit l’état civil, la carrière parlementaire et gouvernementale et confirme explicitement la direction du commando ayant détruit le fichier du STO le 25 février 1944 au 3 place de Fontenoy. Assemblée nationale — base Sycomore https://www2.assemblee-nationale.fr/sycomore/fiche/3743?utm_source=chatgpt.com
Sénat. Notice biographique « Hamon Léo ». Elle apporte des renseignements détaillés sur sa formation, Combat, Ceux de la Résistance, l’opération de Fontenoy, le Comité parisien de la Libération et sa carrière politique après 1944. Sénat — Hamon Léo https://www.senat.fr/senateur-4eme-republique/hamon_leo0103r4.html?utm_source=chatgpt.com
Bibliothèque nationale de France. Notice d’autorité « Hamon, Léo (1908-1993) ». Elle confirme son identité, ses professions et les dates d’état civil retenues. BnF — notice Léo Hamon https://catalogue.bnf.fr/ark%3A/12148/cb11906810t.public?utm_source=chatgpt.com
Fondation de la Résistance. La Lettre de la Fondation de la Résistance, n° 96. Elle documente l’ampleur de l’incendie du fichier de Fontenoy et replace l’opération dans la campagne nationale de résistance au STO. Fondation de la Résistance — dossier sur le STO https://www.fondationresistance.org/wp-content/uploads/2025/05/LettreResistance096.pdf?utm_source=chatgpt.com